[{"data":1,"prerenderedAt":218},["ShallowReactive",2],{"chapter:p4ch19:fr":3,"chapters:p4:fr":38},{"period":4,"chapter":15},{"id":5,"title":6,"titleEn":7,"titleEs":8,"range":9,"rangeEn":9,"rangeEs":9,"cover":10},"p4","Le Haut Moyen Âge","Early Middle Ages","Alta Edad Media","476 → 987",{"fileName":11,"filePageUrl":12,"imageUrl":13,"sourceLabel":14},"François Louis Dejuinne 08265 baptême de CLovis.JPG","https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Fran%C3%A7ois%20Louis%20Dejuinne%2008265%20bapt%C3%AAme%20de%20CLovis.JPG","/assets/p4-haut-moyen-age-cover.png","Wikimedia Commons",{"id":16,"title":17,"periodId":5,"html":18,"zooms":19,"thumbnailArtworkId":32,"hasEn":33,"isFallback":34,"coverFit":32,"coverPosition":32,"chronicle":35,"realm":32,"seoDescription":36,"thumbnailUrl":37},"p4ch19","Charles le Simple : compromis normand, ambitions impériales et chute (898–929)","\u003Cp>En \u003Cstrong>898\u003C/strong>, après la mort du roi \u003Cstrong>Eudes\u003C/strong>, la Francie occidentale revient à un souverain carolingien : \u003Cstrong>Charles III\u003C/strong>, dit \u003Cstrong>Charles le Simple\u003C/strong>.\u003Cbr>\nCe retour dynastique ne signifie cependant pas un retour à la monarchie puissante de l’époque de \u003Cstrong>Charlemagne\u003C/strong>. À la fin du IXᵉ siècle, le roi doit composer avec des \u003Cstrong>princes territoriaux puissants\u003C/strong>, qui reconnaissent son autorité tant qu’elle sert leurs intérêts politiques et militaires.\u003C/p>\n\u003Cp>Charles règne effectivement sur la Francie occidentale jusqu’en \u003Cstrong>922\u003C/strong>, date de sa déposition par une coalition aristocratique. Mais son histoire ne s’arrête pas là : capturé en \u003Cstrong>923\u003C/strong>, il reste prisonnier pendant plusieurs années et meurt en captivité le \u003Cstrong>7 octobre 929\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>Son règne est dominé par deux défis majeurs :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>\u003Cstrong>stabiliser la menace viking\u003C/strong>, désormais installée durablement le long des fleuves ;\u003C/li>\n\u003Cli>\u003Cstrong>arbitrer les rivalités entre grandes familles\u003C/strong>, notamment entre les \u003Cstrong>Robertiens\u003C/strong> et les puissants comtes du nord du royaume.\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Chr>\n\u003Ch2>898–903 : les Normands, entre résistance et compromis\u003C/h2>\n\u003Cp>Dès le début de son règne, \u003Cstrong>Charles le Simple\u003C/strong> doit faire face à la menace persistante des Vikings, installés depuis plusieurs décennies dans les vallées fluviales du royaume.\u003C/p>\n\u003Cp>Le \u003Cstrong>1er ou 3 janvier 898\u003C/strong>, à la mort du roi \u003Cstrong>Eudes\u003C/strong>, Charles est reconnu \u003Cstrong>roi de Francie occidentale\u003C/strong> et s’établit sur le trône. Très vite, il doit affronter les bandes normandes qui continuent de parcourir la \u003Cstrong>vallée de la Seine\u003C/strong> et les régions du nord.\u003C/p>\n\u003Cp>Au \u003Cstrong>printemps 898\u003C/strong>, le nouveau roi parvient à \u003Cstrong>repousser des Vikings sur la Somme\u003C/strong>, montrant qu’il entend défendre activement le royaume. Mais ces succès restent fragiles, car la guerre contre les Normands est marquée par des raids rapides et une grande mobilité des envahisseurs.\u003C/p>\n\u003Cp>Dans le même temps, les grands princes renforcent leur position. En \u003Cstrong>mai 898\u003C/strong>, \u003Cstrong>Guillaume le Pieux\u003C/strong>, puissant seigneur d’Auvergne, prend dans une charte le titre de \u003Cstrong>« duc d’Aquitaine »\u003C/strong>, signe de l’affirmation progressive des principautés territoriales.\u003C/p>\n\u003Cp>\u003Cimg src=\"https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/5/55/Guillpieux.jpg\" alt=\"Guillaume le Pieux\" class=\"kb-img-contain\">\n\u003Cem>Guillaume le Pieux - Source: Wikimedia Commons\u003C/em>\u003C/p>\n\u003Cp>La lutte contre les Vikings mobilise aussi d’autres chefs du royaume. Le \u003Cstrong>28 décembre 898\u003C/strong>, \u003Cstrong>Richard le Justicier\u003C/strong>, duc de Bourgogne, remporte une victoire sur des Normands à \u003Cstrong>Argenteuil\u003C/strong>, près de \u003Cstrong>Tonnerre\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>899 : alliances et nouveaux raids\u003C/h3>\n\u003Cp>L’année \u003Cstrong>899\u003C/strong> est marquée par des tentatives de stabilisation politique.\u003C/p>\n\u003Cp>En \u003Cstrong>juin\u003C/strong>, Charles séjourne à \u003Cstrong>Verberie\u003C/strong>, puis tient durant l’été un \u003Cstrong>plaid sur les bords de l’Oise\u003C/strong>, où il cherche à apaiser plusieurs rivalités. Il conclut notamment la paix avec \u003Cstrong>Zwentibold\u003C/strong>, roi de Lotharingie, tandis que \u003Cstrong>Baudouin II de Flandre\u003C/strong> se réconcilie avec \u003Cstrong>Herbert de Vermandois\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>Malgré ces efforts diplomatiques, les Vikings poursuivent leurs expéditions. En \u003Cstrong>novembre 899\u003C/strong>, ils ravagent les régions situées \u003Cstrong>entre l’Oise et la Meuse\u003C/strong>, rappelant la difficulté pour le pouvoir royal de contrôler les frontières du royaume.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>900 : tensions politiques et assassinat à Reims\u003C/h3>\n\u003Cp>Les rivalités aristocratiques restent vives. Le \u003Cstrong>17 juin 900\u003C/strong>, \u003Cstrong>Baudouin II de Flandre\u003C/strong> fait assassiner \u003Cstrong>Foulques\u003C/strong>, archevêque de \u003Cstrong>Reims\u003C/strong>, l’un des principaux soutiens de la dynastie carolingienne.\u003C/p>\n\u003Cp>Malgré cet acte violent, Baudouin conserve une position forte : quelques années plus tard, il est officiellement reconnu par Charles comme \u003Cstrong>abbé laïque de Saint-Bertin\u003C/strong>, illustrant la nécessité pour le roi de composer avec les princes territoriaux.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>903 : raids vikings dans la vallée de la Loire\u003C/h3>\n\u003Cp>Au début du Xe siècle, les Vikings continuent de menacer plusieurs régions du royaume.\u003C/p>\n\u003Cp>Le \u003Cstrong>5 juin 903\u003C/strong>, le comte de Paris \u003Cstrong>Robert\u003C/strong>, futur ancêtre des Capétiens, obtient du roi des lettres protégeant les moines de \u003Cstrong>Lièpvre\u003C/strong> contre les tentatives d’usurpation de l’abbaye de \u003Cstrong>Saint-Denis\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>Peu après, le \u003Cstrong>28 juin\u003C/strong>, un violent incendie frappe l’\u003Cstrong>abbaye de Saint-Martin-de-Tours\u003C/strong>. Des Vikings remontent la \u003Cstrong>Loire\u003C/strong> après avoir incendié \u003Cstrong>Amboise\u003C/strong> et \u003Cstrong>Bléré\u003C/strong>, puis se présentent devant \u003Cstrong>Tours\u003C/strong>. Ils ne parviennent pas à prendre la ville, mais ravagent les faubourgs et incendient l’abbaye.\u003C/p>\n\u003Cp>Les envahisseurs sont finalement \u003Cstrong>battus à Saint-Martin-le-Beau\u003C/strong>, montrant que les forces locales restent capables de résister malgré la fragilité du pouvoir royal.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Cp>Ces épisodes illustrent la situation du royaume au début du règne de Charles :\u003Cbr>\nle roi tente de défendre son autorité, mais le pouvoir réel dépend largement des \u003Cstrong>grands princes\u003C/strong> et des \u003Cstrong>coalitions locales\u003C/strong>, tandis que les Vikings continuent de profiter de la fragmentation politique du royaume.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch2>💍 907 : un mariage royal et une politique d’alliances\u003C/h2>\n\u003Cp>Pour renforcer sa position, Charles cherche à consolider ses alliances politiques.\u003C/p>\n\u003Cp>Le \u003Cstrong>16 avril 907\u003C/strong>, il épouse à \u003Cstrong>Laon\u003C/strong> \u003Cstrong>Frédérune\u003C/strong> (Frérone), issue d’une grande famille aristocratique de \u003Cstrong>Lotharingie\u003C/strong>. Le mariage est suivi d’un sacre solennel : la reine est couronnée le \u003Cstrong>18 avril\u003C/strong> à \u003Cstrong>Saint-Remi de Reims\u003C/strong> par l’archevêque \u003Cstrong>Hervé\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>Le lendemain, au palais d’\u003Cstrong>Attigny\u003C/strong>, Charles établit pour sa femme un \u003Cstrong>douaire\u003C/strong> comprenant notamment le fisc de \u003Cstrong>Corbeny\u003C/strong> et le palais de \u003Cstrong>Ponthion\u003C/strong>, avec leurs dépendances. La reine devient ainsi un élément central du dispositif politique et territorial du pouvoir royal.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch2>909–911 : de la guerre viking au compromis normand\u003C/h2>\n\u003Cp>Au début du Xe siècle, la Francie occidentale reste profondément marquée par les raids vikings. Les campagnes sont ravagées, les monastères pillés et les villes menacées. Dans ce contexte d’insécurité permanente, le pouvoir royal doit s’appuyer sur les princes territoriaux et les évêques pour organiser la défense du royaume.\u003C/p>\n\u003Cp>Vers \u003Cstrong>909 ou 910\u003C/strong>, un événement d’une tout autre nature marque la vie religieuse et politique du royaume : la fondation de l’\u003Cstrong>abbaye de Cluny\u003C/strong> par \u003Cstrong>Guillaume le Pieux\u003C/strong>, duc d’Aquitaine, et son épouse \u003Cstrong>Engelberge\u003C/strong>. Installée sur des terres cédées à une communauté de douze moines bénédictins venus de \u003Cstrong>Baume-les-Messieurs\u003C/strong>, l’abbaye est confiée à l’abbé \u003Cstrong>Bernon\u003C/strong>. Placée directement sous l’autorité de \u003Cstrong>Saint-Pierre de Rome\u003C/strong>, Cluny échappe à toute ingérence laïque ou épiscopale. Cette autonomie exceptionnelle lui permettra de devenir, dans les siècles suivants, l’un des principaux centres spirituels de l’Occident médiéval.\u003C/p>\n\u003Cp>\u003Cimg src=\"https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/7/76/Abbaye_de_Cluny_hdsr_IMG_6856.jpg\" alt=\"Abbaye de Cluny\" class=\"kb-img-contain\">\n\u003Cem>Abbaye de Cluny - Source: Wikimedia Commons\u003C/em>\u003C/p>\n\u003Cp>Dans ces mêmes années, l’affirmation des principautés territoriales se poursuit. Guillaume le Pieux, héritier de \u003Cstrong>Bernard Plantevelue\u003C/strong>, domine l’Auvergne et le Limousin et se proclame \u003Cstrong>duc des Aquitains\u003C/strong>, allant jusqu’à frapper sa propre monnaie. De son côté, le duc \u003Cstrong>Richard de Bourgogne\u003C/strong> renforce ses positions et autorise certaines abbayes, comme \u003Cstrong>Sainte-Colombe de Saint-Denis-lès-Sens\u003C/strong>, à se fortifier pour résister aux incursions vikings.\u003C/p>\n\u003Cp>Malgré ces mesures défensives, les raids continuent. Des bandes normandes ravagent la \u003Cstrong>Bourgogne\u003C/strong> et l’\u003Cstrong>Auvergne\u003C/strong>, tandis que plusieurs régions du centre du royaume subissent de nouvelles attaques. Selon le chroniqueur \u003Cstrong>Dudon de Saint-Quentin\u003C/strong>, une troupe conduite par \u003Cstrong>Rollon\u003C/strong> traverse le royaume en remontant vers la vallée de la \u003Cstrong>Seine\u003C/strong>, laissant derrière elle villages incendiés et populations massacrées.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>⚔️ 911 : la bataille de Chartres\u003C/h3>\n\u003Cp>L’année \u003Cstrong>911\u003C/strong> marque un tournant dans la lutte contre les Vikings.\u003C/p>\n\u003Cp>Le \u003Cstrong>20 juillet\u003C/strong>, une armée normande remonte la vallée de l’\u003Cstrong>Eure\u003C/strong> et assiège la ville de \u003Cstrong>Chartres\u003C/strong>. Une coalition de princes francs se forme pour défendre la cité. Elle rassemble notamment :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>\u003Cstrong>Robert\u003C/strong>, duc des Francs et frère du roi Eudes,\u003C/li>\n\u003Cli>\u003Cstrong>Richard\u003C/strong>, duc de Bourgogne,\u003C/li>\n\u003Cli>\u003Cstrong>Ebles Manzer\u003C/strong>, comte de Poitiers,\u003C/li>\n\u003Cli>et l’évêque \u003Cstrong>Gouteaume\u003C/strong> de Chartres.\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>Les forces franques remportent une \u003Cstrong>victoire importante\u003C/strong>. Les Vikings commandés par \u003Cstrong>Rollon\u003C/strong> subissent de lourdes pertes — les chroniques évoquent plusieurs milliers de morts — et doivent battre en retraite.\u003C/p>\n\u003Cp>Cette victoire montre que les princes du royaume peuvent encore résister efficacement aux envahisseurs. Mais elle révèle aussi les limites de la stratégie militaire : malgré les succès ponctuels, les raids vikings reprennent régulièrement.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>🤝 Automne 911 : le traité de Saint-Clair-sur-Epte\u003C/h3>\n\u003Cp>Face à cette situation, \u003Cstrong>Charles le Simple\u003C/strong> adopte une stratégie nouvelle.\u003C/p>\n\u003Cp>À l’\u003Cstrong>automne 911\u003C/strong>, il conclut avec \u003Cstrong>Rollon\u003C/strong> le traité de \u003Cstrong>Saint-Clair-sur-Epte\u003C/strong>. Le roi cède au chef viking la région autour de \u003Cstrong>Rouen\u003C/strong> et du \u003Cstrong>pays de Caux\u003C/strong>, située à l’est de l’\u003Cstrong>Epte\u003C/strong>. Ce territoire devient une principauté confiée à Rollon et destinée à servir de \u003Cstrong>zone tampon\u003C/strong> entre la Francie occidentale et les régions exposées aux raids.\u003C/p>\n\u003Cp>\u003Cimg src=\"https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/e/ea/Saint-Clair-sur-Epte_%2895%29%2C_plaque_comm%C3%A9morative_pr%C3%A8s_de_la_mairie.jpg\" alt=\"Plaque commémorative de Saint-Clair-sur-Epte\" class=\"kb-img-contain\">\n\u003Cem>Plaque commémorative de Saint-Clair-sur-Epte - Source: Wikimedia Commons\u003C/em>\u003C/p>\n\u003Cp>En échange, Rollon accepte :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>de \u003Cstrong>se convertir au christianisme\u003C/strong>,\u003C/li>\n\u003Cli>de reconnaître l’autorité du roi des Francs,\u003C/li>\n\u003Cli>et de \u003Cstrong>défendre la vallée de la Seine\u003C/strong> contre d’autres expéditions vikings.\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>Ce compromis transforme une menace permanente en une \u003Cstrong>principauté intégrée au royaume\u003C/strong> et marque la naissance de la future \u003Cstrong>Normandie\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>\u003Cimg src=\"https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/8/80/Cartehistonormandie1.png\" alt=\"Carte de Normandie au Xe et XIe siècle\" class=\"kb-img-contain\">\n\u003Cem>Carte de Normandie - Source: Wikimedia Commons\u003C/em>\u003C/p>\n\u003Cp>L’installation des Scandinaves dans la région entraîne progressivement leur \u003Cstrong>assimilation\u003C/strong>. Les colons prennent souvent des épouses dans la population locale et adoptent peu à peu les structures politiques et religieuses du royaume, tout en laissant des traces durables dans la \u003Cstrong>toponymie\u003C/strong> et le vocabulaire maritime.\u003C/p>\n\u003Cp>🔍 \u003Cstrong>\u003Ca href=\"/zoom/p4ch19z1\">Zoom – 911 : Saint-Clair-sur-Epte et la naissance de la Normandie\u003C/a>\u003C/strong>\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch2>🧭 911 : la Lotharingie change de camp\u003C/h2>\n\u003Cp>La même année, un événement majeur modifie l’équilibre politique européen.\u003C/p>\n\u003Cp>À la mort du roi \u003Cstrong>Louis IV l’Enfant\u003C/strong> (21 novembre \u003Cstrong>911\u003C/strong>), la \u003Cstrong>Lotharingie\u003C/strong> refuse de reconnaître le nouveau pouvoir venu de l’est et choisit de se placer sous l’autorité de \u003Cstrong>Charles le Simple\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>Plusieurs grands lotharingiens — notamment \u003Cstrong>Régnier au Long Col\u003C/strong> et le comte palatin \u003Cstrong>Wigéric\u003C/strong> — proposent au Carolingien une forme d’élection. Charles accepte et se tourne désormais davantage vers l’est.\u003C/p>\n\u003Cp>Ce succès renforce son prestige, mais il constitue aussi un piège politique. Gouverner cette région frontière implique de redistribuer des \u003Cstrong>honores\u003C/strong> et d’intégrer de nouvelles élites, ce qui suscite des jalousies en Francie occidentale.\u003C/p>\n\u003Cp>Dans les années \u003Cstrong>911–912\u003C/strong>, Charles remet également en valeur le titre de \u003Cstrong>rex Francorum\u003C/strong> dans ses actes officiels. Ce titre souligne l’idée d’une royauté fondée sur la continuité du royaume des Francs, dont les centres symboliques demeurent \u003Cstrong>Reims\u003C/strong> et \u003Cstrong>Paris\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>Cependant, l’influence croissante de conseillers lotharingiens — notamment \u003Cstrong>Haganon\u003C/strong> — alimente le mécontentement des aristocrates occidentaux.\u003C/p>\n\u003Cp>🔍 \u003Cstrong>\u003Ca href=\"/zoom/p4ch19z2\">Zoom – 911 : la Lotharingie sous Charles le Simple\u003C/a>\u003C/strong>\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch2>🌍 912–921 : principautés en expansion et nouvelles menaces\u003C/h2>\n\u003Cp>Après le traité de \u003Cstrong>Saint-Clair-sur-Epte (911)\u003C/strong>, la situation du royaume ne devient pas pour autant stable. Si la vallée de la Seine est désormais protégée par la principauté normande de \u003Cstrong>Rollon\u003C/strong>, d’autres défis apparaissent. Les grandes principautés territoriales se renforcent, tandis que de nouvelles menaces — notamment les \u003Cstrong>Hongrois\u003C/strong> — frappent les régions orientales du monde franc.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>🏛️ 912 : recompositions politiques en Bourgogne\u003C/h3>\n\u003Cp>L’année \u003Cstrong>912\u003C/strong> marque une évolution importante dans l’espace bourguignon.\u003Cbr>\nLe \u003Cstrong>25 octobre\u003C/strong>, à la mort du roi \u003Cstrong>Rodolphe Ier de Bourgogne\u003C/strong>, son fils \u003Cstrong>Rodolphe II\u003C/strong> lui succède et poursuit la consolidation du royaume de Bourgogne.\u003C/p>\n\u003Cp>Dans le même temps, \u003Cstrong>Charles le Simple\u003C/strong> cherche à organiser l’équilibre des pouvoirs en Bourgogne. Le \u003Cstrong>21 juin\u003C/strong>, il concède la terre de \u003Cstrong>Poligny\u003C/strong>, dans le \u003Cstrong>Varais\u003C/strong>, à \u003Cstrong>Hugues le Noir\u003C/strong>, fils du puissant \u003Cstrong>Richard le Justicier\u003C/strong>. Par ce geste, le roi reconnaît implicitement à Hugues la capacité de succéder à son père dans ses honneurs bourguignons.\u003C/p>\n\u003Cp>Cette politique illustre la nécessité pour le souverain de s’appuyer sur les grandes familles aristocratiques afin de maintenir l’équilibre du royaume.\u003C/p>\n\u003Cp>La même période voit également le renouveau de la vie religieuse. Sur ses terres de \u003Cstrong>Brogne\u003C/strong>, le noble \u003Cstrong>Gérard de Brogne\u003C/strong> fonde une communauté monastique qui deviendra un important centre de réforme religieuse dans la région.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>⚔️ 915–917 : les raids hongrois et les mutations politiques\u003C/h3>\n\u003Cp>À partir du milieu des années 910, une nouvelle menace apparaît en Europe occidentale : les \u003Cstrong>Hongrois\u003C/strong>, cavaliers venus des plaines d’Europe orientale.\u003C/p>\n\u003Cp>En \u003Cstrong>915\u003C/strong>, ils lancent des raids en \u003Cstrong>Alsace\u003C/strong>, en \u003Cstrong>Lorraine\u003C/strong> et en \u003Cstrong>Bourgogne\u003C/strong>, révélant la vulnérabilité des frontières orientales.\u003C/p>\n\u003Cp>Les attaques se poursuivent en \u003Cstrong>917\u003C/strong>, lorsque les Hongrois incendient \u003Cstrong>Bâle\u003C/strong> et ravagent de nouveau l’Alsace et la Lorraine.\u003C/p>\n\u003Cp>La même année, des changements politiques importants surviennent en Aquitaine. Le \u003Cstrong>6 juillet 917\u003C/strong>, \u003Cstrong>Guillaume II le Jeune\u003C/strong> devient \u003Cstrong>duc d’Aquitaine\u003C/strong> à la mort de son oncle \u003Cstrong>Guillaume le Pieux\u003C/strong>. Dans le Midi, le \u003Cstrong>marquisat de Gothie\u003C/strong> passe progressivement sous le contrôle des comtes de \u003Cstrong>Toulouse\u003C/strong>, prélude à l’ascension de \u003Cstrong>Raimond Pons\u003C/strong> quelques années plus tard.\u003C/p>\n\u003Cp>Pendant ce temps, en Francie occidentale, Charles continue de soutenir les institutions religieuses : il donne notamment sa villa viticole de \u003Cstrong>Suresnes\u003C/strong> aux moines de \u003Cstrong>Saint-Germain-des-Prés\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>🐉 919 : nouveaux raids vikings en Bretagne\u003C/h3>\n\u003Cp>Malgré l’installation des Normands en Normandie, les Vikings continuent d’opérer dans d’autres régions.\u003C/p>\n\u003Cp>En \u003Cstrong>919\u003C/strong>, une flotte conduite par le chef norvégien \u003Cstrong>Ragenold\u003C/strong> envahit la \u003Cstrong>Bretagne\u003C/strong>. Les Vikings s’emparent de \u003Cstrong>Nantes\u003C/strong> et prennent le contrôle de l’\u003Cstrong>estuaire de la Loire\u003C/strong>, position stratégique qui leur permet de lancer de nouvelles expéditions dans la région.\u003C/p>\n\u003Cp>La noblesse et une partie du clergé breton fuient alors vers la \u003Cstrong>Francie occidentale\u003C/strong> ou vers l’\u003Cstrong>Angleterre\u003C/strong>. Le comte de \u003Cstrong>Poher\u003C/strong> et son fils \u003Cstrong>Alain\u003C/strong> trouvent refuge auprès du prince anglo-saxon \u003Cstrong>Æthelstan\u003C/strong>, futur roi d’Angleterre.\u003C/p>\n\u003Cp>La même année, les \u003Cstrong>Hongrois\u003C/strong> poursuivent leurs raids en \u003Cstrong>Lorraine\u003C/strong>, rappelant que la pression militaire sur le monde franc ne provient plus seulement des Vikings.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>👑 919–921 : ambitions impériales et diplomatie\u003C/h3>\n\u003Cp>Dans ce contexte instable, Charles le Simple cherche à renforcer sa position face aux souverains de \u003Cstrong>Germanie\u003C/strong>, principaux rivaux dans l’espace carolingien.\u003C/p>\n\u003Cp>Après la mort de sa première épouse, il épouse le \u003Cstrong>10 février 919\u003C/strong> \u003Cstrong>Edwige de Wessex\u003C/strong> (Odgive), princesse anglo-saxonne. Ce mariage rapproche la monarchie franque de la dynastie anglaise et ouvre de nouvelles perspectives diplomatiques.\u003C/p>\n\u003Cp>Mais la rivalité avec le roi saxon \u003Cstrong>Henri l’Oiseleur\u003C/strong> débouche sur un affrontement. En \u003Cstrong>920\u003C/strong>, Charles est battu à \u003Cstrong>Pfeddersheim\u003C/strong>, près de \u003Cstrong>Worms\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>La situation se stabilise finalement par la négociation. Le \u003Cstrong>7 novembre 921\u003C/strong>, le \u003Cstrong>traité de Bonn\u003C/strong> établit une reconnaissance mutuelle entre Charles le Simple et Henri l’Oiseleur, fixant un équilibre politique entre les deux royaumes.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch2>⚖️ 920–922 : quand le roi perd sa coalition\u003C/h2>\n\u003Cp>Malgré ces succès diplomatiques, Charles perd progressivement le soutien d’une partie de l’aristocratie.\u003C/p>\n\u003Cp>Les tensions se cristallisent autour de \u003Cstrong>Haganon\u003C/strong>, conseiller royal d’origine modeste que le roi favorise largement. Lorsque Charles retire à sa tante \u003Cstrong>Rothilde\u003C/strong> l’abbaye de \u003Cstrong>Chelles\u003C/strong> pour la confier à Haganon, l’indignation gagne les princes robertiens.\u003C/p>\n\u003Cp>En \u003Cstrong>922\u003C/strong>, une coalition aristocratique se soulève.\u003C/p>\n\u003Cp>Profitant de l’absence du roi parti en Lotharingie, les rebelles proclament la déchéance de Charles et élisent \u003Cstrong>Robert Iᵉʳ\u003C/strong>, frère d’Eudes. Celui-ci est sacré roi le \u003Cstrong>30 juin 922\u003C/strong> à \u003Cstrong>Reims\u003C/strong> par \u003Cstrong>Gautier\u003C/strong>, archevêque de Sens.\u003C/p>\n\u003Cp>🔍 \u003Cstrong>\u003Ca href=\"/zoom/p4ch19z3\">Zoom – 922 : la déposition de Charles et l’élection de Robert Iᵉʳ\u003C/a>\u003C/strong>\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch2>⚔️ 923 : Soissons, capture et pouvoir sans roi\u003C/h2>\n\u003Cp>La guerre éclate entre les deux rois.\u003C/p>\n\u003Cp>Le \u003Cstrong>15 juin 923\u003C/strong>, près de \u003Cstrong>Soissons\u003C/strong>, les armées s’affrontent. \u003Cstrong>Robert Iᵉʳ\u003C/strong> est tué durant la bataille, mais les Robertiens conservent l’avantage.\u003C/p>\n\u003Cp>Peu après, les grands du royaume élisent \u003Cstrong>Raoul de Bourgogne\u003C/strong> comme nouveau roi et le font sacrer le \u003Cstrong>13 juillet 923\u003C/strong> à \u003Cstrong>Saint-Médard de Soissons\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>Charles tente alors de reprendre l’initiative, mais il est finalement capturé le \u003Cstrong>17 juillet 923\u003C/strong> par \u003Cstrong>Herbert II de Vermandois\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>\u003Cimg src=\"https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/0/0d/Charles_the_Simple_02.jpg\" alt=\"Mise en prison de Charles le Simple\" class=\"kb-img-contain\">\n\u003Cem>Mise en prison de Charles le Simple - Source: Wikimedia Commons\u003C/em>\u003C/p>\n\u003Cp>Sa seconde épouse \u003Cstrong>Edwige de Wessex\u003C/strong> s’enfuit en \u003Cstrong>Angleterre\u003C/strong> avec leur fils, le futur \u003Cstrong>Louis IV\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>Charles reste prisonnier pendant plusieurs années et meurt en captivité le \u003Cstrong>7 octobre 929\u003C/strong> à \u003Cstrong>Péronne\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>🔍 \u003Cstrong>\u003Ca href=\"/zoom/p4ch19z4\">Zoom – 923 : Soissons et la capture de Charles\u003C/a>\u003C/strong>\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch2>🧠 À retenir\u003C/h2>\n\u003Cul>\n\u003Cli>\u003Cstrong>898\u003C/strong> : retour carolingien avec l’avènement de \u003Cstrong>Charles le Simple\u003C/strong> après la mort d’Eudes.\u003C/li>\n\u003Cli>\u003Cstrong>898–911\u003C/strong> : poursuite des raids vikings et montée en puissance des grandes principautés (Aquitaine, Bourgogne).\u003C/li>\n\u003Cli>\u003Cstrong>911\u003C/strong> : victoire franque à \u003Cstrong>Chartres\u003C/strong> puis traité de \u003Cstrong>Saint-Clair-sur-Epte\u003C/strong> qui fonde la principauté normande.\u003C/li>\n\u003Cli>\u003Cstrong>911\u003C/strong> : la \u003Cstrong>Lotharingie\u003C/strong> reconnaît Charles le Simple comme roi.\u003C/li>\n\u003Cli>\u003Cstrong>915–917\u003C/strong> : apparition d’une nouvelle menace avec les \u003Cstrong>raids hongrois\u003C/strong> en Alsace, Lorraine et Bourgogne.\u003C/li>\n\u003Cli>\u003Cstrong>919\u003C/strong> : reprise des raids vikings en \u003Cstrong>Bretagne\u003C/strong> et prise de \u003Cstrong>Nantes\u003C/strong> par le chef norvégien Ragenold.\u003C/li>\n\u003Cli>\u003Cstrong>919–921\u003C/strong> : ambitions impériales de Charles et rivalité avec \u003Cstrong>Henri l’Oiseleur\u003C/strong>, conclue par le \u003Cstrong>traité de Bonn\u003C/strong>.\u003C/li>\n\u003Cli>\u003Cstrong>922–923\u003C/strong> : révolte aristocratique, déposition de Charles, capture à \u003Cstrong>Soissons\u003C/strong> et longue captivité jusqu’à sa mort en \u003Cstrong>929\u003C/strong>.\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Chr>\n\u003Ch2>Crédit images\u003C/h2>\n\u003Cul>\n\u003Cli>Portrait de Charles le simple, Georges Rouget, Public domain, via Wikimedia Commons\u003C/li>\n\u003Cli>Guillaume le pieux, The original uploader was Laurosaz at French Wikipedia., Public domain, via Wikimedia Commons\u003C/li>\n\u003Cli>Abbaye de Cluny, Hyppolyte de Saint-Rambert, CC BY-SA 4.0 \u003Ca href=\"https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0\">https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0\u003C/a>, via Wikimedia Commons\u003C/li>\n\u003Cli>Plaque commémorative de Saint-Clair-sur-Epte, P.poschadel, CC BY-SA 3.0 \u003Ca href=\"https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0\">https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0\u003C/a>, via Wikimedia Commons\u003C/li>\n\u003Cli>Carte de Normandie au Xe et XIe siècle, UrbanUrban at fr.wikipediaLater version(s) were uploaded by Sting at fr.wikipedia., CC BY-SA 3.0 \u003Ca href=\"http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/\">http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/\u003C/a>, via Wikimedia Commons\u003C/li>\n\u003Cli>Mise en prison de Charles le Simple, Chroniques de Saint-Denis, Public domain, via Wikimedia Commons\u003C/li>\n\u003C/ul>\n",[20,23,26,29],{"id":21,"title":22},"p4ch19z1","911 : Saint‑Clair‑sur‑Epte et la naissance de la Normandie",{"id":24,"title":25},"p4ch19z2","911 : la Lotharingie sous Charles le Simple",{"id":27,"title":28},"p4ch19z3","922 : la déposition de Charles et l’élection de Robert Iᵉʳ",{"id":30,"title":31},"p4ch19z4","923 : Soissons et la capture de Charles","",true,false,"898 à 929","Retour carolingien : compromis de 911, axe lotharingien, ambitions impériales, puis déposition et captivité. 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