[{"data":1,"prerenderedAt":218},["ShallowReactive",2],{"chapter:p4ch5:fr":3,"chapters:p4:fr":39},{"period":4,"chapter":15},{"id":5,"title":6,"titleEn":7,"titleEs":8,"range":9,"rangeEn":9,"rangeEs":9,"cover":10},"p4","Le Haut Moyen Âge","Early Middle Ages","Alta Edad Media","476 → 987",{"fileName":11,"filePageUrl":12,"imageUrl":13,"sourceLabel":14},"François Louis Dejuinne 08265 baptême de CLovis.JPG","https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Fran%C3%A7ois%20Louis%20Dejuinne%2008265%20bapt%C3%AAme%20de%20CLovis.JPG","/assets/p4-haut-moyen-age-cover.png","Wikimedia Commons",{"id":16,"title":17,"periodId":5,"html":18,"zooms":19,"thumbnailArtworkId":32,"hasEn":33,"isFallback":34,"coverFit":32,"coverPosition":32,"chronicle":35,"realm":36,"seoDescription":37,"thumbnailUrl":38},"p4ch5","Chilpéric Ier : L'ambition et la Faide royale","\u003Cp>\u003Cimg src=\"https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/c/cc/Le_royaume_des_Francs_en_561.svg\" alt=\"Partage du royaume franc en 561\">\n\u003Cem>Le partage du royaume franc en 561 — Source : Wikimedia Commons\u003C/em>\u003C/p>\n\u003Cp>À la mort de \u003Cstrong>Clotaire Ier\u003C/strong> en \u003Cstrong>561\u003C/strong>, le royaume franc se retrouve à nouveau sans chef unique. Conformément à la tradition mérovingienne, le territoire est partagé entre ses quatre fils : \u003Cstrong>Charibert\u003C/strong>, \u003Cstrong>Gontran\u003C/strong>, \u003Cstrong>Sigebert\u003C/strong> et \u003Cstrong>Chilpéric\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>Mais parmi eux, \u003Cstrong>Chilpéric Ier\u003C/strong> se distingue rapidement par son ambition et son tempérament violent. Dès la mort de son père, il tente un coup de force : il s’empare du \u003Cstrong>trésor royal à Berny\u003C/strong> et occupe \u003Cstrong>Paris\u003C/strong>, espérant s’imposer comme héritier principal.\u003C/p>\n\u003Cp>Ses frères l’obligent cependant à accepter le partage traditionnel. Chilpéric reçoit finalement un royaume centré sur \u003Cstrong>Soissons\u003C/strong>, mais il passera tout son règne à tenter d’étendre son pouvoir.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch2>🗺️ La Neustrie : le royaume de l’Ouest\u003C/h2>\n\u003Cp>\u003Cimg src=\"https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/c/cf/C._714_Austrasie.jpg\" alt=\"Austrasie et Neustrie\">\n\u003Cem>Les royaumes d’Austrasie et de Neustrie — Source : Wikimedia Commons\u003C/em>\u003C/p>\n\u003Cp>Le royaume de Chilpéric correspond au cœur de ce que les historiens appelleront plus tard la \u003Cstrong>Neustrie\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>Ce territoire comprend :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>\u003Cstrong>Soissons\u003C/strong>, première capitale royale ;\u003C/li>\n\u003Cli>la vallée de la \u003Cstrong>Somme\u003C/strong> et de l’\u003Cstrong>Oise\u003C/strong> ;\u003C/li>\n\u003Cli>plusieurs villes importantes comme \u003Cstrong>Rouen\u003C/strong>, \u003Cstrong>Amiens\u003C/strong>, \u003Cstrong>Tours\u003C/strong> et \u003Cstrong>Paris\u003C/strong>.\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>Face à lui se trouve l’\u003Cstrong>Austrasie\u003C/strong>, gouvernée par \u003Cstrong>Sigebert Ier\u003C/strong>, dont les centres politiques sont \u003Cstrong>Metz\u003C/strong> et \u003Cstrong>Reims\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>Peu à peu, ces deux royaumes développent des identités politiques distinctes. La rivalité entre \u003Cstrong>Neustrie et Austrasie\u003C/strong> deviendra l’un des grands axes de l’histoire mérovingienne.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch2>⏳ Chronologie du chaos (561–584)\u003C/h2>\n\u003Cul>\n\u003Cli>\u003Cstrong>561\u003C/strong> : Mort de Clotaire Ier. Chilpéric tente de s’emparer du trésor et de Paris, mais échoue et reçoit le royaume de Soissons.\u003C/li>\n\u003Cli>\u003Cstrong>567\u003C/strong> : Mort de \u003Cstrong>Charibert Ier\u003C/strong>. Son royaume (Paris et Aquitaine) est partagé entre les trois frères survivants.\u003C/li>\n\u003Cli>\u003Cstrong>568\u003C/strong> : Assassinat de la reine \u003Cstrong>Galswinthe\u003C/strong>. Chilpéric la fait étrangler pour épouser \u003Cstrong>Frédégonde\u003C/strong>.\u003C/li>\n\u003Cli>\u003Cstrong>575\u003C/strong> : Assassinat de \u003Cstrong>Sigebert Ier\u003C/strong>, poignardé par des sicaires envoyés par Frédégonde.\u003C/li>\n\u003Cli>\u003Cstrong>579\u003C/strong> : Révolte fiscale à Limoges contre les réformes de Chilpéric.\u003C/li>\n\u003Cli>\u003Cstrong>584\u003C/strong> : Assassinat de \u003Cstrong>Chilpéric Ier\u003C/strong> à Chelles.\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Chr>\n\u003Ch2>🧩 561 : le partage du royaume\u003C/h2>\n\u003Cp>Le royaume franc est finalement divisé en quatre parties selon un « partage régulier ».\u003C/p>\n\u003Cp>Le sort attribue à \u003Cstrong>Chilpéric\u003C/strong> le territoire ancestral des Mérovingiens, appelé parfois le \u003Cstrong>royaume de Clotaire\u003C/strong>, avec \u003Cstrong>Soissons\u003C/strong> pour capitale.\u003C/p>\n\u003Cp>Son royaume comprend probablement les cités de :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>\u003Cstrong>Thérouanne\u003C/strong>\u003C/li>\n\u003Cli>\u003Cstrong>Tournai\u003C/strong>\u003C/li>\n\u003Cli>\u003Cstrong>Arras\u003C/strong>\u003C/li>\n\u003Cli>\u003Cstrong>Cambrai\u003C/strong>\u003C/li>\n\u003Cli>\u003Cstrong>Amiens\u003C/strong>\u003C/li>\n\u003Cli>\u003Cstrong>Noyon\u003C/strong>\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>Ce territoire correspond à la région historique des premiers Francs saliens.\u003C/p>\n\u003Cp>Cependant, malgré sa valeur symbolique, ce royaume est \u003Cstrong>le plus pauvre en ressources\u003C/strong> :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>peu de domaines fiscaux\u003C/li>\n\u003Cli>peu de mines ou forêts royales\u003C/li>\n\u003Cli>peu de frontières permettant des conquêtes.\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>Certains historiens pensent que le partage était égal \u003Cstrong>non en superficie mais en nombre de cités\u003C/strong>, chaque roi possédant également des enclaves dans les royaumes de ses frères.\u003C/p>\n\u003Cp>Dans tous les cas, le royaume de \u003Cstrong>Caribert\u003C/strong>, centré sur Paris, reste de loin le plus vaste et le plus riche.\u003C/p>\n\u003Cp>Le royaume de Chilpéric apparaît donc comme \u003Cstrong>le moins favorisé du partage\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>Certains chroniqueurs suggèrent que cette situation pourrait être une \u003Cstrong>sanction implicite\u003C/strong> contre Chilpéric, qui avait tenté de s’emparer du trésor royal avant la négociation du partage.\u003C/p>\n\u003Cp>🔍 \u003Cstrong>\u003Ca href=\"/zoom/p4ch5z1\">Zoom – Le partage de 561 : Une poudrière politique\u003C/a>\u003C/strong>\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch2>567 : le partage du royaume de Charibert\u003C/h2>\n\u003Cp>En \u003Cstrong>567\u003C/strong>, la mort du roi \u003Cstrong>Charibert Ier\u003C/strong>, frère de Chilpéric, bouleverse à nouveau l’équilibre entre les royaumes francs. Charibert meurt le \u003Cstrong>5 mars 567\u003C/strong> sans héritier mâle.\u003C/p>\n\u003Cp>Selon la tradition mérovingienne, ses territoires doivent être redistribués entre ses frères survivants : \u003Cstrong>Chilpéric\u003C/strong>, \u003Cstrong>Sigebert\u003C/strong> et \u003Cstrong>Gontran\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>Les négociations aboutissent à un accord solennel : les trois rois jurent de respecter les termes du partage sur les reliques des saints \u003Cstrong>Polyeucte\u003C/strong>, \u003Cstrong>Hilaire\u003C/strong> et \u003Cstrong>Martin\u003C/strong>, un geste destiné à garantir la paix entre les dynasties.\u003C/p>\n\u003Cp>\u003Cimg src=\"https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/b/bf/Le_royaume_des_Francs_en_567.svg\" alt=\"Partage du royaume franc en 567\">\n\u003Cem>Partage du royaume franc en 567 — Source : Wikimedia Commons\u003C/em>\u003C/p>\n\u003Ch3>Paris : une ville indivise\u003C/h3>\n\u003Cp>La ville de \u003Cstrong>Paris\u003C/strong>, capitale de Charibert, n’est attribuée à aucun des trois rois.\u003C/p>\n\u003Cp>Elle reste \u003Cstrong>indivise\u003C/strong> :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>les revenus fiscaux sont partagés entre les trois souverains ;\u003C/li>\n\u003Cli>chacun jure de ne pas entrer dans la ville sans l’accord des deux autres.\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>Ce statut exceptionnel montre l’importance symbolique de Paris dans le royaume franc.\u003C/p>\n\u003Cp>La ville de \u003Cstrong>Senlis\u003C/strong> est également maintenue dans cette indivision.\u003C/p>\n\u003Ch3>L’agrandissement du royaume de Chilpéric\u003C/h3>\n\u003Cp>Chilpéric reçoit une grande partie des territoires situés à l’ouest et au nord.\u003C/p>\n\u003Cp>Il obtient notamment :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>une grande partie de la \u003Cstrong>province de Rouen\u003C/strong> ;\u003C/li>\n\u003Cli>les diocèses de \u003Cstrong>Coutances, Bayeux, Lisieux et Évreux\u003C/strong> ;\u003C/li>\n\u003Cli>les cités de \u003Cstrong>Vannes, Nantes, Le Mans, Angers et Rennes\u003C/strong> ;\u003C/li>\n\u003Cli>plusieurs territoires en \u003Cstrong>Aquitaine\u003C/strong>, dont \u003Cstrong>Limoges\u003C/strong> et \u003Cstrong>Cahors\u003C/strong> ;\u003C/li>\n\u003Cli>la région de \u003Cstrong>Bordeaux\u003C/strong> et les territoires voisins.\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>Certains territoires bretons peuvent également être placés sous son influence, bien que le pouvoir franc y reste fragile.\u003C/p>\n\u003Cp>Dans le nord, Chilpéric obtient également des territoires autour de \u003Cstrong>Paris\u003C/strong>, notamment \u003Cstrong>Chelles\u003C/strong> et \u003Cstrong>Nogent-sur-Marne\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Ch3>Une Neustrie élargie\u003C/h3>\n\u003Cp>Après ce partage, le royaume de Chilpéric correspond à ce que les chroniqueurs du VIIᵉ siècle appelleront la \u003Cstrong>Neustrie\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>Ce « nouveau royaume de l’Ouest » s’étend :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>de la \u003Cstrong>Normandie\u003C/strong> jusqu’à l’\u003Cstrong>Aquitaine\u003C/strong> ;\u003C/li>\n\u003Cli>de la \u003Cstrong>Bretagne\u003C/strong> jusqu’aux frontières du royaume wisigoth.\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>Cependant, l’attribution de certaines villes importantes à Sigebert, comme \u003Cstrong>Tours\u003C/strong> et \u003Cstrong>Poitiers\u003C/strong>, empêche l’unification complète des territoires du nord et du sud de la Neustrie.\u003C/p>\n\u003Cp>Cette division territoriale restera une source constante de tensions entre les royaumes mérovingiens.\u003C/p>\n\u003Cp>🔍 \u003Cstrong>\u003Ca href=\"/zoom/p4ch5z3\">Zoom – La Neustrie : L’émergence d’un nouveau pôle de pouvoir\u003C/a>\u003C/strong>\u003C/p>\n\u003Ch2>⚖️ Le meurtre de Galswinthe : l’étincelle de la Faide\u003C/h2>\n\u003Cp>En \u003Cstrong>568\u003C/strong>, un événement dramatique transforme la rivalité politique entre les royaumes francs en \u003Cstrong>haine personnelle et dynastique\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>Quelques années plus tôt, vers \u003Cstrong>565\u003C/strong>, le roi d’Austrasie \u003Cstrong>Sigebert Ier\u003C/strong> épouse \u003Cstrong>Brunehaut\u003C/strong>, fille du roi wisigoth \u003Cstrong>Athanagild\u003C/strong>. Ce mariage prestigieux rapproche l’Austrasie du puissant royaume wisigoth de Tolède.\u003C/p>\n\u003Cp>Pour \u003Cstrong>Chilpéric\u003C/strong>, cette alliance constitue une menace stratégique. Son royaume de Neustrie possède en effet plusieurs territoires en \u003Cstrong>Aquitaine\u003C/strong>, proches du royaume wisigoth et des possessions austrasiennes en Auvergne. Afin d’éviter un encerclement politique, Chilpéric décide lui aussi de sceller une alliance avec Tolède.\u003C/p>\n\u003Cp>Il choisit alors d’épouser \u003Cstrong>Galswinthe\u003C/strong>, sœur aînée de Brunehaut.\u003C/p>\n\u003Cp>Selon l’historien \u003Cstrong>Grégoire de Tours\u003C/strong>, cette décision serait également motivée par la jalousie : Chilpéric envie le prestige du mariage de son frère Sigebert et souhaite rivaliser avec lui sur la scène politique européenne.\u003C/p>\n\u003Ch3>Le mariage diplomatique\u003C/h3>\n\u003Cp>En \u003Cstrong>568\u003C/strong>, Chilpéric envoie une ambassade auprès du roi Athanagild pour demander la main de Galswinthe.\u003C/p>\n\u003Cp>Le roi wisigoth hésite d’abord. Son épouse \u003Cstrong>Goswinthe\u003C/strong> se méfie du roi franc, dont la réputation de débauche et de brutalité est bien connue. Après plusieurs semaines de négociations, Athanagild accepte finalement l’alliance.\u003C/p>\n\u003Cp>Ce mariage présente en effet plusieurs avantages pour le royaume wisigoth :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>sécuriser la frontière nord du royaume ;\u003C/li>\n\u003Cli>obtenir un allié potentiel contre les révoltes vasconnes dans les Pyrénées ;\u003C/li>\n\u003Cli>renforcer la position wisigothe dans la guerre contre l’Empire byzantin.\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Ch3>La répudiation d’Audovère\u003C/h3>\n\u003Cp>Pour épouser Galswinthe, Chilpéric doit répudier sa précédente épouse \u003Cstrong>Audovère\u003C/strong>, qu’il avait épousée entre 542 et 552.\u003C/p>\n\u003Cp>\u003Cimg src=\"https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/8/8d/Albert_Maignan-Audov%C3%A8re_Repudi%C3%A9e.jpg\" alt=\"Répudiation d’Audovère\" class=\"kb-img-contain\">\n\u003Cem>Répudiation d’Audovère — Source : Wikimedia Commons\u003C/em>\u003C/p>\n\u003Cp>La princesse est probablement envoyée dans une villa royale ou dans un monastère. Une tradition tardive raconte qu’elle aurait perdu sa place en devenant par erreur la marraine de sa propre fille, ce qui aurait créé un empêchement religieux au mariage. Les historiens considèrent cependant cette anecdote comme une invention postérieure.\u003C/p>\n\u003Ch3>Une dot exceptionnelle\u003C/h3>\n\u003Cp>Le mariage avec Galswinthe implique un échange de richesses considérable.\u003C/p>\n\u003Cp>Selon la coutume franque, le mari doit offrir un \u003Cstrong>morgengabe\u003C/strong> (« don du matin »), cadeau offert à l’épouse après la nuit de noces. Dans ce cas, le don est exceptionnel : Chilpéric accorde à Galswinthe plusieurs cités d’Aquitaine, parmi les plus riches de son royaume :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>\u003Cstrong>Bordeaux\u003C/strong>\u003C/li>\n\u003Cli>\u003Cstrong>Limoges\u003C/strong>\u003C/li>\n\u003Cli>\u003Cstrong>Cahors\u003C/strong>\u003C/li>\n\u003Cli>\u003Cstrong>Béarn\u003C/strong>\u003C/li>\n\u003Cli>\u003Cstrong>Bigorre\u003C/strong>\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>Ces territoires représentent près d’un tiers de la richesse de la Neustrie.\u003C/p>\n\u003Cp>Si Chilpéric mourait avant elle, Galswinthe pourrait conserver ces terres et les transmettre à sa famille. Athanagild, de son côté, constitue également une dot importante en métaux précieux.\u003C/p>\n\u003Ch3>Le voyage nuptial\u003C/h3>\n\u003Cp>La princesse quitte finalement Tolède malgré ses réticences.\u003C/p>\n\u003Cp>Le cortège nuptial traverse l’Aquitaine, passant par \u003Cstrong>Narbonne\u003C/strong>, \u003Cstrong>Poitiers\u003C/strong> et \u003Cstrong>Tours\u003C/strong>, avant de rejoindre \u003Cstrong>Rouen\u003C/strong> par voie fluviale. Ce voyage sert aussi à Chilpéric de \u003Cstrong>démonstration de pouvoir\u003C/strong>, comparable au « circuit royal » que les rois mérovingiens effectuent pour montrer leur autorité.\u003C/p>\n\u003Ch3>Une union malheureuse\u003C/h3>\n\u003Cp>Le mariage se révèle rapidement désastreux.\u003C/p>\n\u003Cp>Galswinthe ne parvient pas à s’imposer à la cour neustrienne, où la favorite de Chilpéric, \u003Cstrong>Frédégonde\u003C/strong>, conserve une influence considérable.\u003C/p>\n\u003Cp>Chilpéric continue d’entretenir ses anciennes concubines, ce qui humilie profondément la princesse wisigothe. Les tensions deviennent publiques et Galswinthe menace même de retourner en Hispanie, préférant abandonner sa dot plutôt que de subir ces humiliations.\u003C/p>\n\u003Ch3>L’assassinat de la reine\u003C/h3>\n\u003Cp>La situation change brutalement à la fin de l’année \u003Cstrong>568\u003C/strong>, lorsque le roi Athanagild meurt. L’alliance politique perd alors une grande partie de sa valeur.\u003C/p>\n\u003Cp>Peu après, \u003Cstrong>Galswinthe est retrouvée morte, étranglée dans son lit\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>\u003Cimg src=\"https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/0/0a/Chilp%C3%A9ric_%C3%A9tranglant_Galswinthe%2C_Fol_36_Ms_Sainte_Genevi%C3%A8ve_792%2C_GCF.png\" alt=\"Assassinat de Galswinthe\">\n\u003Cem>Assassinat de Galswinthe — Source : Wikimedia Commons\u003C/em>\u003C/p>\n\u003Cp>Selon Grégoire de Tours, l’assassinat est commis par un serviteur agissant sur ordre de Chilpéric.\u003C/p>\n\u003Cp>Le roi tente de dissimuler sa responsabilité : il feint d’abord le chagrin et organise des funérailles solennelles. Mais quelques jours plus tard, il épouse \u003Cstrong>Frédégonde\u003C/strong>, confirmant les soupçons.\u003C/p>\n\u003Ch2>⚔️ Début de la Faide royale (568–575)\u003C/h2>\n\u003Cp>La mort de \u003Cstrong>Galswinthe\u003C/strong> place immédiatement Chilpéric dans une situation politique délicate.\u003Cbr>\nNon seulement il doit faire face à la colère de \u003Cstrong>Sigebert\u003C/strong> et de \u003Cstrong>Brunehaut\u003C/strong>, mais aussi aux tensions diplomatiques avec le royaume wisigoth, désormais gouverné par \u003Cstrong>Léovigild\u003C/strong>, successeur d’Athanagild.\u003C/p>\n\u003Cp>Afin d’éviter une guerre ouverte entre les royaumes francs, une tentative de règlement pacifique est organisée.\u003Cbr>\nUn tribunal est mis en place, présidé par \u003Cstrong>Gontran\u003C/strong>, l’aîné des frères, assisté d’aristocrates burgondes et austrasiens.\u003C/p>\n\u003Cp>Sigebert porte plainte au nom de Brunehaut.\u003C/p>\n\u003Cp>Le jugement condamne moralement Chilpéric : il doit verser une compensation selon le droit germanique du \u003Cstrong>wergeld\u003C/strong> (« prix du sang »). Les cités offertes à Galswinthe lors de son mariage — son \u003Cstrong>morgengabe\u003C/strong> — doivent être transférées à Brunehaut, puis revenir par héritage à \u003Cstrong>Childebert\u003C/strong>, le fils de Sigebert.\u003C/p>\n\u003Cp>Les frères de Chilpéric ne cherchent toutefois pas réellement à le détrôner : leur objectif est surtout de \u003Cstrong>l’écarter d’Aquitaine\u003C/strong>, région riche et stratégique.\u003C/p>\n\u003Cp>Mais Chilpéric refuse de respecter ces décisions.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch2>⚔️ La guerre d’Aquitaine\u003C/h2>\n\u003Cp>En \u003Cstrong>572\u003C/strong>, Chilpéric reprend l’initiative.\u003C/p>\n\u003Cp>Il envoie son fils \u003Cstrong>Clovis\u003C/strong> s’emparer des villes de \u003Cstrong>Tours\u003C/strong> et \u003Cstrong>Poitiers\u003C/strong>, afin d’établir une continuité territoriale entre ses possessions du nord et celles d’Aquitaine.\u003C/p>\n\u003Cp>À \u003Cstrong>Tours\u003C/strong>, Clovis bénéficie du soutien du comte \u003Cstrong>Leudaste\u003C/strong>, ainsi que d’une partie de la population et du clergé.\u003Cbr>\nIl parvient également à occuper \u003Cstrong>Poitiers\u003C/strong>, puis s’installe à \u003Cstrong>Bordeaux\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>La réaction austrasienne ne tarde pas.\u003C/p>\n\u003Cp>Sigebert envoie une armée renforcée par des troupes burgondes dirigées par le patrice \u003Cstrong>Mummol\u003C/strong>. Les Austrasiens reprennent \u003Cstrong>Limoges\u003C/strong> et le \u003Cstrong>Quercy\u003C/strong>. À Bordeaux, une révolte soutenue par le duc \u003Cstrong>Sigulf\u003C/strong> chasse Clovis de la ville.\u003C/p>\n\u003Cp>Le prince doit se réfugier auprès de son père.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch2>⛪ Le concile de Paris (573)\u003C/h2>\n\u003Cp>Face à l’escalade du conflit, le roi \u003Cstrong>Gontran\u003C/strong> tente une médiation.\u003C/p>\n\u003Cp>Le \u003Cstrong>11 septembre 573\u003C/strong>, un concile est réuni à \u003Cstrong>Paris\u003C/strong>, ville restée indivise entre les rois francs.\u003C/p>\n\u003Cp>L’assemblée est présidée par \u003Cstrong>Sapaudus\u003C/strong>, archevêque d’Arles, et rassemble principalement des évêques burgondes.\u003C/p>\n\u003Cp>Les prélats tentent de rétablir la paix entre les royaumes, mais la réunion est aussi marquée par des rivalités politiques :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>l’évêque \u003Cstrong>Promotus\u003C/strong>, nommé par Sigebert à Châteaudun, est accusé d’usurpation et déposé ;\u003C/li>\n\u003Cli>l’évêque \u003Cstrong>Egidius de Reims\u003C/strong> est critiqué pour son ordination jugée irrégulière.\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>Le concile propose une paix entre les rois, mais celle-ci reste \u003Cstrong>sans effet\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch2>⚔️ Nouvelle guerre et ravages (574)\u003C/h2>\n\u003Cp>En \u003Cstrong>574\u003C/strong>, les hostilités reprennent.\u003C/p>\n\u003Cp>Chilpéric envoie son fils \u003Cstrong>Thibert\u003C/strong> récupérer les cités perdues d’Aquitaine. Le prince parvient à reprendre \u003Cstrong>Tours\u003C/strong> et \u003Cstrong>Poitiers\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>Une armée austrasienne dirigée par le duc \u003Cstrong>Gondovald\u003C/strong> tente de les reconquérir, mais elle est battue.\u003C/p>\n\u003Cp>Les troupes neustriennes progressent vers le sud et ravagent \u003Cstrong>Limoges\u003C/strong> et le \u003Cstrong>Quercy\u003C/strong>. Les villes, les campagnes et même les institutions religieuses sont détruites afin d’empêcher les Austrasiens de reprendre ces territoires.\u003C/p>\n\u003Cp>Sigebert réagit en mobilisant des guerriers venus de ses territoires \u003Cstrong>d’outre-Rhin\u003C/strong>, encore largement païens. Ces troupes infligent une défaite aux forces neustriennes.\u003C/p>\n\u003Cp>Pendant ce temps, Gontran doit défendre la Burgondie contre les \u003Cstrong>Lombards\u003C/strong> sur sa frontière orientale.\u003C/p>\n\u003Cp>Craignant que l’Austrasie ne devienne trop puissante, il conclut brièvement une alliance avec Chilpéric et promet de ne pas laisser passer les armées austrasiennes sur ses terres.\u003C/p>\n\u003Cp>Sous la pression de Sigebert, Gontran adopte finalement une \u003Cstrong>neutralité prudente\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>Un compromis est conclu en \u003Cstrong>574\u003C/strong> : Chilpéric rend les cités d’Aquitaine.\u003Cbr>\nSigebert récupère les terres promises à Brunehaut, tandis que Gontran conserve son royaume intact.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch2>⚔️ 575 : la chute de Chilpéric… puis le retournement\u003C/h2>\n\u003Cp>La guerre reprend dès \u003Cstrong>575\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>Chilpéric conclut une nouvelle alliance avec Gontran et attaque l’Austrasie, allant jusqu’à atteindre \u003Cstrong>Reims\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>Mais Sigebert contre-attaque rapidement.\u003C/p>\n\u003Cp>Les ducs austrasiens \u003Cstrong>Godegisèle\u003C/strong> et \u003Cstrong>Gontran Boson\u003C/strong> marchent vers \u003Cstrong>Paris\u003C/strong>. Les troupes neustriennes sont peu nombreuses et commandées par \u003Cstrong>Thibert\u003C/strong>, fils de Chilpéric.\u003C/p>\n\u003Cp>Le prince tente de résister mais est \u003Cstrong>tué au combat\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>Sigebert lui accorde des funérailles honorables.\u003C/p>\n\u003Cp>La situation devient alors critique pour Chilpéric.\u003Cbr>\nIl se replie dans \u003Cstrong>Tournai\u003C/strong>, tandis que Sigebert prend le contrôle de Paris et reçoit l’allégeance de nombreuses cités de Neustrie.\u003C/p>\n\u003Cp>\u003Cimg src=\"https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/9/94/Guillaume_Cr%C3%A9tin_-_Si%C3%A8ge_de_Tournai_%28575%29_-_Assassinat_de_Sigebert_Ier.jpg\" alt=\"Siege de Tournai\">\n\u003Cem>Siege de Tournai — Source : Wikimedia Commons\u003C/em>\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch2>👑 Sigebert proclamé roi des Francs\u003C/h2>\n\u003Cp>Alors que Chilpéric est assiégé à \u003Cstrong>Tournai\u003C/strong>, l’armée austrasienne et les grands du royaume proclament \u003Cstrong>Sigebert roi des Francs\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>La cérémonie a lieu à \u003Cstrong>Vitry\u003C/strong>, près d’Arras, où il est élevé sur le \u003Cstrong>pavois\u003C/strong>, selon la tradition franque.\u003C/p>\n\u003Cp>Mais la victoire austrasienne ne dure que quelques instants.\u003C/p>\n\u003Cp>Deux esclaves envoyés par \u003Cstrong>Frédégonde\u003C/strong> parviennent à approcher Sigebert et le \u003Cstrong>poignardent avec des scramasaxes\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>Le roi meurt presque immédiatement.\u003C/p>\n\u003Cp>\u003Cimg src=\"https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/b/bb/Roman_de_Renart_le_contrefait-Assassinat_de_Sigebert_Ier.jpg\" alt=\"Assassinat de Sigebert Ier\">\n\u003Cem>Assassinat de Sigebert Ier — Source : Wikimedia Commons\u003C/em>\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch2>🔄 Le retournement politique\u003C/h2>\n\u003Cp>La mort de Sigebert provoque un renversement spectaculaire.\u003C/p>\n\u003Cp>L’aristocratie neustrienne abandonne aussitôt le camp austrasien et se rallie de nouveau à \u003Cstrong>Chilpéric\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>Le roi sort de Tournai, reprend le contrôle du royaume et fait transférer le corps de son frère à l’abbaye \u003Cstrong>Saint-Médard de Soissons\u003C/strong>, où repose leur père Clotaire Ier.\u003C/p>\n\u003Cp>La reine \u003Cstrong>Brunehaut\u003C/strong> est capturée et envoyée à \u003Cstrong>Rouen\u003C/strong>, confiée à l’évêque \u003Cstrong>Prétextat\u003C/strong>. Ses filles sont conduites à \u003Cstrong>Meaux\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>Le jeune prince \u003Cstrong>Childebert\u003C/strong>, fils de Sigebert, parvient toutefois à s’échapper grâce au duc \u003Cstrong>Gondovald\u003C/strong>, qui le conduit en Austrasie.\u003C/p>\n\u003Cp>Il est proclamé roi à \u003Cstrong>Metz\u003C/strong>, le jour de \u003Cstrong>Noël 575\u003C/strong>, à l’âge de cinq ans.\u003C/p>\n\u003Cp>Sa survie empêche Chilpéric de réunifier le royaume franc et garantit la poursuite de la guerre entre \u003Cstrong>Neustrie et Austrasie\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch2>⚔️ La révolte de Mérovée (576–577)\u003C/h2>\n\u003Cp>La mort de Sigebert ne met pas fin aux tensions. Au contraire, le royaume de Chilpéric est bientôt secoué par une crise interne : la rébellion de son propre fils \u003Cstrong>Mérovée\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Ch3>Un mariage scandaleux\u003C/h3>\n\u003Cp>Au printemps \u003Cstrong>576\u003C/strong>, Chilpéric tente de consolider son pouvoir dans la vallée de la Loire.\u003Cbr>\nIl envoie le comte \u003Cstrong>Roccolène\u003C/strong> reprendre \u003Cstrong>Tours\u003C/strong>, où s’est réfugié le duc austrasien \u003Cstrong>Gontran Boson\u003C/strong>, responsable de la mort du prince Thibert. Le duc se place sous la protection de la basilique \u003Cstrong>Saint-Martin de Tours\u003C/strong>, profitant du droit d’asile.\u003C/p>\n\u003Cp>Dans le même temps, Mérovée est envoyé en \u003Cstrong>Poitou\u003C/strong>, région restée fidèle à l’Austrasie.\u003C/p>\n\u003Cp>Mais le prince change brusquement de stratégie.\u003C/p>\n\u003Cp>Passant par \u003Cstrong>Tours\u003C/strong>, puis par \u003Cstrong>Rouen\u003C/strong>, il rencontre \u003Cstrong>Brunehaut\u003C/strong>, la veuve de Sigebert. Avec la bénédiction de l’évêque \u003Cstrong>Prétextat\u003C/strong>, Mérovée l’épouse.\u003C/p>\n\u003Cp>Ce mariage scandalise immédiatement la cour franque.\u003C/p>\n\u003Cp>Brunehaut est en effet la tante par alliance de Mérovée, ce qui rend leur union \u003Cstrong>incestueuse selon le droit canon\u003C/strong>. L’évêque Prétextat est accusé d’avoir violé les règles de l’Église et d’avoir soutenu une tentative d’usurpation.\u003C/p>\n\u003Cp>Pour Mérovée, ce mariage a cependant une logique politique :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>s’allier à la dynastie austrasienne ;\u003C/li>\n\u003Cli>se protéger de sa belle-mère \u003Cstrong>Frédégonde\u003C/strong>, qui cherche à assurer l’avenir de son propre fils.\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>Quant à Brunehaut, elle accepte l’union afin d’éviter d’être enfermée dans un monastère.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>L’arrestation du prince\u003C/h3>\n\u003Cp>Informé de ce mariage, \u003Cstrong>Chilpéric\u003C/strong> se rend personnellement à \u003Cstrong>Rouen\u003C/strong>, où le couple s’est réfugié dans une église dédiée à saint Martin.\u003C/p>\n\u003Cp>Le roi jure d’abord de ne pas séparer les époux et leur offre les gestes traditionnels de réconciliation :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>un baiser de paix ;\u003C/li>\n\u003Cli>un repas partagé.\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>Mais une fois Mérovée sorti de l’église, Chilpéric \u003Cstrong>trahit sa promesse\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>Le prince est désarmé et privé de son rang. On lui retire ses armes, symbole de sa liberté et de ses droits dynastiques.\u003C/p>\n\u003Cp>À l’été \u003Cstrong>576\u003C/strong>, Mérovée est \u003Cstrong>tonsuré et ordonné prêtre\u003C/strong>, puis enfermé dans le monastère de \u003Cstrong>Saint-Calais\u003C/strong>, près du Mans.\u003C/p>\n\u003Cp>Brunehaut est renvoyée en Austrasie.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>L’évasion et la rébellion\u003C/h3>\n\u003Cp>Peu après, Mérovée parvient à \u003Cstrong>s’échapper du monastère\u003C/strong> avec l’aide de quelques compagnons.\u003C/p>\n\u003Cp>Il rejoint le duc \u003Cstrong>Gontran Boson\u003C/strong> dans la basilique Saint-Martin de Tours, espérant trouver le soutien de l’évêque \u003Cstrong>Grégoire de Tours\u003C/strong>. Celui-ci refuse toutefois de se compromettre dans une rébellion contre le roi.\u003C/p>\n\u003Cp>Autour du prince se rassemble un petit groupe de fidèles. Certains pillent même les domaines du comte \u003Cstrong>Leudaste\u003C/strong>, fidèle de Chilpéric.\u003C/p>\n\u003Cp>Mérovée tente alors de rejoindre \u003Cstrong>Brunehaut en Austrasie\u003C/strong> avec environ cinq cents hommes.\u003C/p>\n\u003Cp>Mais sa tentative échoue.\u003C/p>\n\u003Cp>Arrivé en Austrasie, il est \u003Cstrong>rejeté par Brunehaut\u003C/strong> elle-même et par les grands du royaume, qui ne souhaitent pas provoquer une nouvelle guerre avec Chilpéric.\u003C/p>\n\u003Cp>Le prince doit se réfugier dans la région de \u003Cstrong>Reims\u003C/strong>, protégé par le duc \u003Cstrong>Loup de Champagne\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>Le concile judiciaire de Paris (577)\u003C/h3>\n\u003Cp>\u003Cimg src=\"https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/3/3a/Concile_de_Paris_%28577%29.jpg\" alt=\"Concile judiciaire de Paris\">\n\u003Cem>Concile judiciaire de Paris — Source : Wikimedia Commons\u003C/em>\u003C/p>\n\u003Cp>Afin d’écraser définitivement la rébellion, Chilpéric organise en \u003Cstrong>577\u003C/strong> un concile judiciaire à \u003Cstrong>Paris\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>Quarante-cinq évêques y participent.\u003C/p>\n\u003Cp>L’évêque \u003Cstrong>Prétextat\u003C/strong>, accusé d’avoir soutenu Mérovée et autorisé son mariage avec Brunehaut, est jugé coupable. Il est déposé et exilé sur l’île de \u003Cstrong>Jersey\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>L’évêque \u003Cstrong>Grégoire de Tours\u003C/strong> est lui aussi accusé de trahison. Après avoir nié toute complicité avec le prince rebelle, il obtient le pardon du roi.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>La mort de Mérovée\u003C/h3>\n\u003Cp>Pendant ce temps, Mérovée tente de reprendre la lutte.\u003C/p>\n\u003Cp>À la fin de l’année \u003Cstrong>577\u003C/strong>, il apprend que la ville de \u003Cstrong>Thérouanne\u003C/strong> serait prête à se rallier à lui. Il rassemble une petite troupe et marche vers la cité.\u003C/p>\n\u003Cp>Mais il tombe dans un \u003Cstrong>piège\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>Les troupes royales l’attendent.\u003C/p>\n\u003Cp>Selon la version officielle rapportée par Grégoire de Tours, Mérovée aurait demandé à un compagnon nommé \u003Cstrong>Gaïlen\u003C/strong> de le tuer afin d’échapper au supplice réservé aux usurpateurs.\u003C/p>\n\u003Cp>Cependant, plusieurs chroniqueurs soupçonnent que cette mort ait été \u003Cstrong>commanditée par Frédégonde\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>Les représailles\u003C/h3>\n\u003Cp>Lorsque Chilpéric arrive sur les lieux, il fait exécuter brutalement les compagnons du prince.\u003C/p>\n\u003Cp>Les châtiments sont terribles :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>\u003Cstrong>Gaïlen\u003C/strong> est mutilé avant d’être mis à mort ;\u003C/li>\n\u003Cli>\u003Cstrong>Cuicilo\u003C/strong> est décapité ;\u003C/li>\n\u003Cli>d’autres partisans sont exécutés.\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>La révolte est définitivement écrasée.\u003C/p>\n\u003Cp>La même année, le fils de Frédégonde, \u003Cstrong>Samson\u003C/strong>, meurt de maladie à l’âge de deux ans.\u003C/p>\n\u003Cp>Malgré cette tragédie familiale, Chilpéric sort victorieux de la crise :\u003Cbr>\naucun rival direct ne menace désormais son trône.\u003C/p>\n\u003Cp>\u003Cimg src=\"https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/a/ad/Le_royaume_des_Francs_en_577.png\" alt=\"Le royaume des Francs en 577\">\n\u003Cem>Le royaume des Francs en 577 — Source : Wikimedia Commons\u003C/em>\u003C/p>\n\u003Cp>Mais la guerre avec l’Austrasie et Brunehaut est loin d’être terminée.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch2>🛡️ Renforcement de l’autorité royale (577–580)\u003C/h2>\n\u003Cp>Après l’écrasement de la révolte de Mérovée, Chilpéric s’efforce de \u003Cstrong>restaurer l’autorité royale\u003C/strong> dans un royaume fragilisé par les guerres civiles et les intrigues aristocratiques.\u003C/p>\n\u003Ch3>Les campagnes contre les Bretons\u003C/h3>\n\u003Cp>À partir de \u003Cstrong>577\u003C/strong>, le roi lève des armées dans les cités situées \u003Cstrong>au sud de la Loire\u003C/strong> afin de mener des expéditions contre les \u003Cstrong>Bretons\u003C/strong> installés dans l’ouest de la Gaule.\u003C/p>\n\u003Cp>Ces campagnes ont un double objectif :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>réaffirmer l’autorité franque dans les régions périphériques ;\u003C/li>\n\u003Cli>empêcher les Bretons de profiter de l’instabilité politique.\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>Les résultats militaires restent limités, mais ces opérations permettent au roi de montrer qu’il reste capable de mobiliser les forces du royaume.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>Une fiscalité renforcée\u003C/h3>\n\u003Cp>Pour financer son pouvoir et ses campagnes, Chilpéric rétablit une \u003Cstrong>fiscalité lourde\u003C/strong>, inspirée du modèle administratif romain.\u003C/p>\n\u003Cp>Les cités d’\u003Cstrong>Aquitaine\u003C/strong>, souvent passées d’un royaume à l’autre pendant les guerres, sont particulièrement touchées : beaucoup n’avaient plus payé d’impôts depuis plusieurs années.\u003C/p>\n\u003Cp>Cette politique fiscale est mal acceptée par les élites locales et par une partie de la population, attachées aux traditions franques plus égalitaires.\u003C/p>\n\u003Cp>Cependant, les richesses accumulées permettent au roi d’afficher sa puissance.\u003C/p>\n\u003Cp>Il fait notamment fabriquer un \u003Cstrong>missorium\u003C/strong>, un grand disque d’or incrusté de pierres précieuses pesant environ \u003Cstrong>cinquante livres\u003C/strong>, destiné à impressionner les ambassadeurs étrangers et à symboliser la richesse du pouvoir royal.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>La discipline imposée à l’aristocratie\u003C/h3>\n\u003Cp>Chilpéric doit également affronter une noblesse turbulente, dont plusieurs membres ont soutenu ses ennemis ou tenté de profiter des troubles politiques.\u003C/p>\n\u003Cp>Afin d’imposer le respect de l’autorité royale, il adopte une politique particulièrement sévère.\u003C/p>\n\u003Cp>Les coupables de \u003Cstrong>crime de lèse-majesté\u003C/strong> sont parfois condamnés à des mutilations exemplaires : mains et pieds coupés, puis exposition publique aux carrefours des grandes routes.\u003C/p>\n\u003Cp>La \u003Cstrong>loi salique\u003C/strong> interdit cependant d’achever les condamnés, ce qui explique que ces mutilations servent avant tout de \u003Cstrong>punition symbolique et dissuasive\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch2>⚖️ Le conflit avec Grégoire de Tours (580)\u003C/h2>\n\u003Cp>\u003Cimg src=\"https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/a/a8/Gregoire_de_Tours_statue.jpg\" alt=\"Statue de Grégoire de Tours\" class=\"kb-img-contain\">\n\u003Cem>Statue de Grégoire de Tours — Source : Wikimedia Commons\u003C/em>\u003C/p>\n\u003Cp>Cette période est également marquée par une confrontation célèbre entre Chilpéric et l’évêque \u003Cstrong>Grégoire de Tours\u003C/strong>, principal chroniqueur de l’époque.\u003C/p>\n\u003Cp>Nommé évêque vers \u003Cstrong>573\u003C/strong> avec le soutien de \u003Cstrong>Sigebert\u003C/strong> et de \u003Cstrong>Brunehaut\u003C/strong>, Grégoire se retrouve dans une position délicate sous le règne de Chilpéric.\u003C/p>\n\u003Cp>À Tours, il doit affronter l’hostilité d’une partie du clergé et du pouvoir royal.\u003C/p>\n\u003Cp>Grâce au soutien d’un grand officier palatin, \u003Cstrong>Ansoald\u003C/strong>, proche de Frédégonde, il parvient néanmoins à faire destituer son ennemi personnel, le comte \u003Cstrong>Leudaste\u003C/strong>, remplacé par \u003Cstrong>Eunomius\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>Leudaste cherche alors à se venger.\u003C/p>\n\u003Cp>Il accuse Grégoire de comploter avec l’Austrasie et surtout de propager une rumeur explosive :\u003Cbr>\nla reine \u003Cstrong>Frédégonde\u003C/strong> aurait commis un adultère avec \u003Cstrong>Bertrand de Bordeaux\u003C/strong>, parent du roi.\u003C/p>\n\u003Cp>Une telle accusation pourrait remettre en cause la \u003Cstrong>légitimité des enfants de Chilpéric\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>Le roi ordonne donc une enquête.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>Le concile judiciaire de Berny\u003C/h3>\n\u003Cp>Pour juger l’affaire, Chilpéric convoque en \u003Cstrong>septembre 580\u003C/strong> un concile dans son palais de \u003Cstrong>Berny\u003C/strong>, près de Soissons.\u003C/p>\n\u003Cp>L’accusation est portée par l’évêque \u003Cstrong>Bertrand de Bordeaux\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>Grégoire de Tours rassemble alors plusieurs soutiens parmi les grands du royaume, dont le chambrier \u003Cstrong>Eberulf\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>Le jour du procès, le poète et évêque \u003Cstrong>Venance Fortunat\u003C/strong> prononce un long \u003Cstrong>panégyrique\u003C/strong> en l’honneur du roi.\u003C/p>\n\u003Cp>Dans ce discours, Chilpéric est présenté comme :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>le fils préféré de Clotaire Ier ;\u003C/li>\n\u003Cli>un roi pieux et savant ;\u003C/li>\n\u003Cli>un défenseur de l’Église.\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>Fortunat célèbre également la reine \u003Cstrong>Frédégonde\u003C/strong>, décrite comme une souveraine fidèle, prudente et généreuse.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>L’acquittement de Grégoire\u003C/h3>\n\u003Cp>À l’issue du concile, Grégoire de Tours est \u003Cstrong>innocenté\u003C/strong>, après avoir prêté un \u003Cstrong>serment purgatoire\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>L’accusateur, Leudaste, est reconnu coupable de calomnie. Sa destitution est confirmée et il doit quitter le royaume.\u003C/p>\n\u003Cp>Selon Grégoire lui-même, cette affaire est suivie d’une série de catastrophes naturelles interprétées comme des signes divins :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>un \u003Cstrong>tremblement de terre\u003C/strong> à Bordeaux ;\u003C/li>\n\u003Cli>des \u003Cstrong>crues de la Loire\u003C/strong> ;\u003C/li>\n\u003Cli>un \u003Cstrong>incendie à Orléans\u003C/strong> ;\u003C/li>\n\u003Cli>une \u003Cstrong>tempête de grêle\u003C/strong> qui dévaste Bourges.\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>Une épidémie de \u003Cstrong>dysenterie\u003C/strong> ravage également la Gaule.\u003C/p>\n\u003Cp>Dans son récit, ces malheurs épargnent toutefois l’Austrasie, ce qu’il interprète comme un jugement de Dieu.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch2>👑 Frédégonde et Brunehaut : deux reines au pouvoir\u003C/h2>\n\u003Cp>\u003Cimg src=\"https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/b/bb/Fr%C3%A9d%C3%A9gonde_P-FG-ES-04287.jpg\" alt=\"Frédégonde\" class=\"kb-img-contain\">\n\u003Cem>Frédégonde, reine de Neustrie — Source : Wikimedia Commons\u003C/em>\u003C/p>\n\u003Cp>\u003Cimg src=\"https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/2/2b/Brunhilda_of_Austrasia.png\" alt=\"Brunehaut\" class=\"kb-img-contain\">\n\u003Cem>Brunehaut, reine d’Austrasie — Source : Wikimedia Commons\u003C/em>\u003C/p>\n\u003Cp>La guerre entre Neustrie et Austrasie est aussi un affrontement entre deux reines puissantes.\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>\u003Cstrong>Frédégonde\u003C/strong>, épouse de Chilpéric, est réputée pour son intelligence politique et sa brutalité.\u003C/li>\n\u003Cli>\u003Cstrong>Brunehaut\u003C/strong>, reine d’Austrasie, devient régente pour son fils et organise la résistance contre la Neustrie.\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>Pendant plusieurs décennies, ces deux femmes exerceront un pouvoir politique exceptionnel pour l’époque.\u003C/p>\n\u003Cp>🔍 \u003Cstrong>\u003Ca href=\"/zoom/p4ch5z2\">Zoom – Frédégonde et Brunehaut : Les visages du pouvoir\u003C/a>\u003C/strong>\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch2>🏛️ Chilpéric : le “Néron des Francs” ?\u003C/h2>\n\u003Cp>L’évêque \u003Cstrong>Grégoire de Tours\u003C/strong>, principal chroniqueur de l’époque, décrit Chilpéric comme un tyran cruel.\u003C/p>\n\u003Cp>Mais il reconnaît également certaines de ses qualités.\u003C/p>\n\u003Ch3>Un administrateur\u003C/h3>\n\u003Cp>Chilpéric tente de renforcer l’autorité royale et d’améliorer les finances du royaume.\u003C/p>\n\u003Cp>Ses réformes fiscales provoquent toutefois des révoltes, notamment à \u003Cstrong>Limoges en 579\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Ch3>Un intellectuel\u003C/h3>\n\u003Cp>Contrairement à l’image de simple chef de guerre, Chilpéric s’intéresse à la théologie et à la littérature.\u003C/p>\n\u003Cp>Il compose même des \u003Cstrong>poèmes\u003C/strong> et tente de modifier l’\u003Cstrong>alphabet latin\u003C/strong> en ajoutant de nouvelles lettres pour mieux transcrire les sons germaniques.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch2>⚔️ Élimination des enfants d’Audovère (580)\u003C/h2>\n\u003Cp>Vers \u003Cstrong>580\u003C/strong>, un nouveau drame frappe la famille royale.\u003C/p>\n\u003Cp>Les jeunes princes \u003Cstrong>Clodebert\u003C/strong> et \u003Cstrong>Dagobert\u003C/strong>, fils de Frédégonde, meurent de maladie à Paris malgré les efforts de leur mère. La reine, déjà connue pour son ambition et sa cruauté, cherche alors à protéger l’avenir de sa lignée.\u003C/p>\n\u003Cp>Il reste en effet un rival possible : \u003Cstrong>Clovis\u003C/strong>, fils d’Audovère et dernier héritier masculin de cette branche familiale.\u003C/p>\n\u003Cp>Clovis se vante d’être désormais l’héritier légitime du trône. Frédégonde, se sentant menacée, l’accuse alors de \u003Cstrong>sorcellerie et de trahison\u003C/strong> devant Chilpéric.\u003C/p>\n\u003Cp>Le prince est arrêté lors d’une partie de chasse et conduit auprès de la reine. Il refuse d’avouer les crimes dont on l’accuse.\u003C/p>\n\u003Cp>Trois jours plus tard, il est transféré dans une maison à \u003Cstrong>Nogent-sur-Marne\u003C/strong> où il est assassiné. Des messagers annoncent ensuite au roi que Clovis se serait \u003Cstrong>suicidé\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>Peu après, Frédégonde fait également assassiner \u003Cstrong>Audovère\u003C/strong>, première épouse de Chilpéric.\u003C/p>\n\u003Cp>La dernière fille d’Audovère, \u003Cstrong>Basine\u003C/strong>, subit un sort cruel : violée par des serviteurs de la reine afin de la rendre inapte au mariage, elle est enfermée au \u003Cstrong>monastère Sainte-Croix de Poitiers\u003C/strong>, où vivent déjà plusieurs princesses mérovingiennes.\u003C/p>\n\u003Cp>Ces violences privent Chilpéric d’un atout diplomatique important : ses filles auraient pu servir à conclure des alliances.\u003C/p>\n\u003Cp>Les poètes de la cour, notamment \u003Cstrong>Venance Fortunat\u003C/strong>, composent des poèmes funéraires pour les princes morts, tandis que \u003Cstrong>Grégoire de Tours\u003C/strong> rend visite au roi et à la reine à \u003Cstrong>Nogent-sur-Marne\u003C/strong> en 581 pour leur présenter ses condoléances.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch2>🤝 Rapprochement avec l’Austrasie (581–583)\u003C/h2>\n\u003Cp>En \u003Cstrong>581\u003C/strong>, un événement modifie l’équilibre politique du royaume franc : la mort de \u003Cstrong>Gogon\u003C/strong>, régent du jeune roi austrasien \u003Cstrong>Childebert II\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>La disparition de ce puissant conseiller ouvre la voie à un changement de politique en Austrasie. Un parti favorable à la Neustrie prend l’ascendant, mené par les aristocrates \u003Cstrong>Ursio\u003C/strong> et \u003Cstrong>Berthefred\u003C/strong>, ainsi que par l’évêque \u003Cstrong>Egidius de Reims\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>Un rapprochement diplomatique s’opère alors avec Chilpéric.\u003C/p>\n\u003Cp>Un accord est négocié : \u003Cstrong>Childebert II devient héritier potentiel des territoires de Chilpéric\u003C/strong>. Cette alliance bouleverse les relations entre les royaumes francs et provoque des tensions avec le roi burgonde \u003Cstrong>Gontran\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>Profitant de ces rivalités, Chilpéric agrandit ses possessions en \u003Cstrong>Aquitaine\u003C/strong> et s’empare de plusieurs cités burgondes :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>\u003Cstrong>Saintes\u003C/strong>\u003C/li>\n\u003Cli>\u003Cstrong>Angoulême\u003C/strong>\u003C/li>\n\u003Cli>\u003Cstrong>Périgueux\u003C/strong>\u003C/li>\n\u003Cli>\u003Cstrong>Agen\u003C/strong>\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>L’année suivante, Gontran reconnaît finalement ces conquêtes afin de conclure la paix.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch2>💍 Alliances avec les Wisigoths\u003C/h2>\n\u003Cp>En \u003Cstrong>582\u003C/strong>, Chilpéric cherche à renforcer ses alliances extérieures.\u003C/p>\n\u003Cp>Des ambassadeurs sont envoyés en \u003Cstrong>Hispanie\u003C/strong> pour négocier le mariage de sa fille \u003Cstrong>Rigonde\u003C/strong> avec \u003Cstrong>Recarède\u003C/strong>, fils du roi wisigoth \u003Cstrong>Léovigild\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>Cette alliance aurait renforcé les liens entre Neustrie et royaume wisigoth.\u003C/p>\n\u003Cp>La même année, Frédégonde donne naissance à un nouveau fils, \u003Cstrong>Thierry\u003C/strong>, baptisé à Paris lors des fêtes de Pâques de \u003Cstrong>583\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>La naissance de ce prince inquiète les Austrasiens : le nom Thierry rappelle celui de \u003Cstrong>Thierry Ier\u003C/strong>, premier roi d’Austrasie, et certains craignent que Chilpéric ne cherche à revendiquer ce royaume.\u003C/p>\n\u003Cp>Pour rassurer ses alliés, Chilpéric accuse alors \u003Cstrong>Gontran\u003C/strong> d’avoir commandité l’assassinat de Sigebert et propose une alliance contre la Burgondie.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch2>⚔️ La campagne contre Gontran (583)\u003C/h2>\n\u003Cp>En \u003Cstrong>583\u003C/strong>, une vaste campagne militaire est lancée contre le royaume burgonde.\u003C/p>\n\u003Cp>Les troupes de Chilpéric attaquent par le nord et prennent \u003Cstrong>Melun\u003C/strong>, avant de marcher vers \u003Cstrong>Orléans\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>Au sud, une armée venue d’Aquitaine pénètre dans le \u003Cstrong>Berry\u003C/strong>, commandée par le duc \u003Cstrong>Didier de Toulouse\u003C/strong>. Elle ravage la région et assiège plusieurs places fortes.\u003C/p>\n\u003Cp>La ville de \u003Cstrong>Bourges\u003C/strong> est menacée.\u003C/p>\n\u003Cp>Mais Gontran contre-attaque rapidement.\u003C/p>\n\u003Cp>Une bataille a lieu entre \u003Cstrong>Étampes et Orléans\u003C/strong>, où l’armée burgonde remporte la victoire.\u003C/p>\n\u003Cp>Les envahisseurs doivent abandonner leur butin et libérer leurs prisonniers. Les ducs de Chilpéric lèvent alors le siège de Bourges.\u003C/p>\n\u003Cp>Malgré la paix conclue entre les deux rois, certaines troupes neustriennes continuent les pillages en Touraine.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch2>⚰️ Dernières manœuvres et assassinat (584)\u003C/h2>\n\u003Cp>Au début de \u003Cstrong>584\u003C/strong>, un nouveau coup du destin frappe la dynastie.\u003C/p>\n\u003Cp>Le jeune prince \u003Cstrong>Thierry\u003C/strong> meurt de \u003Cstrong>dysenterie\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>Craignant désormais pour sa succession, Chilpéric hésite à envoyer sa fille \u003Cstrong>Rigonde\u003C/strong> en Espagne pour épouser le prince wisigoth.\u003C/p>\n\u003Cp>Mais le mariage est finalement maintenu.\u003C/p>\n\u003Cp>Rigonde quitte la Gaule en \u003Cstrong>septembre 584\u003C/strong> avec une \u003Cstrong>dot immense transportée sur une cinquantaine de chariots\u003C/strong>, ce qui suscite l’inquiétude des nobles quant à l’état du trésor royal.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch2>🗡️ L’assassinat de Chilpéric\u003C/h2>\n\u003Cp>Peu après le départ de sa fille, entre le \u003Cstrong>20 et le 28 septembre 584\u003C/strong>, Chilpéric est assassiné près de sa villa de \u003Cstrong>Chelles\u003C/strong>, après une partie de chasse.\u003C/p>\n\u003Cp>Alors qu’un serviteur l’aide à descendre de cheval, un homme nommé \u003Cstrong>Falco\u003C/strong> le poignarde sous l’aisselle puis dans le ventre avant de s’enfuir.\u003C/p>\n\u003Cp>L’identité du commanditaire reste inconnue.\u003C/p>\n\u003Cp>Certaines chroniques accusent \u003Cstrong>Brunehaut\u003C/strong>, d’autres \u003Cstrong>Frédégonde\u003C/strong>, tandis que d’autres encore évoquent un complot lié au roi \u003Cstrong>Gontran\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>Aucune preuve ne permet de trancher.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch2>⚰️ Les funérailles du roi\u003C/h2>\n\u003Cp>Le corps de Chilpéric est préparé par l’évêque \u003Cstrong>Mallulf de Senlis\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>Il est transporté par bateau sur la \u003Cstrong>Marne\u003C/strong>, puis sur la \u003Cstrong>Seine\u003C/strong>, jusqu’à \u003Cstrong>Paris\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>Frédégonde, terrifiée par les intrigues politiques, se réfugie dans la cathédrale et n’assiste pas aux funérailles.\u003C/p>\n\u003Cp>Le roi est enterré dans l’église \u003Cstrong>Saint-Vincent-Sainte-Croix\u003C/strong>, future \u003Cstrong>abbaye de Saint-Germain-des-Prés\u003C/strong>, aux côtés de son oncle \u003Cstrong>Childebert Ier\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>Son sarcophage porte l’inscription :\u003C/p>\n\u003Cblockquote>\n\u003Cp>\u003Cem>Rex Chilpericus hoc tegitur lapide\u003C/em>\u003Cbr>\n« Sous cette pierre repose le roi Chilpéric ».\u003C/p>\n\u003C/blockquote>\n\u003Chr>\n\u003Ch2>👑 La succession\u003C/h2>\n\u003Cp>Après la mort du roi, le royaume connaît une période de désordre.\u003C/p>\n\u003Cp>Le convoi de la princesse \u003Cstrong>Rigonde\u003C/strong> est pillé.\u003C/p>\n\u003Cp>Grâce au soutien du roi \u003Cstrong>Gontran\u003C/strong>, Frédégonde parvient néanmoins à préserver le trône pour son fils.\u003C/p>\n\u003Cp>Le nourrisson, âgé de quelques mois seulement, est baptisé et reçoit le nom de \u003Cstrong>Clotaire II\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>Il devient roi de Neustrie sous la \u003Cstrong>régence de sa mère Frédégonde\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch2>🧠 À retenir\u003C/h2>\n\u003Cul>\n\u003Cli>\u003Cstrong>561\u003C/strong> : partage du royaume entre les fils de Clotaire Ier.\u003C/li>\n\u003Cli>\u003Cstrong>Chilpéric Ier\u003C/strong> devient roi de Neustrie.\u003C/li>\n\u003Cli>\u003Cstrong>568\u003C/strong> : assassinat de Galswinthe, début de la faide royale.\u003C/li>\n\u003Cli>\u003Cstrong>575\u003C/strong> : assassinat de Sigebert Ier.\u003C/li>\n\u003Cli>\u003Cstrong>584\u003C/strong> : mort de Chilpéric et régence de Frédégonde.\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>Le règne de Chilpéric marque l’entrée dans une période de guerres dynastiques qui vont profondément marquer l’histoire mérovingienne.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch2>📚 Sources\u003C/h2>\n\u003Ch3>Sources primaires (domaine public)\u003C/h3>\n\u003Cul>\n\u003Cli>\u003Cstrong>Grégoire de Tours\u003C/strong>, \u003Cem>Histoire des Francs\u003C/em>\u003Cbr>\n\u003Ca href=\"https://fr.wikisource.org/wiki/Histoire_des_Francs\">https://fr.wikisource.org/wiki/Histoire_des_Francs\u003C/a>\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Ch3>Ressources historiques libres\u003C/h3>\n\u003Cul>\n\u003Cli>\n\u003Cp>Chilpéric Ier\u003Cbr>\n\u003Ca href=\"https://fr.wikipedia.org/wiki/Chilp%C3%A9ric_Ier\">https://fr.wikipedia.org/wiki/Chilpéric_Ier\u003C/a>\u003C/p>\n\u003C/li>\n\u003Cli>\n\u003Cp>Brunehaut\u003Cbr>\n\u003Ca href=\"https://fr.wikipedia.org/wiki/Brunehaut\">https://fr.wikipedia.org/wiki/Brunehaut\u003C/a>\u003C/p>\n\u003C/li>\n\u003Cli>\n\u003Cp>Frédégonde\u003Cbr>\n\u003Ca href=\"https://fr.wikipedia.org/wiki/Fr%C3%A9d%C3%A9gonde\">https://fr.wikipedia.org/wiki/Frédégonde\u003C/a>\u003C/p>\n\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Chr>\n\u003Cp>#Crédit images\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>Partage du royaume franc en 561 - Romain0, Public domain, via Wikimedia Commons\u003C/li>\n\u003Cli>Austrasie et Neustrie - Paul Vidal de La Blache, Public domain, via Wikimedia Commons\u003C/li>\n\u003Cli>Partage du royaume franc en 567 - Romain0, Public domain, via Wikimedia Commons\u003C/li>\n\u003Cli>Assassinat de Galswinthe - Grandes Chroniques de France (Bibliothèque Sainte-Geneviève, Ms. 782 f. 036), Public domain, via Wikimedia Commons\u003C/li>\n\u003Cli>Répudiation d’Audovère - Albert Maignan, Public domain, via Wikimedia Commons\u003C/li>\n\u003Cli>Siege de Tournai - Bibliothèque nationale de France \u003Ca href=\"http://www.bnf.fr\">http://www.bnf.fr\u003C/a>, Public domain, via Wikimedia Commons\u003C/li>\n\u003Cli>Assassinat de Sigebert Ier - roman de renart le contrefait, Public domain, via Wikimedia Commons\u003C/li>\n\u003Cli>Concile judiciaire de Paris - Guillaume Cretin, Public domain, via Wikimedia Commons\u003C/li>\n\u003Cli>Le royaume des Francs en 577 - Romain0, Public domain, via Wikimedia Commons\u003C/li>\n\u003Cli>Statue de Grégoire de Tours - Eutouring, CC BY-SA 4.0 \u003Ca href=\"https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0\">https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0\u003C/a>, via Wikimedia Commons\u003C/li>\n\u003Cli>Frédégonde - Bibliothèque municipale de Nancy, Public domain, via Wikimedia Commons\u003C/li>\n\u003Cli>Brunehaut - Public domain, via Wikimedia Commons\u003C/li>\n\u003C/ul>\n",[20,23,26,29],{"id":21,"title":22},"p4ch5z1","Le partage de 561 : Une poudrière politique",{"id":24,"title":25},"p4ch5z2","Frédégonde et Brunehaut : Les visages du pouvoir",{"id":27,"title":28},"p4ch5z3","La Neustrie : L'émergence d'un nouveau pôle de pouvoir",{"id":30,"title":31},"p4ch5z4","Les co-rois de 561 : Sigebert, Gontran et 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