[{"data":1,"prerenderedAt":217},["ShallowReactive",2],{"chapter:p5ch15:fr":3,"chapters:p5:fr":85},{"period":4,"chapter":16},{"id":5,"title":6,"titleEn":7,"titleEs":8,"coverArtworkId":9,"range":10,"rangeEn":10,"rangeEs":10,"cover":11},"p5","Le Moyen Âge classique","High Middle Ages","Plena Edad Media","hannibal-alpes","987 → 1453",{"fileName":12,"filePageUrl":13,"imageUrl":14,"sourceLabel":15},"Facade-notre-dame-paris-ciel-bleu.JPG","https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Facade-notre-dame-paris-ciel-bleu.JPG","/assets/p5-moyen-age-classique-cover.png","Wikimedia Commons",{"id":17,"title":18,"periodId":5,"html":19,"zooms":20,"thumbnailArtworkId":78,"hasEn":79,"isFallback":80,"coverFit":81,"coverPosition":81,"chronicle":82,"realm":81,"seoDescription":83,"thumbnailUrl":84},"p5ch15","Philippe VI de Valois : une dynastie nouvelle, une guerre qui s’ouvre (1328–1350)","\u003Cp>L’avènement de \u003Cstrong>Philippe VI\u003C/strong>, en \u003Cstrong>1328\u003C/strong>, ouvre une phase nouvelle de l’histoire de France. Avec lui s’achève la succession directe des \u003Cstrong>Capétiens\u003C/strong>, commencée en \u003Cstrong>987\u003C/strong> avec \u003Cstrong>Hugues Capet\u003C/strong>, et s’ouvre le règne de la branche des \u003Cstrong>Valois\u003C/strong>, issue de \u003Cstrong>Charles de Valois\u003C/strong>, frère de \u003Cstrong>Philippe IV le Bel\u003C/strong>. Son accession au trône marque donc à la fois une continuité dynastique et une rupture majeure dans l’histoire de la monarchie française.\u003C/p>\n\u003Cp>Choisi après la mort de \u003Cstrong>Charles IV le Bel\u003C/strong>, alors que la lignée directe capétienne ne compte plus d’héritier mâle, \u003Cstrong>Philippe de Valois\u003C/strong> apparaît aux yeux des grands du royaume comme le plus proche parent du roi défunt par les hommes. Son avènement confirme le principe selon lequel la couronne de France ne peut être transmise ni aux femmes ni par elles. Ce choix écarte notamment les prétentions d’\u003Cstrong>Édouard III d’Angleterre\u003C/strong>, petit-fils de \u003Cstrong>Philippe IV\u003C/strong> par sa mère \u003Cstrong>Isabelle de France\u003C/strong>, et pose les bases d’un conflit dynastique appelé à bouleverser durablement l’Occident.\u003C/p>\n\u003Cp>\u003Cimg src=\"https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/4/4e/France_1328.svg\" alt=\"Carte de France en 1328\" class=\"kb-img-contain\">\n\u003Cem>Carte de France en 1328: Cyberprout, CC BY-SA 3.0 \u003Ca href=\"https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0\">https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0\u003C/a>, via Wikimedia Commons\u003C/em>\u003C/p>\n\u003Cp>Le nouveau roi hérite d’un royaume puissant, solidement structuré par l’œuvre administrative des derniers Capétiens, mais confronté à de fortes tensions. La question flamande reste sensible, les rapports avec l’Angleterre demeurent fragiles, la fiscalité suscite des résistances, et l’équilibre entre monarchie, princes et bonnes villes exige une attention constante. À cela s’ajoute l’enjeu majeur de la légitimité : Philippe VI doit non seulement gouverner, mais aussi imposer l’autorité d’une dynastie nouvelle.\u003C/p>\n\u003Cp>Le début de son règne est encore celui d’un roi de continuité, soucieux de s’inscrire dans l’héritage capétien. Mais les rivalités féodales, les ambitions anglaises et les transformations de la guerre conduisent rapidement son gouvernement vers une crise de plus grande ampleur. Sous \u003Cstrong>Philippe VI\u003C/strong>, la monarchie française entre dans une période d’affrontements prolongés avec l’Angleterre, qui prendront bientôt le nom de \u003Cstrong>guerre de Cent Ans\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>Le règne de \u003Cstrong>Philippe VI\u003C/strong> occupe ainsi une place charnière. Il inaugure la dynastie des \u003Cstrong>Valois\u003C/strong>, affirme les principes successoraux forgés à la fin de l’époque capétienne, et ouvre l’un des plus longs conflits de l’histoire médiévale européenne. À travers lui, le royaume de France entre dans une ère nouvelle, marquée par la guerre, par la redéfinition de la souveraineté et par l’épreuve de la continuité dynastique.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch2>I. 1328–1334 : avènement des Valois, consolidation du règne et montée des tensions avec l’Angleterre\u003C/h2>\n\u003Cp>L’accession de \u003Cstrong>Philippe VI de Valois\u003C/strong> au trône, au printemps \u003Cstrong>1328\u003C/strong>, ouvre une nouvelle phase de l’histoire monarchique française. Après la mort de \u003Cstrong>Charles IV le Bel\u003C/strong> et la naissance, quelques semaines plus tard, d’une fille posthume, les grands du royaume confirment l’exclusion des femmes de la succession et remettent la couronne au régent, \u003Cstrong>Philippe de Valois\u003C/strong>, cousin du roi défunt. Son avènement, retenu au \u003Cstrong>1er avril 1328\u003C/strong>, marque la fin de la lignée directe des \u003Cstrong>Capétiens\u003C/strong> et l’ouverture de la dynastie des \u003Cstrong>Valois\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>\u003Cimg src=\"https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/4/40/Coronation_of_Philip_VI_of_Valois_and_Jeanne_of_Burgundy_%28BNF_fr_10135_-_fol_412v%29.jpg\" alt=\"Couronnement de roi Philippe VI de Valois et la reine Jeanne de Bourgonde\" class=\"kb-img-contain\">\n\u003Cem>Couronnement du roi de France Philippe VI de Valois et de la reine Jeanne de Bourgogne par l’archevêque de Reims Guillaume de Trie (Reims, 29 mai 1328): Enluminure du 3e quart du 14e siècle tirée d’un manuscrit des Grandes Chroniques de France (Paris, Bibliothèque nationale de France, MSS Français 10135, folio 412v), Public domain, via Wikimedia Commons\u003C/em>\u003C/p>\n\u003Cp>Le nouveau roi est sacré à \u003Cstrong>Reims\u003C/strong> le \u003Cstrong>29 mai 1328\u003C/strong> par l’archevêque \u003Cstrong>Guillaume de Trie\u003C/strong>. Son couronnement donne une pleine légitimité à la nouvelle dynastie, mais il se déroule dans un contexte encore délicat. \u003Cstrong>Édouard III d’Angleterre\u003C/strong>, duc d’Aquitaine et pair de France, n’assiste pas à la cérémonie, signe d’une distance politique qui ne cesse de croître. Dans le même mouvement, \u003Cstrong>le Valois, l’Anjou et le Maine\u003C/strong> sont réunis à la couronne, tandis que le roi abandonne la \u003Cstrong>Navarre\u003C/strong> à \u003Cstrong>Jeanne\u003C/strong>, fille de \u003Cstrong>Louis X\u003C/strong>, et à son époux \u003Cstrong>Philippe d’Évreux\u003C/strong>, afin de consolider son propre établissement sur le trône de France.\u003C/p>\n\u003Cp>Les premiers mois du règne sont aussi marqués par une volonté d’affermissement intérieur. L’exécution, le \u003Cstrong>25 avril 1328\u003C/strong>, de \u003Cstrong>Pierre de Rémi\u003C/strong>, ancien trésorier de \u003Cstrong>Charles IV\u003C/strong>, accusé de concussion, manifeste la volonté du nouveau pouvoir de se distinguer des désordres de la fin du règne précédent. Quelques mois plus tard, le \u003Cstrong>23 août 1328\u003C/strong>, \u003Cstrong>Philippe VI\u003C/strong> remporte au \u003Cstrong>Mont Cassel\u003C/strong> une victoire décisive contre les Flamands insurgés contre leur comte, \u003Cstrong>Louis de Nevers\u003C/strong>. Cette intervention rétablit l’influence française en \u003Cstrong>Flandre\u003C/strong> et donne au nouveau roi un premier succès militaire de grande portée symbolique. En \u003Cstrong>septembre 1328\u003C/strong>, il ordonne également un vaste \u003Cstrong>recensement des feux et des paroisses\u003C/strong> du royaume, document exceptionnel pour la période médiévale, qui témoigne d’une monarchie soucieuse de mieux connaître et administrer son territoire.\u003C/p>\n\u003Cp>\u003Cimg src=\"https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/3/34/Edward_III_Plantagenet_of_England_pays_homage_for_Aquitaine_to_French_King_Philip_VI_Valois_by_Jean_Fouquet%2C_Grandes_Chroniques_de_France_%2824532794988%29.jpg\" alt=\"Hommage d’Édouard III à Philippe VI de Valois en 1329\" class=\"kb-img-contain\">\n\u003Cem>Hommage d’Édouard III à Philippe VI de Valois en 1329: BnF, Département des manuscrits, Levan Ramishvili from Tbilisi, Georgia, Public domain, via Wikimedia Commons\u003C/em>\u003C/p>\n\u003Cp>L’année \u003Cstrong>1329\u003C/strong> prolonge cette phase de stabilisation relative. Le \u003Cstrong>5 mars\u003C/strong>, \u003Cstrong>Jeanne II\u003C/strong> et \u003Cstrong>Philippe III de Navarre\u003C/strong> sont couronnés à \u003Cstrong>Pampelune\u003C/strong>, ce qui fixe durablement la séparation entre la couronne de France et celle de Navarre. Surtout, le \u003Cstrong>6 juin 1329\u003C/strong>, \u003Cstrong>Édouard III\u003C/strong> prête à \u003Cstrong>Amiens\u003C/strong> hommage à \u003Cstrong>Philippe VI\u003C/strong> pour la \u003Cstrong>Guyenne\u003C/strong> et le \u003Cstrong>Ponthieu\u003C/strong>, en présence notamment de \u003Cstrong>Jean de Luxembourg\u003C/strong>, roi de Bohême. Cet hommage semble alors confirmer l’ordre féodal existant, mais il ne dissipe pas les ambiguïtés profondes de la relation entre les deux souverains. À l’automne de la même année, le jeune roi d’Angleterre renverse la tutelle de sa mère \u003Cstrong>Isabelle\u003C/strong> et de \u003Cstrong>Roger Mortimer\u003C/strong> ; Mortimer est exécuté en \u003Cstrong>novembre 1330\u003C/strong>, tandis qu’Isabelle est écartée du pouvoir. Cette prise en main personnelle du gouvernement anglais modifie durablement l’équilibre politique entre les deux royaumes.\u003C/p>\n\u003Cp>\u003Cimg src=\"https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/c/c9/A_Chronicle_of_England_-_Page_293_-_Mortimer_Seized_by_the_King_%28bw%29.jpg\" alt=\"\" class=\"kb-img-contain\">\n\u003Cem>Mortimer saisi par le roi: James William Edmund Doyle, Public domain, via Wikimedia Commons\u003C/em>\u003C/p>\n\u003Cp>Les années suivantes voient la consolidation dynastique du règne. En \u003Cstrong>1332\u003C/strong>, \u003Cstrong>Philippe VI\u003C/strong> émancipe son fils \u003Cstrong>Jean\u003C/strong>, héritier du trône, et l’investit de l’\u003Cstrong>Anjou\u003C/strong>, du \u003Cstrong>Maine\u003C/strong> et du \u003Cstrong>duché de Normandie\u003C/strong>, préparant ainsi la succession au sein de la nouvelle maison régnante. La même année, \u003Cstrong>Jean\u003C/strong>, futur \u003Cstrong>Jean II le Bon\u003C/strong>, épouse \u003Cstrong>Bonne de Luxembourg\u003C/strong>, ce qui renforce encore les liens entre les Valois et la maison de Luxembourg.\u003C/p>\n\u003Cp>Dans le même temps, le roi doit arbitrer un important conflit nobiliaire : l’\u003Cstrong>affaire Robert III d’Artois\u003C/strong>. Depuis la mort de son grand-père \u003Cstrong>Robert II d’Artois\u003C/strong> en \u003Cstrong>1302\u003C/strong>, Robert conteste l’attribution du comté d’Artois à sa tante \u003Cstrong>Mahaut d’Artois\u003C/strong>, puis, après la mort de celle-ci, à sa cousine \u003Cstrong>Jeanne II de Bourgogne\u003C/strong>. Déjà débouté à plusieurs reprises par la justice royale, il tente de relancer sa revendication en produisant des documents qui se révèlent être des faux. La découverte de cette fraude ruine définitivement sa cause : Robert est condamné au \u003Cstrong>bannissement\u003C/strong> en \u003Cstrong>1332\u003C/strong> et tombe en disgrâce. Réfugié hors du royaume, puis bientôt accueilli en \u003Cstrong>Angleterre\u003C/strong>, il devient l’un des ennemis les plus acharnés de \u003Cstrong>Philippe VI\u003C/strong> et joue un rôle important dans la détérioration des rapports entre les couronnes française et anglaise.\u003C/p>\n\u003Cp>\u003Cimg src=\"https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/3/39/Robert_d%27Artois_essaye_d%27envouter_le_roi.jpg\" alt=\"Robert d'Artois essaye d'envouter le roi\">\n\u003Cem>Robert d’Artois essaye d’envouter le roi: Jean-Michel Moreau, Public domain, via Wikimedia Commons\u003C/em>\u003C/p>\n\u003Cp>Sur le plan intellectuel et religieux, le début du règne n’est pas exempt de tensions. Une controverse oppose alors le pape \u003Cstrong>Jean XXII\u003C/strong> à une partie des théologiens parisiens au sujet de la \u003Cstrong>vision béatifique\u003C/strong>. À partir de \u003Cstrong>1331\u003C/strong>, le pontife soutient dans plusieurs sermons que les âmes des justes ne contemplent pas immédiatement Dieu après la mort, mais seulement après le \u003Cstrong>Jugement dernier\u003C/strong>. Cette position suscite de vives réserves à l’\u003Cstrong>Université de Paris\u003C/strong>, en particulier au sein de la \u003Cstrong>Faculté de théologie\u003C/strong>, attachée à la doctrine plus communément admise de la béatitude immédiate des élus. Soutenue par le roi de France, l’Université devient ainsi l’un des principaux foyers de résistance doctrinale à la thèse pontificale. Le conflit illustre à la fois le poids intellectuel de Paris dans la chrétienté latine et la persistance des tensions entre autorité pontificale, savoir théologique et pouvoir royal.\u003C/p>\n\u003Cp>Parallèlement, l’environnement international se tend avec la reprise de la guerre en \u003Cstrong>Écosse\u003C/strong>. Le \u003Cstrong>19 juillet 1333\u003C/strong>, \u003Cstrong>Édouard III\u003C/strong> remporte la \u003Cstrong>bataille de Halidon Hill\u003C/strong> contre les partisans de \u003Cstrong>David II Bruce\u003C/strong>, renforçant sa position au nord de son royaume et se libérant partiellement d’une menace qui avait longtemps servi de point d’appui à la diplomatie française.\u003C/p>\n\u003Cp>En \u003Cstrong>1334\u003C/strong>, la situation se dégrade plus nettement encore. La rupture entre les deux couronnes n’est pas encore consommée, mais plusieurs évolutions convergentes rendent le conflit de plus en plus probable. L’une des plus importantes est le rôle pris par \u003Cstrong>Robert III d’Artois\u003C/strong>. Ancien proche de \u003Cstrong>Philippe VI\u003C/strong>, qu’il avait soutenu lors de son avènement, Robert est tombé en disgrâce après l’échec de sa revendication sur le comté d’\u003Cstrong>Artois\u003C/strong> et la découverte des faux produits pour appuyer sa cause. Condamné au bannissement, il se réfugie finalement en \u003Cstrong>Angleterre\u003C/strong>, où il est accueilli par \u003Cstrong>Édouard III\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>Ce refuge a une portée politique considérable. Robert d’Artois n’est pas seulement un exilé de haut rang : il connaît intimement la cour de France, ses hommes, ses équilibres et ses faiblesses. Devenu l’un des conseillers écoutés du roi d’Angleterre, il nourrit chez ce dernier une hostilité croissante à l’égard de \u003Cstrong>Philippe VI\u003C/strong> et l’encourage à adopter une ligne plus dure dans le contentieux franco-anglais. Son ressentiment personnel rejoint ainsi les tensions déjà existantes autour de la \u003Cstrong>Guyenne\u003C/strong>, de la \u003Cstrong>Flandre\u003C/strong> et de la question de l’hommage féodal.\u003C/p>\n\u003Cp>Dans le même temps, l’\u003Cstrong>Angleterre\u003C/strong> accroît ses moyens d’action. Le gouvernement d’\u003Cstrong>Édouard III\u003C/strong> lève d’importants \u003Cstrong>subsides\u003C/strong>, signe d’un effort financier plus ambitieux. Cette montée en puissance fiscale et militaire ne débouche pas encore immédiatement sur la guerre, mais elle révèle que la monarchie anglaise se prépare à soutenir une politique extérieure plus offensive.\u003C/p>\n\u003Cp>Ainsi, en \u003Cstrong>1334\u003C/strong>, les rapports entre \u003Cstrong>Philippe VI\u003C/strong> et \u003Cstrong>Édouard III\u003C/strong> cessent d’être une simple relation féodale tendue pour entrer dans une logique de confrontation plus large. L’accueil réservé à \u003Cstrong>Robert d’Artois\u003C/strong>, l’aggravation des griefs réciproques et le renforcement des moyens anglais préparent déjà le cadre diplomatique et politique de la future \u003Cstrong>guerre de Cent Ans\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch2>II. 1336–1337 : la rupture avec l’Angleterre et le déclenchement de la guerre de Cent Ans\u003C/h2>\n\u003Cp>Au milieu des années \u003Cstrong>1330\u003C/strong>, les tensions accumulées entre les couronnes de \u003Cstrong>France\u003C/strong> et d’\u003Cstrong>Angleterre\u003C/strong> débouchent sur une rupture ouverte. Les questions de \u003Cstrong>suzeraineté en Guyenne\u003C/strong>, les rivalités d’influence en \u003Cstrong>Flandre\u003C/strong>, les enjeux économiques liés au commerce de la \u003Cstrong>laine anglaise\u003C/strong>, ainsi que la revendication dynastique d’\u003Cstrong>Édouard III\u003C/strong> finissent par converger. Entre \u003Cstrong>1336\u003C/strong> et \u003Cstrong>1337\u003C/strong>, le conflit change ainsi de nature : d’un contentieux féodal et diplomatique, il devient une guerre de souveraineté appelée à durer plus d’un siècle.\u003C/p>\n\u003Cp>En \u003Cstrong>1336\u003C/strong>, \u003Cstrong>Philippe VI\u003C/strong> envisage encore une grande entreprise de croisade et fait réunir à \u003Cstrong>Marseille\u003C/strong> une flotte destinée à gagner la \u003Cstrong>Terre sainte\u003C/strong>. Ce projet, qui s’inscrit dans une tradition encore vive chez les souverains français, est rapidement éclipsé par la dégradation de la situation occidentale. La même année, la création du \u003Cstrong>collège de l’Ave Maria\u003C/strong> à \u003Cstrong>Paris\u003C/strong> par le conseiller royal \u003Cstrong>Jean de Hubant\u003C/strong> témoigne toutefois du dynamisme institutionnel du royaume à la veille de la guerre. Dans le même temps, \u003Cstrong>Édouard III\u003C/strong> cherche à fragiliser la position française dans les \u003Cstrong>Pays-Bas\u003C/strong>. Le \u003Cstrong>5 octobre 1336\u003C/strong>, il interdit l’exportation de la laine anglaise vers la \u003Cstrong>Flandre\u003C/strong>. Cette mesure frappe directement les villes drapières flamandes, très dépendantes de cette matière première, et contribue à déclencher un mouvement de contestation mené notamment par \u003Cstrong>Jacob van Artevelde\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>\u003Cimg src=\"https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/f/fa/Jacob_van_Artevelde_leads_a_rebellion_in_Ghent_against_the_counts_of_Flanders_in_1340_%28Ms_659_fol.221r%2C_1477%29.png\" alt=\"\" class=\"kb-img-contain\">\n\u003Cem>Jacob van Artevelde mène une révolte à Gand contre les comtes de Flandre: AnonymousUnknown author, Public domain, via Wikimedia Commons\u003C/em>\u003C/p>\n\u003Cp>La \u003Cstrong>Flandre\u003C/strong> devient alors un enjeu stratégique majeur. Pour la monarchie anglaise, il s’agit de conserver un levier économique et politique dans une région essentielle au commerce textile européen. Pour la couronne française, il importe au contraire d’empêcher les villes flamandes de basculer durablement dans l’orbite anglaise. La crise flamande transforme ainsi un conflit féodal en affrontement économique et diplomatique de grande ampleur. À la fin de \u003Cstrong>1337\u003C/strong>, la révolution urbaine menée par \u003Cstrong>Jacob van Artevelde\u003C/strong> à \u003Cstrong>Gand\u003C/strong> renforce encore cette dynamique, en donnant à l’Angleterre un partenaire précieux dans les anciens Pays-Bas.\u003C/p>\n\u003Cp>La rupture décisive intervient en \u003Cstrong>1337\u003C/strong>. Le \u003Cstrong>24 mai\u003C/strong>, \u003Cstrong>Philippe VI\u003C/strong> prononce la \u003Cstrong>confiscation de la Guyenne\u003C/strong> — ou plus exactement du duché de \u003Cstrong>Guyenne/Aquitaine\u003C/strong> tenu par le roi d’Angleterre — au motif qu’\u003Cstrong>Édouard III\u003C/strong> a manqué à ses obligations de vassal. Cet acte est traditionnellement considéré comme le point de départ de la \u003Cstrong>guerre de Cent Ans\u003C/strong>. Il ne s’agit pas seulement d’un geste juridique : la monarchie capétienne entend rappeler que le duc d’Aquitaine reste, pour ses possessions continentales, soumis à la justice et à l’autorité du roi de France.\u003C/p>\n\u003Cp>En réponse, \u003Cstrong>Édouard III\u003C/strong> rompt avec l’ordre féodal existant. À l’automne \u003Cstrong>1337\u003C/strong>, il dénonce l’hommage prêté à \u003Cstrong>Philippe VI\u003C/strong> et revendique la \u003Cstrong>couronne de France\u003C/strong> en tant que petit-fils de \u003Cstrong>Philippe IV le Bel\u003C/strong> par sa mère \u003Cstrong>Isabelle de France\u003C/strong>. Même si cette prétention ne sera pleinement formalisée dans ses titulatures qu’un peu plus tard, elle devient dès lors le fondement politique de son opposition aux \u003Cstrong>Valois\u003C/strong>. Les lettres de défi reçues par \u003Cstrong>Philippe VI\u003C/strong> au début de \u003Cstrong>novembre 1337\u003C/strong> donnent à la rupture une dimension solennelle : la querelle de Guyenne devient une lutte ouverte entre deux souverains qui se disputent désormais la légitimité royale elle-même.\u003C/p>\n\u003Cp>\u003Cimg src=\"https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/7/76/France_1330.svg\" alt=\"\" class=\"kb-img-contain\">\n\u003Cem>Carte de France en 1330: Aliesin, CC BY-SA 3.0 \u003Ca href=\"http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/\">http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/\u003C/a>, via Wikimedia Commons\u003C/em>\u003C/p>\n\u003Cp>Les causes profondes de la guerre apparaissent ainsi multiples. \u003Cstrong>Édouard III\u003C/strong> veut préserver, voire affranchir entièrement de la suzeraineté française, ses possessions continentales ; il cherche aussi à protéger les intérêts anglais dans les villes drapières de \u003Cstrong>Flandre\u003C/strong> ; enfin, la revendication dynastique lui offre un principe de légitimation supérieur au simple contentieux féodal. De son côté, \u003Cstrong>Philippe VI\u003C/strong> ne peut accepter qu’un prince étranger transforme l’\u003Cstrong>Aquitaine\u003C/strong> en possession pleinement souveraine, pas plus qu’il ne peut tolérer une remise en cause de la légitimité des \u003Cstrong>Valois\u003C/strong> sur le trône de France.\u003C/p>\n\u003Cp>À la fin de \u003Cstrong>1337\u003C/strong>, tous les éléments sont donc réunis : crise de vassalité, affrontement économique, jeu des alliances dans les \u003Cstrong>Pays-Bas\u003C/strong>, et revendication concurrente à la couronne. La \u003Cstrong>guerre de Cent Ans\u003C/strong> commence ainsi non par une grande bataille, mais par une série de décisions politiques, juridiques et diplomatiques qui transforment une rivalité ancienne en conflit durable entre les monarchies française et anglaise.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch2>III. 1338–1340 : coalition anglo-flamande, bataille de l’Écluse\u003C/h2>\n\u003Cp>À partir de \u003Cstrong>1338\u003C/strong>, la guerre engagée entre \u003Cstrong>Philippe VI\u003C/strong> et \u003Cstrong>Édouard III\u003C/strong> change d’échelle. Le conflit n’oppose plus seulement deux souverains autour de la \u003Cstrong>Guyenne\u003C/strong> et de la légitimité dynastique : il devient une lutte de coalitions, dans laquelle la \u003Cstrong>Flandre\u003C/strong>, l’\u003Cstrong>Empire\u003C/strong> et bientôt la \u003Cstrong>Bretagne\u003C/strong> occupent une place déterminante. La monarchie française doit désormais faire face à une diplomatie anglaise particulièrement active, fondée sur les alliances économiques, les liens féodaux et l’exploitation des divisions politiques du continent.\u003C/p>\n\u003Cp>En \u003Cstrong>Flandre\u003C/strong>, la montée en puissance de \u003Cstrong>Jacob van Artevelde\u003C/strong> modifie profondément les rapports de force. Élu \u003Cstrong>capitaine des Gantois\u003C/strong> le \u003Cstrong>3 janvier 1338\u003C/strong>, il s’impose progressivement comme le chef politique des villes flamandes insurgées, dans un contexte dominé par la crise de l’industrie drapière et par la dépendance des ateliers flamands à l’égard de la \u003Cstrong>laine anglaise\u003C/strong>. Son mouvement s’affirme au printemps : l’avant-garde française se présente devant \u003Cstrong>Gand\u003C/strong> en \u003Cstrong>avril\u003C/strong>, mais la dynamique urbaine ne se brise pas. Le \u003Cstrong>23 avril\u003C/strong>, Artevelde l’emporte devant \u003Cstrong>Biervliet\u003C/strong> face aux forces du comte \u003Cstrong>Louis de Nevers\u003C/strong>, puis, le \u003Cstrong>29 avril\u003C/strong>, une alliance offensive et défensive unit \u003Cstrong>Gand\u003C/strong>, \u003Cstrong>Bruges\u003C/strong> et \u003Cstrong>Ypres\u003C/strong>. À l’été, le comte doit quitter une grande partie de la Flandre, désormais largement contrôlée par les insurgés.\u003C/p>\n\u003Cp>Dans le même temps, \u003Cstrong>Édouard III\u003C/strong> cherche des appuis dans l’\u003Cstrong>Empire\u003C/strong>. Cette politique trouve un terrain favorable dans la contestation grandissante de l’autorité pontificale par l’empereur \u003Cstrong>Louis IV de Bavière\u003C/strong>. Le manifeste \u003Cem>Fidem catholicam\u003C/em>, proclamé en \u003Cstrong>mai 1338\u003C/strong>, puis la décision des électeurs réunis à \u003Cstrong>Rhense\u003C/strong> en \u003Cstrong>juillet\u003C/strong>, affirment que le pouvoir impérial procède de l’élection et non de la confirmation pontificale. Cette évolution facilite le rapprochement entre l’Angleterre et l’Empire. Le \u003Cstrong>22 juillet 1338\u003C/strong>, Édouard débarque à \u003Cstrong>Anvers\u003C/strong>, puis rencontre \u003Cstrong>Louis IV\u003C/strong> à \u003Cstrong>Coblence\u003C/strong> à la fin du mois d’août ; il reçoit peu après le titre de \u003Cstrong>vicaire d’Empire\u003C/strong>. Cette dignité renforce sa position dans les anciens Pays-Bas et lui donne une base politique plus large contre la France.\u003C/p>\n\u003Cp>L’année \u003Cstrong>1339\u003C/strong> prolonge cette recomposition diplomatique. Tandis qu’est fondée l’\u003Cstrong>université de Grenoble\u003C/strong> le \u003Cstrong>12 mai\u003C/strong>, événement révélateur de la vitalité institutionnelle du royaume, le front septentrional se durcit encore. Le \u003Cstrong>3 décembre 1339\u003C/strong>, un traité est conclu entre \u003Cstrong>Édouard III\u003C/strong> et les insurgés flamands ; quelques semaines plus tard, les villes flamandes admettent plus explicitement sa qualité de \u003Cstrong>roi de France\u003C/strong>, ce qui donne à la coalition anti-valoisienne une portée nouvelle. Il ne s’agit plus seulement d’un appui économique contre Philippe VI, mais d’une reconnaissance politique de sa prétention dynastique.\u003C/p>\n\u003Cp>\u003Cimg src=\"https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/b/bf/BattleofSluys.jpeg\" alt=\"bataille de l’Écluse\" class=\"kb-img-contain\">\n\u003Cem>bataille de l’Écluse: Loyset Liédet, Public domain, via Wikimedia Commons\u003C/em>\u003C/p>\n\u003Cp>Le tournant décisif intervient en \u003Cstrong>1340\u003C/strong>. Le \u003Cstrong>23 janvier\u003C/strong>, à \u003Cstrong>Gand\u003C/strong>, \u003Cstrong>Édouard III\u003C/strong> prend officiellement le titre de \u003Cstrong>roi de France\u003C/strong>, donnant une forme solennelle à une revendication déjà présente depuis \u003Cstrong>1337\u003C/strong>. Dans le même temps, le pape \u003Cstrong>Benoît XII\u003C/strong> apporte son soutien à \u003Cstrong>Philippe VI\u003C/strong>, mais cette caution pontificale ne suffit pas à enrayer la montée du conflit. Sur mer, la France tente de profiter de sa flotte pour empêcher le débarquement anglais sur le continent. Cette stratégie échoue lors de la \u003Cstrong>bataille de l’Écluse\u003C/strong> du \u003Cstrong>24 juin 1340\u003C/strong>, où la marine anglaise anéantit l’essentiel de la flotte française dans l’avant-port de \u003Cstrong>Sluys\u003C/strong>. Cette défaite est capitale : elle donne à l’Angleterre la maîtrise de la \u003Cstrong>Manche\u003C/strong>, sécurise ses communications avec les Pays-Bas et permet à Édouard de débarquer ses troupes plus librement.\u003C/p>\n\u003Cp>Fort de ce succès, \u003Cstrong>Édouard III\u003C/strong>, aidé de contingents flamands, met le \u003Cstrong>22 juillet 1340\u003C/strong> le siège devant \u003Cstrong>Tournai\u003C/strong>. L’opération ne débouche pas sur une victoire décisive, mais elle montre combien le nord du royaume est devenu un théâtre central de la guerre. Dans ce contexte, \u003Cstrong>Robert III d’Artois\u003C/strong>, réfugié en Angleterre et l’un des plus ardents conseillers anti-français d’Édouard, subit une défaite devant \u003Cstrong>Saint-Omer\u003C/strong> le \u003Cstrong>26 juillet\u003C/strong>. Malgré cet échec ponctuel, la présence de Robert d’Artois dans le camp anglais continue d’alimenter la radicalisation du conflit.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch2>IV. 1341 Ouverture de la guerre de Succession de Bretagne\u003C/h2>\n\u003Cp>\u003Cimg src=\"https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/2/26/Entr%C3%A9e_de_Jean_de_Montfort_%C3%A0_Nantes_-_Fran%C3%A7ais_2675.jpg\" alt=\"Entrée de Jean de Montfort à Nantes\" class=\"kb-img-contain\">\n\u003Cem>Entrée de Jean de Montfort à Nantes: Maître du Hannibal de Harvard (13…-14…), Public domain, via Wikimedia Commons\u003C/em>\u003C/p>\n\u003Cp>La même année, un nouveau foyer de guerre s’ouvre à l’ouest du royaume avec la mort, le \u003Cstrong>30 avril 1340\u003C/strong>, de \u003Cstrong>Jean III\u003C/strong>, duc de \u003Cstrong>Bretagne\u003C/strong>, sans héritier direct. Sa disparition provoque immédiatement une crise successorale. Deux prétendants principaux se font face : d’un côté \u003Cstrong>Jeanne de Penthièvre\u003C/strong>, nièce du duc, qui fait valoir les droits de la branche aînée par représentation et dont le mari, \u003Cstrong>Charles de Blois\u003C/strong>, est proche de la maison royale française ; de l’autre \u003Cstrong>Jean de Montfort\u003C/strong>, demi-frère du défunt, qui revendique le duché en tant que plus proche parent mâle. Le conflit oppose donc non seulement deux personnes, mais aussi deux conceptions de la succession princière.\u003C/p>\n\u003Cp>La question prend d’emblée une portée politique considérable. La Bretagne est un grand fief du royaume, mais elle possède une forte identité princière et une position stratégique essentielle entre \u003Cstrong>Manche\u003C/strong> et \u003Cstrong>Atlantique\u003C/strong>. Dans le contexte de la guerre entre \u003Cstrong>Valois\u003C/strong> et \u003Cstrong>Plantagenêts\u003C/strong>, aucun des deux camps ne peut laisser le duché basculer durablement dans l’orbite adverse. \u003Cstrong>Charles de Blois\u003C/strong>, soutenu par \u003Cstrong>Philippe VI\u003C/strong>, apparaît comme le candidat du parti français ; \u003Cstrong>Jean de Montfort\u003C/strong>, qui comprend vite qu’il a peu à attendre de la justice royale française, se tourne progressivement vers l’Angleterre et vers \u003Cstrong>Édouard III\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>Avant même la décision royale, \u003Cstrong>Jean de Montfort\u003C/strong> agit avec rapidité. Au printemps \u003Cstrong>1341\u003C/strong>, il prend possession d’un grand nombre de places du duché et se fait reconnaître à \u003Cstrong>Nantes\u003C/strong>, cherchant à transformer sa revendication en réalité politique. Cette stratégie du fait accompli vise à empêcher que le règlement du litige ne lui échappe complètement. Mais, en se plaçant dans une logique de conquête personnelle, il pousse aussi le roi de France à intervenir comme suzerain.\u003C/p>\n\u003Cp>Saisi du différend, \u003Cstrong>Philippe VI\u003C/strong> tranche finalement en faveur de \u003Cstrong>Charles de Blois\u003C/strong> lors de l’entrevue de \u003Cstrong>Paris\u003C/strong> à la fin de l’été \u003Cstrong>1341\u003C/strong>. L’\u003Cstrong>arrêt de Conflans\u003C/strong>, rendu le \u003Cstrong>7 septembre\u003C/strong>, reconnaît les droits du couple formé par \u003Cstrong>Jeanne de Penthièvre\u003C/strong> et \u003Cstrong>Charles de Blois\u003C/strong>. En contrepartie, \u003Cstrong>Jean de Montfort\u003C/strong> voit ses fiefs français menacés de confiscation. Cette décision, loin d’éteindre le conflit, le radicalise : Montfort refuse de s’incliner, quitte la cour et bascule plus nettement dans le camp anglais. L’arrêt de Conflans marque ainsi l’ouverture effective de la \u003Cstrong>guerre de Succession de Bretagne\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>À l’automne, la monarchie française choisit donc l’intervention militaire. Le \u003Cstrong>duc de Normandie\u003C/strong>, futur \u003Cstrong>Jean II le Bon\u003C/strong>, est placé à la tête d’une armée importante et entre en Bretagne. Après plusieurs opérations, \u003Cstrong>Nantes\u003C/strong> est assiégée ; \u003Cstrong>Jean de Montfort\u003C/strong> finit par se rendre au début de \u003Cstrong>novembre 1341\u003C/strong> et est bientôt arrêté. Les Français pensent alors avoir réglé l’affaire. Mais cette victoire reste incomplète, car la résistance se réorganise autour de l’épouse du prétendant, \u003Cstrong>Jeanne de Flandre\u003C/strong>, qui maintient le parti montfortiste et appelle à l’aide les Anglais. Dès lors, la succession bretonne ne relève plus d’un simple litige féodal : elle devient un champ d’affrontement durable entre les deux grandes monarchies rivales.\u003C/p>\n\u003Cp>La guerre de Succession de Bretagne, qui se prolonge jusqu’en \u003Cstrong>1364\u003C/strong>, constitue ainsi l’un des grands conflits parallèles de la \u003Cstrong>guerre de Cent Ans\u003C/strong>. Par sa durée, par l’implication croissante de l’Angleterre et par le rôle joué ensuite par \u003Cstrong>Jeanne de Flandre\u003C/strong>, \u003Cstrong>Charles de Blois\u003C/strong>, puis \u003Cstrong>Jean IV de Montfort\u003C/strong>, elle dépasse largement le cadre breton et devient un enjeu majeur de l’équilibre politique du royaume au XIVe siècle.\u003C/p>\n\u003Cp>Ainsi, entre \u003Cstrong>1338\u003C/strong> et \u003Cstrong>1340\u003C/strong>, la guerre entre la France et l’Angleterre prend pleinement sa dimension européenne. La coalition anglo-flamande, l’appui impérial recherché par \u003Cstrong>Édouard III\u003C/strong>, la défaite navale française de \u003Cstrong>l’Écluse\u003C/strong> et l’ouverture du conflit breton montrent que l’affrontement ne se limite plus à la seule \u003Cstrong>Guyenne\u003C/strong>. Il devient une lutte beaucoup plus vaste pour l’équilibre politique du nord-ouest de l’Europe, au sein de laquelle la monarchie des \u003Cstrong>Valois\u003C/strong> doit désormais défendre à la fois sa légitimité dynastique, son autorité féodale et sa position stratégique.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch2>V. 1342–1343 : guerre de Succession de Bretagne, intervention anglaise et trêve de Malestroit\u003C/h2>\n\u003Cp>Au printemps \u003Cstrong>1342\u003C/strong>, \u003Cstrong>Charles de Blois\u003C/strong> poursuit son offensive en Bretagne. Il s’empare de \u003Cstrong>Rennes\u003C/strong> vers la mi-mai, consolidant temporairement l’avantage du parti franco-blois dans l’est du duché. C’est dans ce contexte que la tradition fait commencer la carrière militaire de \u003Cstrong>Bertrand du Guesclin\u003C/strong>, encore très jeune, au service du camp de Charles de Blois. Dans le même temps, le \u003Cstrong>7 mai 1342\u003C/strong>, \u003Cstrong>Pierre Roger\u003C/strong> est élu pape sous le nom de \u003Cstrong>Clément VI\u003C/strong>. Son pontificat s’inscrit dans la continuité de la papauté d’Avignon et se caractérise par un gouvernement pontifical fortement centralisé et fiscalisé.\u003C/p>\n\u003Cp>\u003Ca class=\"kb-art-link\" href=\"/art/bertrand-du-guesclin\" data-art-id=\"bertrand-du-guesclin\">\u003Cimg src=\"https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/2/23/Great_Men_and_Famous_Women_Volume_1_-_BERTRAND_DU_GUESCLIN.png\" alt=\"BERTRAND DU GUESCLIN\" class=\"kb-img-contain\" >\u003Cspan class=\"kb-art-badge\" aria-hidden=\"true\">\u003Ci class=\"pi pi-image\">\u003C/i>\u003C/span>\u003C/a>\n\u003Cem>BERTRAND DU GUESCLIN: Artist Alphonse De Neuville, Public domain, via Wikimedia Commons\u003C/em>\u003C/p>\n\u003Cp>L’intervention anglaise prend corps presque aussitôt. Le \u003Cstrong>20 mai 1342\u003C/strong>, une première expédition anglaise débarque à \u003Cstrong>Brest\u003C/strong>, conduite par \u003Cstrong>Wauthier de Masny\u003C/strong>. En \u003Cstrong>juin\u003C/strong>, cette force porte secours à \u003Cstrong>Jeanne de Flandre\u003C/strong>, épouse de Jean de Montfort, assiégée à \u003Cstrong>Hennebont\u003C/strong> par \u003Cstrong>Charles de Blois\u003C/strong>. Le siège, commencé à la fin de mai, échoue finalement après l’arrivée de renforts anglais par mer et la résistance énergique du camp montfortiste. Cet épisode donne à la guerre bretonne une portée plus nettement anglo-française.\u003C/p>\n\u003Cp>\u003Cimg src=\"https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/9/9c/Si%C3%A8ge_d%27Hennebont.jpg\" alt=\"Siège d'Hennebont en 1342\" class=\"kb-img-contain\">\n\u003Cem>Siège d’Hennebont en 1342: Loyset Liédet, Public domain, via Wikimedia Commons\u003C/em>\u003C/p>\n\u003Cp>La Bretagne devient alors un objectif direct pour \u003Cstrong>Édouard III\u003C/strong>. À l’été \u003Cstrong>1342\u003C/strong>, \u003Cstrong>Robert III d’Artois\u003C/strong>, réfugié en Angleterre et devenu l’un des conseillers les plus hostiles à \u003Cstrong>Philippe VI\u003C/strong>, rejoint à son tour la Bretagne avec des troupes anglaises. Puis, du \u003Cstrong>17 au 23 octobre 1342\u003C/strong>, \u003Cstrong>Édouard III\u003C/strong> débarque lui-même à \u003Cstrong>Brest\u003C/strong> et entreprend le \u003Cstrong>siège de Vannes\u003C/strong>. L’ouest du royaume s’impose dès lors comme un front majeur de la guerre, où se rencontrent les intérêts bretons, français et anglais.\u003C/p>\n\u003Cp>\u003Cimg src=\"https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/4/42/Premier_si%C3%A9ge_de_Vannes_%281342%29.png\" alt=\"Premier siége de Vannes (1342)\" class=\"kb-img-contain\">\n\u003Cem>Premier siége de Vannes (1342): Jean de Wavrin, Public domain, via Wikimedia Commons\u003C/em>\u003C/p>\n\u003Cp>Cette montée des périls favorise finalement une médiation pontificale. Le pape \u003Cstrong>Clément VI\u003C/strong> intervient pour obtenir une suspension des hostilités, et la \u003Cstrong>trêve de Malestroit\u003C/strong> est conclue le \u003Cstrong>19 janvier 1343\u003C/strong> entre \u003Cstrong>Philippe VI\u003C/strong> et \u003Cstrong>Édouard III\u003C/strong>. Elle vise à interrompre les combats dans le cadre plus large de la guerre de Cent Ans, mais elle concerne d’abord très directement la Bretagne, où aucune des deux parties n’a obtenu d’avantage décisif. L’accord ne règle pas la succession bretonne ; il ne fait que geler provisoirement le conflit.\u003C/p>\n\u003Cp>L’année \u003Cstrong>1343\u003C/strong> est aussi marquée par un renforcement de l’action monarchique à l’intérieur du royaume. Le \u003Cstrong>20 mars\u003C/strong>, une ordonnance royale établit plus solidement le \u003Cstrong>monopole du sel\u003C/strong> et un \u003Cstrong>impôt sur le sel\u003C/strong>, mesure importante pour les finances de la monarchie. Quelques semaines plus tard, le \u003Cstrong>23 avril\u003C/strong>, \u003Cstrong>Philippe VI\u003C/strong> acquiert à \u003Cstrong>Vincennes\u003C/strong> les droits sur le \u003Cstrong>Dauphiné\u003C/strong> ; même si la province n’entre effectivement dans l’orbite directe de la couronne qu’en \u003Cstrong>1349\u003C/strong>, cette opération constitue une étape majeure de l’expansion capétienne vers le sud-est. Enfin, le \u003Cstrong>1er septembre 1343\u003C/strong>, \u003Cstrong>Jean de Montfort\u003C/strong> est libéré par le roi de France, ce qui montre que, malgré la guerre, la question bretonne demeure encore partiellement ouverte à la négociation.\u003C/p>\n\u003Cp>Ainsi, entre \u003Cstrong>1342\u003C/strong> et \u003Cstrong>1343\u003C/strong>, la guerre change de physionomie. La Bretagne devient un champ d’affrontement durable entre \u003Cstrong>Valois\u003C/strong> et \u003Cstrong>Plantagenêts\u003C/strong>, tandis que la papauté d’Avignon tente d’imposer une trêve sans pouvoir résoudre les causes profondes du conflit. Dans le même temps, \u003Cstrong>Philippe VI\u003C/strong> poursuit le renforcement financier et territorial de la monarchie, signe que la guerre et la construction de l’État avancent désormais de concert.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch2>VI. 1344–1346 : reprise de la guerre, crise bretonne et désastre de Crécy\u003C/h2>\n\u003Cp>Après la \u003Cstrong>trêve de Malestroit\u003C/strong>, les hostilités reprennent progressivement dans les différents théâtres de la guerre. Entre \u003Cstrong>1344\u003C/strong> et \u003Cstrong>1346\u003C/strong>, la monarchie de \u003Cstrong>Philippe VI\u003C/strong> doit faire face à une aggravation simultanée des conflits en \u003Cstrong>Bretagne\u003C/strong>, en \u003Cstrong>Flandre\u003C/strong> et dans le nord du royaume, tandis que l’Angleterre d’\u003Cstrong>Édouard III\u003C/strong> passe à une stratégie d’offensive directe sur le sol français. Cette période marque un tournant décisif : la guerre, jusque-là surtout diplomatique et régionale, devient un affrontement militaire de grande ampleur.\u003C/p>\n\u003Cp>\u003Cimg src=\"https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/a/a8/Map_of_the_route_of_Edward_III%27s_chevauch%C3%A9e_of_1346.svg\" alt=\"Carte de l’itinéraire de la chevauchée d’Édouard III de 1346\" class=\"kb-img-contain\">\n_Carte de l’itinéraire de la chevauchée d’Édouard III de 1346: \u003Ca href=\"https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/a/a8/Map_of_the_route_of_Edward_III%27s_chevauch%C3%A9e_of_1346.svg_\">https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/a/a8/Map_of_the_route_of_Edward_III’s_chevauchée_of_1346.svg_\u003C/a>\u003C/p>\n\u003Cp>En \u003Cstrong>1344\u003C/strong>, la guerre de Succession de Bretagne demeure l’un des principaux foyers du conflit. Le \u003Cstrong>1er mai\u003C/strong>, \u003Cstrong>Charles de Blois\u003C/strong>, soutenu par la couronne de France, s’empare de \u003Cstrong>Quimper\u003C/strong>, consolidant momentanément sa position dans l’ouest du duché. La lutte bretonne reste alors étroitement liée à la guerre franco-anglaise : le parti de \u003Cstrong>Charles de Blois\u003C/strong> représente l’option française, tandis que celui de \u003Cstrong>Jean de Montfort\u003C/strong> et de \u003Cstrong>Jeanne de Flandre\u003C/strong> s’appuie de plus en plus sur l’Angleterre. La même année, une ordonnance royale reconnaît plus explicitement au \u003Cstrong>Parlement de Paris\u003C/strong> le droit de présenter des \u003Cstrong>remontrances\u003C/strong>, signe de l’importance croissante prise par cette institution dans le fonctionnement du gouvernement monarchique.\u003C/p>\n\u003Cp>En \u003Cstrong>1345\u003C/strong>, la guerre bretonne connaît une nouvelle intensification. \u003Cstrong>Jean de Montfort\u003C/strong>, qui s’est échappé et réfugié en \u003Cstrong>Angleterre\u003C/strong>, prête hommage à \u003Cstrong>Édouard III\u003C/strong> en \u003Cstrong>mars\u003C/strong>, scellant plus clairement encore l’alliance entre le parti montfortiste et la monarchie anglaise. Peu après, les opérations reprennent en Bretagne. Le \u003Cstrong>17 juin 1345\u003C/strong>, \u003Cstrong>Thomas Dagworth\u003C/strong>, capitaine anglais, remporte à \u003Cstrong>Cadoret\u003C/strong>, près de \u003Cstrong>Josselin\u003C/strong>, une victoire sur \u003Cstrong>Charles de Blois\u003C/strong>. Cette défaite n’anéantit pas le parti français en Bretagne, mais elle montre l’efficacité des contingents anglais engagés dans le duché. Dans le même temps, la \u003Cstrong>Flandre\u003C/strong> reste agitée : des troubles sociaux éclatent à \u003Cstrong>Gand\u003C/strong> et à \u003Cstrong>Bruges\u003C/strong>, et \u003Cstrong>Jacob van Artevelde\u003C/strong>, figure essentielle du rapprochement flamando-anglais, est assassiné en \u003Cstrong>juillet 1345\u003C/strong>. La disparition d’Artevelde n’efface pas immédiatement l’orientation pro-anglaise des grandes villes flamandes, mais elle prive Édouard III d’un allié politique de premier plan. En \u003Cstrong>septembre\u003C/strong>, \u003Cstrong>Jean de Montfort\u003C/strong> meurt à son tour après un échec devant \u003Cstrong>Quimper\u003C/strong>, laissant la cause montfortiste à son jeune fils, bientôt défendue par ses partisans anglais et bretons.\u003C/p>\n\u003Cp>L’année \u003Cstrong>1346\u003C/strong> ouvre une phase bien plus large du conflit. Alors que la guerre continue en \u003Cstrong>Bretagne\u003C/strong> et que plusieurs places y subissent raids et sièges, \u003Cstrong>Édouard III\u003C/strong> décide de porter la guerre directement dans le royaume de France. Le \u003Cstrong>12 juillet 1346\u003C/strong>, il débarque en \u003Cstrong>Normandie\u003C/strong> à \u003Cstrong>Saint-Vaast-la-Hougue\u003C/strong> avec une importante armée. Il mène ensuite une vaste \u003Cstrong>chevauchée\u003C/strong> à travers la Normandie puis vers le nord, combinant pillage, intimidation et recherche d’une bataille favorable. Des villes et villages sont ravagés sur son passage ; l’objectif est à la fois militaire, économique et psychologique, puisqu’il s’agit de montrer l’impuissance du roi de France à défendre son propre territoire.\u003C/p>\n\u003Cp>\u003Cimg src=\"https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/2/24/Battle_of_crecy_froissart.jpg\" alt=\"Bataille de Crécy\" class=\"kb-img-contain\">\n\u003Cem>Bataille de Crécy: Loyset Liédet, Public domain, via Wikimedia Commons\u003C/em>\u003C/p>\n\u003Cp>Cette campagne débouche sur la \u003Cstrong>bataille de Crécy\u003C/strong>, le \u003Cstrong>26 août 1346\u003C/strong>, l’un des affrontements les plus célèbres du Moyen Âge. \u003Cstrong>Philippe VI\u003C/strong>, à la tête de la chevalerie française, y subit une lourde défaite face aux forces d’\u003Cstrong>Édouard III\u003C/strong> et du \u003Cstrong>Prince Noir\u003C/strong>. L’armée anglaise tire un avantage décisif de sa discipline, de son choix du terrain et surtout de l’emploi massif des \u003Cstrong>archers\u003C/strong>, dont les tirs brisent les charges françaises. Certaines sources évoquent aussi l’usage de \u003Cstrong>bombardes\u003C/strong>, parfois présenté comme une des premières utilisations d’artillerie sur un champ de bataille occidental, même si ce point demeure discuté. La défaite de Crécy porte un coup sévère au prestige militaire de la monarchie française.\u003C/p>\n\u003Cp>\u003Cimg src=\"https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/1/1b/Belagerung_von_Calais_1346-1347.JPG\" alt=\"Siège de Calais\" class=\"kb-img-contain\">\n\u003Cem>Siège de Calais: H. W. Koch: Illustrierte Geschichte der Kriegszüge im Mittelalter, S. 127, Bechtermünz Verlag See, Public domain, via Wikimedia Commons\u003C/em>\u003C/p>\n\u003Cp>Dans la foulée, \u003Cstrong>Édouard III\u003C/strong> entreprend le \u003Cstrong>siège de Calais\u003C/strong> à partir du \u003Cstrong>4 septembre 1346\u003C/strong>. Le choix de cette place n’est pas fortuit : Calais offre un point d’appui idéal sur la Manche, capable d’assurer des communications régulières entre l’Angleterre et le continent. Le siège, appelé à durer jusqu’en \u003Cstrong>1347\u003C/strong>, devient dès lors un enjeu stratégique majeur. Pendant ce temps, la guerre s’étend aussi aux îles Britanniques : le \u003Cstrong>17 octobre 1346\u003C/strong>, \u003Cstrong>David II Bruce\u003C/strong>, allié traditionnel de la France, envahit l’Angleterre mais est battu et capturé à \u003Cstrong>Neville’s Cross\u003C/strong>. Ainsi, au même moment, la France perd à la fois une grande bataille sur son propre sol et l’appui militaire immédiat de son allié écossais.\u003C/p>\n\u003Cp>La période est enfin aggravée par des difficultés économiques et agricoles. Les années \u003Cstrong>1346–1347\u003C/strong> sont marquées par de \u003Cstrong>mauvaises récoltes\u003C/strong> dans plusieurs régions d’Europe occidentale, notamment en \u003Cstrong>France\u003C/strong>, en \u003Cstrong>Angleterre\u003C/strong> et en \u003Cstrong>Italie\u003C/strong>. Dans ce contexte de guerre, ces difficultés renforcent encore la vulnérabilité des populations et des finances royales. Parallèlement, la cour d’Angleterre développe un imaginaire chevaleresque puissant, symbolisé par les fêtes organisées autour d’\u003Cstrong>Édouard III\u003C/strong> et, bientôt, par la fondation de l’\u003Cstrong>ordre de la Jarretière\u003C/strong>, généralement datée entre \u003Cstrong>1346\u003C/strong> et \u003Cstrong>1348\u003C/strong>. La guerre s’accompagne donc aussi d’une mise en scène idéologique et aristocratique de la royauté anglaise.\u003C/p>\n\u003Cp>Ainsi, entre \u003Cstrong>1344\u003C/strong> et \u003Cstrong>1346\u003C/strong>, la guerre change profondément de dimension. La Bretagne demeure un front actif, la Flandre reste une zone d’équilibre fragile, mais c’est surtout l’invasion de la \u003Cstrong>Normandie\u003C/strong> et la défaite de \u003Cstrong>Crécy\u003C/strong> qui révèlent la gravité nouvelle de l’affrontement. Avec le siège de \u003Cstrong>Calais\u003C/strong>, le conflit s’installe désormais dans la durée et entre dans une phase décisive de la \u003Cstrong>guerre de Cent Ans\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch2>1348 : la Peste noire en France et la crise de la société chrétienne\u003C/h2>\n\u003Cp>L’année \u003Cstrong>1348\u003C/strong> marque un tournant majeur du règne de \u003Cstrong>Philippe VI\u003C/strong>. Alors que la guerre contre l’Angleterre se poursuit, elle est soudain éclipsée par l’irruption de la \u003Cstrong>Peste noire\u003C/strong>, pandémie venue d’Orient et déjà signalée dans les ports méditerranéens depuis \u003Cstrong>1347\u003C/strong>. Transportée par les routes maritimes et commerciales, elle atteint la \u003Cstrong>Provence\u003C/strong> à la fin de \u003Cstrong>1347\u003C/strong>, puis ravage l’essentiel du royaume en \u003Cstrong>1348\u003C/strong>, avant de poursuivre ses effets dans les années suivantes. À l’échelle de l’Europe, la mortalité est immense : les estimations traditionnelles évoquent environ \u003Cstrong>25 millions de morts\u003C/strong> entre \u003Cstrong>1347\u003C/strong> et \u003Cstrong>1351\u003C/strong>, même si les évaluations modernes varient.\u003C/p>\n\u003Cp>\u003Cimg src=\"https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/4/42/Diffusion_de_la_peste_noire_1347_1351.svg\" alt=\"Diffusion de la peste noire 1347\" class=\"kb-img-contain\">\n\u003Cem>Diffusion de la peste noire 1347: FlyingPC, CC BY-SA 3.0 \u003Ca href=\"https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0\">https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0\u003C/a>, via Wikimedia Commons\u003C/em>\u003C/p>\n\u003Cp>La progression de l’épidémie en France suit d’abord les grands axes de circulation. Partie des ports méditerranéens, elle remonte la vallée du Rhône, touche \u003Cstrong>Avignon\u003C/strong>, puis gagne le centre et le nord du royaume. Les sources de synthèse s’accordent à dire qu’elle ravage la majeure partie de la France en \u003Cstrong>1348\u003C/strong>. Les premières mentions parisiennes apparaissent à la fin de l’été, et la maladie atteint ensuite d’autres régions de l’Ouest, notamment \u003Cstrong>Angers\u003C/strong> à l’automne. Dans un royaume déjà fragilisé par la guerre, la désorganisation est brutale : mortalité de masse, effondrement de certaines activités, désarroi religieux et incapacité des autorités à enrayer le fléau.\u003C/p>\n\u003Cp>Comme ailleurs en Europe, la diffusion de la peste provoque une vague de paniques et de recherches de boucs émissaires. En \u003Cstrong>Provence\u003C/strong>, au printemps \u003Cstrong>1348\u003C/strong>, des émeutes antijuives éclatent dans plusieurs villes. À \u003Cstrong>Toulon\u003C/strong>, un massacre de Juifs est signalé le \u003Cstrong>13 avril\u003C/strong>. La synagogue de \u003Cstrong>Saint-Rémy-de-Provence\u003C/strong> est incendiée ; ailleurs, des communautés juives sont attaquées, emprisonnées ou expulsées. Dans les régions alpines et rhodaniennes, des Juifs sont torturés ou exécutés, notamment à \u003Cstrong>Serres\u003C/strong> et à \u003Cstrong>Chillon\u003C/strong>, tandis que les accusations se répandent en \u003Cstrong>Navarre\u003C/strong>, en \u003Cstrong>Castille\u003C/strong> et dans l’espace germanique. Ces violences s’inscrivent dans un mouvement européen plus large qui frappe particulièrement les régions orientales et méridionales du royaume.\u003C/p>\n\u003Cp>L’accusation la plus fréquente porte sur l’\u003Cstrong>empoisonnement des puits\u003C/strong>. À \u003Cstrong>Chillon\u003C/strong>, le \u003Cstrong>15 septembre 1348\u003C/strong>, des Juifs sont torturés jusqu’à avouer sous la contrainte qu’ils auraient propagé la maladie par ce moyen. De telles “confessions”, obtenues dans un climat de terreur, nourrissent ensuite de nouvelles persécutions. La logique est bien connue : face à une catastrophe incompréhensible, les sociétés médiévales cherchent une cause humaine et volontaire à un mal qui frappe indistinctement villes et campagnes. L’épidémie devient ainsi un révélateur des peurs collectives, des préjugés religieux et des fragilités de l’ordre social.\u003C/p>\n\u003Cp>Le pape \u003Cstrong>Clément VI\u003C/strong>, installé à \u003Cstrong>Avignon\u003C/strong>, intervient pourtant pour tenter de freiner ces violences. Par une bulle de l’été \u003Cstrong>1348\u003C/strong>, puis par une seconde fulminée le \u003Cstrong>26 septembre\u003C/strong>, il rappelle que les Juifs ne peuvent être tenus pour responsables d’un fléau qui atteint aussi des régions où ils ne vivent pas. Ces textes pontificaux constituent l’une des prises de position les plus nettes de l’époque contre les massacres antijuifs liés à la peste. Leur efficacité reste cependant limitée, tant la peur et la rumeur dominent alors de larges secteurs de la population.\u003C/p>\n\u003Cp>La peste ne se limite pas au royaume de France. En \u003Cstrong>Italie\u003C/strong>, elle est déjà attestée à \u003Cstrong>Pise\u003C/strong> au début de \u003Cstrong>1348\u003C/strong> ; elle gagne ensuite l’\u003Cstrong>Autriche\u003C/strong>, les pays germaniques et l’ensemble de l’Europe occidentale. À \u003Cstrong>Vienne\u003C/strong>, la mortalité est considérable. Dans plusieurs régions, la crise sanitaire s’accompagne aussi de séismes, de famines locales ou de désordres sociaux, ce qui renforce l’impression d’un châtiment généralisé. L’épidémie touche également l’\u003Cstrong>Espagne\u003C/strong>, où certaines régions, notamment en \u003Cstrong>Aragon\u003C/strong>, subissent de très lourdes pertes humaines et de nouvelles vagues dans les décennies suivantes.\u003C/p>\n\u003Cp>Pour la France, les conséquences sont immenses. La mortalité exacte demeure difficile à établir, mais les synthèses historiques soulignent que le royaume est frappé à une échelle exceptionnelle. La Peste noire bouleverse durablement la démographie, l’économie rurale, les structures seigneuriales et l’équilibre des communautés urbaines. Elle réduit la main-d’œuvre, désorganise les prélèvements seigneuriaux, fragilise l’encadrement religieux et administratif, et contribue à faire passer au second plan, pour un temps, les enjeux strictement militaires du règne. En \u003Cstrong>1348\u003C/strong>, la France n’est donc pas seulement un royaume en guerre : elle devient aussi l’un des grands espaces de la catastrophe démographique qui transforme l’Europe de la fin du Moyen Âge.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch2>1349–1350 : peste, tensions sociales, acquisition du Dauphiné et fin du règne de Philippe VI\u003C/h2>\n\u003Cp>Les années \u003Cstrong>1349\u003C/strong> et \u003Cstrong>1350\u003C/strong> prolongent les effets de la grande crise ouverte par la \u003Cstrong>Peste noire\u003C/strong>, tout en marquant un important renforcement territorial de la monarchie française. Au moment même où les sociétés urbaines et rurales restent déstabilisées par la mortalité, les violences collectives et les désordres économiques, \u003Cstrong>Philippe VI\u003C/strong> réalise une acquisition majeure avec le \u003Cstrong>Dauphiné\u003C/strong> et achève son règne dans un contexte de fortes tensions sociales et fiscales.\u003C/p>\n\u003Cp>En \u003Cstrong>Flandre\u003C/strong>, la situation demeure agitée. Le \u003Cstrong>13 janvier 1349\u003C/strong>, lors du \u003Cstrong>Goede Maandag\u003C/strong>, les conflits sociaux opposant \u003Cstrong>tisserands\u003C/strong> et \u003Cstrong>foulons\u003C/strong> dégénèrent à nouveau, notamment à \u003Cstrong>Gand\u003C/strong>, \u003Cstrong>Bruges\u003C/strong> et \u003Cstrong>Ypres\u003C/strong>. Ces violences s’inscrivent dans un contexte urbain déjà fragilisé par la crise économique, par les séquelles de la guerre et par les recompositions politiques amorcées depuis la chute de \u003Cstrong>Jacob van Artevelde\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>La \u003Cstrong>Peste noire\u003C/strong> continue parallèlement de provoquer des persécutions antijuives dans une grande partie de l’Europe. Le \u003Cstrong>14 février 1349\u003C/strong>, un pogrom à \u003Cstrong>Strasbourg\u003C/strong> entraîne la mort de centaines de Juifs accusés d’avoir propagé l’épidémie ; quelques semaines plus tard, le \u003Cstrong>21 mars\u003C/strong>, la communauté juive d’\u003Cstrong>Erfurt\u003C/strong> est à son tour massacrée. Ces violences s’inscrivent dans la vague plus large de persécutions déclenchées par les accusations d’empoisonnement des puits et par la recherche de boucs émissaires face à l’épidémie. Le pape \u003Cstrong>Clément VI\u003C/strong> avait pourtant déjà publié en \u003Cstrong>1348\u003C/strong> des bulles de protection et d’innocentation des Juifs, sans parvenir à enrayer ces massacres.\u003C/p>\n\u003Cp>Pour la monarchie française, l’événement le plus important de \u003Cstrong>1349\u003C/strong> est toutefois la cession du \u003Cstrong>Dauphiné\u003C/strong>. Le \u003Cstrong>30 mars\u003C/strong>, par le \u003Cstrong>traité de Romans\u003C/strong>, \u003Cstrong>Humbert II de Viennois\u003C/strong>, en difficulté financière et politique, cède sa principauté au roi de France. L’accord prévoit que l’héritier du trône portera désormais le titre de \u003Cstrong>dauphin\u003C/strong>, ce qui donne au prince \u003Cstrong>Charles\u003C/strong>, petit-fils de \u003Cstrong>Philippe VI\u003C/strong> et futur \u003Cstrong>Charles V\u003C/strong>, une dignité nouvelle appelée à devenir permanente dans la monarchie française. Le traité maintient en outre au Dauphiné un statut particulier, avec plusieurs privilèges fiscaux et institutionnels.\u003C/p>\n\u003Cp>Quelques semaines plus tard, le \u003Cstrong>18 avril 1349\u003C/strong>, \u003Cstrong>Jacques III de Majorque\u003C/strong>, privé d’une grande partie de ses États et engagé dans sa lutte contre \u003Cstrong>Pierre IV d’Aragon\u003C/strong>, vend \u003Cstrong>Montpellier\u003C/strong> au roi de France pour \u003Cstrong>120 000 écus d’or\u003C/strong>. Le \u003Cstrong>19 mai\u003C/strong>, le chancelier \u003Cstrong>Firmin de Coquerel\u003C/strong> prend officiellement possession de la ville au nom de \u003Cstrong>Philippe VI\u003C/strong>. Cette acquisition renforce la présence capétienne dans le Midi et marque une nouvelle étape de l’extension territoriale du royaume.\u003C/p>\n\u003Cp>Dans le même temps, l’épidémie continue de ravager l’Europe du Nord et de l’Est. En \u003Cstrong>Norvège\u003C/strong>, la peste atteint \u003Cstrong>Bergen\u003C/strong> à l’été \u003Cstrong>1349\u003C/strong> et contribue à un très fort affaiblissement du royaume ; en \u003Cstrong>Pologne\u003C/strong> et dans les régions baltiques, elle progresse à partir de la fin de l’été et de l’automne. Ces développements rappellent que la crise démographique ouverte en \u003Cstrong>1348\u003C/strong> n’est nullement achevée et continue d’affecter les équilibres politiques, sociaux et économiques du continent.\u003C/p>\n\u003Cp>L’année \u003Cstrong>1349\u003C/strong> voit également un changement dynastique en \u003Cstrong>Navarre\u003C/strong>. Le \u003Cstrong>6 octobre\u003C/strong>, \u003Cstrong>Charles II\u003C/strong>, dit plus tard \u003Cstrong>Charles le Mauvais\u003C/strong>, devient roi. Son règne, appelé à durer jusqu’en \u003Cstrong>1387\u003C/strong>, pèsera lourdement sur les relations entre la Navarre, la France et l’Angleterre dans la seconde moitié du XIVe siècle.\u003C/p>\n\u003Cp>En \u003Cstrong>1350\u003C/strong>, le pouvoir royal tente de répondre aux désordres sociaux aggravés par les conséquences de la peste et de la guerre. Le \u003Cstrong>30 janvier\u003C/strong>, une ordonnance réprime plus sévèrement le \u003Cstrong>vagabondage\u003C/strong> et la \u003Cstrong>mendicité\u003C/strong>, signe de l’inquiétude croissante des autorités face à la mobilité des populations et à la désorganisation du marché du travail. Dans le même temps, la dynastie continue de préparer sa succession : le \u003Cstrong>9 février\u003C/strong>, \u003Cstrong>Jean de Normandie\u003C/strong>, futur \u003Cstrong>Jean II le Bon\u003C/strong>, épouse \u003Cstrong>Jeanne d’Auvergne\u003C/strong>, et le \u003Cstrong>8 avril\u003C/strong>, son fils aîné, le futur \u003Cstrong>Charles V\u003C/strong>, épouse \u003Cstrong>Jeanne de Bourbon\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>Le règne de \u003Cstrong>Philippe VI\u003C/strong> s’achève quelques mois plus tard. Le \u003Cstrong>22 août 1350\u003C/strong>, le roi meurt et son fils lui succède sous le nom de \u003Cstrong>Jean II le Bon\u003C/strong>. Ainsi se clôt le premier règne de la dynastie des \u003Cstrong>Valois\u003C/strong>, marqué à la fois par l’ouverture de la \u003Cstrong>guerre de Cent Ans\u003C/strong>, par de graves revers militaires, par la catastrophe de la \u003Cstrong>Peste noire\u003C/strong>, mais aussi par des acquisitions territoriales majeures comme le \u003Cstrong>Dauphiné\u003C/strong> et \u003Cstrong>Montpellier\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch2>🧠 À retenir\u003C/h2>\n\u003Cul>\n\u003Cli>\u003Cstrong>1328\u003C/strong> : les \u003Cstrong>Valois\u003C/strong> succèdent aux \u003Cstrong>Capétiens directs\u003C/strong> ; l’accession de \u003Cstrong>Philippe VI\u003C/strong> confirme l’exclusion des femmes et de leur descendance de la couronne de France.\u003C/li>\n\u003Cli>\u003Cstrong>1328\u003C/strong> : la victoire du \u003Cstrong>Mont-Cassel\u003C/strong> renforce l’autorité du nouveau roi en \u003Cstrong>Flandre\u003C/strong> et consolide le début du règne.\u003C/li>\n\u003Cli>\u003Cstrong>1329\u003C/strong> : \u003Cstrong>Édouard III\u003C/strong> rend hommage à \u003Cstrong>Philippe VI\u003C/strong> pour la \u003Cstrong>Guyenne\u003C/strong>, mais la rivalité franco-anglaise reste intacte.\u003C/li>\n\u003Cli>\u003Cstrong>1332–1334\u003C/strong> : l’affaire de \u003Cstrong>Robert III d’Artois\u003C/strong>, banni puis réfugié en Angleterre, contribue à envenimer les relations entre les deux couronnes.\u003C/li>\n\u003Cli>\u003Cstrong>1337\u003C/strong> : la crise dynastique, la question féodale de la \u003Cstrong>Guyenne\u003C/strong> et les rivalités en \u003Cstrong>Flandre\u003C/strong> débouchent sur le début de la \u003Cstrong>guerre de Cent Ans\u003C/strong>.\u003C/li>\n\u003Cli>\u003Cstrong>1340–1341\u003C/strong> : la guerre change d’échelle avec la \u003Cstrong>bataille de l’Écluse\u003C/strong> et l’ouverture de la \u003Cstrong>guerre de Succession de Bretagne\u003C/strong>, nouveau front entre Valois et Plantagenêts.\u003C/li>\n\u003Cli>\u003Cstrong>1346–1347\u003C/strong> : la défaite française de \u003Cstrong>Crécy\u003C/strong> puis la perte de \u003Cstrong>Calais\u003C/strong> marquent un tournant militaire majeur du règne.\u003C/li>\n\u003Cli>\u003Cstrong>1348–1351\u003C/strong> : la \u003Cstrong>Peste noire\u003C/strong> ravage le royaume et transforme la guerre en crise démographique, sociale et religieuse de grande ampleur.\u003C/li>\n\u003Cli>\u003Cstrong>1349\u003C/strong> : l’acquisition du \u003Cstrong>Dauphiné\u003C/strong> et de \u003Cstrong>Montpellier\u003C/strong> renforce le domaine royal malgré les difficultés du temps.\u003C/li>\n\u003Cli>\u003Cstrong>1350\u003C/strong> : la mort de \u003Cstrong>Philippe VI\u003C/strong> clôt le premier règne valois, entre affirmation dynastique, revers militaires et profondes transformations du royaume.\u003C/li>\n\u003C/ul>\n",[21,24,27,30,33,36,39,42,45,48,51,54,57,60,63,66,69,72,75],{"id":22,"title":23},"p5ch15z1","1316–1328 : régence, coutume successorale et sacre de Philippe VI",{"id":25,"title":26},"p5ch15z10","Politique d’expansion à l’est : axe rhodanien et influence culturelle",{"id":28,"title":29},"p5ch15z11","1332 : mariage de Jean le Bon et alliance de Fontainebleau",{"id":31,"title":32},"p5ch15z12","Vers la guerre : causes sociales et question écossaise (1332–1337)",{"id":34,"title":35},"p5ch15z13","1336–1338 : la course aux alliances et la “diplomatie du sterling”",{"id":37,"title":38},"p5ch15z14","1338–1339 : offensive en Aquitaine et siège de Bordeaux",{"id":40,"title":41},"p5ch15z15","1339–1341 : enlisement, finances et bascules en Guyenne",{"id":43,"title":44},"p5ch15z16","1341–1343 : guerre de Succession de Bretagne, un front de plus",{"id":46,"title":47},"p5ch15z17","1339–1349 : Montpellier, souveraineté et achat à Majorque",{"id":49,"title":50},"p5ch15z18","16 juillet 1349 : acquisition du Dauphiné et contrôle du Rhône",{"id":52,"title":53},"p5ch15z19","1349–1350 : fin de règne, recompositions et mort de Philippe VI",{"id":55,"title":56},"p5ch15z2","1328–1329 : hommage d’Édouard III, paix précaire",{"id":58,"title":59},"p5ch15z3","1337 : rupture diplomatique et début de la guerre",{"id":61,"title":62},"p5ch15z4","1340 : l’enjeu maritime et la bataille de l’Écluse",{"id":64,"title":65},"p5ch15z5","1346 : Crécy, un choc militaire",{"id":67,"title":68},"p5ch15z6","1347 : Calais, une base anglaise sur la Manche",{"id":70,"title":71},"p5ch15z7","1347–1351 : la grande peste et ses effets",{"id":73,"title":74},"p5ch15z8","Navarre, Champagne, Brie : négocier la succession (1328–1336)",{"id":76,"title":77},"p5ch15z9","1328 : Cassel, le “roi chevalier” et la légitimité en action","cover-p5ch15",true,false,"","1328 à 1350","Naissance des Valois, rupture de 1337, Crécy, Calais et peste noire (1328–1350). 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