
≈ –58 à –53 av. J.-C.
La guerre des Gaules débute en –58 av. J.-C., lorsque Jules César prend le commandement des provinces gauloises.
Les premières années du conflit (–58 à –53) sont marquées par une série de campagnes militaires qui permettent à Rome d’imposer progressivement son autorité sur une grande partie de la Gaule.
Ces opérations opposent les légions romaines aux différents peuples gaulois, dans un contexte de conquête progressive et de résistances locales.
Au printemps –58 av. J.-C., Jules César quitte Rome pour rejoindre son commandement en Gaule, obtenu par la loi Vatinia. Il arrive à Genava (Genève) le 28 mars.
Au même moment, les Helvètes, accompagnés de plusieurs peuples (Latobices, Rauraques, Tulinges et Boïens), entreprennent une migration vers l’ouest, en direction du territoire des Santons. Ce déplacement concerne plusieurs centaines de milliers de personnes.
Inquiets, les Éduens, alliés de Rome, sollicitent l’intervention de César. Celui-ci empêche les Helvètes de franchir le Rhône à Genava en faisant détruire le pont.
Les Helvètes contournent alors l’obstacle en passant par le territoire des Séquanes. César les poursuit et les affronte en juin –58 lors de la bataille de l’Arar (Saône), puis en juillet près de Bibracte. Les Helvètes sont battus et contraints de regagner leur territoire.
Dans la même année, César intervient contre le chef germanique Arioviste, installé en Gaule. Après une tentative de négociation, les deux armées s’affrontent le 14 septembre –58, probablement en Alsace. Arioviste est vaincu et repoussé au-delà du Rhin.
Campagne Helvètes -58 - Source : Wikimedia Commons
Ces opérations marquent le début effectif de la guerre des Gaules et installent durablement la présence militaire romaine.
En –57 av. J.-C., César mène campagne contre les peuples de la Gaule du Nord, regroupés sous le nom de Belges.
Au printemps, ces derniers attaquent la place de Bibrax, tenue par les Rèmes, alliés de Rome. César intervient et contraint les assiégeants à se retirer.
Les armées s’affrontent ensuite près de la rivière Axona (Aisne). Les Belges, menés notamment par le chef suession Galba, sont repoussés.
En juillet –57, César affronte une nouvelle coalition composée notamment des Nerviens et des Atrébates, lors de la bataille du Sabis (probablement la Sambre). Les légions romaines sont initialement mises en difficulté, mais parviennent à reprendre l’avantage et remportent la victoire.
Campagne Belges -57 - Source : Wikimedia Commons
À la suite de ces campagnes, une grande partie de la Gaule du Nord passe sous contrôle romain. César reconnaît notamment Commios comme roi des Atrébates.
En –56 av. J.-C., les opérations militaires s’étendent à plusieurs régions.
En Armorique, le peuple des Vénètes se révolte et retient des envoyés romains. César organise une flotte confiée à Decimus Brutus. La bataille navale, qui se déroule probablement dans le golfe du Morbihan, se solde par la destruction de la flotte vénète et la soumission de la région.
Parallèlement, le légat Quintus Titurius Sabinus intervient contre plusieurs peuples de l’ouest, notamment les Unelles, les Lexoviens et les Aulerques Éburovices, qu’il bat lors d’une campagne terrestre.
Au sud, Publius Crassus mène une campagne en Aquitaine. Il affronte les Sotiates, dirigés par le roi Adiatuanos, et obtient une victoire qui permet d’étendre l’influence romaine.
Campagne Aquitaine -56 - Source : Wikimedia Commons
À la fin de l’année, des peuples germaniques, les Usipiens et les Tenctères, franchissent le Rhin et s’installent sur sa rive gauche, maintenant une pression sur les frontières orientales.
En –55 av. J.-C., César mène plusieurs opérations destinées à sécuriser les frontières et à affirmer la puissance romaine.
Au printemps, il intervient contre les peuples germaniques des Usipiens et des Tenctères, installés entre la Meuse et le Rhin. Après des tensions et des négociations, l’affrontement se solde par une défaite majeure de ces peuples, dont une grande partie est anéantie.
Dans le prolongement de cette campagne, César fait construire un pont de bois sur le Rhin, probablement dans la région de l’actuelle ville de Bonn. Il traverse le fleuve avec ses troupes, mène une démonstration de force en territoire germanique, puis revient en Gaule après quelques jours.
Cette opération a une portée essentiellement politique et stratégique : elle vise à dissuader de nouvelles incursions germaniques et à montrer la capacité de Rome à intervenir au-delà de ses frontières.
Au cours de l’été, César prépare une expédition vers la Bretagne insulaire (actuelle Grande-Bretagne), territoire encore peu connu des Romains mais soupçonné de soutenir certaines résistances gauloises.
Le départ a lieu entre le 25 et le 27 août depuis Portus Itius.
César s’appuie notamment sur Commios, roi des Atrébates, qui participe aux préparatifs et sert d’intermédiaire avec les populations locales. Fait prisonnier lors des opérations, il est ensuite libéré. Les Atrébates deviennent par la suite un royaume client de Rome.
L’expédition se heurte rapidement à des difficultés :
Les 30 et 31 août, une tempête endommage une partie de la flotte romaine.
L’opération reste limitée et ne permet pas d’établir un contrôle durable sur le territoire.
À la mi-septembre, César retourne en Gaule. Ses troupes sont réparties en quartiers d’hiver, principalement en Gaule belgique, tandis que lui-même regagne la Gaule cisalpine.
Campagne -55 AC - Source : Wikimedia Commons
L’année –55 marque ainsi une phase d’expansion et de démonstration de puissance, sans avancée territoriale durable en dehors de la Gaule.
Campagne -54 AC - Source : Wikimedia Commons
En –54 av. J.-C., César poursuit ses opérations sur plusieurs fronts.
Au printemps, il intervient d’abord contre les Trévires, peuple de Gaule belgique, afin de stabiliser la région après des tensions internes. Cette campagne fait suite à son retour d’Illyrie, où il avait réglé divers conflits.
Au cours de l’été, César lance une deuxième expédition en Bretagne insulaire, entre juillet et septembre. Contrairement à l’année précédente, l’opération mobilise des forces plus importantes.
Les Romains affrontent plusieurs peuples bretons, notamment ceux dirigés par le chef Cassivellaunos. Après une série d’affrontements, ce dernier se rend à la fin de l’été.
Cassivellaunos - Source : Wikimedia Commons
Malgré ce succès, César ne met pas en place d’occupation durable. Il quitte la Bretagne et retourne en Gaule le 20 septembre –54.
Peu après son retour, une révolte éclate en Gaule belgique.
Le peuple des Éburons, dirigé par Ambiorix, se soulève contre l’occupation romaine.
Statut Ambiorix - Source : Wikimedia Commons
Une légion romaine, commandée par les généraux Sabinus et Cotta, est attaquée et anéantie lors de la bataille d’Aduatuca, probablement située dans la région de Tongres.
Les deux commandants sont tués.
Cet épisode constitue l’un des revers les plus importants subis par César en Gaule.
Face à cette situation, César intervient rapidement.
En novembre –54, il mène une campagne en Gaule belgique pour réprimer la révolte des Éburons et des Nerviens.
Il parvient notamment à dégager le camp de son lieutenant Quintus Cicéron, assiégé par les insurgés.
Parallèlement, Titus Labienus conduit des opérations contre les Trévires, dirigés par Indutiomar, et parvient à contenir leur insurrection.
L’année –54 marque un tournant dans la guerre.
Malgré les succès en Bretagne, la situation en Gaule devient plus instable :
Ces événements annoncent une phase de conflit plus difficile pour César dans les années suivantes.
En –53 av. J.-C., César entreprend une série d’opérations destinées à rétablir son autorité après les révoltes de l’année précédente.
Au début du printemps, il reçoit le renfort de deux légions envoyées par Pompée, portant à environ dix le nombre de légions sous son commandement en Gaule. Cette augmentation des effectifs lui permet de mener des campagnes simultanées.
César commence par intervenir contre les Nerviens, dont il ravage le territoire. Il dirige ensuite ses opérations contre les Éburons, responsables de la révolte menée par Ambiorix.
Il affronte successivement plusieurs peuples alliés aux Éburons, notamment les Ménapiens et les Trévires, qu’il bat séparément. Il se tourne ensuite contre les peuples germaniques qui avaient apporté leur soutien aux insurgés.
Comme l’année précédente, César franchit le Rhin après avoir fait construire un nouveau pont. Cette expédition vise à dissuader toute aide germanique aux révoltés. Toutefois, il ne poursuit pas les Suèves, qui se retirent dans des zones forestières difficiles d’accès.
César reprend ensuite sa campagne contre les Éburons. Il ravage leur territoire de manière systématique, isolant leurs forces. Ambiorix parvient à échapper à la capture.
En avril –53, César convoque une assemblée générale des peuples gaulois à Samarobriva (Amiens). Trois peuples refusent de s’y rendre : les Trévires, les Carnutes et les Sénons.
César dissout l’assemblée et mène des opérations contre ces peuples, qu’il soumet.
Au cours de l’été, il poursuit ses opérations dans les régions forestières, notamment dans les Ardennes, toujours à la recherche d’Ambiorix, sans parvenir à le capturer.
À l’automne, César réunit une nouvelle assemblée à Durocortorum (Reims). Cette réunion, appelée concilium Galliae, vise à juger les responsables des révoltes, notamment parmi les Sénons et les Carnutes.
Les légions sont ensuite réparties en quartiers d’hiver dans plusieurs régions, notamment chez les Lingons et les Sénons, à proximité des zones récemment pacifiées.
César retourne enfin en Gaule cisalpine.
L’année –53 est marquée par une répression sévère des révoltes et une réorganisation politique du territoire.
Si l’autorité romaine est réaffirmée, les tensions restent fortes. Plusieurs peuples gaulois, soumis mais hostiles, conservent une capacité de résistance.
Ces événements préparent le soulèvement général qui éclatera l’année suivante.
Entre –58 et –53 av. J.-C., César parvient à étendre progressivement l’influence romaine sur une grande partie de la Gaule.
Malgré ces succès, la domination reste fragile. Les révoltes se multiplient et plusieurs peuples gaulois contestent l’autorité romaine.
À la veille de l’année –52, la situation est instable.
Un soulèvement de grande ampleur se prépare.
Il sera mené par un chef capable d’unir les Gaulois face à Rome.