[{"data":1,"prerenderedAt":218},["ShallowReactive",2],{"chapter:p4ch18:fr":3,"chapters:p4:fr":38},{"period":4,"chapter":15},{"id":5,"title":6,"titleEn":7,"titleEs":8,"range":9,"rangeEn":9,"rangeEs":9,"cover":10},"p4","Le Haut Moyen Âge","Early Middle Ages","Alta Edad Media","476 → 987",{"fileName":11,"filePageUrl":12,"imageUrl":13,"sourceLabel":14},"François Louis Dejuinne 08265 baptême de CLovis.JPG","https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Fran%C3%A7ois%20Louis%20Dejuinne%2008265%20bapt%C3%AAme%20de%20CLovis.JPG","/assets/p4-haut-moyen-age-cover.png","Wikimedia Commons",{"id":16,"title":17,"periodId":5,"html":18,"zooms":19,"thumbnailArtworkId":32,"hasEn":33,"isFallback":34,"coverFit":32,"coverPosition":32,"chronicle":35,"realm":32,"seoDescription":36,"thumbnailUrl":37},"p4ch18","Eudes : le roi robertien et la guerre du prestige (888–898)","\u003Cp>Eudes est \u003Cstrong>roi des Francs occidentaux\u003C/strong> de \u003Cstrong>888 à 898\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>En \u003Cstrong>888\u003C/strong>, la Francie occidentale entre dans une nouvelle phase politique. Après la mort de \u003Cstrong>Charles le Gros\u003C/strong>, les grands du royaume élisent \u003Cstrong>Eudes\u003C/strong>, comte de Paris et héros de la défense de la capitale lors du siège viking de \u003Cstrong>885-886\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>Pour la première fois depuis plusieurs générations, la couronne n’est pas attribuée à un \u003Cstrong>Carolingien\u003C/strong>.\u003Cbr>\nCette décision ne fait pourtant pas disparaître la dynastie issue de \u003Cstrong>Charlemagne\u003C/strong> : elle ouvre au contraire une \u003Cstrong>décennie de tensions\u003C/strong>, durant laquelle l’autorité royale doit être constamment reconstruite par l’action militaire, la négociation politique et la gestion des alliances aristocratiques.\u003C/p>\n\u003Cp>Le contexte immédiat éclaire ce choix. Sous \u003Cstrong>Charles le Gros\u003C/strong>, l’Empire carolingien semble brièvement reconstitué, mais cette unité n’a pas empêché les crises militaires. Le \u003Cstrong>siège de Paris (885–886)\u003C/strong> a profondément entamé le prestige impérial : on reproche au souverain d’avoir tardé à intervenir et d’avoir finalement préféré \u003Cstrong>négocier et payer les Vikings\u003C/strong>, les laissant repartir piller d’autres régions du royaume, notamment en Bourgogne.\u003C/p>\n\u003Cp>Dans ce climat de défiance, l’élection d’Eudes apparaît comme une solution pragmatique : les grands choisissent un chef reconnu pour son \u003Cstrong>efficacité militaire\u003C/strong> et sa capacité à défendre le cœur du royaume.\u003C/p>\n\u003Cp>\u003Cimg src=\"https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/d/d6/Coronation_of_King_Odo.jpg\" alt=\"Couronnement de Eudes\" class=\"kb-img-contain\">\n\u003Cem>Couronnement de Eudes - Source: Wikimedia Commons\u003C/em>\u003C/p>\n\u003Cp>Cependant, la légitimité d’un roi non carolingien reste fragile. Pour la renforcer, Eudes organise un \u003Cstrong>second sacre à Reims le 23 novembre 888\u003C/strong>. Devant une grande assemblée réunissant les principaux seigneurs et les évêques du royaume, il reçoit une \u003Cstrong>couronne envoyée par l’empereur Arnulf de Carinthie\u003C/strong>, qu’il place lui-même sur sa tête. Ce geste symbolique manifeste la reconnaissance du souverain de Francie orientale et inscrit la royauté d’Eudes dans l’ordre politique carolingien.\u003C/p>\n\u003Cp>Cette cérémonie revêt également une importance particulière : elle constitue \u003Cstrong>la dernière grande assemblée réunissant à la fois les grands laïcs et les évêques venus des régions situées au nord et au sud de la Loire\u003C/strong>, témoignant encore d’une certaine unité politique du royaume.\u003C/p>\n\u003Cp>Malgré ces efforts, Eudes doit gouverner un royaume sous \u003Cstrong>pression permanente\u003C/strong> :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>\u003Cstrong>raids vikings récurrents\u003C/strong>,\u003C/li>\n\u003Cli>\u003Cstrong>rivalités entre princes\u003C/strong>,\u003C/li>\n\u003Cli>\u003Cstrong>compétition entre les grandes familles aristocratiques\u003C/strong>.\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>Dans ce contexte, le pouvoir royal repose sur une équation simple : \u003Cstrong>protéger le royaume, convaincre les élites et maintenir une coalition politique.\u003C/strong>\u003C/p>\n\u003Cp>🔍 \u003Cstrong>\u003Ca href=\"/zoom/p4ch18z1\">Zoom – 888 : Compiègne et Reims, deux sacres\u003C/a>\u003C/strong>\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch2>🏛️ Une royauté moins dynastique\u003C/h2>\n\u003Cp>Le règne d’Eudes illustre une transformation profonde de la monarchie franque.\u003C/p>\n\u003Cp>Comme \u003Cstrong>Boson de Provence\u003C/strong> en \u003Cstrong>879\u003C/strong>, Eudes n’est pas un descendant direct de \u003Cstrong>Charlemagne\u003C/strong>. Son élection montre que la haute aristocratie dispose désormais d’un pouvoir décisif dans la désignation du roi.\u003C/p>\n\u003Cp>Sans renier totalement la légitimité carolingienne, les grands du royaume réintroduisent un principe ancien : celui de \u003Cstrong>l’élection et de l’acclamation aristocratique\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>Dans ce système politique, la dynastie ne suffit plus : la royauté dépend désormais de la capacité d’un chef à \u003Cstrong>défendre le royaume et à maintenir l’équilibre entre les grandes familles\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>Les instruments du pouvoir reflètent cette nouvelle réalité. Des \u003Cstrong>deniers frappés au nom d’Eudes\u003C/strong>, notamment à \u003Cstrong>Toulouse\u003C/strong>, témoignent qu’une royauté non carolingienne peut désormais s’inscrire dans les pratiques administratives et symboliques du gouvernement.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch2>⚔️ Un monarque contesté\u003C/h2>\n\u003Cp>Dès le début de son règne, Eudes fait face à une opposition active.\u003C/p>\n\u003Cp>L’archevêque de \u003Cstrong>Reims\u003C/strong>, \u003Cstrong>Foulques\u003C/strong>, reste fidèle au principe dynastique carolingien et soutient plusieurs concurrents. Dans ce contexte troublé, un prétendant extérieur, \u003Cstrong>Guy III de Spolète\u003C/strong>, est même sacré à \u003Cstrong>Langres\u003C/strong>, tentative éphémère de redéfinir l’équilibre politique du royaume.\u003C/p>\n\u003Cp>Parallèlement, \u003Cstrong>Ramnulf II\u003C/strong>, comte de \u003Cstrong>Poitiers\u003C/strong>, agit comme protecteur et tuteur du jeune \u003Cstrong>Charles le Simple\u003C/strong>, gardant ouverte la perspective d’un retour carolingien.\u003C/p>\n\u003Cp>Pour stabiliser sa position, Eudes cherche l’appui du puissant roi de \u003Cstrong>Francie orientale\u003C/strong>, \u003Cstrong>Arnulf de Carinthie\u003C/strong>. Ce soutien contribue à renforcer la légitimité de son second sacre à \u003Cstrong>Reims\u003C/strong> le \u003Cstrong>13 novembre 888\u003C/strong>, accompagné d’un cérémonial plus solennel et d’insignes royaux inspirés de la tradition impériale.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch2>🌍 890–892 : un royaume en guerre et des principautés en mouvement\u003C/h2>\n\u003Cp>Les premières années du règne d’Eudes sont marquées par une succession de crises militaires et politiques. Les raids vikings se poursuivent, tandis que les grandes principautés régionales affirment leur autonomie. Le royaume apparaît fragmenté, et l’autorité royale doit constamment s’imposer face aux princes et aux envahisseurs.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>🐉 890 : raids vikings et affirmation bretonne\u003C/h3>\n\u003Cp>Vers \u003Cstrong>890\u003C/strong>, les Vikings poursuivent leurs expéditions dans l’Ouest. Ils assiègent la ville de \u003Cstrong>Saint-Lô\u003C/strong>, massacrent une partie de la population et tuent l’\u003Cstrong>évêque de Coutances\u003C/strong>. Profitant des divisions entre les princes bretons, ils avancent jusqu’au \u003Cstrong>Blavet\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>Les Bretons parviennent finalement à les repousser lors de plusieurs combats. Au cours du premier affrontement, le chef breton \u003Cstrong>Judicaël\u003C/strong> est tué. La victoire finale revient cependant à \u003Cstrong>Alain Ier\u003C/strong>, dit \u003Cstrong>Alain le Grand\u003C/strong>, qui renforce son prestige et adopte le titre de \u003Cstrong>roi de Bretagne\u003C/strong>, affirmant l’autonomie du principat breton face aux puissances voisines.\u003C/p>\n\u003Cp>Dans le même temps, l’équilibre politique évolue dans le sud. Le \u003Cstrong>6 juin\u003C/strong>, une assemblée se réunit à \u003Cstrong>Valence\u003C/strong>, convoquée par \u003Cstrong>Ermengarde\u003C/strong>, veuve de \u003Cstrong>Boson de Provence\u003C/strong>. Son fils \u003Cstrong>Louis\u003C/strong> est proclamé \u003Cstrong>roi de Provence\u003C/strong> avec l’appui de son oncle \u003Cstrong>Richard le Justicier\u003C/strong>. Celui-ci étend progressivement son autorité en Bourgogne et finit par être reconnu \u003Cstrong>duc de Bourgogne\u003C/strong> par le roi Eudes.\u003C/p>\n\u003Cp>La mort du \u003Cstrong>comte Ramnulf II de Poitiers\u003C/strong> le \u003Cstrong>5 août\u003C/strong> ouvre également une crise de succession en Aquitaine. Eudes tente d’imposer son frère \u003Cstrong>Robert\u003C/strong> comme comte de Poitiers, mais les élites locales refusent cette décision. Le pouvoir passe finalement à \u003Cstrong>Adémar d’Angoulême\u003C/strong>, avant que \u003Cstrong>Ebles Manzer\u003C/strong>, fils illégitime de Ramnulf, ne s’impose quelques années plus tard.\u003C/p>\n\u003Cp>À l’automne, les Vikings, chassés de Bretagne, établissent leurs \u003Cstrong>quartiers d’hiver près de Noyon\u003C/strong>, sur l’\u003Cstrong>Oise\u003C/strong>. Le \u003Cstrong>21 novembre\u003C/strong>, le roi \u003Cstrong>Eudes\u003C/strong> se poste à \u003Cstrong>Senlis\u003C/strong> afin de leur barrer la route de \u003Cstrong>Paris\u003C/strong>, protégeant ainsi la capitale du royaume.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>⚔️ 891 : la guerre contre les Vikings\u003C/h3>\n\u003Cp>L’année \u003Cstrong>891\u003C/strong> est dominée par la guerre contre les Vikings.\u003C/p>\n\u003Cp>Le \u003Cstrong>2 mai\u003C/strong>, ils pillent l’\u003Cstrong>abbaye de Saint-Omer\u003C/strong> en Picardie, bien que la population tente de résister.\u003C/p>\n\u003Cp>\u003Cimg src=\"https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/f/fd/Saint_omer_saint_bertin_1520x1238.jpg\" alt=\"Abbaye de Saint-Omer\" class=\"kb-img-contain\">\n\u003Cem>Abbaye de Saint-Omer - Source: Wikimedia Commons\u003C/em>\u003C/p>\n\u003Cp>Au \u003Cstrong>printemps et durant l’été\u003C/strong>, le roi \u003Cstrong>Eudes\u003C/strong> mène une campagne contre les Normands près de \u003Cstrong>Wallers\u003C/strong>, non loin de \u003Cstrong>Valenciennes\u003C/strong>. Les Vikings parviennent cependant à s’échapper. Peu après, Eudes est surpris en \u003Cstrong>Vermandois\u003C/strong> et subit à son tour un revers.\u003C/p>\n\u003Cp>Les Vikings poursuivent leur progression en direction de l’est. Le \u003Cstrong>25 juin\u003C/strong>, après avoir franchi la \u003Cstrong>Meuse\u003C/strong> près de \u003Cstrong>Liège\u003C/strong> et pillé les environs d’\u003Cstrong>Aix-la-Chapelle\u003C/strong>, ils battent une armée de \u003Cstrong>Francie orientale\u003C/strong> sur la rivière \u003Cstrong>Gueule\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>Mais leur avance est finalement stoppée par le roi \u003Cstrong>Arnulf de Carinthie\u003C/strong>. Le \u003Cstrong>1er septembre 891\u003C/strong>, à la \u003Cstrong>bataille de Louvain\u003C/strong>, les forces franques repoussent les Vikings sur la \u003Cstrong>Dyle\u003C/strong>. Les chefs vikings \u003Cstrong>Sigfredhr\u003C/strong> et \u003Cstrong>Godfredr\u003C/strong> y trouvent la mort.\u003C/p>\n\u003Cp>Dans le même temps, une nouvelle menace apparaît au sud : des \u003Cstrong>Sarrasins\u003C/strong> débarquent à \u003Cstrong>Nice\u003C/strong> et commencent à ravager le \u003Cstrong>Piémont\u003C/strong>, avant de s’enfoncer dans les \u003Cstrong>Alpes\u003C/strong> pour contrôler certains cols stratégiques.\u003C/p>\n\u003Cp>Profitant des troubles, \u003Cstrong>Baudouin II de Flandre\u003C/strong> étend également son pouvoir et s’empare de l’\u003Cstrong>Artois\u003C/strong> jusqu’à la \u003Cstrong>Canche\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>🏛️ 892 : révoltes princières et nouvelles campagnes royales\u003C/h3>\n\u003Cp>En \u003Cstrong>février 892\u003C/strong>, les Vikings établis autour de \u003Cstrong>Louvain\u003C/strong> lancent une nouvelle campagne. Ils ravagent la \u003Cstrong>rive gauche du Rhin\u003C/strong> jusqu’à \u003Cstrong>Bonn\u003C/strong>, puis pénètrent en \u003Cstrong>Francie occidentale\u003C/strong> par \u003Cstrong>Prüm\u003C/strong> et les \u003Cstrong>Ardennes\u003C/strong>. La région comprise entre \u003Cstrong>Reims\u003C/strong> et \u003Cstrong>Cambrai\u003C/strong> est largement dévastée.\u003C/p>\n\u003Cp>Le \u003Cstrong>17 avril\u003C/strong>, un incendie accidentel détruit l’\u003Cstrong>abbaye Saint-Vaast d’Arras\u003C/strong> et le \u003Cstrong>castrum\u003C/strong> voisin. Profitant du désordre et en révolte contre le roi Eudes, \u003Cstrong>Baudouin II de Flandre\u003C/strong> s’empare d’\u003Cstrong>Arras\u003C/strong> et fait restaurer ses fortifications.\u003C/p>\n\u003Cp>\u003Cimg src=\"https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/2/2d/Abbaye_Saint-Vaast_Arras_%281717%29.png\" alt=\"Abbaye Saint-Vaast d'Arras\" class=\"kb-img-contain\">\n\u003Cem>Abbaye Saint-Vaast d’Arras - Source: Wikimedia Commons\u003C/em>\u003C/p>\n\u003Cp>Eudes intervient alors en Flandre : il prend \u003Cstrong>Laon\u003C/strong> et fait exécuter le \u003Cstrong>comte Gautier\u003C/strong>. Mais la situation reste instable et Baudouin se replie à \u003Cstrong>Bruges\u003C/strong>, mentionnée pour la première fois dans les sources à cette occasion.\u003C/p>\n\u003Cp>Le \u003Cstrong>13 juin\u003C/strong>, Eudes se trouve à \u003Cstrong>Tours\u003C/strong> avec son frère \u003Cstrong>Robert\u003C/strong>. Il mène ensuite une campagne en \u003Cstrong>Aquitaine\u003C/strong>, où il soutient \u003Cstrong>Aymar\u003C/strong>, qui devient comte de \u003Cstrong>Poitiers\u003C/strong> au détriment d’\u003Cstrong>Ebles Manzer\u003C/strong>. Après avoir séjourné à \u003Cstrong>Limoges\u003C/strong>, \u003Cstrong>Angoulême\u003C/strong> et \u003Cstrong>Périgueux\u003C/strong>, il marche contre \u003Cstrong>Guillaume le Pieux\u003C/strong> et redistribue certains bénéfices à ses partisans.\u003C/p>\n\u003Cp>Le roi est encore attesté à \u003Cstrong>Cosne-sur-Loire\u003C/strong> le \u003Cstrong>22 septembre\u003C/strong>, signe de ses déplacements constants pour maintenir l’autorité royale.\u003C/p>\n\u003Cp>À l’\u003Cstrong>automne\u003C/strong>, une \u003Cstrong>famine\u003C/strong> frappe la Francie occidentale. Face à l’épuisement des ressources locales, les Vikings quittent massivement le continent pour gagner l’\u003Cstrong>Angleterre\u003C/strong> en passant par \u003Cstrong>Boulogne\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>🔍 \u003Cstrong>\u003Ca href=\"/zoom/p4ch18z2\">Zoom – 888 et 892 : Montfaucon et Montpensier\u003C/a>\u003C/strong>\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch2>⚔️ 893–896 : la guerre entre Eudes et Charles le Simple\u003C/h2>\n\u003Cp>En \u003Cstrong>893\u003C/strong>, la rivalité dynastique éclate ouvertement en Francie occidentale.\u003C/p>\n\u003Cp>Le \u003Cstrong>28 janvier 893\u003C/strong>, le jeune \u003Cstrong>Charles III\u003C/strong>, dit \u003Cstrong>Charles le Simple\u003C/strong>, est sacré roi à \u003Cstrong>Reims\u003C/strong> par l’archevêque \u003Cstrong>Foulques\u003C/strong>. Héritier carolingien légitime, il bénéficie du soutien de plusieurs aristocrates attachés à la dynastie de Charlemagne : \u003Cstrong>Baudouin II de Flandre\u003C/strong>, \u003Cstrong>Pépin de Senlis\u003C/strong>, frère d’\u003Cstrong>Herbert de Vermandois\u003C/strong>, ainsi que plusieurs évêques.\u003C/p>\n\u003Cp>Ce sacre ouvre une période de \u003Cstrong>double royauté\u003C/strong> : face à \u003Cstrong>Eudes\u003C/strong>, roi élu en 888, les partisans carolingiens disposent désormais de leur propre souverain.\u003C/p>\n\u003Cp>Eudes réagit rapidement. Soutenu par \u003Cstrong>Guillaume d’Aquitaine\u003C/strong> et \u003Cstrong>Richard le Justicier\u003C/strong>, puissant seigneur de Bourgogne, il lance une campagne contre son rival.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>894 : la contre-offensive d’Eudes\u003C/h3>\n\u003Cp>En \u003Cstrong>894\u003C/strong>, Eudes parvient à reprendre l’avantage militaire. Les forces du roi robertien affrontent celles de Charles le Simple et de ses alliés. Battu, Charles doit se retirer et trouver refuge en \u003Cstrong>Bourgogne\u003C/strong>, sous la protection de ses soutiens.\u003C/p>\n\u003Cp>Cette victoire renforce temporairement la position d’Eudes, mais elle ne met pas fin à la rivalité dynastique. La Francie occidentale reste profondément divisée.\u003C/p>\n\u003Cp>Dans les faits, l’autorité d’Eudes demeure surtout forte dans les régions situées \u003Cstrong>entre la Loire et la Seine\u003C/strong>, tandis que le légitimisme carolingien reste puissant \u003Cstrong>entre la Seine et la Meuse\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>Les princes entre deux rois\u003C/h3>\n\u003Cp>La rivalité entre Eudes et Charles reflète aussi les stratégies des grands aristocrates.\u003C/p>\n\u003Cp>Charles bénéficie notamment du soutien de \u003Cstrong>Baudouin II de Flandre\u003C/strong>, inquiet de la volonté d’Eudes de reprendre le contrôle des \u003Cstrong>honores\u003C/strong> et des ressources du \u003Cstrong>fisc royal\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>Dans ce contexte, les princes jouent souvent \u003Cstrong>un roi contre l’autre\u003C/strong> afin d’accroître leur autonomie et de consolider leurs propres territoires.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>895–896 : les campagnes du roi Eudes\u003C/h3>\n\u003Cp>La lutte pour le pouvoir se poursuit au milieu des années 890.\u003C/p>\n\u003Cp>En \u003Cstrong>895\u003C/strong>, Eudes mène une expédition militaire depuis \u003Cstrong>Corbie\u003C/strong> et marche contre \u003Cstrong>Arras\u003C/strong>, tentant d’affirmer son autorité dans le nord du royaume.\u003C/p>\n\u003Cp>L’année suivante, en \u003Cstrong>896\u003C/strong>, il parvient à s’emparer de \u003Cstrong>Péronne\u003C/strong> et de \u003Cstrong>Saint-Quentin\u003C/strong>, deux places importantes du \u003Cstrong>Vermandois\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>Ces succès militaires montrent que le roi conserve une réelle capacité d’action. Pourtant, malgré ces victoires, la concurrence dynastique continue d’affaiblir la monarchie et d’entretenir l’instabilité politique du royaume.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch2>🧬 897–898 : compromis politique et retour carolingien\u003C/h2>\n\u003Cp>À la fin de son règne, le roi \u003Cstrong>Eudes\u003C/strong> cherche à mettre fin à la longue rivalité qui l’oppose au prétendant carolingien \u003Cstrong>Charles le Simple\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>En \u003Cstrong>897\u003C/strong>, plusieurs événements témoignent de cette tentative d’apaisement.\u003Cbr>\nLe \u003Cstrong>27 mars\u003C/strong>, jour de \u003Cstrong>Pâques\u003C/strong>, le chef normand \u003Cstrong>Hundeus (Huncdée)\u003C/strong> reçoit le baptême à \u003Cstrong>Denain\u003C/strong>, à la frontière entre la Francie occidentale et la Lotharingie. Le jeune \u003Cstrong>Charles le Simple\u003C/strong>, qui cherche alors à se ménager des alliances, en est le \u003Cstrong>parrain\u003C/strong>. Cette conversion illustre les relations complexes entre princes francs et chefs vikings, mêlant diplomatie, religion et stratégie politique.\u003C/p>\n\u003Cp>Peu après Pâques, des \u003Cstrong>négociations reprennent entre Eudes et les partisans de Charles\u003C/strong>. Après plusieurs années de rivalité, les deux camps parviennent finalement à un compromis.\u003C/p>\n\u003Cp>Charles accepte de \u003Cstrong>renoncer provisoirement au trône\u003C/strong> de Francie occidentale. En échange, il reçoit la place forte de \u003Cstrong>Laon\u003C/strong>, importante position stratégique dans le nord du royaume. De son côté, Eudes reconnaît officiellement \u003Cstrong>Charles comme son successeur\u003C/strong>, ouvrant la voie à un retour pacifique de la dynastie carolingienne.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>898 : mort d’Eudes\u003C/h3>\n\u003Cp>Le roi \u003Cstrong>Eudes\u003C/strong> meurt le \u003Cstrong>3 janvier 898\u003C/strong> à \u003Cstrong>La Fère\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>Après sa disparition, les grands du royaume appliquent l’accord conclu l’année précédente et reconnaissent \u003Cstrong>Charles le Simple\u003C/strong> comme roi des Francs occidentaux. La monarchie carolingienne est ainsi restaurée.\u003C/p>\n\u003Cp>Mais la décennie qui vient de s’écouler a profondément transformé l’équilibre politique du royaume. L’élection d’Eudes en \u003Cstrong>888\u003C/strong> a montré que la couronne pouvait être \u003Cstrong>attribuée par choix aristocratique\u003C/strong>, et non seulement par succession dynastique.\u003C/p>\n\u003Cp>🔍 \u003Cstrong>\u003Ca href=\"/zoom/p4ch18z4\">Zoom – 898 : la succession et l’héritage robertien\u003C/a>\u003C/strong>\u003C/p>\n\u003Cp>Avant sa mort, Eudes avait pris soin de préserver les intérêts de sa famille.\u003Cbr>\nDans le cadre du compromis conclu avec Charles le Simple, des terres issues du \u003Cstrong>fisc royal\u003C/strong> sont attribuées à son frère \u003Cstrong>Robert\u003C/strong>, renforçant la position de la famille robertienne dans le royaume.\u003C/p>\n\u003Cp>Si la dynastie carolingienne revient sur le trône, la puissance des \u003Cstrong>Robertiens\u003C/strong> n’est pas brisée. Au contraire, elle s’enracine durablement dans la politique du royaume — une ascension qui conduira, un siècle plus tard, à l’avènement de \u003Cstrong>Hugues Capet\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch2>🧠 À retenir\u003C/h2>\n\u003Cul>\n\u003Cli>\u003Cstrong>888\u003C/strong> : l’élection d’Eudes marque une royauté moins dynastique et plus politique.\u003C/li>\n\u003Cli>La légitimité royale repose désormais sur le \u003Cstrong>sacre, les alliances aristocratiques et les victoires militaires\u003C/strong>.\u003C/li>\n\u003Cli>\u003Cstrong>893\u003C/strong> : le sacre de Charles le Simple révèle une monarchie profondément contestée.\u003C/li>\n\u003Cli>\u003Cstrong>898\u003C/strong> : retour carolingien, mais l’ascension de la famille robertienne est désormais lancée.\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Chr>\n",[20,23,26,29],{"id":21,"title":22},"p4ch18z1","888 : Compiègne et Reims, deux sacres",{"id":24,"title":25},"p4ch18z2","888 et 892 : Montfaucon et Montpensier",{"id":27,"title":28},"p4ch18z3","893 : le sacre de Charles le Simple",{"id":30,"title":31},"p4ch18z4","898 : la succession et l’héritage robertien","",true,false,"888 à 898","Eudes impose une royauté robertienne par sacres, alliances et victoires, face à Charles le Simple. Eudes est roi des Francs occidentaux de 888 à 898 .","/assets/covers/cover-p4ch18.jpg",{"period":39,"chapters":43},{"id":5,"title":6,"titleEn":7,"titleEs":8,"range":9,"rangeEn":9,"rangeEs":9,"cover":40,"coverArtworkId":42},{"fileName":32,"filePageUrl":32,"imageUrl":41,"sourceLabel":32},"/assets/carousels/p4/Alma-Tadema The Education of the Children of Clovis.jpg","alma-tadema-the-education-of-the-children-of-clovis",[44,50,57,64,70,76,82,88,95,101,108,114,120,126,132,138,144,150,156,162,168,174,180,186,188,194,200,206,212],{"id":45,"title":46,"periodId":5,"thumbnailUrl":47,"thumbnailArtworkId":32,"hasEn":33,"isFallback":34,"teaser":48,"coverFit":32,"coverPosition":32,"chronicle":49,"realm":32,"ready":33},"p4ch1","Clovis : Le Roi qui forge la Gaule","/assets/covers/cover-p4ch1.jpg","Le premier grand roi franc et l'unification de la Gaule.","481 à 511",{"id":51,"title":52,"periodId":5,"thumbnailUrl":53,"thumbnailArtworkId":32,"hasEn":33,"isFallback":34,"teaser":54,"coverFit":32,"coverPosition":32,"chronicle":55,"realm":56,"ready":33},"p4ch2","Thierry Ier : L'héritier de l'Est (Austrasie)","/assets/covers/cover-p4ch2.jpg","Le partage de 511 et la naissance de l'Austrasie.","511 à 534","Austrasie",{"id":58,"title":59,"periodId":5,"thumbnailUrl":60,"thumbnailArtworkId":32,"hasEn":33,"isFallback":34,"teaser":61,"coverFit":32,"coverPosition":32,"chronicle":62,"realm":63,"ready":33},"p4ch2b","Clodomir : Orléans et la guerre de Burgondie","/assets/covers/cover-p4ch2b.png","Division du royaume franc après la mort de Clovis — Source : Wikimedia Commons","511 à 524","Orléans",{"id":65,"title":66,"periodId":5,"thumbnailUrl":67,"thumbnailArtworkId":32,"hasEn":33,"isFallback":34,"teaser":61,"coverFit":32,"coverPosition":32,"chronicle":68,"realm":69,"ready":33},"p4ch2c","Childebert Ier : Paris, alliances et expansion","/assets/covers/cover-p4ch2c.jpg","511 à 558","Paris",{"id":71,"title":72,"periodId":5,"thumbnailUrl":73,"thumbnailArtworkId":32,"hasEn":33,"isFallback":34,"teaser":74,"coverFit":32,"coverPosition":32,"chronicle":75,"realm":56,"ready":33},"p4ch3","Thibert Ier : Le roi d’Austrasie tourné vers Rome","/assets/covers/cover-p4ch3.png","Un roi d'Austrasie, entre Méditerranée, monnaie et ambitions italiennes.","534 à 548",{"id":77,"title":78,"periodId":5,"thumbnailUrl":79,"thumbnailArtworkId":32,"hasEn":33,"isFallback":34,"teaser":80,"coverFit":32,"coverPosition":32,"chronicle":81,"realm":56,"ready":33},"p4ch3b","Thibaut : Un règne bref en Austrasie","/assets/covers/cover-p4ch3b.png","Le royaume des Francs en 548 — Source : Wikimedia Commons","548 à 555",{"id":83,"title":84,"periodId":5,"thumbnailUrl":85,"thumbnailArtworkId":32,"hasEn":33,"isFallback":34,"teaser":86,"coverFit":32,"coverPosition":32,"chronicle":87,"realm":32,"ready":33},"p4ch4","Clotaire Ier : Le dernier fils de Clovis","/assets/covers/cover-p4ch4.jpg","Rivalités mérovingiennes et retour au royaume unique (558).","511 à 561",{"id":89,"title":90,"periodId":5,"thumbnailUrl":91,"thumbnailArtworkId":32,"hasEn":33,"isFallback":34,"teaser":92,"coverFit":32,"coverPosition":32,"chronicle":93,"realm":94,"ready":33},"p4ch5","Chilpéric Ier : L'ambition et la Faide royale","/assets/covers/cover-p4ch5.jpg","Les luttes de pouvoir et la rivalité Frédégonde-Brunehaut après 561.","561 à 584","Neustrie",{"id":96,"title":97,"periodId":5,"thumbnailUrl":98,"thumbnailArtworkId":32,"hasEn":33,"isFallback":34,"teaser":99,"coverFit":32,"coverPosition":32,"chronicle":100,"realm":56,"ready":33},"p4ch5b","Sigebert Ier : Austrasie et guerre des frères","/assets/covers/cover-p4ch5b.jpg","En 561 , le roi Clotaire Ier , dernier fils de Clovis , meurt. 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