[{"data":1,"prerenderedAt":233},["ShallowReactive",2],{"chapter:p4ch14:fr":3,"chapters:p4:fr":53},{"period":4,"chapter":15},{"id":5,"title":6,"titleEn":7,"titleEs":8,"range":9,"rangeEn":9,"rangeEs":9,"cover":10},"p4","Le Haut Moyen Âge","Early Middle Ages","Alta Edad Media","476 → 987",{"fileName":11,"filePageUrl":12,"imageUrl":13,"sourceLabel":14},"François Louis Dejuinne 08265 baptême de CLovis.JPG","https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Fran%C3%A7ois%20Louis%20Dejuinne%2008265%20bapt%C3%AAme%20de%20CLovis.JPG","/assets/p4-haut-moyen-age-cover.png","Wikimedia Commons",{"id":16,"title":17,"periodId":5,"html":18,"zooms":19,"thumbnailArtworkId":47,"hasEn":48,"isFallback":49,"coverFit":47,"coverPosition":47,"chronicle":50,"realm":47,"seoDescription":51,"thumbnailUrl":52},"p4ch14","Charles le Chauve : naissance de la Francie occidentale (840–877)","\u003Cp>Quand \u003Cstrong>Louis le Pieux\u003C/strong> meurt en \u003Cstrong>840\u003C/strong>, l’empire carolingien entre dans une nouvelle phase de son histoire. La rivalité entre ses fils éclate en guerre ouverte et l’unité construite par \u003Cstrong>Charlemagne\u003C/strong> vacille. De cette crise dynastique naît progressivement un espace politique qui compte directement pour l’histoire de France : la \u003Cstrong>Francie occidentale\u003C/strong>, où règne \u003Cstrong>Charles\u003C/strong>, bientôt surnommé \u003Cstrong>“le Chauve”\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>Charles n’hérite pas simplement d’un territoire : il doit \u003Cstrong>construire et stabiliser un royaume\u003C/strong> dans un contexte particulièrement instable. Son règne est marqué par des guerres entre princes carolingiens, par la nécessité de négocier en permanence avec les élites régionales et par une pression extérieure constante, notamment les \u003Cstrong>raids vikings\u003C/strong> qui frappent les vallées fluviales du royaume.\u003C/p>\n\u003Cp>Peu à peu, sous son autorité, la Francie occidentale prend une existence politique propre et devient l’un des héritiers durables de l’ancien empire carolingien.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch2>🧑‍🦲 Surnom : pourquoi “le Chauve” ?\u003C/h2>\n\u003Cp>L’origine du surnom \u003Cstrong>“le Chauve”\u003C/strong> reste incertaine et plusieurs explications ont été proposées par les historiens.\u003C/p>\n\u003Cp>Selon une tradition, Charles aurait été \u003Cstrong>abbé laïc de Saint-Denis\u003C/strong> à partir de \u003Cstrong>867\u003C/strong>. Lors de la consécration par le pape \u003Cstrong>Jean VIII\u003C/strong> de la collégiale Sainte-Marie de \u003Cstrong>Compiègne\u003C/strong> le \u003Cstrong>5 mai 877\u003C/strong>, il se serait \u003Cstrong>fait raser le crâne\u003C/strong> en signe d’humilité et de soumission à l’Église. Ce geste aurait frappé les contemporains, car la longue chevelure constituait chez les Francs un symbole de la dignité royale.\u003C/p>\n\u003Cp>Une autre explication, souvent jugée plus plausible, renvoie à son enfance. Lorsque Louis le Pieux organise la succession de l’empire, les demi-frères de Charles possèdent déjà des royaumes bien établis, tandis que lui reste longtemps \u003Cstrong>sans territoire propre\u003C/strong>. Il aurait ainsi été surnommé ironiquement “le Chauve”, c’est-à-dire le prince \u003Cstrong>sans royaume\u003C/strong>, sans “couronne”.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch2>⚔️ 840–843 : de la guerre civile au partage\u003C/h2>\n\u003Cp>À la mort de \u003Cstrong>Louis le Pieux\u003C/strong> en \u003Cstrong>840\u003C/strong>, l’équilibre fragile de l’empire carolingien s’effondre rapidement. Les dispositions prises pour organiser la succession ne suffisent plus à contenir les ambitions des héritiers. La rivalité entre les fils de l’empereur se transforme en \u003Cstrong>guerre ouverte\u003C/strong>, qui oppose principalement \u003Cstrong>Lothaire\u003C/strong>, l’aîné et empereur associé, à ses deux frères \u003Cstrong>Charles\u003C/strong> et \u003Cstrong>Louis\u003C/strong>, futur \u003Cstrong>Louis le Germanique\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>Lothaire considère que sa dignité impériale lui donne un droit de suprématie sur l’ensemble de l’empire. Il tente donc d’imposer son autorité sur ses frères et de restaurer l’unité politique héritée de Charlemagne. Face à cette ambition, Charles et Louis décident de s’allier pour défendre leurs propres territoires et empêcher Lothaire de dominer seul l’empire.\u003C/p>\n\u003Cp>La situation est encore compliquée par d’autres rivalités dynastiques, notamment en \u003Cstrong>Aquitaine\u003C/strong>. \u003Cstrong>Pépin II\u003C/strong>, fils de \u003Cstrong>Pépin Ier d’Aquitaine\u003C/strong>, refuse de reconnaître l’autorité de Charles et cherche à récupérer le royaume aquitain que son père avait gouverné. Cette contestation affaiblit la position de Charles dans le sud-ouest et montre que la guerre entre les héritiers entraîne aussi des conflits régionaux.\u003C/p>\n\u003Cp>La confrontation décisive a lieu en \u003Cstrong>841\u003C/strong> lors de la \u003Cstrong>bataille de Fontenoy-en-Puisaye\u003C/strong>, en Bourgogne. Les armées de Charles et de Louis affrontent celles de Lothaire dans un combat particulièrement violent, qui marque profondément les contemporains. La victoire revient finalement aux deux frères alliés, ce qui renverse le rapport de forces et empêche Lothaire d’imposer sa domination sur l’empire.\u003C/p>\n\u003Cp>\u003Cimg src=\"https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/e/e1/Bitva_u_Fontenay841.jpg\" alt=\"Bataille de Fontenoy-en-Puisaye\" class=\"kb-img-contain\">\n\u003Cem>Bataille de Fontenoy-en-Puisaye - Wikimedia Commons\u003C/em>\u003C/p>\n\u003Cp>Après cette bataille, Charles et Louis cherchent à consolider leur alliance. En \u003Cstrong>842\u003C/strong>, ils renouvellent publiquement leur engagement mutuel afin de poursuivre la lutte contre Lothaire et de stabiliser leur position politique.\u003C/p>\n\u003Cp>🔍 \u003Cstrong>\u003Ca href=\"/zoom/p4ch14z1\">Zoom – 842 : les Serments de Strasbourg\u003C/a>\u003C/strong>\u003C/p>\n\u003Cp>À partir de \u003Cstrong>843\u003C/strong>, Charles devient roi de la \u003Cstrong>Francie occidentale\u003C/strong>, un vaste territoire couvrant une grande partie de l’ancienne Gaule. Cette entité politique n’est pas encore la France moderne, mais elle constitue le \u003Cstrong>noyau territorial du futur royaume de France\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>\u003Cimg src=\"https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/5/5f/Traite_de_Verdun.svg\" alt=\"Traité de Verdun 843\" class=\"kb-img-contain\">\n\u003Cem>Traité de Verdun 843 - Wikimedia Commons\u003C/em>\u003C/p>\n\u003Cp>🔍 \u003Cstrong>\u003Ca href=\"/zoom/p4ch14z2\">Zoom – 843 : Verdun, trois Francies\u003C/a>\u003C/strong>\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch2>✝️ 848 : un sacre à Orléans\u003C/h2>\n\u003Cp>Quelques années après le \u003Cstrong>traité de Verdun (843)\u003C/strong>, \u003Cstrong>Charles le Chauve\u003C/strong> cherche à renforcer la légitimité de son pouvoir sur la \u003Cstrong>Francie occidentale\u003C/strong>. La guerre civile entre les héritiers de Louis le Pieux a profondément ébranlé l’autorité royale, et Charles doit encore s’imposer face aux contestations régionales, notamment en Aquitaine.\u003C/p>\n\u003Cp>Dans ce contexte, le roi organise un nouveau sacre solennel. Le \u003Cstrong>6 juin 848\u003C/strong>, à \u003Cstrong>Orléans\u003C/strong>, il est \u003Cstrong>élu et sacré roi\u003C/strong> par l’archevêque de Sens \u003Cstrong>Wénilon\u003C/strong>, en présence de plusieurs évêques et grands du royaume. Cette cérémonie ne constitue pas le premier couronnement de Charles, mais elle vise à affirmer publiquement son autorité sur l’ensemble de la Francie occidentale, en particulier dans les régions où son pouvoir reste contesté.\u003C/p>\n\u003Cp>Le choix d’Orléans n’est pas anodin. Située au cœur du royaume, la ville possède une forte tradition religieuse et politique. Le sacre permet ainsi de rassembler les élites ecclésiastiques et aristocratiques autour du roi et de réaffirmer l’ordre politique après les années de guerre civile.\u003C/p>\n\u003Cp>Cet événement montre que la \u003Cstrong>royauté carolingienne\u003C/strong> repose sur un équilibre entre plusieurs éléments essentiels :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>la \u003Cstrong>victoire militaire\u003C/strong>, qui permet d’imposer un pouvoir dans les conflits dynastiques ;\u003C/li>\n\u003Cli>l’\u003Cstrong>adhésion des élites\u003C/strong>, dont le soutien est indispensable pour gouverner le royaume ;\u003C/li>\n\u003Cli>et le \u003Cstrong>rituel religieux du sacre\u003C/strong>, qui confère au roi une légitimité sacrée et inscrit son pouvoir dans l’ordre chrétien.\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>🔍 \u003Cstrong>\u003Ca href=\"/zoom/p4ch14z6\">Zoom – 848 : sacre de Charles à Orléans\u003C/a>\u003C/strong>\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch2>🛡️ Gouverner la Francie occidentale : équilibres et compromis\u003C/h2>\n\u003Cp>Gouverner la \u003Cstrong>Francie occidentale\u003C/strong> exige de \u003Cstrong>Charles le Chauve\u003C/strong> un équilibre constant entre autorité royale et négociation avec les élites locales. Le pouvoir du roi repose largement sur des relais régionaux : \u003Cstrong>comtes, évêques et grands aristocrates\u003C/strong>, qui administrent les territoires, rendent la justice et organisent la défense.\u003C/p>\n\u003Cp>Ces hommes constituent à la fois les soutiens indispensables du pouvoir et des acteurs capables de contester l’autorité royale si leurs intérêts sont menacés. Dans un royaume marqué par la diversité des régions et des traditions politiques, Charles doit donc composer en permanence avec les équilibres locaux.\u003C/p>\n\u003Cp>Plusieurs facteurs rendent ce gouvernement particulièrement délicat :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>des régions aux traditions politiques fortes, comme \u003Cstrong>l’Aquitaine\u003C/strong>, la \u003Cstrong>Neustrie\u003C/strong> ou la \u003Cstrong>Bourgogne\u003C/strong>, où les élites locales disposent d’une grande autonomie ;\u003C/li>\n\u003Cli>des familles aristocratiques puissantes, capables de mobiliser des réseaux de fidélité et de remettre en cause les décisions du roi ;\u003C/li>\n\u003Cli>un système politique fondé sur les \u003Cstrong>assemblées\u003C/strong>, les \u003Cstrong>serments de fidélité\u003C/strong> et les \u003Cstrong>concessions de terres ou de charges\u003C/strong>, qui structurent les relations entre le souverain et les grands du royaume.\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>Dans ce contexte, l’autorité royale repose moins sur une administration centralisée que sur un \u003Cstrong>jeu d’alliances et de fidélités\u003C/strong>. Le roi gouverne en réunissant régulièrement les grands du royaume lors d’assemblées où sont prises les décisions importantes.\u003C/p>\n\u003Cp>Peu à peu, cette situation transforme la nature même de la monarchie. Si Charles tente de renforcer l’autorité centrale et de maintenir l’unité du royaume, il doit aussi accepter des compromis qui accordent \u003Cstrong>une place croissante aux pouvoirs locaux\u003C/strong>. Cette évolution annonce progressivement le monde politique du Xe siècle, où les princes et les seigneurs régionaux exerceront un rôle de plus en plus déterminant.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch2>⚔️ 843–851 : les guerres contre les Bretons\u003C/h2>\n\u003Cp>À l’ouest du royaume, la \u003Cstrong>Bretagne\u003C/strong> constitue un front particulièrement instable pour la monarchie carolingienne. Depuis plusieurs générations, les chefs bretons cherchent à préserver leur autonomie face à l’autorité des rois francs. La région reste difficile à contrôler : les structures politiques y sont fragmentées, l’influence franque y est inégale, et les aristocraties locales conservent une forte capacité de résistance.\u003C/p>\n\u003Cp>La révolte est menée par \u003Cstrong>Nominoë\u003C/strong>, ancien représentant du pouvoir carolingien en Bretagne sous le règne de Louis le Pieux. D’abord fidèle à l’empire, Nominoë profite des troubles qui suivent le traité de Verdun pour affirmer progressivement son indépendance. Le conflit éclate véritablement lorsque les armées de Charles le Chauve tentent de rétablir l’autorité royale dans la région.\u003C/p>\n\u003Cp>\u003Cimg src=\"https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/0/0a/Nom%C3%A9no%C3%AB_%28Tenniel%29.png\" alt=\"Illustration gravée de Nominoë pour une ballade\" class=\"kb-img-contain\">\n\u003Cem>Nominoë, chef breton du IXᵉ siècle, revient de chasse (les mains encore ensanglantées) lorsqu’on lui annonce que le fils du vieux chef du mont Aré a été tué par les envahisseurs francs. Il jure de ne pas laver ses mains tant qu’il n’aura pas chassé les Francs de Bretagne. - Wikimedia Commons\u003C/em>\u003C/p>\n\u003Cp>En \u003Cstrong>845\u003C/strong>, Nominoë inflige à Charles une importante défaite à la \u003Cstrong>bataille de Ballon\u003C/strong>, près de Redon. Cette victoire renforce considérablement le prestige du chef breton et affaiblit l’autorité du roi dans l’ouest du royaume. L’année suivante, un accord conclu en \u003Cstrong>846\u003C/strong> reconnaît de fait la position dominante de Nominoë en Bretagne, même si la région reste officiellement liée à la Francie occidentale.\u003C/p>\n\u003Cp>La paix reste toutefois fragile. Les tensions reprennent rapidement et la lutte se poursuit après la mort de Nominoë en \u003Cstrong>851\u003C/strong>, sous la conduite de son fils \u003Cstrong>Erispoë\u003C/strong>. Cette même année, Charles le Chauve subit une nouvelle défaite face aux Bretons à la \u003Cstrong>bataille de Jengland\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>Le conflit se termine par le \u003Cstrong>traité d’Angers (851)\u003C/strong>. Par cet accord, Charles reconnaît une large autonomie au pouvoir breton et cède plusieurs territoires, notamment \u003Cstrong>Rennes\u003C/strong> et \u003Cstrong>Nantes\u003C/strong>, au royaume breton. En échange, Erispoë reconnaît formellement l’autorité du roi franc.\u003C/p>\n\u003Cp>Ces événements marquent une étape importante dans l’histoire politique de la Bretagne. Sans rompre complètement avec le monde franc, le territoire breton acquiert désormais une \u003Cstrong>autonomie politique durable\u003C/strong>, qui limite l’autorité directe des rois carolingiens dans l’ouest du royaume.\u003C/p>\n\u003Cp>🔍 \u003Cstrong>\u003Ca href=\"/zoom/p4ch14z7\">Zoom – 843–867 : Bretagne, Ballon, Jengland et traités\u003C/a>\u003C/strong>\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch2>⚔️ Les Vikings : une menace permanente\u003C/h2>\n\u003Cp>À partir des années \u003Cstrong>840\u003C/strong>, la Francie occidentale doit faire face à une nouvelle forme de guerre : les \u003Cstrong>raids vikings\u003C/strong>. Venus principalement de \u003Cstrong>Scandinavie\u003C/strong> (Danemark et Norvège), ces groupes de guerriers et de navigateurs profitent des divisions internes du monde carolingien pour mener des expéditions rapides le long des côtes et des fleuves.\u003C/p>\n\u003Cp>\u003Cimg src=\"https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/6/6e/Viking_Expansion-fr.svg\" alt=\"Expansion des Vikings\" class=\"kb-img-contain\">\n\u003Cem>Expansion des Vikings en Europe. - Wikimedia Commons\u003C/em>\u003C/p>\n\u003Cp>Les \u003Cstrong>grandes vallées fluviales\u003C/strong> — la \u003Cstrong>Loire\u003C/strong>, la \u003Cstrong>Seine\u003C/strong>, la \u003Cstrong>Garonne\u003C/strong>, mais aussi l’\u003Cstrong>Escaut\u003C/strong> ou la \u003Cstrong>Somme\u003C/strong> — deviennent des voies d’invasion idéales. Grâce à leurs navires à faible tirant d’eau, les Vikings peuvent remonter profondément à l’intérieur du territoire, attaquer par surprise puis repartir rapidement avec leur butin. Les \u003Cstrong>monastères\u003C/strong>, riches en objets précieux et souvent peu protégés, constituent des cibles privilégiées, tout comme les villes marchandes et les centres épiscopaux.\u003C/p>\n\u003Cp>L’un des épisodes les plus marquants se produit en \u003Cstrong>843\u003C/strong>, lorsque les Vikings pillent la ville de \u003Cstrong>Nantes\u003C/strong>. L’attaque a lieu le jour de la fête de \u003Cstrong>Saint-Jean-Baptiste\u003C/strong> : la ville est prise par surprise et l’évêque \u003Cstrong>Gohard\u003C/strong> est tué dans sa cathédrale pendant la célébration. Ce raid frappe fortement les esprits et symbolise la vulnérabilité des villes de l’ouest du royaume.\u003C/p>\n\u003Cp>\u003Cimg src=\"https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/a/af/Cath_st_gohard01.jpg\" alt=\"Gohard, martyr de Saint-Jean-Baptiste\" class=\"kb-img-contain\">\n\u003Cem>Gohard, martyr de Saint-Jean-Baptiste. - Wikimedia Commons\u003C/em>\u003C/p>\n\u003Cp>Les attaques se multiplient ensuite dans plusieurs régions. \u003Cstrong>Paris\u003C/strong>, située sur la Seine, devient une cible stratégique et est menacée à plusieurs reprises. Le raid le plus célèbre a lieu en \u003Cstrong>845\u003C/strong>, lorsqu’une flotte viking remonte le fleuve jusqu’à la capitale. Incapable d’affronter directement les envahisseurs, \u003Cstrong>Charles le Chauve\u003C/strong> doit finalement accepter de verser un important \u003Cstrong>tribut\u003C/strong> pour obtenir leur départ.\u003C/p>\n\u003Cp>Face à ces attaques répétées, la monarchie carolingienne peine à organiser une défense durable. Les armées royales sont lentes à mobiliser, tandis que les Vikings privilégient la vitesse et la surprise. Dans de nombreux cas, le roi choisit de verser des \u003Cstrong>rançons\u003C/strong> pour éviter des destructions plus importantes. Cette stratégie permet parfois de gagner du temps, mais elle encourage aussi de nouvelles expéditions.\u003C/p>\n\u003Cp>Ces raids vikings contribuent à transformer l’organisation du royaume. Ils poussent les élites locales à renforcer les \u003Cstrong>fortifications\u003C/strong>, à protéger les ponts et les passages fluviaux, et à organiser plus directement la défense de leurs territoires. La menace scandinave devient ainsi l’un des facteurs majeurs de l’évolution politique et militaire de la Francie occidentale au IXᵉ siècle.\u003C/p>\n\u003Cp>🔍 \u003Cstrong>\u003Ca href=\"/zoom/p4ch14z3\">Zoom – 845 : le siège de Paris et le tribut viking\u003C/a>\u003C/strong>\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch2>🧨 858 : crise politique et intervention de Louis le Germanique\u003C/h2>\n\u003Cp>Les difficultés du royaume, aggravées par les raids vikings et les tensions entre grandes familles aristocratiques, favorisent l’émergence de nouvelles contestations contre \u003Cstrong>Charles le Chauve\u003C/strong>. En \u003Cstrong>858\u003C/strong>, une partie des grands du royaume se révolte et cherche à remplacer le roi. Parmi eux figure le puissant aristocrate \u003Cstrong>Robert le Fort\u003C/strong>, qui joue un rôle important dans l’organisation de l’opposition.\u003C/p>\n\u003Cp>Les rebelles décident alors d’appeler à l’aide \u003Cstrong>Louis le Germanique\u003C/strong>, frère de Charles et roi de la Francie orientale. Profitant de cette invitation, Louis franchit le Rhin et envahit la \u003Cstrong>Francie occidentale\u003C/strong>. Son intervention reçoit le soutien d’une partie de l’aristocratie et même de certains évêques, ce qui donne à la crise une dimension à la fois politique et religieuse.\u003C/p>\n\u003Cp>Face à cette menace, Charles doit temporairement se replier et chercher de nouveaux soutiens. La situation bascule grâce à l’intervention de plusieurs évêques restés fidèles au roi, au premier rang desquels se trouve l’influent \u003Cstrong>Hincmar\u003C/strong>, archevêque de \u003Cstrong>Reims\u003C/strong>. Par son autorité morale et son influence politique, Hincmar parvient à rallier une partie des élites et à défendre la légitimité de Charles.\u003C/p>\n\u003Cp>Privé d’un soutien suffisant et confronté à la résistance des partisans du roi, \u003Cstrong>Louis le Germanique\u003C/strong> est finalement contraint de se retirer. La crise de \u003Cstrong>858\u003C/strong> montre cependant la fragilité du pouvoir royal en Francie occidentale : les grands aristocrates peuvent encore, lorsque leurs intérêts sont menacés, remettre en cause l’autorité du souverain et faire appel à des princes étrangers pour arbitrer les conflits internes.\u003C/p>\n\u003Cp>🔍 \u003Cstrong>\u003Ca href=\"/zoom/p4ch14z8\">Zoom – 858 : Robert le Fort, Hincmar et l’invasion\u003C/a>\u003C/strong>\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch2>🏰 864 : organiser la défense\u003C/h2>\n\u003Cp>Face aux raids vikings qui se multiplient depuis les années 840, \u003Cstrong>Charles le Chauve\u003C/strong> comprend que les réponses ponctuelles — rançons, expéditions militaires improvisées — ne suffisent plus. Les flottes scandinaves remontent régulièrement les fleuves du royaume, frappent les villes et les monastères, puis repartent avec leur butin avant que les armées royales aient pu intervenir. Pour tenter de mieux contrôler ces incursions, le roi cherche à organiser une \u003Cstrong>défense plus structurée du territoire\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>En \u003Cstrong>864\u003C/strong>, lors d’une assemblée tenue à \u003Cstrong>Pîtres\u003C/strong>, en Normandie, Charles promulgue un important texte connu sous le nom d’\u003Cstrong>édit de Pîtres\u003C/strong>. Ce capitulaire vise à renforcer la sécurité du royaume et à mieux encadrer les obligations militaires des élites.\u003C/p>\n\u003Cp>L’une des mesures les plus célèbres concerne la construction de \u003Cstrong>ponts fortifiés\u003C/strong> sur les grands fleuves, notamment la \u003Cstrong>Seine\u003C/strong> et la \u003Cstrong>Loire\u003C/strong>. Ces ponts doivent être solidement défendus afin d’empêcher les navires vikings de remonter trop facilement vers l’intérieur du royaume. En contrôlant ces points de passage, l’objectif est de transformer les fleuves — jusque-là voies d’invasion — en \u003Cstrong>lignes de défense\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>L’édit prévoit également de mieux organiser la mobilisation militaire. Les grands du royaume doivent fournir des hommes et participer à l’entretien des fortifications. Le texte cherche aussi à limiter certains abus liés à l’usage des armes et à renforcer l’autorité royale sur les forces locales.\u003C/p>\n\u003Cp>Si ces mesures ne suffisent pas à mettre fin aux raids vikings, elles marquent néanmoins une étape importante dans l’adaptation du pouvoir carolingien à cette nouvelle forme de guerre. L’\u003Cstrong>édit de Pîtres\u003C/strong> témoigne de la volonté de Charles le Chauve de transformer progressivement la défense du royaume en un système plus stable, fondé sur des \u003Cstrong>fortifications permanentes et une mobilisation coordonnée des élites locales\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>🔍 \u003Cstrong>\u003Ca href=\"/zoom/p4ch14z4\">Zoom – 864 : l’édit de Pîtres\u003C/a>\u003C/strong>\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch2>🧭 869–870 : la Lotharingie, un enjeu stratégique\u003C/h2>\n\u003Cp>La mort du roi \u003Cstrong>Lothaire II\u003C/strong> en \u003Cstrong>869\u003C/strong> ouvre une nouvelle phase de rivalité entre les souverains carolingiens. Son royaume, la \u003Cstrong>Lotharingie\u003C/strong>, occupe une position stratégique entre la \u003Cstrong>Francie occidentale\u003C/strong> et la \u003Cstrong>Francie orientale\u003C/strong>, le long de l’axe du \u003Cstrong>Rhin\u003C/strong> et de la vallée de la \u003Cstrong>Meuse\u003C/strong>. Cette région, riche et densément peuplée, comprend plusieurs villes importantes comme \u003Cstrong>Metz\u003C/strong>, \u003Cstrong>Verdun\u003C/strong>, \u003Cstrong>Aix-la-Chapelle\u003C/strong> et \u003Cstrong>Cologne\u003C/strong>, héritières du cœur politique de l’ancien empire carolingien.\u003C/p>\n\u003Cp>Profitant de la mort de Lothaire II et de l’absence d’un héritier reconnu, \u003Cstrong>Charles le Chauve\u003C/strong> intervient rapidement. Il se rend à \u003Cstrong>Metz\u003C/strong> où il est couronné roi de Lotharingie le \u003Cstrong>9 septembre 869\u003C/strong>, cherchant ainsi à affirmer son autorité sur l’ensemble du territoire. Cette initiative inquiète cependant son frère \u003Cstrong>Louis le Germanique\u003C/strong>, qui revendique lui aussi une part de cet héritage.\u003C/p>\n\u003Cp>La tension entre les deux souverains conduit finalement à une négociation. En \u003Cstrong>870\u003C/strong>, le \u003Cstrong>traité de Meerssen\u003C/strong> met fin à la confrontation en organisant le \u003Cstrong>partage de la Lotharingie\u003C/strong> entre les deux royaumes francs. La partie occidentale revient à Charles le Chauve, tandis que la partie orientale est attribuée à Louis le Germanique.\u003C/p>\n\u003Cp>\u003Cimg src=\"https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/0/08/Empire_carolingien_870.svg\" alt=\"Traité de Meerssen, 870\" class=\"kb-img-contain\">\n\u003Cem>Traité de Meerssen, 870. - Wikimedia Commons\u003C/em>\u003C/p>\n\u003Cp>Ce partage fixe pour un temps l’équilibre entre les deux Francies et montre combien la Lotharingie constitue un \u003Cstrong>espace charnière\u003C/strong> dans la géographie politique de l’Europe carolingienne. Située entre les deux royaumes, cette région restera pendant des siècles un territoire disputé, au cœur des rivalités entre les puissances de l’Europe occidentale.\u003C/p>\n\u003Cp>🔍 \u003Cstrong>\u003Ca href=\"/zoom/p4ch14z9\">Zoom – 869–870 : Metz et Meerssen\u003C/a>\u003C/strong>\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch2>👑 875–877 : prestige impérial et fin de règne\u003C/h2>\n\u003Cp>Au milieu des années 870, \u003Cstrong>Charles le Chauve\u003C/strong> tente de renforcer son prestige et son influence au-delà de la Francie occidentale. La situation en Italie lui offre cette opportunité. À la mort de l’empereur \u003Cstrong>Louis II\u003C/strong> en \u003Cstrong>875\u003C/strong>, le trône impérial devient vacant. Le pape \u003Cstrong>Jean VIII\u003C/strong>, confronté aux menaces qui pèsent sur Rome et sur l’Italie, cherche l’appui d’un souverain carolingien capable d’assurer la protection de l’Église.\u003C/p>\n\u003Cp>Charles traverse alors les Alpes et intervient en Italie. Le \u003Cstrong>25 décembre 875\u003C/strong>, à \u003Cstrong>Rome\u003C/strong>, il est couronné \u003Cstrong>empereur\u003C/strong> par le pape Jean VIII, reprenant ainsi le titre prestigieux porté autrefois par \u003Cstrong>Charlemagne\u003C/strong> et par plusieurs de ses successeurs. Cette dignité impériale renforce considérablement son prestige et affirme son rang parmi les princes carolingiens.\u003C/p>\n\u003Cp>Cependant, ce titre reste surtout symbolique. Il ne modifie pas profondément l’équilibre politique de l’empire carolingien, désormais divisé entre plusieurs royaumes concurrents. Charles doit toujours faire face aux mêmes difficultés : les rivalités dynastiques, l’autonomie croissante des aristocraties régionales et la pression des ennemis extérieurs.\u003C/p>\n\u003Cp>Dans les dernières années de son règne, le roi continue de s’impliquer dans les affaires italiennes. En \u003Cstrong>877\u003C/strong>, il prépare une nouvelle expédition au sud des Alpes pour soutenir le pape et défendre ses intérêts impériaux. Mais la campagne tourne court. Sur le chemin du retour, affaibli et malade, \u003Cstrong>Charles le Chauve\u003C/strong> meurt le \u003Cstrong>6 octobre 877\u003C/strong> dans les \u003Cstrong>Alpes\u003C/strong>, près de \u003Cstrong>Brios\u003C/strong> (actuel \u003Cstrong>Avrieux\u003C/strong>, en Savoie).\u003C/p>\n\u003Cp>Sa mort marque la fin d’un règne long et agité. Sous son gouvernement, la \u003Cstrong>Francie occidentale\u003C/strong> s’est affirmée comme un royaume distinct, mais elle reste fragile, traversée par les rivalités aristocratiques et exposée aux menaces extérieures.\u003C/p>\n\u003Cp>🔍 \u003Cstrong>\u003Ca href=\"/zoom/p4ch14z5\">Zoom – 877 : le capitulaire de Quierzy\u003C/a>\u003C/strong>\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch2>🧠 À retenir\u003C/h2>\n\u003Cul>\n\u003Cli>Le règne de Charles le Chauve voit la \u003Cstrong>naissance durable de la Francie occidentale\u003C/strong>.\u003C/li>\n\u003Cli>Le roi doit gouverner dans un contexte difficile : rivalités carolingiennes, révoltes régionales et raids vikings.\u003C/li>\n\u003Cli>Son règne marque la transition entre l’empire carolingien unifié et les \u003Cstrong>royaumes médiévaux d’Europe occidentale\u003C/strong>.\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Chr>\n",[20,23,26,29,32,35,38,41,44],{"id":21,"title":22},"p4ch14z1","842 : les Serments de Strasbourg",{"id":24,"title":25},"p4ch14z2","843 : Verdun, trois Francies",{"id":27,"title":28},"p4ch14z3","845 : le siège de Paris et le “tribut”",{"id":30,"title":31},"p4ch14z4","864 : l’édit de Pîtres",{"id":33,"title":34},"p4ch14z5","877 : le capitulaire de Quierzy",{"id":36,"title":37},"p4ch14z6","848 : sacre de Charles à Orléans",{"id":39,"title":40},"p4ch14z7","843–867 : Bretagne, Ballon, Jengland et traités",{"id":42,"title":43},"p4ch14z8","858 : Robert le Fort, Hincmar et l’invasion",{"id":45,"title":46},"p4ch14z9","869–870 : Metz et Meerssen (Lotharingie)","",true,false,"840 à 877","Après 840, la Francie occidentale se stabilise entre guerre civile, Vikings et pouvoirs locaux. 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