[{"data":1,"prerenderedAt":238},["ShallowReactive",2],{"chapter:p5ch7:fr":3,"chapters:p5:fr":106},{"period":4,"chapter":16},{"id":5,"title":6,"titleEn":7,"titleEs":8,"coverArtworkId":9,"range":10,"rangeEn":10,"rangeEs":10,"cover":11},"p5","Le Moyen Âge classique","High Middle Ages","Plena Edad Media","hannibal-alpes","987 → 1453",{"fileName":12,"filePageUrl":13,"imageUrl":14,"sourceLabel":15},"Facade-notre-dame-paris-ciel-bleu.JPG","https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Facade-notre-dame-paris-ciel-bleu.JPG","/assets/p5-moyen-age-classique-cover.png","Wikimedia Commons",{"id":17,"title":18,"periodId":5,"html":19,"zooms":20,"thumbnailArtworkId":99,"hasEn":100,"isFallback":101,"coverFit":102,"coverPosition":102,"chronicle":103,"realm":102,"seoDescription":104,"thumbnailUrl":105},"p5ch7","Philippe II Auguste : l’affirmation capétienne (1180–1223)","\u003Cp>Philippe naît en \u003Cstrong>1165\u003C/strong>. La naissance est célébrée comme un événement providentiel : Louis VII attend depuis des décennies un héritier, et l’enfant reçoit le surnom de \u003Cstrong>“Dieudonné”\u003C/strong>. Élevé dans un entourage où comptent les réseaux de \u003Cstrong>Champagne\u003C/strong> et bientôt de \u003Cstrong>Flandre\u003C/strong>, il grandit dans un monde où la politique se joue par alliances, par fidélités et par sacre.\u003C/p>\n\u003Cp>\u003Cimg src=\"https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/0/07/Naissance_Philippe_II.jpg\" alt=\"Philippe &quot;Dieudonné&quot;\" class=\"kb-img-contain\">\n\u003Cem>Philippe “Dieudonné” offert par le Ciel à ses parents: Grandes Chroniques de France . Bibliothèque Sainte-Geneviève, Ms. 782, fol. 280. via Wikimedia Commons.\u003C/em>\u003C/p>\n\u003Cp>🔍 \u003Cstrong>\u003Ca href=\"/zoom/p5ch7z7\">Zoom – 1165–1180 : “Dieudonné”, sacre anticipé et entrée dans le pouvoir\u003C/a>\u003C/strong>\u003C/p>\n\u003Cp>En \u003Cstrong>1179\u003C/strong>, Louis VII fait sacrer son fils par anticipation, puis lui laisse de plus en plus le gouvernement. En \u003Cstrong>1180\u003C/strong>, à la mort de Louis VII, Philippe devient pleinement roi, à \u003Cstrong>quinze ans\u003C/strong> : il hérite d’une monarchie capétienne désormais solide, mais d’un défi immense, l’\u003Cstrong>Empire Plantagenêt\u003C/strong> (Angleterre, Normandie, Anjou, Aquitaine), qui domine l’équilibre de l’Occident.\u003C/p>\n\u003Cp>\u003Cimg src=\"https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/a/a6/Map_France_1180-fr.svg\" alt=\"Carte de France en 1180\" class=\"kb-img-contain\">\n\u003Cem>Carte de France en 1180 : Zigeuner, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons\u003C/em>\u003C/p>\n\u003Cp>Le règne de Philippe Auguste est celui d’un changement d’échelle : le roi ne se contente plus de survivre ou de pacifier son domaine. Il \u003Cstrong>attaque\u003C/strong>, il \u003Cstrong>conquiert\u003C/strong>, et il transforme la monarchie en puissance durable.\u003C/p>\n\u003Cp>🔍 \u003Cstrong>\u003Ca href=\"/zoom/p5ch7z1\">Zoom – 1180 : avènement, premières manœuvres et priorités\u003C/a>\u003C/strong>\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch2>I. ♟️ 1180–1189 — Gouverner par l’équilibre : isoler les Plantagenêts\u003C/h2>\n\u003Cp>Au début de son règne, \u003Cstrong>Philippe II Auguste\u003C/strong> ne dispose pas encore des moyens nécessaires pour affronter directement les grandes principautés. Il adopte donc une stratégie prudente et efficace, héritée mais systématisée : \u003Cstrong>diviser ses adversaires, exploiter les rivalités et renforcer progressivement le domaine royal\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>Cette politique combine action diplomatique, interventions militaires ciblées et réorganisation interne du pouvoir.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>🧩 Un nœud de rivalités : Flandre, Champagne et coalitions\u003C/h3>\n\u003Cp>Au début du règne de \u003Cstrong>Philippe II Auguste\u003C/strong>, la situation politique du nord du royaume est dominée par la puissance du comte de Flandre, \u003Cstrong>Philippe d’Alsace\u003C/strong>, dont les possessions et les alliances s’étendent au-delà des frontières du royaume de France, notamment vers l’Empire.\u003C/p>\n\u003Cp>Le comte de Flandre exerce alors une influence importante sur plusieurs territoires stratégiques, en particulier le \u003Cstrong>Vermandois\u003C/strong>, dont la succession est disputée à la mort du comte \u003Cstrong>Raoul II\u003C/strong> (1167). Philippe d’Alsace, proche parent du défunt, revendique une partie de l’héritage, en concurrence avec les droits de la couronne capétienne.\u003C/p>\n\u003Cp>Autour du comte de Flandre se constitue un ensemble d’alliances comprenant :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>le landgrave de \u003Cstrong>Brabant\u003C/strong>, \u003Cstrong>Godefroy III de Louvain\u003C/strong>\u003C/li>\n\u003Cli>l’archevêque de \u003Cstrong>Cologne\u003C/strong>, \u003Cstrong>Philippe de Heinsberg\u003C/strong>\u003C/li>\n\u003Cli>plusieurs princes et seigneurs des marges septentrionales du royaume\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>Cette configuration place le roi de France dans une position délicate, face à une coalition capable d’intervenir à la fois dans le royaume et dans l’espace impérial.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>⚔️ 1181–1185 : conflit féodal et luttes d’influence\u003C/h3>\n\u003Cp>Le conflit entre Philippe Auguste et Philippe d’Alsace se développe à partir de \u003Cstrong>1181\u003C/strong>, dans le cadre d’une série d’affrontements féodaux portant sur :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>les droits de succession dans le Vermandois\u003C/li>\n\u003Cli>le contrôle de certaines places fortes\u003C/li>\n\u003Cli>l’influence politique sur les principautés du nord\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>Les opérations militaires restent limitées et prennent la forme de :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>campagnes locales\u003C/li>\n\u003Cli>sièges de châteaux\u003C/li>\n\u003Cli>destructions ponctuelles de fortifications\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>Aucune bataille décisive n’est livrée, mais les hostilités sont continues.\u003C/p>\n\u003Cp>Parallèlement, le roi mène une action diplomatique visant à isoler le comte de Flandre. Il s’appuie notamment sur son mariage avec \u003Cstrong>Isabelle de Hainaut\u003C/strong> (1180), qui lui apporte des droits sur l’\u003Cstrong>Artois\u003C/strong>, renforçant sa légitimité dans la région.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>⚖️ 1185 : traité de Boves\u003C/h3>\n\u003Cp>Le conflit s’achève par le \u003Cstrong>traité de Boves\u003C/strong>, conclu en \u003Cstrong>juillet 1185\u003C/strong>, qui fixe un compromis entre les deux parties.\u003C/p>\n\u003Cp>Les principales dispositions du traité sont les suivantes :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>\n\u003Cp>le \u003Cstrong>Vermandois\u003C/strong> est partagé :\u003Cbr>\nune partie revient au roi de France, l’autre est maintenue sous l’influence du comte de Flandre\u003C/p>\n\u003C/li>\n\u003Cli>\n\u003Cp>l’\u003Cstrong>Amiénois\u003C/strong> passe sous contrôle capétien, consolidant la continuité territoriale du domaine royal vers le nord\u003C/p>\n\u003C/li>\n\u003Cli>\n\u003Cp>l’\u003Cstrong>Artois\u003C/strong>, lié à la dot d’Isabelle de Hainaut, est confirmé dans la sphère d’influence royale\u003C/p>\n\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>Le comte de Flandre conserve ses positions principales, mais doit reconnaître l’extension de l’autorité capétienne.\u003C/p>\n\u003Cp>Le traité de Boves marque une étape importante dans l’extension du domaine royal vers le nord et dans la réduction de l’influence des grands princes territoriaux.\u003C/p>\n\u003Cp>Sans constituer une victoire militaire décisive, il traduit un \u003Cstrong>rééquilibrage progressif des rapports de force\u003C/strong> au profit de la monarchie capétienne.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Cp>🔍 \u003Cstrong>\u003Ca href=\"/zoom/p5ch7z8\">Zoom – 1185 : Boves et la rivalité flamande\u003C/a>\u003C/strong>\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>🏛️ 1182–1185 : finances, administration et encadrement du domaine\u003C/h3>\n\u003Cp>Parallèlement à ces conflits, Philippe Auguste entreprend de \u003Cstrong>réorganiser le fonctionnement du pouvoir royal\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>En \u003Cstrong>1182\u003C/strong>, il décide l’\u003Cstrong>expulsion des communautés juives du domaine royal\u003C/strong>, accompagnée de la confiscation de leurs biens. Cette mesure, présentée comme religieuse, répond aussi à une logique financière : elle permet de \u003Cstrong>renflouer rapidement le trésor royal\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>Dans le même temps, le roi engage des réformes structurelles :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>en \u003Cstrong>1184\u003C/strong>, création du corps des \u003Cstrong>baillis\u003C/strong>, agents itinérants chargés de représenter l’autorité royale dans le domaine\u003C/li>\n\u003Cli>amélioration de la gestion territoriale et judiciaire\u003C/li>\n\u003Cli>affirmation du contrôle direct du roi sur ses terres\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>Ces innovations marquent une étape essentielle :\u003Cbr>\nla monarchie capétienne commence à se doter d’\u003Cstrong>instruments administratifs permanents\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>Le roi agit aussi sur l’espace :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>début du \u003Cstrong>pavage des rues de Paris\u003C/strong> (vers 1185)\u003C/li>\n\u003Cli>sécurisation des routes et des échanges\u003C/li>\n\u003Cli>consolidation du domaine par acquisitions (ex. \u003Cstrong>Montargis\u003C/strong>)\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>\u003Cimg src=\"https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/6/67/Le_pavage_des_rues_de_Paris.png\" alt=\"Le pavage des rues de Paris\" class=\"kb-img-contain\">\n\u003Cem>Philippe Auguste donne l’ordre de paver les rues de Paris: Bernard Gui, Bibliothèque municipale de Besançon, Public domain, via Wikimedia Commons\u003C/em>\u003C/p>\n\u003Cp>Enfin, il renforce l’ordre intérieur :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>en \u003Cstrong>1183\u003C/strong>, des bandes de mercenaires (Brabançons) sont écrasées près de \u003Cstrong>Châteaudun\u003C/strong>\u003C/li>\n\u003Cli>lutte contre l’insécurité chronique liée aux routiers\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>Le roi apparaît ici comme un \u003Cstrong>organisateur du territoire et garant de l’ordre public\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>🔍 \u003Cstrong>\u003Ca href=\"/zoom/p5ch7z11\">Zoom – 1184 : baillis et naissance d’un État capétien\u003C/a>\u003C/strong>\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>🌍 Les Plantagenêts : le rival structurel\u003C/h3>\n\u003Cp>L’adversaire principal de Philippe Auguste reste l’\u003Cstrong>Empire Plantagenêt\u003C/strong>, dirigé par \u003Cstrong>Henri II\u003C/strong>, dont les possessions s’étendent de l’Angleterre à l’Aquitaine. Cet ensemble territorial, sans équivalent en Europe occidentale, place le roi de France dans une position de relative infériorité au début de son règne.\u003C/p>\n\u003Cp>Face à cette puissance, Philippe adopte une stratégie indirecte fondée sur les mécanismes féodaux et les divisions internes de la dynastie :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>exploitation des rivalités entre les fils d’Henri II\u003C/li>\n\u003Cli>rapprochement avec \u003Cstrong>Richard Cœur de Lion\u003C/strong>, en opposition avec son père\u003C/li>\n\u003Cli>surveillance des ambitions de \u003Cstrong>Jean sans Terre\u003C/strong>\u003C/li>\n\u003Cli>interventions ponctuelles dans les marges (Berry, Vexin)\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>⚔️ 1188 : Gisors et la rupture symbolique\u003C/h3>\n\u003Cp>En \u003Cstrong>janvier 1188\u003C/strong>, plusieurs assemblées se tiennent entre \u003Cstrong>Gisors\u003C/strong> et \u003Cstrong>Trie-Château\u003C/strong>, dans le Vexin, zone frontalière entre le domaine capétien et la Normandie plantagenête.\u003C/p>\n\u003Cp>Sous la pression de la chute de \u003Cstrong>Jérusalem (1187)\u003C/strong> et de l’appel à la \u003Cstrong>troisième croisade\u003C/strong>, Philippe Auguste et Henri II s’engagent officiellement à prendre la croix, aux côtés de nombreux princes.\u003C/p>\n\u003Cp>Cependant, ces rencontres ne parviennent pas à apaiser les tensions.\u003C/p>\n\u003Cp>Un incident célèbre, connu sous le nom de \u003Cstrong>“coupe de l’orme de Gisors”\u003C/strong>, marque la dégradation définitive des relations entre les deux souverains.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>🌳 L’orme de Gisors : un symbole féodal\u003C/h3>\n\u003Cp>\u003Cimg src=\"https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/5/57/Cutting_of_the_elm_in_Gisors%2C_1188_%28engraving%29.png\" alt=\"coupe de l’orme de Gisors\" class=\"kb-img-contain\">\n\u003Cem>coupe de l’orme de Gisors: Henri Félix Emmanuel Philippoteaux, Public domain, via Wikimedia Commons\u003C/em>\u003C/p>\n\u003Cp>À proximité de Gisors se trouvait un grand orme, utilisé comme lieu traditionnel de rencontre entre les rois de France et d’Angleterre. Cet arbre symbolisait :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>un espace neutre de négociation\u003C/li>\n\u003Cli>l’équilibre féodal entre les deux puissances\u003C/li>\n\u003Cli>la reconnaissance mutuelle de leur statut\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>Selon les chroniques, lors d’une entrevue en \u003Cstrong>août 1188\u003C/strong>, un différend éclate entre les deux camps. Les Français, exposés au soleil tandis que les Anglais se tiennent à l’ombre de l’arbre, protestent.\u003C/p>\n\u003Cp>À la suite de l’incident, \u003Cstrong>Philippe Auguste ordonne de faire abattre l’orme\u003C/strong>.\nLa destruction de l’arbre dépasse largement l’anecdote :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>elle met fin à un lieu symbolique de dialogue entre les deux monarchies\u003C/li>\n\u003Cli>elle marque une rupture dans les usages diplomatiques traditionnels\u003C/li>\n\u003Cli>elle exprime la volonté du roi de France de ne plus reconnaître une relation d’égalité implicite avec le roi d’Angleterre\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>Cet épisode est souvent interprété comme un \u003Cstrong>geste politique délibéré\u003C/strong>, affirmant la montée en puissance de la monarchie capétienne.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>⚔️ 1187–1189 : guerre ouverte et affaiblissement d’Henri II\u003C/h3>\n\u003Cp>La situation bascule à partir de \u003Cstrong>1187\u003C/strong>, dans un contexte de double crise :\u003Cbr>\nà l’extérieur, la chute de \u003Cstrong>Jérusalem\u003C/strong> face à Saladin bouleverse l’Occident ; à l’intérieur, l’Empire Plantagenêt est fragilisé par les tensions entre Henri II et ses fils.\u003C/p>\n\u003Cp>Philippe Auguste exploite cette conjoncture favorable pour engager une offensive contre les positions anglaises en France.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>⚔️ 1187–1188 : offensive en Berry et pression territoriale\u003C/h3>\n\u003Cp>Dès \u003Cstrong>1187\u003C/strong>, le roi de France intervient dans le \u003Cstrong>Berry\u003C/strong>, région stratégique située entre le domaine capétien et les possessions plantagenêtes.\u003C/p>\n\u003Cp>Il mène une campagne méthodique :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>prise d’\u003Cstrong>Issoudun\u003C/strong>\u003C/li>\n\u003Cli>occupation de \u003Cstrong>Graçay\u003C/strong>\u003C/li>\n\u003Cli>siège de \u003Cstrong>Châteauroux\u003C/strong>\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>Ces opérations visent à :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>affaiblir le contrôle plantagenêt dans le centre du royaume\u003C/li>\n\u003Cli>sécuriser les marges du domaine royal\u003C/li>\n\u003Cli>tester la capacité de réaction d’Henri II\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>Une trêve est momentanément négociée sous l’influence des légats pontificaux, mais elle ne suspend que temporairement les tensions.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>⚔️ 1188–1189 : alliance avec Richard et reprise de la guerre\u003C/h3>\n\u003Cp>À partir de \u003Cstrong>1188\u003C/strong>, la situation évolue rapidement.\u003Cbr>\nPhilippe Auguste se rapproche de Richard, en conflit ouvert avec son père.\u003C/p>\n\u003Cp>Cette alliance est décisive : elle transforme un conflit frontal en \u003Cstrong>guerre dynastique interne\u003C/strong> à l’Empire Plantagenêt, dans laquelle le roi de France joue un rôle d’arbitre et de soutien actif.\u003C/p>\n\u003Cp>Les opérations militaires menées conjointement par Philippe et Richard sont rapides et efficaces.\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>\u003Cstrong>juin 1189\u003C/strong> : prise du \u003Cstrong>Mans\u003C/strong>, résidence importante d’Henri II\u003Cbr>\n→ la ville est incendiée lors de la retraite du roi anglais\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>\u003Cimg src=\"https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/d/de/Si%C3%A8ge_du_Mans_par_Philippe_Auguste_-_Lyon%2C_BM%2C_Ms_880.jpg\" alt=\"Siège de Mans par Philippe Auguste\" class=\"kb-img-contain\">\n\u003Cem>Siège du Mans par Philippe Auguste. Grandes chroniques de France. Lyon - Wikimedia Commons\u003C/em>\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>\n\u003Cp>progression vers la \u003Cstrong>Touraine\u003C/strong>, cœur des possessions plantagenêtes\u003C/p>\n\u003C/li>\n\u003Cli>\n\u003Cp>\u003Cstrong>juillet 1189\u003C/strong> : prise de \u003Cstrong>Tours\u003C/strong>, centre politique et stratégique majeur\u003C/p>\n\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>Dans le même temps :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>plusieurs seigneurs du \u003Cstrong>Poitou\u003C/strong> et de \u003Cstrong>Bretagne\u003C/strong> font défection\u003C/li>\n\u003Cli>l’autorité d’Henri II s’effondre progressivement\u003C/li>\n\u003Cli>l’armée royale anglaise se disloque\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>Henri II, déjà affaibli par la maladie, se retrouve \u003Cstrong>militairement débordé et politiquement isolé\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>⚖️ Juillet 1189 : le traité d’Azay-le-Rideau\u003C/h3>\n\u003Cp>Contraint de négocier, Henri II accepte les conditions imposées par Philippe Auguste.\u003C/p>\n\u003Cp>Le \u003Cstrong>traité d’Azay-le-Rideau (ou traité de la Colombière)\u003C/strong> marque une défaite majeure pour le roi d’Angleterre :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>reconnaissance officielle de Richard comme héritier\u003C/li>\n\u003Cli>hommage rendu au roi de France\u003C/li>\n\u003Cli>paiement d’une forte indemnité (environ 20 000 marcs d’argent)\u003C/li>\n\u003Cli>restitution ou concession de plusieurs positions stratégiques\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>Ce traité consacre la perte d’autorité d’Henri II sur son propre empire.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>⚰️ 6 juillet 1189 : mort d’Henri II\u003C/h3>\n\u003Cp>Quelques jours après la signature du traité, \u003Cstrong>Henri II\u003C/strong> meurt à \u003Cstrong>Chinon\u003C/strong> le \u003Cstrong>6 juillet 1189\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>Selon les chroniqueurs, il apprend avant sa mort que son plus jeune fils, Jean sans Terre, a lui aussi rejoint le camp adverse, ce qui symbolise l’effondrement complet de son pouvoir familial et politique.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>✝️ 1187–1189 : la croisade en arrière-plan\u003C/h3>\n\u003Cp>Dans ce contexte de guerre ouverte entre Capétiens et Plantagenêts, les événements d’Orient viennent profondément modifier les équilibres politiques européens. La prise de Jérusalem en \u003Cstrong>1187\u003C/strong>, consécutive à la défaite des armées chrétiennes lors de la bataille de Hattin, provoque un choc majeur dans l’Occident latin.\u003C/p>\n\u003Cp>\u003Cimg src=\"https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/5/5d/Gustave_Dor%C3%A9-_Battle_of_Hattin.jpg\" alt=\"La bataille de Hattin\" class=\"kb-img-contain\">\n\u003Cem>La bataille de Hattin: Gustave Doré, Public domain, via Wikimedia Commons\u003C/em>\u003C/p>\n\u003Cp>La ville sainte, tenue par les Latins depuis la Première croisade (1096–1099), tombe aux mains du sultan ayyoubide Saladin. L’événement suscite une mobilisation religieuse et politique d’une ampleur exceptionnelle, dépassant les rivalités locales.\u003C/p>\n\u003Cp>Face à cette situation, le pape Grégoire VIII lance un appel solennel à la croisade par la bulle \u003Cem>Audita tremendi\u003C/em> (1187), rapidement relayé par Clément III. Cet appel donne naissance à la troisième croisade (1189–1192), qui engage plusieurs souverains majeurs d’Europe occidentale.\u003C/p>\n\u003Cp>\u003Cimg src=\"https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/4/4c/Philippe_Auguste_messagers.jpg\" alt=\"Philippe Auguste recevant des messagers du pape l'appelant à la croisade\" class=\"kb-img-contain\">\n\u003Cem>Philippe Auguste recevant des messagers du pape l’appelant à la croisade: Grandes Chroniques de France, XIVe siècle. Paris, Bibliothèque nationale de France, via Wikimedia Commons\u003C/em>\u003C/p>\n\u003Cp>Pour Philippe Auguste, cette croisade intervient à un moment stratégique. Alors qu’il est engagé dans une guerre décisive contre Henri II, puis dans l’effondrement progressif de l’Empire Plantagenêt, la perspective d’un départ en Terre sainte impose une reconfiguration temporaire des priorités.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>💰 La dîme saladine et la mobilisation des royaumes\u003C/h3>\n\u003Cp>Afin de financer l’expédition, une taxe exceptionnelle est instaurée en \u003Cstrong>1188\u003C/strong> : la \u003Cstrong>dîme saladine\u003C/strong>. Prélevée sur les revenus et les biens mobiliers, elle constitue l’un des premiers impôts d’ampleur quasi générale en Occident.\u003C/p>\n\u003Cp>Cette mesure s’accompagne d’une organisation logistique importante :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>levée de contingents militaires\u003C/li>\n\u003Cli>préparation de flottes pour le transport vers l’Orient\u003C/li>\n\u003Cli>accumulation de ressources financières et matérielles\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>Pour le roi de France, ces préparatifs s’inscrivent dans la continuité des réformes administratives engagées depuis le début du règne : la capacité à lever l’impôt et à organiser le territoire devient un levier essentiel de puissance.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>⚔️ 1189 : entre victoire en Occident et départ vers l’Orient\u003C/h3>\n\u003Cp>L’année \u003Cstrong>1189\u003C/strong> marque un tournant. Après la victoire politique et militaire sur Henri II, puis son décès en juillet, Philippe Auguste se trouve en position de force face à son nouveau rival, Richard Cœur de Lion.\u003C/p>\n\u003Cp>Cependant, l’engagement pris pour la croisade impose une suspension des hostilités.\u003C/p>\n\u003Cp>Une trêve est conclue entre Philippe et Richard par le \u003Cstrong>traité de Nonancourt (1189)\u003C/strong> :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>arrêt temporaire des opérations militaires\u003C/li>\n\u003Cli>reconnaissance d’un statu quo en attendant le départ\u003C/li>\n\u003Cli>organisation du voyage vers la Terre sainte\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>Cet accord ne met pas fin à la rivalité entre les deux souverains, mais la \u003Cstrong>met en suspens\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>⚖️ Une parenthèse dans la lutte capétienne\u003C/h3>\n\u003Cp>La préparation de la troisième croisade ouvre ainsi une période particulière dans le règne de Philippe Auguste.\u003C/p>\n\u003Cp>Au moment même où la monarchie capétienne commence à prendre l’avantage sur les Plantagenêts, le roi accepte de détourner une partie de ses ressources vers une entreprise extérieure.\u003C/p>\n\u003Cp>Cette situation révèle une double logique :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>\u003Cstrong>logique religieuse\u003C/strong>, liée à l’idéal de croisade et à la pression de la chrétienté\u003C/li>\n\u003Cli>\u003Cstrong>logique politique\u003C/strong>, où la croisade devient un instrument de prestige et de légitimation\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>La trêve de 1189 ne constitue donc pas une paix durable, mais une \u003Cstrong>pause stratégique\u003C/strong> dans un affrontement appelé à reprendre dès le retour des souverains d’Orient.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch2>II. ✝️ 1190–1192 — La Troisième croisade : prestige et absence\u003C/h2>\n\u003Cp>En \u003Cstrong>1190\u003C/strong>, Philippe II Auguste s’engage pleinement dans la \u003Cstrong>Troisième croisade\u003C/strong>, dans un contexte où se mêlent enjeux religieux, politiques et dynastiques. L’expédition constitue à la fois une affirmation du prestige royal et une prise de risque majeure : quitter le royaume, c’est suspendre l’action directe du pouvoir capétien au moment même où celui-ci commence à s’imposer face aux Plantagenêts.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>⚰️ Mars 1190 : deuil royal et consolidation territoriale\u003C/h3>\n\u003Cp>Le \u003Cstrong>15 mars 1190\u003C/strong>, la reine \u003Cstrong>Isabelle de Hainaut\u003C/strong> meurt en couches, après avoir donné plusieurs enfants au roi, dont le futur \u003Cstrong>Louis VIII\u003C/strong>, père de \u003Cstrong>Saint Louis\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>Cette disparition a des conséquences politiques importantes :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>l’\u003Cstrong>Artois\u003C/strong>, apporté en dot par la reine, est définitivement intégré au domaine royal\u003C/li>\n\u003Cli>la continuité dynastique est assurée par la naissance d’un héritier\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>Malgré ce deuil, Philippe poursuit ses préparatifs de départ.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>⚖️ Juin–juillet 1190 : organisation du départ\u003C/h3>\n\u003Cp>Le \u003Cstrong>24 juin 1190\u003C/strong>, Philippe Auguste prend solennellement l’\u003Cstrong>oriflamme\u003C/strong> à \u003Cstrong>Saint-Denis\u003C/strong>, symbole de l’engagement du roi dans une guerre sacrée.\u003C/p>\n\u003Cp>Avant de quitter le royaume, il met en place un dispositif de gouvernement :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>rédaction de l’\u003Cstrong>ordonnance-testament de 1190\u003C/strong>, qui organise la régence\u003C/li>\n\u003Cli>désignation de responsables chargés d’assurer la continuité du pouvoir\u003C/li>\n\u003Cli>encadrement administratif pour éviter les troubles en son absence\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>Le \u003Cstrong>4 juillet 1190\u003C/strong>, Philippe part de \u003Cstrong>Vézelay\u003C/strong>, en même temps que \u003Cstrong>Richard Cœur de Lion\u003C/strong>, marquant le début de l’expédition.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>⚓ 1190–1191 : la rivalité franco-anglaise en Méditerranée\u003C/h3>\n\u003Cp>\u003Cimg src=\"https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/a/a1/Philippe_Auguste_et_Richard_IIIe_croisade.jpg\" alt=\"Philippe Auguste et Richard III se rencontre lors de croisade\" class=\"kb-img-contain\">\n\u003Cem>Philippe Auguste et Richard III se rencontre lors de croisade: Les Histoires d’Outremer. Manuscrit sur parchemin, Via Wikimedia commons\u003C/em>\u003C/p>\n\u003Cp>Le voyage vers l’Orient révèle rapidement les tensions entre les deux souverains.\u003C/p>\n\u003Cp>Après avoir quitté Vézelay, les armées croisées rejoignent la Méditerranée par \u003Cstrong>Gênes\u003C/strong> et \u003Cstrong>Marseille\u003C/strong>, avant d’hiverner en \u003Cstrong>Sicile\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>\u003Cstrong>16 septembre 1190\u003C/strong> : arrivée de Philippe Auguste à \u003Cstrong>Messine\u003C/strong>\u003C/li>\n\u003Cli>\u003Cstrong>23 septembre\u003C/strong> : arrivée de Richard\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>Les relations se dégradent rapidement :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>Richard refuse d’épouser \u003Cstrong>Alix de France\u003C/strong>, sœur de Philippe\u003C/li>\n\u003Cli>il s’impose militairement en Sicile, notamment lors de la prise et du pillage de \u003Cstrong>Messine (octobre 1190)\u003C/strong>\u003C/li>\n\u003Cli>des désaccords apparaissent sur les alliances locales, notamment avec \u003Cstrong>Tancrède de Lecce\u003C/strong>, roi de Sicile\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>Malgré la médiation de Philippe, un compromis est trouvé, mais la méfiance entre les deux rois s’installe durablement.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>⚔️ 1191 : Acre, cœur militaire de la croisade\u003C/h3>\n\u003Cul>\n\u003Cli>\u003Cstrong>20 avril 1191\u003C/strong> : Philippe Auguste arrive devant \u003Cstrong>Acre\u003C/strong>, assiégée par les croisés\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>\u003Cimg src=\"https://commons.wikimedia.org/wiki/Special:FilePath/Philippe_Auguste_arrivant_en_Palestine.jpg\" alt=\"Philippe Auguste arrivant en Palestine\" class=\"kb-img-contain\">\n\u003Cem>Philippe Auguste arrivant en Palestine (siège d’Acre), Grandes Chroniques de France, via Wikimedia Commons\u003C/em>\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>Richard, retardé, conquiert \u003Cstrong>Chypre\u003C/strong> en mai 1191, qui devient une base logistique essentielle\u003C/li>\n\u003Cli>\u003Cstrong>12 juillet 1191\u003C/strong> : prise d’\u003Cstrong>Acre\u003C/strong>, victoire majeure des croisés\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>\u003Ca class=\"kb-art-link\" href=\"/art/acre-1191-philippe-auguste\" data-art-id=\"acre-1191-philippe-auguste\">\u003Cimg src=\"https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/0/03/Ptolemais_%28Acre%29_given_to_Philip_Augustus_1191.png\" alt=\"La soumission d'Acre au Philippe Augueste\" class=\"kb-img-contain\" >\u003Cspan class=\"kb-art-badge\" aria-hidden=\"true\">\u003Ci class=\"pi pi-image\">\u003C/i>\u003C/span>\u003C/a>\n\u003Cem>La soumission d’Acre au Philippe Augueste: Merry-Joseph Blondel, Public domain, via Wikimedia Commons\u003C/em>\u003C/p>\n\u003Cp>La coopération militaire entre Philippe et Richard est réelle, mais les tensions politiques persistent :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>rivalités de commandement\u003C/li>\n\u003Cli>désaccords sur la gestion des territoires conquis\u003C/li>\n\u003Cli>divergences stratégiques\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>L’exécution de prisonniers musulmans par Richard en août 1191 accentue également les divisions et marque la brutalité du conflit.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>🚢 Août 1191 : le départ anticipé de Philippe Auguste\u003C/h3>\n\u003Cp>À peine la prise d’\u003Cstrong>Acre (12 juillet 1191)\u003C/strong> assurée, Philippe II Auguste choisit de mettre un terme à sa participation directe à la croisade. Cette décision intervient dans un contexte où se combinent facteurs personnels, contraintes politiques et calcul stratégique.\u003C/p>\n\u003Cp>Affaibli par la maladie — probablement une forme de dysenterie contractée durant le siège — le roi est physiquement diminué. Mais au-delà de cet élément, son départ s’explique surtout par les enjeux européens : l’absence prolongée du souverain fait peser un risque sur la stabilité du domaine royal, alors que la rivalité avec les Plantagenêts reste au cœur de sa politique.\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>\u003Cstrong>3 août 1191\u003C/strong> : Philippe quitte la Terre sainte\u003C/li>\n\u003Cli>il confie la poursuite des opérations au \u003Cstrong>duc de Bourgogne\u003C/strong>, représentant des intérêts français au sein de l’armée croisée\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>Ce départ, critiqué par certains contemporains, ne signifie pas un désengagement total : Philippe maintient une présence indirecte et conserve le prestige lié à la prise d’Acre.\u003C/p>\n\u003Cp>Philippe regagne le royaume à la fin de l’année le \u003Cstrong>27 décembre 1191\u003C/strong> à \u003Cstrong>Paris\u003C/strong>\u003C/p>\n\u003Cp>Le retour anticipé de Philippe traduit une hiérarchisation claire de ses priorités. Contrairement à Richard Cœur de Lion, qui poursuit la croisade, le roi de France considère que l’essentiel de son action doit se jouer en Occident.\u003C/p>\n\u003Cp>Plusieurs éléments motivent ce choix :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>la nécessité de \u003Cstrong>préserver les acquis territoriaux récents\u003C/strong> face aux ambitions plantagenêtes\u003C/li>\n\u003Cli>la volonté d’\u003Cstrong>exploiter la fragilité politique de Richard\u003C/strong>, encore engagé en Orient\u003C/li>\n\u003Cli>le risque de voir se développer des troubles ou des contestations en son absence\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>La croisade apparaît ainsi comme un épisode important, mais secondaire dans une stratégie globale centrée sur le renforcement du pouvoir capétien.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>⚔️ 1192–1193 : la capture de Richard Cœur de Lion\u003C/h3>\n\u003Cp>Pendant que Philippe agit en Occident, \u003Cstrong>Richard Cœur de Lion\u003C/strong> poursuit la croisade jusqu’en \u003Cstrong>1192\u003C/strong>, avant de quitter la Terre sainte après la trêve conclue avec Saladin.\u003C/p>\n\u003Cp>Son retour en Europe marque un tournant inattendu.\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>\u003Cstrong>décembre 1192\u003C/strong> : Richard est capturé près de \u003Cstrong>Vienne\u003C/strong> par le duc \u003Cstrong>Léopold V d’Autriche\u003C/strong>\u003C/li>\n\u003Cli>il est ensuite remis à l’empereur \u003Cstrong>Henri VI\u003C/strong>\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>Cette capture place le roi d’Angleterre dans une situation de grande vulnérabilité. Une lourde rançon est exigée pour sa libération, immobilisant durablement le pouvoir anglais.\u003C/p>\n\u003Cp>Philippe Auguste exploite immédiatement cette situation :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>intensification des contacts avec \u003Cstrong>Jean sans Terre\u003C/strong>, qui cherche à s’emparer du pouvoir\u003C/li>\n\u003Cli>tentatives de démantèlement des possessions continentales des Plantagenêts\u003C/li>\n\u003Cli>actions diplomatiques visant à empêcher le retour rapide de Richard\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>Selon certaines sources, Philippe aurait même encouragé le maintien en captivité de son rival afin de prolonger son avantage stratégique.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch2>III. 🧩 1191–1193 — Nord du royaume : succession flamande et sécurité dynastique\u003C/h2>\n\u003Cp>Le retour de croisade de Philippe II Auguste en \u003Cstrong>1191\u003C/strong> rouvre immédiatement un dossier majeur : celui de la \u003Cstrong>succession de Flandre\u003C/strong>, consécutive à la mort du comte \u003Cstrong>Philippe d’Alsace\u003C/strong> survenue la même année lors de la croisade.\u003C/p>\n\u003Cp>La Flandre constitue alors un espace stratégique de premier ordre :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>région riche et urbanisée\u003C/li>\n\u003Cli>carrefour commercial entre le royaume de France, l’Empire et les espaces maritimes du nord\u003C/li>\n\u003Cli>zone d’influence disputée entre Capétiens et princes liés à l’Empire\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>La disparition du comte sans héritier direct ouvre une crise successorale susceptible de provoquer un conflit régional majeur.\u003C/p>\n\u003Cp>Plusieurs prétendants revendiquent l’héritage flamand, au premier rang desquels \u003Cstrong>Baudouin V de Hainaut\u003C/strong>, parent du défunt et déjà solidement implanté dans la région.\u003C/p>\n\u003Cp>Philippe Auguste intervient avec prudence dans ce dossier sensible. Son objectif est double :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>\u003Cstrong>éviter la formation d’une coalition hostile\u003C/strong> associant Flandre, Empire et principautés du nord\u003C/li>\n\u003Cli>\u003Cstrong>tirer profit de la situation pour renforcer le domaine royal\u003C/strong>\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>Un compromis est finalement trouvé :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>\u003Cstrong>Baudouin de Hainaut\u003C/strong> est reconnu comme comte de Flandre\u003C/li>\n\u003Cli>il accepte de verser une \u003Cstrong>importante compensation financière\u003C/strong> au roi de France\u003C/li>\n\u003Cli>il reconnaît, au moins formellement, la prééminence capétienne\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>Cet accord permet de stabiliser la région sans engager un conflit ouvert, tout en assurant un bénéfice politique et financier à la monarchie.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>🗺️ Renforcement territorial dans le nord\u003C/h3>\n\u003Cp>Parallèlement au règlement de la succession, Philippe consolide méthodiquement ses positions territoriales.\u003C/p>\n\u003Cp>Plusieurs évolutions majeures interviennent :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>le \u003Cstrong>Vermandois\u003C/strong> est définitivement rattaché à la couronne (1191), après une longue période de partage et de rivalité\u003C/li>\n\u003Cli>le \u003Cstrong>Valois\u003C/strong> est promis à un retour progressif dans le domaine royal\u003C/li>\n\u003Cli>le roi obtient des places stratégiques comme \u003Cstrong>Péronne\u003C/strong>, renforçant son contrôle militaire sur la région\u003C/li>\n\u003Cli>l’\u003Cstrong>Artois\u003C/strong>, issu de la dot d’\u003Cstrong>Isabelle de Hainaut\u003C/strong>, est administré au nom du prince héritier \u003Cstrong>Louis\u003C/strong>\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>Le nord du royaume devient ainsi une \u003Cstrong>zone d’appui essentielle\u003C/strong> dans la lutte contre les Plantagenêts.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Cp>🔍 \u003Cstrong>\u003Ca href=\"/zoom/p5ch7z12\">Zoom – 1191–1192 : la succession flamande\u003C/a>\u003C/strong>\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>💍 1193 : remariage et enjeux diplomatiques\u003C/h3>\n\u003Cp>Malgré ces succès territoriaux, la situation dynastique reste incertaine.\u003C/p>\n\u003Cp>La mort d’\u003Cstrong>Isabelle de Hainaut\u003C/strong> en \u003Cstrong>1190\u003C/strong> a laissé le roi veuf, avec un héritier encore très jeune :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>le prince \u003Cstrong>Louis\u003C/strong> n’a que quelques années\u003C/li>\n\u003Cli>la continuité de la dynastie capétienne repose sur un seul enfant\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>Dans un contexte politique instable, marqué par les rivalités féodales et les ambitions princières, cette fragilité représente un risque réel.\u003C/p>\n\u003Cp>Afin de sécuriser la succession, Philippe Auguste procède à un remariage rapide.\u003C/p>\n\u003Cp>En \u003Cstrong>1193\u003C/strong>, il épouse \u003Cstrong>Ingeburge de Danemark\u003C/strong>, sœur du roi \u003Cstrong>Knud VI\u003C/strong>, dans une logique d’alliance internationale :\u003C/p>\n\u003Cp>\u003Cimg src=\"https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/6/63/Mariage_de_philippe_auguste_ingeburge_de_danemark.png\" alt=\"\" class=\"kb-img-contain\">\n\u003Cem>Mariage de philippe auguste ingeburge de danemark: Vincent de Beauvais, Miroir Historial [Speculum historiale] Via Wikimedia Commons\u003C/em>\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>ouverture vers les royaumes scandinaves\u003C/li>\n\u003Cli>recherche de nouveaux appuis face aux puissances anglo-normandes et impériales\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>Cependant, dès le lendemain du mariage, le roi répudie son épouse pour des raisons obscures, invoquant un empêchement canonique.\u003C/p>\n\u003Cp>Cette décision ouvre une crise majeure :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>opposition du pape à l’annulation du mariage\u003C/li>\n\u003Cli>tensions diplomatiques avec le Danemark\u003C/li>\n\u003Cli>remise en cause de la légitimité matrimoniale du roi\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>Philippe tente ensuite de contracter un nouveau mariage avec \u003Cstrong>Agnès de Méranie\u003C/strong>, aggravant la situation.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Cp>🔍 \u003Cstrong>\u003Ca href=\"/zoom/p5ch7z13\">Zoom – 1193–1212 : Ingeburge, Agnès et l’interdit pontifical\u003C/a>\u003C/strong>\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch2>IV. ⚔️ 1193–1204 — L’opportunité décisive : crise plantagenête et conquête de la Normandie\u003C/h2>\n\u003Cp>À partir de \u003Cstrong>1193\u003C/strong>, Philippe II Auguste bénéficie d’une conjoncture exceptionnellement favorable. La captivité de \u003Cstrong>Richard Cœur de Lion\u003C/strong>, puis les divisions qui suivent au sein de la dynastie plantagenête, offrent au roi de France l’occasion de transformer une rivalité ancienne en une série de gains politiques, féodaux et territoriaux.\u003C/p>\n\u003Cp>Sa méthode reste constante : exploiter les querelles familiales, intervenir au nom du \u003Cstrong>droit féodal\u003C/strong>, isoler diplomatiquement son adversaire et frapper militairement lorsque le rapport de force le permet. Entre \u003Cstrong>1193\u003C/strong> et \u003Cstrong>1204\u003C/strong>, cette stratégie aboutit à un basculement majeur de l’équilibre occidental : la monarchie capétienne s’empare de la \u003Cstrong>Normandie\u003C/strong> et affaiblit durablement la puissance anglaise sur le continent.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>🗡️ 1193–1194 : la captivité de Richard et les premières offensives\u003C/h3>\n\u003Cp>La capture de \u003Cstrong>Richard Cœur de Lion\u003C/strong>, sur le chemin du retour de la croisade à la fin de \u003Cstrong>1192\u003C/strong>, est rapidement connue en Angleterre au début de \u003Cstrong>1193\u003C/strong>. Cette absence provoque une crise politique dans l’ensemble plantagenêt.\u003C/p>\n\u003Cp>Son frère \u003Cstrong>Jean sans Terre\u003C/strong>, alors en position de régent, tente d’exploiter la situation à son profit. Dans l’espoir d’usurper la couronne, il se rapproche de Philippe Auguste et se déclare même son vassal. Mais en Angleterre, les partisans de Richard, soutenus par la reine \u003Cstrong>Aliénor d’Aquitaine\u003C/strong>, résistent à ses intrigues. Assiégé à \u003Cstrong>Windsor\u003C/strong> par \u003Cstrong>Guillaume le Maréchal\u003C/strong>, Jean doit capituler et revient sur le continent.\u003C/p>\n\u003Cp>Philippe, de son côté, profite immédiatement de l’éloignement de Richard pour attaquer les positions plantagenêtes en Normandie. Au cours de l’année \u003Cstrong>1193\u003C/strong>, il s’empare de plusieurs places :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>\u003Cstrong>Évreux\u003C/strong>\u003C/li>\n\u003Cli>\u003Cstrong>Neubourg\u003C/strong>\u003C/li>\n\u003Cli>\u003Cstrong>Le Vaudreuil\u003C/strong>\u003C/li>\n\u003Cli>divers châteaux secondaires de la frontière normande\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>En revanche, il échoue à prendre \u003Cstrong>Rouen\u003C/strong>, défendue avec énergie par \u003Cstrong>Robert de Beaumont\u003C/strong>. L’objectif de Philippe n’est pas encore la conquête totale de la Normandie, mais l’érosion méthodique du dispositif adverse.\u003C/p>\n\u003Cp>Le \u003Cstrong>12 avril 1193\u003C/strong>, le château de \u003Cstrong>Gisors\u003C/strong> lui est livré par le sénéchal \u003Cstrong>Gilbert de Vascoeuil\u003C/strong>, ce qui constitue un avantage stratégique considérable dans le Vexin, région-clé entre domaine capétien et Normandie ducale.\u003C/p>\n\u003Cp>Pendant ce temps, Richard, détenu par le duc \u003Cstrong>Léopold V d’Autriche\u003C/strong>, est remis le \u003Cstrong>23 mars 1193\u003C/strong> à l’empereur \u003Cstrong>Henri VI\u003C/strong>. Sa libération devient l’objet d’une longue négociation financière et politique. Un accord est conclu le \u003Cstrong>29 juin 1193\u003C/strong> contre une forte rançon.\u003C/p>\n\u003Cp>Malgré cette situation encore incertaine, Philippe signe le \u003Cstrong>8 juillet 1193\u003C/strong> une paix à \u003Cstrong>Mantes\u003C/strong> avec les envoyés de Richard. Cette trêve demeure provisoire : chacun sait que la guerre reprendra dès le retour effectif du roi d’Angleterre.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>⚔️ 1194–1199 : le duel avec Richard Cœur de Lion\u003C/h3>\n\u003Cp>Libéré le \u003Cstrong>4 février 1194\u003C/strong>, Richard retrouve rapidement l’initiative. Après un second couronnement en Angleterre et un bref rétablissement de son autorité dans le royaume, il revient en Normandie au printemps. Il débarque à \u003Cstrong>Barfleur\u003C/strong> le \u003Cstrong>12 mai 1194\u003C/strong>, passe par \u003Cstrong>Lisieux\u003C/strong>, se réconcilie avec son frère Jean, puis reprend la lutte contre Philippe Auguste.\u003C/p>\n\u003Cp>La guerre entre les deux souverains prend alors la forme d’un affrontement presque continu, mêlant :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>sièges de forteresses\u003C/li>\n\u003Cli>raids rapides\u003C/li>\n\u003Cli>manœuvres diplomatiques\u003C/li>\n\u003Cli>trêves aussitôt rompues\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>\u003Cimg src=\"https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/2/2b/Daniel_Urrabieta_Vierge_-_Battle_of_Vend%C3%B4me_%28Fr%C3%A9teval%29%2C_1194.jpg\" alt=\"Bataille de Fréteval\" class=\"kb-img-contain\">\n\u003Cem>Bataille de Fréteval: Daniel Vierge, Public domain, via Wikimedia Commons\u003C/em>\u003C/p>\n\u003Cp>L’un des épisodes les plus marquants se déroule le \u003Cstrong>5 juillet 1194\u003C/strong>, lors de la \u003Cstrong>bataille de Fréteval\u003C/strong>. Richard y inflige un sérieux revers à Philippe Auguste et s’empare du \u003Cstrong>trésor royal\u003C/strong> ainsi que d’une partie du \u003Cstrong>chartrier\u003C/strong>. L’événement révèle que la guerre ne touche pas seulement les territoires et les châteaux : elle atteint aussi l’appareil administratif monarchique, encore en cours de structuration. La perte des archives pousse d’ailleurs le pouvoir capétien à mieux organiser la conservation des actes royaux.\u003C/p>\n\u003Cp>Malgré ce revers, Philippe ne renonce pas. Les années suivantes voient alterner offensives et négociations. À la fin de \u003Cstrong>1195\u003C/strong>, un accord lui laisse plusieurs places importantes :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>\u003Cstrong>Gisors\u003C/strong>\u003C/li>\n\u003Cli>\u003Cstrong>Gaillon\u003C/strong>\u003C/li>\n\u003Cli>\u003Cstrong>Vernon\u003C/strong>\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>Ces positions ouvrent directement la route de la Normandie et menacent \u003Cstrong>Rouen\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>Le \u003Cstrong>14 janvier 1196\u003C/strong>, le \u003Cstrong>traité de Gaillon\u003C/strong> tente de stabiliser la situation. Mais la paix reste précaire. Conscient du danger, Richard entreprend aussitôt la construction de la forteresse de \u003Cstrong>Château-Gaillard\u003C/strong> aux Andelys, entre \u003Cstrong>1196\u003C/strong> et \u003Cstrong>1197\u003C/strong>. Cette place, conçue pour verrouiller la vallée de la Seine et protéger Rouen, devient le symbole de la résistance plantagenête: Eugène Viollet le Duc, Public domain, via Wikimedia Commons.\u003C/p>\n\u003Cp>\u003Cimg src=\"https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/9/93/Ch%C3%A2teau_Gaillard_%28Les_Andelys%29%2C_vu_du_ciel.JPG\" alt=\"Château-Gaillard vu du ciel\" class=\"kb-img-contain\">\n\u003Cem>Château-Gaillard vu du ciel: Sylvain Verlaine, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons\u003C/em>\u003C/p>\n\u003Cp>Dans le même temps, Philippe doit aussi surveiller le nord du royaume. En \u003Cstrong>1197\u003C/strong>, le comte \u003Cstrong>Baudouin de Flandre\u003C/strong> envahit l’\u003Cstrong>Artois\u003C/strong> et assiège \u003Cstrong>Arras\u003C/strong>, obligeant le roi à intervenir. Philippe pousse jusqu’à \u003Cstrong>Ypres\u003C/strong>, ravage les terres flamandes, mais ne parvient pas à imposer une solution décisive. À l’est, la mort de l’empereur \u003Cstrong>Henri VI\u003C/strong> en \u003Cstrong>1197\u003C/strong> ouvre en outre une période d’incertitude dans l’Empire, que Philippe cherche à exploiter diplomatiquement.\u003C/p>\n\u003Cp>En \u003Cstrong>1198\u003C/strong>, la guerre contre Richard reprend avec vigueur. Richard remporte une nouvelle victoire à \u003Cstrong>Courcelles-lès-Gisors\u003C/strong> le \u003Cstrong>28 septembre 1198\u003C/strong>, tandis que Philippe doit également composer avec la situation flamande, aggravée par la perte de \u003Cstrong>Saint-Omer\u003C/strong> et d’\u003Cstrong>Aire\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>\u003Cimg src=\"https://commons.wikimedia.org/wiki/Special:FilePath/Philip_Augustus_falling_into_a_trap_near_bridge_of_Gisors_sur_l%E2%80%99Epte_in_1198_%28E._Morin%29.png\" alt=\"Philippe Auguste tombant dans un piège près du pont de Gisors-sur-l’Epte\" class=\"kb-img-contain\">\n\u003Cem>Philippe Auguste tombant dans un piège près du pont de Gisors-sur-l’Epte en 1198, illustration d’Edmond Morin, d’après* Histoire populaire de la France* (1862), via Wikimedia Commons.\u003C/em>\u003C/p>\n\u003Cp>Sous la pression pontificale, une conférence est organisée en présence du légat \u003Cstrong>Pierre de Capoue\u003C/strong>. Elle aboutit le \u003Cstrong>13 janvier 1199\u003C/strong> à une trêve de cinq ans entre Philippe et Richard. Cette trêve ne règle cependant rien sur le fond. Elle est bientôt rendue caduque par un événement décisif : le \u003Cstrong>6 avril 1199\u003C/strong>, Richard meurt des suites d’une blessure reçue au siège de \u003Cstrong>Châlus\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>La disparition de Richard fait disparaître l’adversaire le plus redoutable que Philippe ait rencontré dans la première partie de son règne.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Cp>🔍 \u003Cstrong>\u003Ca href=\"/zoom/p5ch7z14\">Zoom – 1193–1199 : guerre contre Richard, Fréteval et Châlus\u003C/a>\u003C/strong>\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>🏰 1199–1202 : Jean sans Terre, Arthur de Bretagne et le droit féodal comme arme\u003C/h3>\n\u003Cp>La mort de Richard ouvre une crise successorale. Deux prétendants principaux émergent :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>\u003Cstrong>Jean sans Terre\u003C/strong>, frère du défunt, soutenu dans plusieurs régions de l’empire\u003C/li>\n\u003Cli>\u003Cstrong>Arthur de Bretagne\u003C/strong>, fils de Geoffroy Plantagenêt et neveu de Richard, qui peut faire valoir un droit dynastique sérieux\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>Philippe Auguste exploite immédiatement cette rivalité. En \u003Cstrong>mai 1199\u003C/strong>, il reçoit l’\u003Cstrong>hommage solennel d’Arthur\u003C/strong> pour plusieurs possessions françaises des Plantagenêts, notamment l’\u003Cstrong>Anjou\u003C/strong>, le \u003Cstrong>Maine\u003C/strong> et la \u003Cstrong>Touraine\u003C/strong>. Par ce geste, il place le jeune prince sous sa protection et se donne un moyen juridique et politique de contester les droits de Jean.\u003C/p>\n\u003Cp>Dans le même temps, Jean est couronné roi d’Angleterre le \u003Cstrong>27 mai 1199\u003C/strong>. Il s’assure rapidement le contrôle d’une partie de ses possessions continentales, notamment en entrant sans difficulté au \u003Cstrong>Mans\u003C/strong> en septembre.\u003C/p>\n\u003Cp>À l’automne, Philippe se présente comme le protecteur d’Arthur et intervient militairement dans le \u003Cstrong>Maine\u003C/strong>, avec l’appui de \u003Cstrong>Guillaume des Roches\u003C/strong>. La campagne, marquée par la prise du \u003Cstrong>Mans\u003C/strong> et le siège de \u003Cstrong>Lavardin\u003C/strong>, montre que la succession plantagenête est devenue un enjeu directement franco-français. Toutefois, l’arrivée des troupes anglaises oblige Philippe à se retirer, et Guillaume des Roches tente un temps de rapprocher Arthur de Jean. Le jeune duc revient finalement dans l’orbite capétienne.\u003C/p>\n\u003Cp>Après ces affrontements, un compromis est trouvé avec \u003Cstrong>Jean sans Terre\u003C/strong>. Il est formalisé par le \u003Cstrong>traité du Goulet\u003C/strong>, signé le \u003Cstrong>22 mai 1200\u003C/strong>. Ce traité consacre un avantage politique important pour Philippe :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>Jean reconnaît la \u003Cstrong>suzeraineté\u003C/strong> du roi de France sur ses possessions continentales\u003C/li>\n\u003Cli>il cède le \u003Cstrong>comté d’Évreux\u003C/strong>\u003C/li>\n\u003Cli>la paix est renforcée par un rapprochement dynastique\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>C’est dans ce cadre qu’est préparé le mariage du prince \u003Cstrong>Louis\u003C/strong>, fils de Philippe Auguste, avec \u003Cstrong>Blanche de Castille\u003C/strong>, nièce de Jean. Le traité du Goulet représente un succès diplomatique capétien : Jean est reconnu comme héritier de Richard, mais au prix d’une reconnaissance formelle de sa dépendance féodale.\u003C/p>\n\u003Cp>Cette stabilisation demeure fragile. En \u003Cstrong>Aquitaine\u003C/strong>, le mariage de Jean avec \u003Cstrong>Isabelle d’Angoulême\u003C/strong> provoque de vives tensions, notamment avec la maison de \u003Cstrong>Lusignan\u003C/strong>. Philippe saisit l’occasion. En sa qualité de suzerain, il cite Jean à comparaître devant la cour des pairs.\u003C/p>\n\u003Cp>Le \u003Cstrong>28 avril 1202\u003C/strong>, Jean sans Terre, absent et défaillant, est condamné. La cour de France prononce la \u003Cstrong>commise\u003C/strong> de ses fiefs français :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>\u003Cstrong>Normandie\u003C/strong>\u003C/li>\n\u003Cli>\u003Cstrong>Maine\u003C/strong>\u003C/li>\n\u003Cli>\u003Cstrong>Anjou\u003C/strong>\u003C/li>\n\u003Cli>\u003Cstrong>Touraine\u003C/strong>\u003C/li>\n\u003Cli>\u003Cstrong>Saintonge\u003C/strong>\u003C/li>\n\u003Cli>\u003Cstrong>Poitou\u003C/strong>\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>Le droit féodal devient ici une arme politique majeure. Philippe ne se présente pas comme un conquérant arbitraire, mais comme un suzerain sanctionnant un vassal défaillant. Cette légitimation juridique prépare la conquête.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Cp>🔍 \u003Cstrong>\u003Ca href=\"/zoom/p5ch7z15\">Zoom – 1199–1202 : Goulet, Arthur et confiscation des fiefs\u003C/a>\u003C/strong>\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>🏰 1202–1204 : l’effondrement plantagenêt et la conquête de la Normandie\u003C/h3>\n\u003Cp>À partir de \u003Cstrong>1202\u003C/strong>, la guerre change de nature. Il ne s’agit plus seulement de harceler les frontières normandes, mais de démanteler l’ensemble de la puissance continentale de Jean sans Terre.\u003C/p>\n\u003Cp>Philippe agit sur plusieurs fronts. En \u003Cstrong>Anjou\u003C/strong>, \u003Cstrong>Guillaume des Roches\u003C/strong> prend \u003Cstrong>Angers\u003C/strong> pour le compte du roi de France le \u003Cstrong>30 octobre 1202\u003C/strong>. Jean réagit, reprend et pille la ville au début de \u003Cstrong>1203\u003C/strong>, mais l’initiative globale lui échappe progressivement.\u003C/p>\n\u003Cp>Le facteur décisif est la disparition d’\u003Cstrong>Arthur de Bretagne\u003C/strong>. Après son échec à \u003Cstrong>Mirebeau\u003C/strong> en 1202, il est capturé par Jean sans Terre. Le \u003Cstrong>3 avril 1203\u003C/strong>, il disparaît à \u003Cstrong>Rouen\u003C/strong>, très probablement assassiné sur ordre du roi d’Angleterre.\u003C/p>\n\u003Cp>\u003Cimg src=\"https://commons.wikimedia.org/wiki/Special:FilePath/Janin_-_La_Bretagne,_1844_-_p165.jpg\" alt=\"Arthur de Bretagne capturé par son oncle, Jean sans Terre\" class=\"kb-img-contain\">\n\u003Cem>Arthur de Bretagne capturé par son oncle, Jean sans Terre, Bertrand, Public domain, via Wikimedia Commons.\u003C/em>\u003C/p>\n\u003Cp>Cet événement provoque un choc politique majeur :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>en \u003Cstrong>Bretagne\u003C/strong>, une révolte éclate contre Jean\u003C/li>\n\u003Cli>de nombreux seigneurs se détachent du camp anglais\u003C/li>\n\u003Cli>la légitimité de Jean sans Terre est profondément affaiblie\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>Philippe Auguste exploite immédiatement cette situation. La disparition d’Arthur lui permet de rallier ses anciens partisans et de présenter son adversaire comme un seigneur déloyal, justifiant ainsi l’intervention capétienne au nom du droit féodal.\u003C/p>\n\u003Cp>Dès lors, l’offensive capétienne s’intensifie. En \u003Cstrong>1203\u003C/strong>, Philippe s’empare de plusieurs positions dans la vallée de la Loire et sur les marches normandes :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>\u003Cstrong>Brissac\u003C/strong>, pris par Guillaume des Roches\u003C/li>\n\u003Cli>\u003Cstrong>Saumur\u003C/strong>, occupée peu après\u003C/li>\n\u003Cli>diverses places qui désorganisent le système défensif angevin et normand\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>Mais l’objectif principal reste la Normandie et surtout le verrou de la Seine : \u003Cstrong>Château-Gaillard\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>🧱 1203–1204 : Château-Gaillard et la chute de Rouen\u003C/h3>\n\u003Cp>Le siège de \u003Cstrong>Château-Gaillard\u003C/strong> constitue l’un des épisodes les plus célèbres du règne. La forteresse, édifiée par Richard pour défendre l’accès à \u003Cstrong>Rouen\u003C/strong>, est assiégée pendant plusieurs mois. Philippe mène une guerre méthodique de réduction des fortifications normandes, cherchant moins la bataille rangée que l’effondrement du système défensif adverse.\u003C/p>\n\u003Cp>Le \u003Cstrong>6 mars 1204\u003C/strong>, \u003Cstrong>Château-Gaillard\u003C/strong> tombe après environ six mois de siège. Cette victoire ouvre la vallée de la Seine aux Capétiens et porte un coup fatal à la défense normande.\u003C/p>\n\u003Cp>\u003Cimg src=\"https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/9/91/Siege.Chateau.Gaillard.png\" alt=\"Illustration sur le siège de Château-Gaillard\" class=\"kb-img-contain\">\n\u003Cem>Une représentation artistique de ce à quoi aurait ressemblé le siège de Château-Gaillard en 1204. La force assiégeante, les Français, est campée au sud du château, tandis que la ville fortifiée de Petit-Andely se situe au nord du château, en arrière-plan de l’image. À l’ouest coule la Seine. L’armée assiégeante dispose d’une tour de siège et de deux catapultes.\u003C/em>\u003C/p>\n\u003Cp>La campagne se poursuit rapidement :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>\u003Cstrong>21 mai 1204\u003C/strong> : prise de \u003Cstrong>Caen\u003C/strong>\u003C/li>\n\u003Cli>progression vers les principales villes du duché\u003C/li>\n\u003Cli>encerclement de \u003Cstrong>Rouen\u003C/strong>, capitale administrative et symbolique de la Normandie\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>Rouen reçoit dès le \u003Cstrong>1er juin 1204\u003C/strong> l’assurance de la conservation de ses droits et coutumes par une charte royale. Philippe combine ainsi pression militaire et intégration politique : il se présente non comme un destructeur, mais comme un nouveau maître garantissant les privilèges urbains.\u003C/p>\n\u003Cp>\u003Cimg src=\"https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/5/54/Philip_Augustus_assembling_his_army_and_attacking_Rouen%2C_from_Chroniques_de_France_ou_de_St_Denis%2C_14th_century_%2822716438655%29.jpg\" alt=\"Philippe Auguste siège la ville de Rouen\" class=\"kb-img-contain\">\n\u003Cem>Philippe Auguste siège la ville de Rouen: Levan Ramishvili from Tbilisi, Georgia. BL Royal 16 G. VI, f.365v, Public domain, via Wikimedia Commons\u003C/em>\u003C/p>\n\u003Cp>Après quarante jours de siège, \u003Cstrong>Rouen capitule le 24 juin 1204\u003C/strong>. Avec cette reddition, la \u003Cstrong>Normandie continentale\u003C/strong> entre dans le giron capétien.\u003C/p>\n\u003Cp>La conquête se prolonge encore vers l’ouest et le sud :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>prise de \u003Cstrong>Poitiers\u003C/strong> en \u003Cstrong>1204\u003C/strong>\u003C/li>\n\u003Cli>prise de \u003Cstrong>Loches\u003C/strong> et \u003Cstrong>Chinon\u003C/strong> en \u003Cstrong>1205\u003C/strong>\u003C/li>\n\u003Cli>poursuite des opérations jusqu’à la trêve de \u003Cstrong>Thouars\u003C/strong> à partir du \u003Cstrong>13 octobre 1206\u003C/strong>\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>En deux ans, Philippe a donc réalisé ce qu’aucun Capétien n’avait pu accomplir auparavant : arracher aux Plantagenêts le cœur continental de leur puissance.\u003C/p>\n\u003Cp>🔍 \u003Cstrong>\u003Ca href=\"/zoom/p5ch7z16\">Zoom – 1203–1204 : Château-Gaillard et capitulation de Rouen\u003C/a>\u003C/strong>\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch2>V. 🧱 1205–1213 — Consolider l’expansion capétienne : administration, crises et nouvelles frontières\u003C/h2>\n\u003Cp>Après les conquêtes décisives de \u003Cstrong>1202–1204\u003C/strong>, Philippe II Auguste entre dans une phase de stabilisation et d’organisation de son pouvoir. Le domaine royal, considérablement agrandi, nécessite désormais une administration plus structurée, une présence politique renforcée et une capacité à résister aux contre-offensives.\u003C/p>\n\u003Cp>Entre \u003Cstrong>1205\u003C/strong> et \u003Cstrong>1213\u003C/strong>, le roi transforme ses succès militaires en domination durable, tout en faisant face à des tensions féodales persistantes, à des crises internationales et à des enjeux religieux majeurs.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>🏰 1205–1206 : achèvement de la conquête de l’Ouest\u003C/h3>\n\u003Cp>Au printemps \u003Cstrong>1205\u003C/strong>, Philippe Auguste mène une campagne destinée à achever la prise de contrôle des territoires confisqués aux Plantagenêts.\u003C/p>\n\u003Cp>Le \u003Cstrong>10 avril 1205\u003C/strong>, après les fêtes de Pâques, il rassemble une armée importante et s’empare de plusieurs places fortes stratégiques :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>\u003Cstrong>Loches\u003C/strong>, assiégée depuis près d’un an\u003C/li>\n\u003Cli>\u003Cstrong>Chinon\u003C/strong>, ancienne résidence d’Henri II\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>Ces prises permettent au roi d’assurer son autorité sur :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>la \u003Cstrong>Touraine\u003C/strong>\u003C/li>\n\u003Cli>l’\u003Cstrong>Anjou\u003C/strong>\u003C/li>\n\u003Cli>le \u003Cstrong>Maine\u003C/strong>\u003C/li>\n\u003Cli>une grande partie du \u003Cstrong>Poitou\u003C/strong>\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>Ces territoires, confisqués juridiquement en \u003Cstrong>1202\u003C/strong>, passent désormais sous domination effective du roi de France.\u003C/p>\n\u003Cp>Cette consolidation territoriale s’accompagne d’une évolution symbolique du pouvoir : en \u003Cstrong>juin 1205\u003C/strong>, la chancellerie royale emploie pour la première fois l’expression \u003Cem>regnum Francie\u003C/em> (« royaume de France »), marquant une affirmation accrue de l’unité politique du royaume.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>⚔️ 1206 : contre-offensive anglaise et stabilisation\u003C/h3>\n\u003Cp>En \u003Cstrong>1206\u003C/strong>, Jean sans Terre tente de reprendre l’initiative sur le continent.\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>\u003Cstrong>9 juillet 1206\u003C/strong> : il débarque à \u003Cstrong>La Rochelle\u003C/strong>\u003C/li>\n\u003Cli>\u003Cstrong>1er août\u003C/strong> : il s’empare de \u003Cstrong>Montauban\u003C/strong> et reprend plusieurs positions en Poitou et en Anjou\u003C/li>\n\u003Cli>\u003Cstrong>Angers\u003C/strong> est incendiée\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>Ces opérations montrent que la domination capétienne reste fragile dans les régions méridionales récemment conquises.\u003C/p>\n\u003Cp>Toutefois, Philippe conserve l’avantage stratégique. Une \u003Cstrong>trêve de deux ans\u003C/strong> est conclue le \u003Cstrong>26 octobre 1206 à Thouars\u003C/strong>, stabilisant temporairement la situation.\u003C/p>\n\u003Cp>Parallèlement, le roi poursuit son action intérieure. Une ordonnance prise en \u003Cstrong>1206\u003C/strong> encadre les pratiques de crédit en limitant les taux d’intérêt, témoignant d’une volonté de régulation économique et sociale.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>⛪ 1208–1213 : crise anglaise et recomposition des équilibres\u003C/h3>\n\u003Cp>À partir de \u003Cstrong>1208\u003C/strong>, la situation internationale évolue en faveur de Philippe Auguste.\u003C/p>\n\u003Cp>Le roi d’Angleterre entre en conflit avec la papauté à propos de la nomination de l’archevêque de \u003Cstrong>Cantorbéry\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>\u003Cstrong>1208\u003C/strong> : le pape \u003Cstrong>Innocent III\u003C/strong> frappe l’Angleterre d’\u003Cstrong>interdit\u003C/strong>\u003C/li>\n\u003Cli>\u003Cstrong>1209\u003C/strong> : Jean sans Terre est \u003Cstrong>excommunié\u003C/strong>\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>Ces sanctions ont des conséquences politiques importantes :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>affaiblissement de l’autorité royale anglaise\u003C/li>\n\u003Cli>tensions internes dans le royaume d’Angleterre\u003C/li>\n\u003Cli>isolement diplomatique de Jean sans Terre\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>Dans ce contexte, Philippe Auguste bénéficie d’un avantage indirect, la papauté se trouvant en opposition ouverte avec son principal rival.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>⚖️ 1209 : réformes féodales et affirmation de l’autorité royale\u003C/h3>\n\u003Cp>Sur le plan intérieur, Philippe renforce les structures du pouvoir.\u003C/p>\n\u003Cp>En \u003Cstrong>1209\u003C/strong>, il promulgue l’\u003Cstrong>ordonnance de Villeneuve-sur-Yonne\u003C/strong>, qui encadre la transmission des fiefs :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>limitation de la divisibilité des fiefs-liges\u003C/li>\n\u003Cli>obligation pour chaque héritier de rendre hommage directement au seigneur du fief\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>Cette mesure vise à limiter l’éclatement des dépendances féodales et à renforcer la hiérarchie seigneuriale au profit du pouvoir royal.\u003C/p>\n\u003Cp>La même année, une assemblée des grands du royaume est convoquée près de \u003Cstrong>Sens\u003C/strong>, notamment pour examiner la possibilité d’une intervention contre les \u003Cstrong>Albigeois\u003C/strong>, révélant l’implication croissante du roi dans les affaires religieuses du royaume.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>🗺️ 1210–1211 : extension territoriale et affirmation du centre royal\u003C/h3>\n\u003Cp>À partir de \u003Cstrong>1210\u003C/strong>, Philippe poursuit une politique d’expansion contrôlée.\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>intervention en \u003Cstrong>Auvergne\u003C/strong>, avec la prise de \u003Cstrong>Clermont\u003C/strong>, dans un contexte de conflit local entre le comte et l’évêque\u003Cbr>\n→ début de l’intégration progressive de la région au domaine royal\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>En \u003Cstrong>1211\u003C/strong>, deux évolutions importantes témoignent du renforcement du pouvoir capétien :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>achèvement de l’\u003Cstrong>enceinte de Paris\u003C/strong>, commencée en 1190, qui assure la protection de la capitale\u003C/li>\n\u003Cli>lancement de la reconstruction de la \u003Cstrong>cathédrale de Reims\u003C/strong>, centre symbolique du sacre royal\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>Ces éléments traduisent une double dynamique : consolidation militaire du cœur du royaume et affirmation du rôle central de la monarchie dans l’ordre religieux.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>⚔️ 1212 : tensions féodales et recompositions politiques\u003C/h3>\n\u003Cp>En \u003Cstrong>1212\u003C/strong>, les tensions reprennent dans le nord.\u003C/p>\n\u003Cp>Le comte de Boulogne, \u003Cstrong>Renaud de Dammartin\u003C/strong>, fait hommage au roi d’Angleterre. En réaction, Philippe Auguste prononce la \u003Cstrong>confiscation du comté de Boulogne\u003C/strong>, appliquant à nouveau les principes du droit féodal pour sanctionner un vassal jugé déloyal.\u003C/p>\n\u003Cp>Dans le même temps, le royaume est traversé par des mouvements religieux et populaires, notamment la \u003Cstrong>croisade des enfants (1212)\u003C/strong>, qui témoigne d’un climat spirituel intense et d’une mobilisation religieuse diffuse dans la société.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>⚓ 1213 : projet d’invasion de l’Angleterre et retournement diplomatique\u003C/h3>\n\u003Cp>En \u003Cstrong>1213\u003C/strong>, Philippe Auguste envisage de porter le conflit directement en Angleterre.\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>\u003Cstrong>8 avril 1213\u003C/strong> : assemblée des vassaux à \u003Cstrong>Soissons\u003C/strong>\u003C/li>\n\u003Cli>le prince \u003Cstrong>Louis\u003C/strong> est chargé de préparer l’expédition\u003C/li>\n\u003Cli>une flotte importante est rassemblée à \u003Cstrong>Boulogne-sur-Mer\u003C/strong>\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>Cependant, la situation évolue rapidement.\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>\u003Cstrong>15 mai 1213\u003C/strong> : Jean sans Terre se réconcilie avec la papauté et accepte de devenir le vassal du pape\u003Cbr>\n→ cette décision retire toute légitimité religieuse à une invasion française\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>Le projet est abandonné.\u003C/p>\n\u003Cp>Peu après, la situation militaire se dégrade :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>\u003Cstrong>30–31 mai 1213\u003C/strong> : \u003Cstrong>bataille navale de Damme\u003C/strong>\u003Cbr>\n→ la flotte française est en grande partie détruite par une attaque anglaise\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>\u003Cimg src=\"https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/1/10/Advance_of_the_English_fleet_upon_the_Damme.jpg\" alt=\"Bataille navale de Damme\" class=\"kb-img-contain\">\n\u003Cem>Bataille navale de Damme: James Grant, Public domain, via Wikimedia Commons\u003C/em>\u003C/p>\n\u003Cp>Philippe redirige alors ses forces vers le continent, notamment contre ses adversaires flamands.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>🏰 Décembre 1213 : intégration de l’Auvergne\u003C/h3>\n\u003Cp>En \u003Cstrong>décembre 1213\u003C/strong>, la prise du château de \u003Cstrong>Tournoël\u003C/strong> marque une étape décisive dans la politique d’expansion du roi.\u003C/p>\n\u003Cp>\u003Cimg src=\"https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/0/07/Tourno%C3%ABl.JPG\" alt=\"Château de Tournoël\" class=\"kb-img-contain\">\n\u003Cem>Château de Tournoël: Matthieu Perona, CC BY 3.0 \u003Ca href=\"https://creativecommons.org/licenses/by/3.0\">https://creativecommons.org/licenses/by/3.0\u003C/a>, via Wikimedia Commons\u003C/em>\u003C/p>\n\u003Cp>Le comte \u003Cstrong>Guy II d’Auvergne\u003C/strong> perd l’essentiel de ses possessions, et la région est intégrée au domaine royal. Certaines terres sont confiées à \u003Cstrong>Guy de Dampierre\u003C/strong> à titre viager.\u003C/p>\n\u003Cp>\u003Cimg src=\"https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/1/14/Comt%C3%A9_d%27Auvergne_sous_Guy_II_%281194%29.png\" alt=\"Comté d'Auvergne sous Guy II en 1194\" class=\"kb-img-contain\">\n\u003Cem>Comté d’Auvergne sous Guy II: Aavitus, CC BY-SA 4.0 \u003Ca href=\"https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0\">https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0\u003C/a>, via Wikimedia Commons\u003C/em>\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch2>V. 🛡️ 1214 — Bouvines : la victoire qui « fait royaume »\u003C/h2>\n\u003Cp>L’expansion rapide de la monarchie capétienne au début du XIIIe siècle suscite une réaction d’ampleur européenne. Autour de \u003Cstrong>Jean sans Terre\u003C/strong> se forme une coalition associant princes territoriaux et puissances impériales. L’année \u003Cstrong>1214\u003C/strong> marque l’aboutissement de cette confrontation.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>⚔️ Février–juillet 1214 : offensive anglaise et riposte capétienne\u003C/h3>\n\u003Cp>Le \u003Cstrong>16 février 1214\u003C/strong>, \u003Cstrong>Jean sans Terre\u003C/strong> débarque à \u003Cstrong>La Rochelle\u003C/strong> avec l’objectif de reprendre pied sur le continent et de prendre Philippe Auguste à revers. Il progresse rapidement vers le centre-ouest :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>\u003Cstrong>3 avril\u003C/strong> : arrivée à \u003Cstrong>Limoges\u003C/strong>\u003C/li>\n\u003Cli>\u003Cstrong>5 avril\u003C/strong> : passage à \u003Cstrong>Angoulême\u003C/strong>, avec une manœuvre destinée à attirer les forces françaises vers le sud\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>Le roi d’Angleterre cherche à coordonner son action avec celle de ses alliés du nord, afin d’encercler le royaume capétien.\u003C/p>\n\u003Cp>Le \u003Cstrong>17 juin 1214\u003C/strong>, Jean s’empare d’\u003Cstrong>Angers\u003C/strong>, marquant un succès temporaire. Toutefois, Philippe Auguste évite l’affrontement direct et confie la défense de l’Ouest à son fils, le prince \u003Cstrong>Louis\u003C/strong>, comte d’Artois.\u003C/p>\n\u003Cp>La réaction capétienne est rapide et décisive :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>\u003Cstrong>2 juillet 1214\u003C/strong> : à la \u003Cstrong>bataille de La Roche-aux-Moines\u003C/strong>, le prince Louis met en déroute l’armée de Jean sans Terre\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>Face à la résistance des forces capétiennes et au manque de soutien local, Jean se replie précipitamment vers La Rochelle. Cette défaite prive la coalition de son axe méridional et isole ses alliés du nord.\u003C/p>\n\u003Cp>Dans le même temps, le domaine royal se renforce :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>\u003Cstrong>14 juin 1214\u003C/strong> : à la mort d’\u003Cstrong>Éléonore de Vermandois\u003C/strong>, le \u003Cstrong>Vermandois\u003C/strong> et le \u003Cstrong>Valois\u003C/strong> sont définitivement intégrés au domaine capétien\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>⚔️ Juillet 1214 : la coalition au nord\u003C/h3>\n\u003Cp>Le centre de gravité du conflit se déplace alors vers le nord du royaume. Une coalition se forme autour de l’empereur \u003Cstrong>Otton IV de Brunswick\u003C/strong>, comprenant notamment :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>\u003Cstrong>Ferrand de Portugal\u003C/strong>, comte de Flandre\u003C/li>\n\u003Cli>\u003Cstrong>Renaud de Dammartin\u003C/strong>, comte de Boulogne\u003C/li>\n\u003Cli>plusieurs princes des Pays-Bas et de l’Empire\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>Le \u003Cstrong>20 juillet 1214\u003C/strong>, les forces coalisées se regroupent à \u003Cstrong>Valenciennes\u003C/strong> et avancent vers le territoire capétien.\u003C/p>\n\u003Cp>Philippe Auguste décide d’engager la bataille. Il rassemble :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>les contingents féodaux du royaume\u003C/li>\n\u003Cli>les chevaliers de ses grands vassaux\u003C/li>\n\u003Cli>les \u003Cstrong>milices communales\u003C/strong>, témoignant de l’implication croissante des villes dans l’effort militaire\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>⚔️ 27 juillet 1214 : la bataille de Bouvines\u003C/h3>\n\u003Cp>Le \u003Cstrong>27 juillet 1214\u003C/strong>, les deux armées s’affrontent à \u003Cstrong>Bouvines\u003C/strong>, près de Lille.\u003C/p>\n\u003Cp>\u003Cimg src=\"https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/8/8a/Le_Petit_Journal_-_Philippe-Auguste_%C3%A0_Bouvines.jpg\" alt=\"Philippe-Auguste à Bouvines\" class=\"kb-img-contain\">\n\u003Cem>Philippe-Auguste à Bouvines: Le Petit Journal, Public domain, via Wikimedia Commons\u003C/em>\u003C/p>\n\u003Cp>Philippe Auguste, entouré de ses principaux soutiens — dont \u003Cstrong>Gaucher III de Châtillon\u003C/strong> et \u003Cstrong>Mathieu II de Montmorency\u003C/strong> — affronte les troupes de la coalition dirigée par \u003Cstrong>Otton IV\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>La bataille se caractérise par :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>un engagement frontal de grande ampleur\u003C/li>\n\u003Cli>un rôle déterminant de la chevalerie capétienne\u003C/li>\n\u003Cli>la participation active des milices urbaines\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>Malgré des moments critiques, notamment lorsque le roi est brièvement menacé au combat, l’armée capétienne prend l’avantage.\u003C/p>\n\u003Cp>L’issue est décisive :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>\u003Cstrong>Ferrand de Flandre\u003C/strong> est capturé\u003C/li>\n\u003Cli>\u003Cstrong>Renaud de Dammartin\u003C/strong> est fait prisonnier\u003C/li>\n\u003Cli>l’armée impériale est mise en déroute\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>Otton IV s’enfuit du champ de bataille, abandonnant ses alliés.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>👑 Une victoire aux conséquences européennes\u003C/h3>\n\u003Cp>La victoire de Bouvines dépasse largement le cadre militaire.\u003C/p>\n\u003Cp>En France :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>elle renforce considérablement le prestige de Philippe Auguste\u003C/li>\n\u003Cli>elle affirme le roi comme centre de ralliement des forces du royaume\u003C/li>\n\u003Cli>elle consolide l’autorité capétienne face aux grands vassaux\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>Sur le plan impérial :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>\u003Cstrong>Otton IV\u003C/strong> perd son soutien en Allemagne\u003C/li>\n\u003Cli>\u003Cstrong>Frédéric II\u003C/strong>, déjà élu roi des Romains, s’impose comme souverain dominant\u003C/li>\n\u003Cli>Philippe Auguste reconnaît implicitement ce basculement en faisant porter les insignes impériaux à Frédéric\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>\u003Cimg src=\"https://commons.wikimedia.org/wiki/Special:FilePath/Frederick_II_receives_the_captured_imperial_eagle_banner_from_King_Philip_of_France,_1214.jpg\" alt=\"Frédéric II recevant l’aigle impériale après Bouvines\" class=\"kb-img-contain\">\u003Cbr>\n\u003Cem>Frédéric II recevant l’aigle impériale capturée après la bataille de Bouvines, illustration du XIXe siècle, via Wikimedia Commons.\u003C/em>\u003C/p>\n\u003Cp>En Angleterre :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>la défaite affaiblit durablement \u003Cstrong>Jean sans Terre\u003C/strong>\u003C/li>\n\u003Cli>les barons anglais se révoltent contre lui dans les mois suivants\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>Les conséquences politiques de la campagne se concrétisent rapidement.\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>\u003Cstrong>18 septembre 1214\u003C/strong> : la \u003Cstrong>paix de Chinon\u003C/strong> consacre la défaite de Jean sans Terre\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>Le roi d’Angleterre reconnaît :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>la perte de ses possessions au nord de la Loire\u003C/li>\n\u003Cli>la domination capétienne sur les territoires conquis depuis 1202\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>Cette paix entérine les transformations territoriales majeures opérées au cours des années précédentes.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>⚖️ Une victoire fondatrice\u003C/h3>\n\u003Cp>La bataille de Bouvines ne marque pas la naissance d’un État centralisé au sens moderne, mais elle constitue un tournant majeur dans l’histoire de la monarchie capétienne.\u003C/p>\n\u003Cp>Elle combine :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>une \u003Cstrong>victoire militaire décisive\u003C/strong> contre une coalition internationale\u003C/li>\n\u003Cli>une \u003Cstrong>légitimation politique\u003C/strong> du pouvoir royal\u003C/li>\n\u003Cli>une \u003Cstrong>adhésion plus large des élites et des villes\u003C/strong> à l’autorité du roi\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>\u003Ca class=\"kb-art-link\" href=\"/art/bataille-bouvines-1214\" data-art-id=\"bataille-bouvines-1214\">\u003Cimg src=\"https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/f/f2/Bataille_de_Bouvines_gagnee_par_Philippe_Auguste.jpg\" alt=\"Bataille de Bouvines gagnee par Philippe Auguste\" >\u003Cspan class=\"kb-art-badge\" aria-hidden=\"true\">\u003Ci class=\"pi pi-image\">\u003C/i>\u003C/span>\u003C/a>\n\u003Cem>Bataille de Bouvines gagnee par Philippe Auguste: Horace Vernet, Public domain, via Wikimedia Commons\u003C/em>\u003C/p>\n\u003Cp>À partir de \u003Cstrong>1214\u003C/strong>, la monarchie capétienne apparaît comme une puissance stabilisée, capable de s’imposer durablement face à ses adversaires. Bouvines contribue ainsi à renforcer l’idée d’un \u003Cstrong>royaume uni autour de son souverain\u003C/strong>, rendant plus difficile toute contestation majeure de l’autorité royale.\u003C/p>\n\u003Cp>🔍 \u003Cstrong>\u003Ca href=\"/zoom/p5ch7z4\">Zoom – 1214 : Bouvines, bataille et propagande royale\u003C/a>\u003C/strong>\u003C/p>\n\u003Cp>🔍 \u003Cstrong>\u003Ca href=\"/zoom/p5ch7z18\">Zoom – 1213–1214 : Damme, La Roche-aux-Moines et sortie de guerre\u003C/a>\u003C/strong>\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch2>VI. 🕊️ 1214–1223 — Après la victoire : ambitions, croisade intérieure et stabilisation capétienne\u003C/h2>\n\u003Cp>Après la victoire de \u003Cstrong>Bouvines (1214)\u003C/strong>, la monarchie capétienne atteint un niveau de puissance inédit. Philippe II Auguste domine désormais le nord et l’ouest du royaume, tandis que ses principaux adversaires sont affaiblis. Toutefois, cette victoire n’ouvre pas une période d’expansion continue, mais plutôt une phase d’\u003Cstrong>équilibre stratégique\u003C/strong>, mêlant ambitions extérieures, délégation militaire et consolidation interne.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>🛶 1215–1217 : crise anglaise et expédition du prince Louis\u003C/h3>\n\u003Cp>La situation anglaise offre à Philippe Auguste une opportunité politique majeure. Le règne de \u003Cstrong>Jean sans Terre\u003C/strong> est fragilisé par une crise interne profonde.\u003C/p>\n\u003Cp>En \u003Cstrong>1215\u003C/strong>, le roi d’Angleterre est confronté à une révolte de ses barons :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>\u003Cstrong>15 juin 1215\u003C/strong> : signature de la \u003Cstrong>Magna Carta\u003C/strong> à Runnymede\u003C/li>\n\u003Cli>limitation de l’arbitraire royal et reconnaissance de droits féodaux\u003C/li>\n\u003Cli>rupture durable entre le roi et une partie de l’aristocratie\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>\u003Cimg src=\"https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/c/cf/King_John_signing_the_Great_Charter_%28Magna_Carta%29_by_English_School.png\" alt=\"Jean sans Terre signe Magna Carta\" class=\"kb-img-contain\">\n\u003Cem>Jean sans Terre signe Magna Carta: English School (Cassell’s History of England - Century Edition), Public domain, via Wikimedia Commons\u003C/em>\u003C/p>\n\u003Cp>Le pape \u003Cstrong>Innocent III\u003C/strong> annule rapidement la charte, ce qui déclenche la \u003Cstrong>première guerre des barons (1215–1217)\u003C/strong>. Dans ce contexte, certains barons anglais proposent la couronne au prince \u003Cstrong>Louis\u003C/strong>, fils de Philippe Auguste.\u003C/p>\n\u003Cp>Le roi de France soutient cette initiative sans s’engager personnellement.\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>\u003Cstrong>22 mai 1216\u003C/strong> : Louis débarque en Angleterre, dans le \u003Cstrong>Kent\u003C/strong>\u003C/li>\n\u003Cli>il s’empare de \u003Cstrong>Londres\u003C/strong> et obtient le soutien d’une partie du royaume\u003C/li>\n\u003Cli>plusieurs places fortes résistent cependant, notamment \u003Cstrong>Windsor\u003C/strong> et \u003Cstrong>Douvres\u003C/strong>\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>La situation bascule rapidement :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>\u003Cstrong>18 octobre 1216\u003C/strong> : mort de Jean sans Terre\u003C/li>\n\u003Cli>\u003Cstrong>28 octobre\u003C/strong> : couronnement du jeune \u003Cstrong>Henri III\u003C/strong> à Gloucester\u003C/li>\n\u003Cli>mise en place d’une régence dirigée par \u003Cstrong>Guillaume le Maréchal\u003C/strong>\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>Ce changement renforce le camp loyaliste, soutenu par la papauté. Louis est \u003Cstrong>excommunié\u003C/strong>, ce qui fragilise sa position.\u003C/p>\n\u003Cp>En \u003Cstrong>1217\u003C/strong>, la situation militaire se dégrade :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>\u003Cstrong>20 mai 1217\u003C/strong> : défaite de Louis à la \u003Cstrong>bataille de Lincoln\u003C/strong>\u003C/li>\n\u003Cli>\u003Cstrong>24 août 1217\u003C/strong> : défaite navale française à \u003Cstrong>Sandwich (Cinq-Ports)\u003C/strong>\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>\u003Cimg src=\"https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/f/f2/Battle_off_Sandwich.jpg\" alt=\"Bataille de Sandwich\">\n\u003Cem>Bataille de Sandwich: Matthew Paris, Public domain, via Wikimedia Commons\u003C/em>\u003C/p>\n\u003Cp>Privé de soutien et isolé, Louis doit renoncer :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>\u003Cstrong>septembre 1217\u003C/strong> : conclusion de la paix\u003C/li>\n\u003Cli>abandon de ses prétentions au trône d’Angleterre\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>Cette expédition, bien que prometteuse, se solde par un échec. Elle révèle toutefois la capacité de la monarchie capétienne à intervenir au-delà de ses frontières, tout en confirmant la prudence de Philippe, resté en retrait.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Cp>🔍 \u003Cstrong>\u003Ca href=\"/zoom/p5ch7z19\">Zoom – 1216–1217 : expédition d’Angleterre, Londres, Lincoln et Cinq-Ports\u003C/a>\u003C/strong>\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>⚔️ 1215–1221 : la croisade contre les Albigeois\u003C/h3>\n\u003Cp>Parallèlement, le Midi du royaume est marqué par la \u003Cstrong>croisade contre les Albigeois\u003C/strong>, lancée en 1209.\u003C/p>\n\u003Cp>Philippe Auguste adopte une position mesurée :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>il soutient l’entreprise sur le plan politique\u003C/li>\n\u003Cli>il évite toute implication directe prolongée\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>Son fils \u003Cstrong>Louis\u003C/strong> y participe ponctuellement :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>\u003Cstrong>1215\u003C/strong> : campagne dans le Midi aux côtés de \u003Cstrong>Simon de Montfort\u003C/strong>, avec passage par \u003Cstrong>Montpellier\u003C/strong>, \u003Cstrong>Narbonne\u003C/strong> et \u003Cstrong>Toulouse\u003C/strong>\u003C/li>\n\u003Cli>\u003Cstrong>1219\u003C/strong> : siège de \u003Cstrong>Toulouse\u003C/strong>, qui échoue après plusieurs semaines\u003C/li>\n\u003Cli>\u003Cstrong>1221\u003C/strong> : nouvelle expédition sans résultat décisif\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>Ces interventions illustrent une stratégie indirecte :\u003Cbr>\nle roi laisse agir ses vassaux et son héritier, tout en conservant ses forces pour les enjeux principaux du royaume.\u003C/p>\n\u003Cp>Dans le même temps, le Midi reste instable :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>reprises territoriales par les seigneurs locaux\u003C/li>\n\u003Cli>reconquêtes menées par \u003Cstrong>Raymond-Roger de Foix\u003C/strong> en \u003Cstrong>1221\u003C/strong>\u003C/li>\n\u003Cli>affaiblissement progressif du dispositif croisé initial\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Chr>\n\u003Cp>🔍 \u003Cstrong>\u003Ca href=\"/zoom/p5ch7z20\">Zoom – 1208–1221 : Albigeois, Montfort, Toulouse et expéditions de Louis\u003C/a>\u003C/strong>\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>🧾 1215–1222 : paix au nord et structuration du royaume\u003C/h3>\n\u003Cp>Après \u003Cstrong>1214\u003C/strong>, le nord du royaume connaît une relative stabilité. Les grands conflits militaires s’éloignent du cœur du domaine capétien, permettant au roi de renforcer ses structures.\u003C/p>\n\u003Cp>Plusieurs évolutions témoignent de cette consolidation :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>développement des institutions urbaines et universitaires\n\u003Cul>\n\u003Cli>\u003Cstrong>1215\u003C/strong> : statuts de l’\u003Cstrong>Université de Paris\u003C/strong> fixés par Robert de Courçon\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003C/li>\n\u003Cli>encadrement des élites et affirmation du pouvoir royal\u003C/li>\n\u003Cli>extension de l’influence capétienne par les successions et les alliances\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>Le Trésor royal atteint un niveau élevé, reflet des revenus tirés des conquêtes et de l’administration du domaine.\u003C/p>\n\u003Cp>\u003Cimg src=\"https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/4/41/Fran%C3%A7ais_5594%2C_fol._206bisv_haut%2C_Testament_de_Philippe-Auguste.jpeg\" alt=\"Testament de Philippe Auguste\" class=\"kb-img-contain\">\n\u003Cem>Testament de Philippe Auguste: Sébastien Mamerot and Jean Colombe, Les passages d’outremer, Public domain, via Wikimedia Commons\u003C/em>\u003C/p>\n\u003Cp>En \u003Cstrong>1222\u003C/strong>, Philippe Auguste rédige un \u003Cstrong>testament\u003C/strong>, alors que sa santé décline. Ce document :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>organise la transmission du pouvoir\u003C/li>\n\u003Cli>reflète l’importance des ressources accumulées\u003C/li>\n\u003Cli>témoigne de la volonté d’assurer la continuité dynastique\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Chr>\n\u003Cp>🔍 \u003Cstrong>\u003Ca href=\"/zoom/p5ch7z21\">Zoom – 1215–1222 : paix, successions, Trésor et testament\u003C/a>\u003C/strong>\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>⛪ Un royaume intégré aux dynamiques religieuses européennes\u003C/h3>\n\u003Cp>La période est également marquée par un renouvellement religieux important.\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>développement des \u003Cstrong>ordres mendiants\u003C/strong> :\n\u003Cul>\n\u003Cli>\u003Cstrong>1217–1221\u003C/strong> : organisation des \u003Cstrong>franciscains\u003C/strong>\u003C/li>\n\u003Cli>\u003Cstrong>1220–1221\u003C/strong> : structuration de l’ordre des \u003Cstrong>dominicains\u003C/strong>\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>Ces mouvements témoignent d’une transformation profonde de la vie religieuse, dans laquelle la monarchie capétienne s’inscrit sans en être directement l’initiatrice.\u003C/p>\n\u003Cp>Par ailleurs, les relations entre monarchie et papauté, tendues auparavant, sont désormais stabilisées, permettant au roi de bénéficier d’un cadre politique plus favorable.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>⚖️ Une monarchie stabilisée à la fin du règne\u003C/h3>\n\u003Cp>Entre \u003Cstrong>1214\u003C/strong> et \u003Cstrong>1223\u003C/strong>, Philippe Auguste ne cherche plus à multiplier les conquêtes spectaculaires. Son action vise avant tout à :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>consolider les territoires acquis\u003C/li>\n\u003Cli>renforcer les structures administratives\u003C/li>\n\u003Cli>assurer la transmission dynastique\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>Après plus de quarante ans de règne, Philippe Auguste meurt en \u003Cstrong>juillet 1223\u003C/strong>. Épuisé par un dernier voyage, il s’éteint à \u003Cstrong>Mantes\u003C/strong>. Le corps est ramené à Paris et les funérailles sont organisées à \u003Cstrong>Saint‑Denis\u003C/strong>. La mort du souverain est mise en scène avec les regalia et un rituel solennel : elle devient le dernier acte public de la souveraineté.\u003C/p>\n\u003Cp>À sa mort en \u003Cstrong>1223\u003C/strong>, le royaume de France apparaît profondément transformé :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>agrandi territorialement\u003C/li>\n\u003Cli>mieux organisé administrativement\u003C/li>\n\u003Cli>plus stable politiquement\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>\u003Cimg src=\"https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/6/61/Conquetes_Philippe_Auguste.png\" alt=\"Les conquêtes territoriales de Philippe Auguste, entre son avènement (1180) et sa mort (1223)\">\n\u003Cem>Les conquêtes territoriales de Philippe Auguste, entre son avènement (1180) et sa mort (1223): Vol de nuit, CC BY-SA 3.0 \u003Ca href=\"http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/\">http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/\u003C/a>, via Wikimedia Commons\u003C/em>\u003C/p>\n\u003Cp>La succession se fait sans crise majeure : \u003Cstrong>Louis VIII\u003C/strong> hérite d’un royaume plus vaste et d’une monarchie plus forte, désormais capable de poursuivre l’affirmation capétienne.\u003C/p>\n\u003Cp>🔍 \u003Cstrong>\u003Ca href=\"/zoom/p5ch7z22\">Zoom – 1222–1223 : fin de règne, testament et funérailles\u003C/a>\u003C/strong>\u003C/p>\n\u003Cp>🔍 \u003Cstrong>\u003Ca href=\"/zoom/p5ch7z6\">Zoom – 1223 : Louis VIII hérite d’un royaume transformé\u003C/a>\u003C/strong>\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch2>🧠 À retenir\u003C/h2>\n\u003Cul>\n\u003Cli>1180–1189 : stratégie d’équilibre, consolidation du centre, isolement des Plantagenêts.\u003C/li>\n\u003Cli>1190–1192 : croisade, prestige, mais priorité au continent.\u003C/li>\n\u003Cli>1199–1202 : Arthur/Jean, traité du Goulet, confiscation des fiefs.\u003C/li>\n\u003Cli>1203–1206 : Château‑Gaillard, capitulation de Rouen, Loire sécurisée.\u003C/li>\n\u003Cli>1206–1213 : consolidation (Auvergne, Boulogne, Flandre), stabilisation des gains.\u003C/li>\n\u003Cli>1214 : Bouvines, victoire et légitimation du roi fédérateur, sortie de guerre.\u003C/li>\n\u003Cli>1216–1217 : tentative capétienne en Angleterre portée par le prince Louis.\u003C/li>\n\u003Cli>1215–1222 : paix au nord, croisade intérieure par épisodes, finances et transmission.\u003C/li>\n\u003Cli>1190–1223 : administration et Paris renforcent une monarchie plus visible.\u003C/li>\n\u003Cli>1223 : succession préparée, dynamique capétienne accélérée.\u003C/li>\n\u003C/ul>\n",[21,24,27,30,33,36,39,42,45,48,51,54,57,60,63,66,69,72,75,78,81,84,87,90,93,96],{"id":22,"title":23},"p5ch7z1","1180 : avènement, premières manœuvres et priorités",{"id":25,"title":26},"p5ch7z10","1182 : expulsion, confiscations et réintégration (1198)",{"id":28,"title":29},"p5ch7z11","1190–1191 : Messine, Acre et la rivalité avec Richard",{"id":31,"title":32},"p5ch7z12","1191–1192 : la succession flamande",{"id":34,"title":35},"p5ch7z13","1193–1212 : Ingeburge, Agnès et l’interdit pontifical",{"id":37,"title":38},"p5ch7z14","1193–1199 : guerre contre Richard, Fréteval et Châlus",{"id":40,"title":41},"p5ch7z15","1199–1202 : Goulet, Arthur et confiscation des fiefs",{"id":43,"title":44},"p5ch7z16","1203–1204 : Château‑Gaillard et capitulation de Rouen",{"id":46,"title":47},"p5ch7z17","1206–1213 : consolidation, Auvergne et Boulogne",{"id":49,"title":50},"p5ch7z18","1213–1214 : Damme, La Roche‑aux‑Moines et sortie de guerre",{"id":52,"title":53},"p5ch7z19","1216–1217 : expédition d’Angleterre, Londres, Lincoln et Cinq‑Ports",{"id":55,"title":56},"p5ch7z2","1190–1192 : Troisième croisade et calcul politique",{"id":58,"title":59},"p5ch7z20","1208–1221 : Albigeois, Montfort, Toulouse et expéditions de Louis",{"id":61,"title":62},"p5ch7z21","1215–1222 : paix, successions, Trésor et testament",{"id":64,"title":65},"p5ch7z22","1222–1223 : fin de règne, testament et funérailles",{"id":67,"title":68},"p5ch7z23","Conquêtes, ost royal et “architecture philippienne”",{"id":70,"title":71},"p5ch7z24","Conseillers : Guérin, Villebéon et la “machine” capétienne",{"id":73,"title":74},"p5ch7z25","1190–1203 : baillis, prévôts, sénéchaux et comptes du royaume",{"id":76,"title":77},"p5ch7z26","Rex Franciæ, chroniques royales et hérédité de la couronne",{"id":79,"title":80},"p5ch7z3","1204 : la Normandie devient capétienne",{"id":82,"title":83},"p5ch7z4","1214 : Bouvines, bataille et propagande royale",{"id":85,"title":86},"p5ch7z5","Paris de Philippe Auguste : murailles, Louvre et capitale capétienne",{"id":88,"title":89},"p5ch7z6","1223 : Louis VIII hérite d’un royaume transformé",{"id":91,"title":92},"p5ch7z7","1165–1180 : “Dieudonné”, sacre anticipé et entrée dans le pouvoir",{"id":94,"title":95},"p5ch7z8","1185 : Boves et la rivalité flamande",{"id":97,"title":98},"p5ch7z9","1187–1189 : Jérusalem, prise de croix et mort d’Henri II","cover-p5ch7",true,false,"","1180 à 1223","Règne de Philippe Auguste : Normandie capétienne, Bouvines, Paris fortifié et montée en puissance (1180–1223). Philippe naît en 1165 . La naissance est","/assets/covers/cover-p5ch7.jpg",{"period":107,"chapters":112},{"id":5,"title":6,"titleEn":7,"titleEs":8,"coverArtworkId":108,"range":10,"rangeEn":10,"rangeEs":10,"cover":109},"bataille-bouvines",{"fileName":102,"filePageUrl":110,"imageUrl":111,"sourceLabel":15},"https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Bataille_de_Bouvines_gagnee_par_Philippe_Auguste.jpg","/assets/carousels/p5/Bataille_de_Bouvines_gagnee_par_Philippe_Auguste.jpg",[113,119,126,133,140,147,154,156,163,170,177,184,191,198,205,212,219,225,231],{"id":114,"title":115,"periodId":5,"thumbnailUrl":116,"thumbnailArtworkId":102,"hasEn":100,"isFallback":101,"teaser":117,"coverFit":102,"coverPosition":102,"chronicle":118,"realm":102,"ready":100},"p5ch1","Hugues Capet : naissance de la dynastie capétienne (987–996)","/assets/covers/cover-p5ch1.jpg","Élection de 987, association de Robert II, consolidation capétienne (987–996).","987 à 996",{"id":120,"title":121,"periodId":5,"thumbnailUrl":122,"thumbnailArtworkId":123,"hasEn":100,"isFallback":101,"teaser":124,"coverFit":102,"coverPosition":102,"chronicle":125,"realm":102,"ready":100},"p5ch2","Robert II le Pieux : consolider la monarchie capétienne (996–1031)","/assets/covers/cover-p5ch2.jpg","cover-p5ch2","Règne de Robert II : Église, alliances, Bourgogne, tensions religieuses et succession (996–1031).","996 à 1031",{"id":127,"title":128,"periodId":5,"thumbnailUrl":129,"thumbnailArtworkId":130,"hasEn":100,"isFallback":101,"teaser":131,"coverFit":102,"coverPosition":102,"chronicle":132,"realm":102,"ready":100},"p5ch3","Henri Ier : maintenir l’équilibre capétien (1031–1060)","/assets/covers/cover-p5ch3.jpg","cover-p5ch3","Règne d’Henri Ier : rivalités princières, arbitrages, montée normande et association de Philippe (1031–1060).","1031 à 1060",{"id":134,"title":135,"periodId":5,"thumbnailUrl":136,"thumbnailArtworkId":137,"hasEn":100,"isFallback":101,"teaser":138,"coverFit":102,"coverPosition":102,"chronicle":139,"realm":102,"ready":100},"p5ch4","Philippe Ier : durer dans la France féodale (1060–1108)","/assets/covers/cover-p5ch4.jpg","cover-p5ch4","Règne de Philippe Ier : régence, choc anglo-normand, crise matrimoniale et succession (1060–1108).","1060 à 1108",{"id":141,"title":142,"periodId":5,"thumbnailUrl":143,"thumbnailArtworkId":144,"hasEn":100,"isFallback":101,"teaser":145,"coverFit":102,"coverPosition":102,"chronicle":146,"realm":102,"ready":100},"p5ch5","Louis VI : le roi contre les seigneurs (1108–1137)","/assets/covers/cover-p5ch5.jpg","cover-p5ch5","Règne de Louis VI : pacification du domaine, alliances avec l’Église, communes et Oriflamme (1108–1137).","1108 à 1137",{"id":148,"title":149,"periodId":5,"thumbnailUrl":150,"thumbnailArtworkId":151,"hasEn":100,"isFallback":101,"teaser":152,"coverFit":102,"coverPosition":102,"chronicle":153,"realm":102,"ready":100},"p5ch6","Louis VII : croisade, Aquitaine perdue et défi Plantagenêt (1137–1180)","/assets/covers/cover-p5ch6.jpg","cover-p5ch6","Règne de Louis VII : Vitry, Deuxième croisade, rupture avec Aliénor et affrontement Plantagenêt (1137–1180).","1137 à 1180",{"id":17,"title":18,"periodId":5,"thumbnailUrl":105,"thumbnailArtworkId":99,"hasEn":100,"isFallback":101,"teaser":155,"coverFit":102,"coverPosition":102,"chronicle":103,"realm":102,"ready":100},"Règne de Philippe Auguste : Normandie capétienne, Bouvines, Paris fortifié et montée en puissance (1180–1223).",{"id":157,"title":158,"periodId":5,"thumbnailUrl":159,"thumbnailArtworkId":160,"hasEn":100,"isFallback":101,"teaser":161,"coverFit":102,"coverPosition":102,"chronicle":162,"realm":102,"ready":100},"p5ch8","Louis VIII le Lion : conquêtes méridionales et succession capétienne (1223–1226)","/assets/covers/cover-p5ch8.jpg","cover-p5ch8","Règne bref et décisif : reconquête à l’ouest, Avignon, croisade albigeoise et régence de Blanche (1223–1226).","1223 à 1226",{"id":164,"title":165,"periodId":5,"thumbnailUrl":166,"thumbnailArtworkId":167,"hasEn":100,"isFallback":101,"teaser":168,"coverFit":102,"coverPosition":102,"chronicle":169,"realm":102,"ready":100},"p5ch9","Louis IX (Saint Louis) : régence, justice royale et croisades (1226–1270)","/assets/covers/cover-p5ch9.jpg","cover-p5ch9","Régence, paix du Midi, justice royale, Sainte‑Chapelle et croisades (1226–1270).","1226 à 1270",{"id":171,"title":172,"periodId":5,"thumbnailUrl":173,"thumbnailArtworkId":174,"hasEn":100,"isFallback":101,"teaser":175,"coverFit":102,"coverPosition":102,"chronicle":176,"realm":102,"ready":100},"p5ch10","Philippe III le Hardi : continuité capétienne et crises méditerranéennes (1270–1285)","/assets/covers/cover-p5ch10.jpg","cover-p5ch10","Retour au domaine en 1271, concile de Lyon, Vêpres siciliennes et croisade d’Aragon (1270–1285).","1270 à 1285",{"id":178,"title":179,"periodId":5,"thumbnailUrl":180,"thumbnailArtworkId":181,"hasEn":100,"isFallback":101,"teaser":182,"coverFit":102,"coverPosition":102,"chronicle":183,"realm":102,"ready":100},"p5ch11","Philippe IV le Bel : État, fiscalité et choc avec la papauté (1285–1314)","/assets/covers/cover-p5ch11.jpg","cover-p5ch11","Flandre, États généraux, conflit avec la papauté, Templiers et Avignon (1285–1314).","1285 à 1314",{"id":185,"title":186,"periodId":5,"thumbnailUrl":187,"thumbnailArtworkId":188,"hasEn":100,"isFallback":101,"teaser":189,"coverFit":102,"coverPosition":102,"chronicle":190,"realm":102,"ready":100},"p5ch12","Louis X le Hutin : crise dynastique et réformes sous tension (1314–1316)","/assets/covers/cover-p5ch12.jpg","cover-p5ch12","Apaiser après 1314, ordonnances de 1315, et crise de succession de 1316.","1314 à 1316",{"id":192,"title":193,"periodId":5,"thumbnailUrl":194,"thumbnailArtworkId":195,"hasEn":100,"isFallback":101,"teaser":196,"coverFit":102,"coverPosition":102,"chronicle":197,"realm":102,"ready":100},"p5ch13","Philippe V le Long : stabiliser le royaume après la crise (1316–1322)","/assets/covers/cover-p5ch13.jpg","cover-p5ch13","Règle de succession, administration et maintien de l’ordre (1316–1322).","1316 à 1322",{"id":199,"title":200,"periodId":5,"thumbnailUrl":201,"thumbnailArtworkId":202,"hasEn":100,"isFallback":101,"teaser":203,"coverFit":102,"coverPosition":102,"chronicle":204,"realm":102,"ready":100},"p5ch14","Charles IV le Bel : dernier Capétien direct et bascule dynastique (1322–1328)","/assets/covers/cover-p5ch14.jpg","cover-p5ch14","Gascogne et tensions franco-anglaises, Avignon, et crise dynastique (1322–1328).","1322 à 1328",{"id":206,"title":207,"periodId":5,"thumbnailUrl":208,"thumbnailArtworkId":209,"hasEn":100,"isFallback":101,"teaser":210,"coverFit":102,"coverPosition":102,"chronicle":211,"realm":102,"ready":100},"p5ch15","Philippe VI de Valois : une dynastie nouvelle, une guerre qui s’ouvre (1328–1350)","/assets/covers/cover-p5ch15.jpg","cover-p5ch15","Naissance des Valois, rupture de 1337, Crécy, Calais et peste noire (1328–1350).","1328 à 1350",{"id":213,"title":214,"periodId":5,"thumbnailUrl":215,"thumbnailArtworkId":216,"hasEn":100,"isFallback":101,"teaser":217,"coverFit":102,"coverPosition":102,"chronicle":218,"realm":102,"ready":100},"p5ch16","Jean II le Bon : captivité, crise intérieure et traité de Brétigny (1350–1364)","/assets/covers/cover-p5ch16.jpg","cover-p5ch16","Poitiers (1356), crise parisienne, Jacquerie et traité de Brétigny (1350–1364).","1350 à 1364",{"id":220,"title":221,"periodId":5,"thumbnailUrl":222,"thumbnailArtworkId":102,"hasEn":100,"isFallback":101,"teaser":223,"coverFit":102,"coverPosition":102,"chronicle":224,"realm":102,"ready":100},"p5ch17","Charles V le Sage : reconquête, État et Schisme d’Occident (1364–1380)","/assets/covers/cover-p5ch17.jpg","Reconquête sous Charles V, du Guesclin et Schisme d’Occident (1364–1380).","1364 à 1380",{"id":226,"title":227,"periodId":5,"thumbnailUrl":228,"thumbnailArtworkId":102,"hasEn":100,"isFallback":101,"teaser":229,"coverFit":102,"coverPosition":102,"chronicle":230,"realm":102,"ready":100},"p5ch18","Charles VI : minorité, folie et guerre civile (1380–1422)","/assets/covers/cover-p5ch18.jpg","Minorité, révoltes urbaines, maladie du roi, guerre civile et traité de Troyes (1380–1422).","1380 à 1422",{"id":232,"title":233,"periodId":5,"thumbnailUrl":234,"thumbnailArtworkId":235,"hasEn":100,"isFallback":101,"teaser":236,"coverFit":102,"coverPosition":102,"chronicle":237,"realm":102,"ready":100},"p5ch19","Charles VII : Jeanne d’Arc, reconquête et restauration de l’État (1422–1461)","/assets/covers/cover-p5ch19.jpg","cover-p5ch19","Jeanne d’Arc, reconquête, Arras, réformes et consolidation de l’autorité royale (1422–1461).","1422 à 1461",1778543066209]