[{"data":1,"prerenderedAt":247},["ShallowReactive",2],{"chapter:p5ch9:fr":3,"chapters:p5:fr":115},{"period":4,"chapter":16},{"id":5,"title":6,"titleEn":7,"titleEs":8,"coverArtworkId":9,"range":10,"rangeEn":10,"rangeEs":10,"cover":11},"p5","Le Moyen Âge classique","High Middle Ages","Plena Edad Media","hannibal-alpes","987 → 1453",{"fileName":12,"filePageUrl":13,"imageUrl":14,"sourceLabel":15},"Facade-notre-dame-paris-ciel-bleu.JPG","https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Facade-notre-dame-paris-ciel-bleu.JPG","/assets/p5-moyen-age-classique-cover.png","Wikimedia Commons",{"id":17,"title":18,"periodId":5,"html":19,"zooms":20,"thumbnailArtworkId":108,"hasEn":109,"isFallback":110,"coverFit":111,"coverPosition":111,"chronicle":112,"realm":111,"seoDescription":113,"thumbnailUrl":114},"p5ch9","Louis IX (Saint Louis) : régence, justice royale et croisades (1226–1270)","\u003Cp>En \u003Cstrong>1226\u003C/strong>, Louis IX devient roi alors qu’il n’est encore qu’un enfant. Cette accession précoce pourrait fragiliser la monarchie. Pourtant, le pouvoir capétien ne vacille pas : il se \u003Cstrong>recompose autour d’une régence solide\u003C/strong>, d’un appareil administratif déjà structuré et d’une légitimité dynastique désormais affirmée.\u003C/p>\n\u003Cp>Le royaume hérité de Louis VIII est plus vaste, plus cohérent et mieux organisé. Mais cet héritage doit être consolidé : le Midi reste instable, les grands princes demeurent puissants, et les équilibres européens sont encore fragiles.\u003C/p>\n\u003Cp>Le règne de Louis IX marque une transformation : la monarchie devient \u003Cstrong>judiciaire, morale et arbitre\u003C/strong>, et non plus seulement conquérante.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch2>I. 👑 1226–1234 — Régence : tenir le royaume\u003C/h2>\n\u003Cp>La mort de \u003Cstrong>Louis VIII\u003C/strong> laisse un héritier mineur. Le pouvoir est assuré par sa mère, \u003Cstrong>Blanche de Castille\u003C/strong>, qui s’impose rapidement comme régente.\u003C/p>\n\u003Cp>\u003Cimg src=\"https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/8/87/Louis_ix_sacre.jpg\" alt=\"Sacre de Saint Louis\" class=\"kb-img-contain\">\n\u003Cem>Sacre de Saint Louis (Louis IX de France) à Reims, miniature de l’Ordo du sacre de 1250 : Bibliothèque nationale de France, Public domain, via Wikimedia Commons\u003C/em>\u003C/p>\n\u003Cp>Le sacre du jeune roi le \u003Cstrong>29 novembre 1226\u003C/strong> à \u003Cstrong>Reims\u003C/strong> est organisé dans l’urgence afin d’empêcher toute contestation : il s’agit de faire de \u003Cstrong>Louis IX\u003C/strong> un roi pleinement légitime avant que les grands ne puissent intervenir.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>⚔️ 1227–1230 : coalitions féodales et premières résistances\u003C/h3>\n\u003Cp>Dès le début de la régence, l’autorité de \u003Cstrong>Blanche de Castille\u003C/strong> est contestée par une partie de la haute aristocratie. La minorité de \u003Cstrong>Louis IX\u003C/strong>, l’influence d’une reine d’origine étrangère et la perspective d’un pouvoir central renforcé nourrissent les inquiétudes de plusieurs grands seigneurs, qui cherchent à profiter de la transition dynastique pour retrouver une plus grande autonomie.\u003C/p>\n\u003Cp>Parmi les principaux opposants figurent :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>\u003Cstrong>Pierre Mauclerc\u003C/strong>, duc de Bretagne, prince ambitieux déjà engagé dans une politique d’indépendance vis-à-vis de la couronne\u003C/li>\n\u003Cli>\u003Cstrong>Thibaut IV de Champagne\u003C/strong>, dont la position est stratégique dans l’est du royaume\u003C/li>\n\u003Cli>\u003Cstrong>Philippe Hurepel\u003C/strong>, comte de Boulogne, fils légitimé de Philippe Auguste\u003C/li>\n\u003Cli>\u003Cstrong>Enguerrand III de Coucy\u003C/strong>, l’un des plus puissants barons du nord du royaume\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>Cette opposition ne constitue toutefois pas un bloc homogène. Chacun de ces princes poursuit avant tout ses propres intérêts : certains cherchent à obtenir des avantages territoriaux, d’autres à peser sur le gouvernement du jeune roi, d’autres encore à empêcher la régente de consolider l’autorité capétienne. Cette diversité d’objectifs limite la cohésion de la coalition.\u003C/p>\n\u003Cp>\u003Cimg src=\"https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/5/55/Blanche_of_Castile_and_King_Louis_IX_of_France.jpg\" alt=\"La reine Blanche de Castille et le roi Louis IX\" class=\"kb-img-contain\">\n\u003Cem>Détail d’une miniature représentant Blanche de Castille et le roi Louis IX dans la Bible moralisée de Tolède, dite bible de Saint Louis.: The Morgan Library &amp; Museum, Public domain, via Wikimedia Commons\u003C/em>\u003C/p>\n\u003Cp>Dès \u003Cstrong>février 1227\u003C/strong>, Blanche de Castille parvient à exploiter ces divisions. Le \u003Cstrong>20 février\u003C/strong>, \u003Cstrong>Thibaut IV de Champagne\u003C/strong> abandonne le camp des mécontents et rend hommage à la régente. Quelques semaines plus tard, le \u003Cstrong>16 mars 1227\u003C/strong>, le \u003Cstrong>traité de Vendôme\u003C/strong> marque la soumission des comtes de \u003Cstrong>Bretagne\u003C/strong> et de \u003Cstrong>la Marche\u003C/strong>. Par une combinaison de négociations, de concessions ciblées et de démonstrations de fermeté, la régente évite qu’une coalition unique ne se forme durablement contre elle.\u003C/p>\n\u003Cp>La contestation ne disparaît cependant pas. À la fin de l’année \u003Cstrong>1227\u003C/strong>, une nouvelle révolte des grands vassaux éclate. Les adversaires de Blanche tentent alors de porter un coup décisif à la régence en cherchant à s’emparer du jeune roi près de \u003Cstrong>Montlhéry\u003C/strong>. Une telle capture aurait permis de contrôler directement la personne du souverain, et donc de gouverner en son nom. L’opération échoue grâce à la réaction rapide de la régente, qui parvient à protéger son fils et à préserver la continuité du pouvoir royal.\u003C/p>\n\u003Cp>Dans cette crise, le soutien de l’\u003Cstrong>Église\u003C/strong> et des \u003Cstrong>villes\u003C/strong> joue un rôle essentiel. Les prélats, attachés à la stabilité dynastique, appuient la légitimité du jeune roi. Les communautés urbaines, en particulier celle de \u003Cstrong>Paris\u003C/strong>, se mobilisent également en faveur de la monarchie. Cet appui montre que le pouvoir capétien ne repose plus uniquement sur les fidélités féodales traditionnelles : il bénéficie aussi du soutien d’acteurs collectifs qui voient dans la royauté un facteur d’ordre et de protection.\u003C/p>\n\u003Cp>Les années \u003Cstrong>1227–1230\u003C/strong> apparaissent ainsi comme une première épreuve pour la régence. Elles révèlent à la fois la fragilité persistante de l’autorité monarchique face aux grands princes et la capacité nouvelle de la couronne à surmonter ces crises en s’appuyant sur des relais politiques, ecclésiastiques et urbains.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>🌍 Angleterre et menaces extérieures\u003C/h3>\n\u003Cp>La régence de \u003Cstrong>Blanche de Castille\u003C/strong> ne doit pas seulement contenir les révoltes intérieures : elle doit aussi faire face à une menace extérieure permanente, celle d’un retour offensif des \u003Cstrong>Plantagenêts\u003C/strong>. Malgré les pertes subies depuis le règne de \u003Cstrong>Philippe Auguste\u003C/strong>, la monarchie anglaise n’a pas renoncé à reprendre pied sur le continent.\u003C/p>\n\u003Cp>En \u003Cstrong>1227\u003C/strong>, \u003Cstrong>Henri III d’Angleterre\u003C/strong> commence à exercer personnellement le pouvoir. Son gouvernement s’entoure alors de conseillers et de favoris venus de l’espace continental, notamment du \u003Cstrong>Poitou\u003C/strong>, région où subsistent des réseaux de fidélité liés aux anciens domaines plantagenêts. Cette orientation nourrit l’espoir d’une reprise de l’influence anglaise dans l’ouest du royaume de France.\u003C/p>\n\u003Cp>La situation française paraît, en apparence, favorable à une telle entreprise. Le roi \u003Cstrong>Louis IX\u003C/strong> est encore mineur, la régence est contestée par plusieurs grands princes, et certaines principautés de l’Ouest, en particulier la \u003Cstrong>Bretagne\u003C/strong>, restent des zones d’instabilité. Pour Henri III, la faiblesse supposée du gouvernement capétien peut offrir l’occasion de rouvrir le dossier des possessions perdues par ses prédécesseurs.\u003C/p>\n\u003Cp>\u003Cimg src=\"https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/3/38/Chartres%2C_Rose_sud%2C_Lancettes_122_04_01.jpg\" alt=\"Pierre Mauclerc\" class=\"kb-img-contain\">\n\u003Cem>Pierre de Dreux, dit Mauclerc: Vladimir Renard, CC BY-SA 4.0 \u003Ca href=\"https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0\">https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0\u003C/a>, via Wikimedia Commons\u003C/em>\u003C/p>\n\u003Cp>C’est dans ce contexte qu’intervient le rapprochement avec \u003Cstrong>Pierre Mauclerc\u003C/strong>, duc de Bretagne. Hostile à Blanche de Castille et désireux de préserver sa liberté d’action, celui-ci trouve dans l’alliance anglaise un moyen de faire pression sur la régence. L’entente entre le roi d’Angleterre et le duc de Bretagne fait peser le risque d’une offensive combinée, susceptible de prendre la monarchie capétienne en tenaille entre révoltes intérieures et intervention étrangère.\u003C/p>\n\u003Cp>En \u003Cstrong>1230\u003C/strong>, Henri III débarque à \u003Cstrong>Saint-Malo\u003C/strong>. L’opération vise à soutenir ses alliés bretons, à rallumer l’opposition féodale et, plus largement, à tester la solidité de la régence. Toutefois, cette tentative ne débouche pas sur une véritable reconquête.\u003C/p>\n\u003Cp>Plusieurs facteurs expliquent cet échec :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>l’absence de soulèvement général en faveur du roi d’Angleterre\u003C/li>\n\u003Cli>la faiblesse des appuis locaux durables\u003C/li>\n\u003Cli>la capacité de Blanche de Castille à empêcher la jonction entre opposition intérieure et offensive extérieure\u003C/li>\n\u003Cli>la difficulté pour Henri III de transformer un débarquement en campagne profonde sur le territoire français\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>L’intervention anglaise conserve ainsi un caractère limité. Elle inquiète la régence, mais ne parvient pas à bouleverser le rapport de force. La monarchie capétienne évite une guerre extérieure majeure au moment même où elle affronte encore des résistances aristocratiques à l’intérieur du royaume.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>🧩 1229 : crise universitaire et réorganisation du Midi\u003C/h3>\n\u003Cp>L’année \u003Cstrong>1229\u003C/strong> constitue un moment charnière du début du règne de Louix IX : deux crises distinctes — l’une à Paris, l’autre dans le Midi — illustrent à la fois les tensions internes du royaume et la capacité croissante de la monarchie capétienne à les encadrer.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>🏛️ Paris : une crise universitaire majeure\u003C/h3>\n\u003Cp>À Paris, la situation dégénère au début de l’année.\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>\u003Cstrong>février 1229 (Mardi gras)\u003C/strong> : une rixe oppose des étudiants à des habitants dans une taverne\u003C/li>\n\u003Cli>l’intervention des sergents royaux provoque la mort de plusieurs étudiants\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>Cet épisode déclenche une réaction immédiate de l’\u003Cstrong>Université de Paris\u003C/strong>, alors en pleine structuration. Les maîtres et les étudiants dénoncent une atteinte à leurs privilèges et à leur statut juridique particulier.\u003C/p>\n\u003Cp>En réponse :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>\u003Cstrong>mars 1229\u003C/strong> : déclenchement d’une \u003Cstrong>grève générale\u003C/strong>\u003C/li>\n\u003Cli>suspension des cours\u003C/li>\n\u003Cli>départ de nombreux maîtres vers d’autres centres intellectuels (notamment \u003Cstrong>Oxford\u003C/strong>)\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>Pendant plus de deux ans, Paris se trouve privée d’une partie de son activité intellectuelle, ce qui affecte son prestige et son rôle de centre universitaire majeur.\u003C/p>\n\u003Cp>La crise aboutit à une intervention pontificale décisive :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>\u003Cstrong>1231\u003C/strong> : bulle \u003Cem>Parens scientiarum\u003C/em> promulguée par Le pape Grégoire IX\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>Ce texte fondateur :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>place l’Université sous la protection directe du pape\u003C/li>\n\u003Cli>reconnaît son autonomie institutionnelle\u003C/li>\n\u003Cli>lui accorde le droit de suspendre l’enseignement en cas de conflit\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>L’Université de Paris devient ainsi une \u003Cstrong>corporation autonome\u003C/strong>, disposant d’un statut juridique reconnu à l’échelle de la chrétienté.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>⚖️ Le Midi : fin d’un cycle de guerre\u003C/h3>\n\u003Cp>Au même moment, la situation du Midi connaît une transformation décisive.\u003C/p>\n\u003Cp>En \u003Cstrong>1229\u003C/strong>, la signature du \u003Cstrong>traité de Meaux-Paris\u003C/strong> (12 avril) marque une étape décisive dans l’intégration du Midi au royaume capétien, en mettant fin à une phase majeure de la croisade albigeoise.\u003C/p>\n\u003Cp>\u003Cimg src=\"https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/0/07/LouisIX_RaymondVII.jpg\" alt=\"Le comte de Toulouse Raymond VII se soumettant au roi de France Louis IX\" class=\"kb-img-contain\">\n\u003Cem>Le comte de Toulouse Raymond VII se soumettant au roi de France Louis IX: Unknown author, Public domain, via Wikimedia Commons\u003C/em>\u003C/p>\n\u003Cp>Conclu entre Saint Louis et Raymond VII comte de Toulouse, l’accord impose plusieurs dispositions structurantes :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>reconnaissance de la \u003Cstrong>suzeraineté royale\u003C/strong> par le comte de Toulouse ;\u003C/li>\n\u003Cli>\u003Cstrong>cession de territoires\u003C/strong> au profit de la couronne ;\u003C/li>\n\u003Cli>\u003Cstrong>démantèlement de fortifications\u003C/strong> ;\u003C/li>\n\u003Cli>engagement à lutter contre l’\u003Cstrong>hérésie\u003C/strong> sous contrôle ecclésiastique.\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>Le traité prévoit également une solution dynastique destinée à assurer l’intégration durable du comté de Toulouse :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>mariage de \u003Cstrong>Jeanne de Toulouse\u003C/strong> avec Alphonse de Poitiers, fils de Louis VIII ;\u003C/li>\n\u003Cli>retour programmé des territoires à la couronne en l’absence d’héritier direct.\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>Ce dispositif permet d’éviter une annexion immédiate tout en garantissant, à terme, le rattachement au domaine royal.\u003C/p>\n\u003Cp>Parallèlement, la présence capétienne s’affirme dans la région :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>installation d’une \u003Cstrong>administration royale\u003C/strong> ;\u003C/li>\n\u003Cli>développement de structures de contrôle ;\u003C/li>\n\u003Cli>fondation de l’\u003Cstrong>université de Toulouse\u003C/strong>, destinée à encadrer la formation doctrinale dans un contexte de lutte contre l’hérésie.\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>Ainsi, le Midi évolue progressivement :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>d’un espace politiquement autonome ;\u003C/li>\n\u003Cli>vers un territoire intégré à l’orbite du pouvoir capétien.\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>Le traité de 1229 constitue dès lors un tournant dans la construction territoriale du royaume de France, en transformant une domination militaire en intégration politique durable.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>🎓 Toulouse : un instrument contre l’hérésie\u003C/h3>\n\u003Cp>Dans ce contexte, la création de l’\u003Cstrong>université de Toulouse\u003C/strong> répond à un objectif précis.\u003C/p>\n\u003Cp>Fondée sous l’impulsion de la papauté, elle vise à :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>former des clercs capables de lutter contre les doctrines cathares\u003C/li>\n\u003Cli>diffuser l’enseignement orthodoxe\u003C/li>\n\u003Cli>renforcer le contrôle intellectuel et religieux du Midi\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>L’université devient ainsi un outil politique autant qu’intellectuel.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>⛪ Religion, hérésie et contrôle social\u003C/h3>\n\u003Cp>La régence de Blanche de Castille s’inscrit dans un contexte de renforcement du contrôle religieux à l’échelle du royaume et de la chrétienté occidentale. La lutte contre l’hérésie, déjà engagée au début du XIIIe siècle, se prolonge désormais par des instruments juridiques, institutionnels et sociaux plus structurés.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>⚖️ Encadrer les minorités : la question juive\u003C/h3>\n\u003Cp>Dès \u003Cstrong>1227\u003C/strong>, le \u003Cstrong>concile de Narbonne\u003C/strong> impose des mesures visant les communautés juives :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>obligation du port de la \u003Cstrong>rouelle\u003C/strong>, signe distinctif vestimentaire\u003C/li>\n\u003Cli>restrictions de circulation pendant certaines fêtes chrétiennes, notamment la \u003Cstrong>Semaine sainte\u003C/strong>\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>Ces dispositions répondent à une double logique :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>marquer la séparation religieuse entre chrétiens et non-chrétiens\u003C/li>\n\u003Cli>prévenir les tensions sociales et les violences populaires\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>Dans le même temps, les autorités ecclésiastiques rappellent que les Juifs doivent être protégés contre les abus, révélant une politique ambivalente mêlant \u003Cstrong>discrimination et protection\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>🔍 1231–1233 : naissance de l’Inquisition pontificale\u003C/h3>\n\u003Cp>Face à la persistance des courants jugés hérétiques, en particulier du catharisme, la papauté met en place au début des années 1230 un dispositif de répression plus structuré et centralisé.\u003C/p>\n\u003Cp>En \u003Cstrong>1231\u003C/strong>, le pape \u003Cstrong>Grégoire IX\u003C/strong> organise la lutte contre l’hérésie à l’échelle de la chrétienté latine. Cette politique se concrétise en \u003Cstrong>1233\u003C/strong> par la désignation des premiers \u003Cstrong>inquisiteurs pontificaux\u003C/strong>, le plus souvent issus des ordres mendiants, en particulier des \u003Cstrong>dominicains\u003C/strong>, auxquels est confiée la mission de rechercher, d’interroger et de juger les personnes soupçonnées d’hérésie.\u003C/p>\n\u003Cp>Cette nouvelle institution, désignée dans les textes sous le nom d’\u003Cem>Inquisitio hereticae pravitatis\u003C/em>, se distingue par plusieurs traits caractéristiques. Elle repose sur une \u003Cstrong>procédure d’enquête systématique\u003C/strong> portant sur les croyances et les pratiques religieuses, sur une \u003Cstrong>centralisation accrue sous l’autorité pontificale\u003C/strong>, ainsi que sur le recours à des \u003Cstrong>tribunaux spécialisés\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>La création de l’Inquisition pontificale marque ainsi une évolution importante dans la lutte contre l’hérésie. Celle-ci ne relève plus uniquement de l’action des évêques dans le cadre diocésain, mais d’une \u003Cstrong>institution permanente, spécialisée et directement soutenue par la papauté\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>🕸️ Un réseau judiciaire en expansion\u003C/h3>\n\u003Cp>L’Inquisition s’implante progressivement dans les régions les plus concernées par les dissidences religieuses. Parmi ses principaux centres d’activité figurent \u003Cstrong>Toulouse\u003C/strong>, foyer majeur du catharisme, \u003Cstrong>Montpellier\u003C/strong>, important carrefour intellectuel et commercial, ainsi qu’\u003Cstrong>Avignon\u003C/strong>, située à la jonction du royaume de France et de l’espace pontifical.\u003C/p>\n\u003Cp>Dans ces villes et dans leurs ressorts, des tribunaux ecclésiastiques sont progressivement mis en place afin de rechercher et de réprimer l’hérésie. Leur action comprend l’\u003Cstrong>interrogatoire des suspects\u003C/strong>, la \u003Cstrong>collecte de témoignages\u003C/strong>, l’\u003Cstrong>instruction des affaires\u003C/strong> et le \u003Cstrong>prononcé des sentences\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>Le fonctionnement de ce dispositif repose également sur l’appui du pouvoir séculier. Le pouvoir royal apporte un concours essentiel, notamment par le \u003Cstrong>financement partiel des opérations\u003C/strong>, par la \u003Cstrong>mise à disposition de forces chargées de l’exécution des peines\u003C/strong>, ainsi que par le relais de ses \u003Cstrong>agents administratifs locaux\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>L’Inquisition apparaît ainsi comme le résultat d’une \u003Cstrong>coopération étroite entre l’Église et les pouvoirs politiques\u003C/strong>, associant autorité religieuse, procédures judiciaires spécialisées et soutien des autorités laïques.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>⚔️ 1231–1234 : stabilisation et fin des révoltes\u003C/h3>\n\u003Cp>À partir de \u003Cstrong>1231\u003C/strong>, la régence de Blanche de Castille entre dans une phase de stabilisation. Après plusieurs années de tensions, les grandes coalitions féodales qui avaient contesté l’autorité royale se désagrègent progressivement, faute de coordination durable et face à la fermeté du pouvoir capétien.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>🕊️ 1231 : trêve et reflux des oppositions\u003C/h3>\n\u003Cp>Un tournant intervient en \u003Cstrong>1231\u003C/strong> avec la conclusion d’accords destinés à apaiser les principaux foyers de révolte nés au début de la régence de \u003Cstrong>Blanche de Castille\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>Le \u003Cstrong>4 juillet 1231\u003C/strong>, une \u003Cstrong>trêve de trois ans\u003C/strong> est conclue à \u003Cstrong>Saint-Aubin-du-Cormier\u003C/strong> entre la régente et \u003Cstrong>Pierre Mauclerc\u003C/strong>, duc de Bretagne. Cet accord marque un infléchissement dans les rapports de force entre la couronne et les princes ligués contre le pouvoir capétien.\u003C/p>\n\u003Cp>À partir de cette date, les grands princes, de plus en plus isolés, renoncent progressivement à la confrontation directe. Les alliances hostiles à la régente se désagrègent peu à peu, faute de coordination durable et en raison de la fermeté de la politique royale.\u003C/p>\n\u003Cp>La stratégie de Blanche de Castille associe plusieurs moyens d’action : des \u003Cstrong>concessions ciblées\u003C/strong>, sous la forme de rentes, de garanties ou de restitutions, des \u003Cstrong>pressions militaires\u003C/strong> lorsque la situation l’exige, ainsi qu’une \u003Cstrong>activité diplomatique soutenue\u003C/strong> destinée à empêcher toute reconstitution des ligues féodales.\u003C/p>\n\u003Cp>Cette politique permet d’éviter une reprise générale du conflit et favorise le retour progressif des grands vassaux dans l’orbite de la monarchie capétienne.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>🏰 Renforcement de l’autorité capétienne\u003C/h3>\n\u003Cp>La disparition progressive des grandes coalitions féodales ne correspond pas à un simple retour à l’équilibre antérieur, mais à une modification durable du rapport de force au profit de la couronne.\u003C/p>\n\u003Cp>Le pouvoir royal sort renforcé de cette phase de troubles. La monarchie affirme davantage son rôle d’\u003Cstrong>arbitre des conflits\u003C/strong>, consolide les \u003Cstrong>réseaux de fidélité\u003C/strong> organisés autour de la couronne et bénéficie du soutien accru des \u003Cstrong>villes\u003C/strong> comme de l’\u003Cstrong>Église\u003C/strong>, qui voient en elle un facteur de stabilité politique et sociale.\u003C/p>\n\u003Cp>Parallèlement, la régence s’appuie sur des institutions en voie de consolidation. L’\u003Cstrong>administration royale\u003C/strong> se structure davantage, les \u003Cstrong>relais locaux\u003C/strong> du pouvoir, tels que les baillis et les prévôts, voient leur rôle renforcé, tandis que la \u003Cstrong>justice royale\u003C/strong> poursuit son développement.\u003C/p>\n\u003Cp>Le royaume tend ainsi à ne plus apparaître uniquement comme une juxtaposition de principautés féodales, mais comme un espace de plus en plus soumis à l’autorité centrale de la monarchie capétienne.\u003C/p>\n\u003Ch3>👑 1234 : fin de la régence et majorité royale\u003C/h3>\n\u003Cp>L’année \u003Cstrong>1234\u003C/strong> marque une étape décisive dans le règne de \u003Cstrong>Louis IX\u003C/strong>, avec la fin de la régence exercée par sa mère, \u003Cstrong>Blanche de Castille\u003C/strong>, depuis la mort de \u003Cstrong>Louis VIII\u003C/strong> en 1226.\u003C/p>\n\u003Cp>Parvenu à l’âge de gouverner, le jeune roi entre alors dans une nouvelle phase de son règne. Cette transition est symboliquement renforcée par son mariage avec \u003Cstrong>Marguerite de Provence\u003C/strong>, célébré le \u003Cstrong>27 mai 1234\u003C/strong> à \u003Cstrong>Sens\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>\u003Cimg src=\"https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/2/2b/Marguerite-provence2.jpg\" alt=\"Mariage de Louis IX et de Marguerite de Provence\" class=\"kb-img-contain\">\n\u003Cem>Mariage de Louis IX et de Marguerite de Provence. Miniature extraite de la \u003Cstrong>Vie et miracles de saint Louis\u003C/strong> de Guillaume de Saint-Pathus, atelier de Jean Pucelle, domaine public, via Wikimedia Commons.\u003C/em>\u003C/p>\n\u003Cp>Cette union présente un double enjeu. Sur le plan \u003Cstrong>dynastique\u003C/strong>, elle contribue à assurer la continuité de la lignée capétienne. Sur le plan \u003Cstrong>politique\u003C/strong>, elle renforce les liens de la monarchie avec la Provence et, plus largement, avec les principautés méridionales.\u003C/p>\n\u003Cp>À partir de \u003Cstrong>1234\u003C/strong>, Louis IX commence à exercer personnellement l’autorité royale. Toutefois, dans les premières années de son gouvernement, \u003Cstrong>Blanche de Castille\u003C/strong> conserve une influence importante dans la conduite des affaires du royaume.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>⚖️ Une transition réussie\u003C/h3>\n\u003Cp>La période \u003Cstrong>1231–1234\u003C/strong> constitue l’aboutissement de la régence :\u003C/p>\n\u003Cul>\n\u003Cli>les révoltes féodales ont été contenues\u003C/li>\n\u003Cli>les menaces extérieures neutralisées\u003C/li>\n\u003Cli>l’autorité royale consolidée\u003C/li>\n\u003C/ul>\n\u003Cp>La monarchie capétienne démontre sa capacité à traverser une minorité royale sans s’effondrer, confirmant son évolution vers un pouvoir plus stable et institutionnalisé.\u003C/p>\n\u003Cp>Cette stabilisation prépare le règne personnel de Louis IX, qui pourra s’appuyer sur un royaume pacifié pour développer une monarchie fondée sur la justice, la piété et l’arbitrage.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch2>II. ⚜️ 1235–1243 : affirmation du règne de Louis IX et nouvelles tensions dans le royaume\u003C/h2>\n\u003Cp>Entre \u003Cstrong>1235\u003C/strong> et \u003Cstrong>1243\u003C/strong>, le règne de \u003Cstrong>Louis IX\u003C/strong> entre dans une phase nouvelle, marquée à la fois par l’affermissement de l’autorité monarchique, par la poursuite des tensions religieuses et par la réorganisation des équilibres féodaux dans plusieurs principautés du royaume.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>🔄 1235 : recompositions politiques et tensions religieuses\u003C/h3>\n\u003Cp>L’année \u003Cstrong>1235\u003C/strong> est marquée par plusieurs évolutions significatives dans les espaces périphériques du royaume. Le \u003Cstrong>16 janvier\u003C/strong>, le duc de Bretagne \u003Cstrong>Jean Ier le Roux\u003C/strong> épouse \u003Cstrong>Blanche de Champagne\u003C/strong>, fille du comte de Champagne \u003Cstrong>Thibaut IV\u003C/strong>, renforçant ainsi les liens entre deux grandes principautés.\u003C/p>\n\u003Cp>Dans le Midi, la situation religieuse demeure tendue. Le \u003Cstrong>6 novembre\u003C/strong>, les \u003Cstrong>dominicains\u003C/strong> sont expulsés de \u003Cstrong>Toulouse\u003C/strong>, signe des résistances persistantes à l’action inquisitoriale dans une région encore profondément marquée par les suites de la croisade contre les Albigeois.\u003C/p>\n\u003Cp>Dans le nord du royaume, le pouvoir comtal en \u003Cstrong>Flandre\u003C/strong>, affaibli, multiplie les concessions en faveur des grandes villes. \u003Cstrong>Jeanne de Flandre\u003C/strong> confirme ainsi la \u003Cstrong>charte de commune de Lille\u003C/strong>, dans un contexte où les cités flamandes, enrichies par le commerce, voient leur poids politique s’accroître. La même période est également marquée par une réglementation des \u003Cstrong>tournois\u003C/strong> lors de la table ronde d’\u003Cstrong>Hesdin\u003C/strong>, illustrant l’encadrement croissant des pratiques nobiliaires.\u003C/p>\n\u003Cp>Sur le plan intellectuel, ces années correspondent aussi au rayonnement de l’\u003Cstrong>université de Paris\u003C/strong>, où \u003Cstrong>Bonaventure\u003C/strong> poursuit ses études sous la direction d’\u003Cstrong>Alexandre de Hales\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>✍️ 1236–1237 : exercice personnel du pouvoir et consolidation dynastique\u003C/h3>\n\u003Cp>Le \u003Cstrong>25 avril 1236\u003C/strong> marque le début effectif du gouvernement personnel de \u003Cstrong>Louis IX\u003C/strong>, après les années de régence dominées par \u003Cstrong>Blanche de Castille\u003C/strong>. Celle-ci demeure cependant une figure centrale du pouvoir capétien, comme en témoigne la fondation de l’\u003Cstrong>abbaye de Maubuisson\u003C/strong> à la \u003Cstrong>Pentecôte 1236\u003C/strong>, établissement cistercien appelé à devenir l’un des grands monastères royaux.\u003C/p>\n\u003Cp>La même année, le \u003Cstrong>10 juin 1236\u003C/strong>, le \u003Cstrong>concile de Tours\u003C/strong> rappelle l’interdiction faite aux chrétiens de tuer les Juifs, de les frapper ou de piller leurs biens, ce qui témoigne à la fois de la vulnérabilité des communautés juives et de la volonté de l’Église d’encadrer les violences dont elles sont victimes.\u003C/p>\n\u003Cp>\u003Cimg src=\"https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/3/39/Joanna_Constantinopolitana%2C_PB00781.jpg\" alt=\"Jeanne de FlandreJeanne de Constantinople, Ferrand de Portugal et Thomas II de Savoie\" class=\"kb-img-contain\">\n\u003Cem>Thomas II de Savoie, second époux de Jeanne de Constantinople, comte de Flandre par mariage.: Johanna, Countess of Flanders and Hainaut (c. 1194-1244) (depicted), Public domain, via Wikimedia Commons\u003C/em>\u003C/p>\n\u003Cp>En \u003Cstrong>1237\u003C/strong>, plusieurs événements soulignent la recomposition des rapports féodaux. Le \u003Cstrong>2 avril\u003C/strong>, \u003Cstrong>Thomas II de Piémont\u003C/strong> devient \u003Cstrong>comte de Flandre\u003C/strong> par son mariage avec \u003Cstrong>Jeanne de Flandre\u003C/strong>. Le \u003Cstrong>7 juin\u003C/strong>, \u003Cstrong>Robert d’Artois\u003C/strong> reçoit en apanage le \u003Cstrong>comté d’Artois\u003C/strong> de son frère \u003Cstrong>Louis IX\u003C/strong>, selon une pratique qui permet à la monarchie de récompenser les princes du sang tout en maintenant leur insertion dans l’ordre capétien.\u003C/p>\n\u003Cp>Cette logique d’intégration touche également la Bretagne : le \u003Cstrong>16 novembre 1237\u003C/strong>, \u003Cstrong>Jean Ier le Roux\u003C/strong> rend hommage au roi de France à \u003Cstrong>Paris\u003C/strong>, marquant le renforcement du lien vassalique entre le duché de Bretagne et la couronne. Cette évolution accompagne le retrait progressif de \u003Cstrong>Pierre Mauclerc\u003C/strong>, qui abandonne de fait le gouvernement du duché à son fils parvenu à l’âge de gouverner.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>🔥 1237–1240 : résistances à l’Inquisition et durcissement religieux\u003C/h3>\n\u003Cp>Dans le Midi, la mise en œuvre de l’\u003Cstrong>Inquisition\u003C/strong> continue de susciter de fortes oppositions. Le \u003Cstrong>24 juillet 1237\u003C/strong>, les inquisiteurs excommunient le \u003Cstrong>viguier\u003C/strong> et les \u003Cstrong>consuls de Toulouse\u003C/strong>, accusés d’avoir refusé d’exécuter des sentences prononcées contre des hérétiques. Peu après, \u003Cstrong>Raymond VII de Toulouse\u003C/strong> obtient la \u003Cstrong>suspension de l’Inquisition\u003C/strong> dans ses États pour une durée de quatre ans, suspension effective à partir d’\u003Cstrong>octobre 1237\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>\u003Cimg src=\"https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/4/4d/Contemporary_illustration_of_the_Auto-da-fe_held_at_Validolid_Spain_21-05-1559..jpg\" alt=\"Illustration d'autodafé au moyen age\" class=\"kb-img-contain\">\n\u003Cem>Illustration d’autodafé au moyen age: Bibliothèque nationale de France, Public domain, via Wikimedia Commons\u003C/em>\u003C/p>\n\u003Cp>Parallèlement, les années \u003Cstrong>1239\u003C/strong> et \u003Cstrong>1240\u003C/strong> sont marquées par un durcissement de la répression religieuse. En \u003Cstrong>mai 1239\u003C/strong>, un important \u003Cstrong>autodafé\u003C/strong> se tient au \u003Cstrong>château du Mont Aimé\u003C/strong>, où \u003Cstrong>183 hommes et femmes\u003C/strong> reconnus coupables d’hérésie sont livrés au feu. Cet épisode illustre l’ampleur prise par la répression inquisitoriale dans certaines régions du royaume.\u003C/p>\n\u003Cp>En \u003Cstrong>1240\u003C/strong>, la politique menée envers les communautés juives se fait plus sévère dans plusieurs principautés. Le \u003Cstrong>10 avril\u003C/strong>, le duc \u003Cstrong>Jean Ier le Roux\u003C/strong> promulgue un \u003Cstrong>édit d’expulsion des Juifs de Bretagne\u003C/strong> à \u003Cstrong>Ploërmel\u003C/strong>. La même année, à partir du \u003Cstrong>12 juin\u003C/strong>, s’ouvre à Paris la \u003Cstrong>grande disputation\u003C/strong> sur le \u003Cstrong>Talmud\u003C/strong>, en présence de théologiens chrétiens et de représentants juifs. Le \u003Cstrong>25 juin\u003C/strong>, la controverse se tient devant \u003Cstrong>Louis IX\u003C/strong> et \u003Cstrong>Blanche de Castille\u003C/strong>. À l’issue de la procédure, le Talmud est condamné, prélude à son \u003Cstrong>autodafé public en 1242\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>💎 1239–1241 : prestige monarchique et extension du domaine royal\u003C/h3>\n\u003Cp>Les années \u003Cstrong>1239\u003C/strong> à \u003Cstrong>1241\u003C/strong> sont également marquées par un renforcement du prestige de la monarchie capétienne. En \u003Cstrong>février 1239\u003C/strong>, \u003Cstrong>Louis IX\u003C/strong> acquiert le \u003Cstrong>comté de Mâcon\u003C/strong>, poursuivant ainsi l’extension du domaine royal par voie d’achat.\u003C/p>\n\u003Cp>Le \u003Cstrong>11 août 1239\u003C/strong>, le roi accueille à \u003Cstrong>Villeneuve-l’Archevêque\u003C/strong> la \u003Cstrong>couronne d’épines du Christ\u003C/strong>, relique prestigieuse acquise auprès de l’Empire latin de Constantinople. Sa conservation motive bientôt la construction de la \u003Cstrong>Sainte-Chapelle\u003C/strong> à Paris, destinée à magnifier le caractère sacré de la royauté capétienne. Dans le même mouvement de consolidation territoriale, \u003Cstrong>Nuno Sanche de Roussillon\u003C/strong> vend à \u003Cstrong>Louis IX\u003C/strong> les places de \u003Cstrong>Puylaurens\u003C/strong> et de \u003Cstrong>Quéribus\u003C/strong>, deux forteresses stratégiques du Midi.\u003C/p>\n\u003Cp>\u003Cimg src=\"https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/4/40/Paris_Sainte_Chapelle_East_View_02.JPG\" alt=\"Sainte-Chappelle à Paris\" class=\"kb-img-contain\">\n\u003Cem>Saint-Chappelle à Paris: Uoaei1, CC BY-SA 4.0 \u003Ca href=\"https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0\">https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0\u003C/a>, via Wikimedia Commons\u003C/em>\u003C/p>\n\u003Cp>En \u003Cstrong>1241\u003C/strong>, le roi tient à \u003Cstrong>Saumur\u003C/strong> une \u003Cstrong>grande cour\u003C/strong> au cours de laquelle il investit son frère \u003Cstrong>Alphonse\u003C/strong> des comtés de \u003Cstrong>Poitou\u003C/strong> et d’\u003Cstrong>Auvergne\u003C/strong>, ainsi que de l’\u003Cstrong>Albigeois\u003C/strong>. Cette décision suscite de nouvelles tensions avec plusieurs grands seigneurs, inquiets du renforcement de la présence capétienne dans l’Ouest et le Midi.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>⚔️ 1241–1243 : révolte princière, pacification du Midi et reprise de l’Inquisition\u003C/h3>\n\u003Cp>L’investissement d’\u003Cstrong>Alphonse de Poitiers\u003C/strong> alimente une nouvelle coalition hostile à la monarchie. Le \u003Cstrong>comte de la Marche, Hugues de Lusignan\u003C/strong>, et \u003Cstrong>Raymond VII de Toulouse\u003C/strong> entrent en révolte avec l’appui du roi d’Angleterre \u003Cstrong>Henri III\u003C/strong>. Cette opposition débouche, en \u003Cstrong>1242\u003C/strong>, sur une reprise du conflit contre le pouvoir capétien.\u003C/p>\n\u003Cp>En \u003Cstrong>avril 1242\u003C/strong>, \u003Cstrong>Raymond VII\u003C/strong> se soulève à nouveau. Le \u003Cstrong>28 mai\u003C/strong>, quatre \u003Cstrong>inquisiteurs\u003C/strong> sont massacrés à \u003Cstrong>Avignonet\u003C/strong>, épisode majeur des résistances méridionales à l’ordre religieux et politique imposé depuis la fin de la croisade albigeoise. En réaction, \u003Cstrong>Raymond VII\u003C/strong> est \u003Cstrong>excommunié\u003C/strong> le \u003Cstrong>6 juin\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>Le conflit s’achève par la \u003Cstrong>paix de Lorris\u003C/strong>, conclue le \u003Cstrong>30 octobre 1242\u003C/strong> entre le roi de France et le comte de Toulouse. Ratifié en \u003Cstrong>janvier 1243\u003C/strong>, le traité consacre la soumission de \u003Cstrong>Raymond VII\u003C/strong> à \u003Cstrong>Louis IX\u003C/strong>, bientôt imitée par le \u003Cstrong>comte de Foix\u003C/strong> et le \u003Cstrong>vicomte de Narbonne\u003C/strong>. L’accord confirme dans l’ensemble les dispositions du \u003Cstrong>traité de Paris de 1229\u003C/strong> et prépare plus nettement encore l’intégration du \u003Cstrong>comté de Toulouse\u003C/strong> au domaine royal.\u003C/p>\n\u003Cp>Dans le même contexte diplomatique, une \u003Cstrong>trêve de cinq ans\u003C/strong> est négociée le \u003Cstrong>7 avril 1243\u003C/strong> par \u003Cstrong>Blanche de Castille\u003C/strong> avec le roi d’Angleterre \u003Cstrong>Henri III\u003C/strong>, à la suite de l’échec de ce dernier dans la coalition de 1241-1242. Par cet accord, Henri III cède notamment \u003Cstrong>l’île de Ré\u003C/strong> à la couronne de France, tandis que le roi de France conserve la \u003Cstrong>Guyenne jusqu’à la Gironde\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>La question religieuse reste cependant vive dans le Midi. Le \u003Cstrong>18 avril 1243\u003C/strong>, \u003Cstrong>Raymond VII de Toulouse\u003C/strong>, en conflit avec les inquisiteurs qui l’ont excommunié, porte ses plaintes devant le \u003Cstrong>concile de Béziers\u003C/strong>. Quelques mois plus tard, le \u003Cstrong>10 juillet\u003C/strong>, le pape \u003Cstrong>Innocent IV\u003C/strong> adresse des brefs ordonnant la poursuite de la répression de l’hérésie cathare. Les \u003Cstrong>dominicains\u003C/strong> sont alors confirmés de manière définitive dans leur rôle central au sein de l’\u003Cstrong>Inquisition\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>La même année, \u003Cstrong>Bonaventure\u003C/strong> entre dans l’\u003Cstrong>ordre franciscain\u003C/strong>, après ses études à l’université de Paris, dans un contexte de plein essor des ordres mendiants au sein de la chrétienté latine.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>🏛️ Construction symbolique de la monarchie capétienne\u003C/h3>\n\u003Cp>La même période voit le début de la construction de la \u003Cstrong>Sainte-Chapelle de Paris\u003C/strong>, entreprise à partir de \u003Cstrong>1242\u003C/strong> sous la direction de \u003Cstrong>Pierre de Montreuil\u003C/strong>. Par son architecture comme par sa fonction de reliquaire dynastique, l’édifice exprime la montée en puissance d’une monarchie capétienne désormais affermie sur le plan politique autant que symbolique.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>🌍 Éléments extérieurs au royaume\u003C/h3>\n\u003Cp>Certains événements contemporains, sans relever directement de l’histoire intérieure du royaume, s’inscrivent dans le contexte plus large de la chrétienté latine. Le pape \u003Cstrong>Grégoire IX\u003C/strong> lance ainsi en \u003Cstrong>1235\u003C/strong> puis en \u003Cstrong>1237\u003C/strong> des appels à la croisade en faveur de l’\u003Cstrong>Empire latin de Constantinople\u003C/strong>, qui demeurent largement sans effet. En \u003Cstrong>1240\u003C/strong>, l’avancée des \u003Cstrong>Mongols\u003C/strong> en Europe orientale, marquée par les ravages infligés à plusieurs principautés de la Russie méridionale, contribue également à nourrir les inquiétudes du monde chrétien.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch2>III. ✝️ 1245–1254 : la Septième croisade\u003C/h2>\n\u003Cp>Entre \u003Cstrong>1245\u003C/strong> et \u003Cstrong>1254\u003C/strong>, le règne de \u003Cstrong>Louis IX\u003C/strong> est dominé par la préparation, le déroulement et les conséquences immédiates de la \u003Cstrong>Septième croisade\u003C/strong>. Conçue comme une grande expédition dirigée contre l’\u003Cstrong>Égypte\u003C/strong>, alors considérée comme le centre stratégique de la puissance musulmane au Proche-Orient, cette croisade mobilise durablement les ressources politiques, financières et militaires de la monarchie capétienne.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>⛵ 1245–1248 : préparation de l’expédition\u003C/h3>\n\u003Cp>\u003Cimg src=\"https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/7/7f/Innocent_IV_-_Council_of_Lyon_-_002r_detail.jpg?uselang=fr\" alt=\"Le concile de Lyon\" class=\"kb-img-contain\">\n\u003Cem>Le concile de lyon: Innocent IV - Council of Lyon - 002r detail, Wikimedia Commons, source originale : Syracuse University Library, Department of Special Collections.\u003C/em>\u003C/p>\n\u003Cp>Au \u003Cstrong>concile de Lyon\u003C/strong> ouvert le \u003Cstrong>28 juin 1245\u003C/strong> par le pape \u003Cstrong>Innocent IV\u003C/strong>, la prédication de la croisade est relancée. \u003Cstrong>Louis IX\u003C/strong>, déjà engagé dans ce projet, confirme sa volonté de conduire personnellement une expédition en Orient. Le royaume, pacifié et prospère, offre alors au souverain les moyens de réunir hommes, fonds et navires en vue de l’entreprise.\u003C/p>\n\u003Cp>\u003Ca class=\"kb-art-link\" href=\"/art/saint-louis-pape-innocent-iv\" data-art-id=\"saint-louis-pape-innocent-iv\">\u003Cimg src=\"https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/6/61/Entrevue_de_Saint_Louis%2C_roi_de_France%2C_et_du_pape_Innocent_IV%2C_a_Lyon%2C_en_1248%2C_Louis_Jean_Francois_Lagrenee.jpg\" alt=\"Entrevue de Saint Louis, roi de France, et du pape Innocent IV, a Lyon, en 1248\" class=\"kb-img-contain\" >\u003Cspan class=\"kb-art-badge\" aria-hidden=\"true\">\u003Ci class=\"pi pi-image\">\u003C/i>\u003C/span>\u003C/a>\n\u003Cem>Entrevue de Saint Louis, roi de France, et du pape Innocent IV, a Lyon, en 1248: Louis-Jean-François Lagrenée 1773, Public domain, via Wikimedia Commons\u003C/em>\u003C/p>\n\u003Cp>Le financement de la croisade repose notamment sur une \u003Cstrong>levée de décimes sur le clergé\u003C/strong>, tandis que le recrutement touche une large partie de la noblesse du royaume. Le \u003Cstrong>16 octobre 1245\u003C/strong>, de nombreux seigneurs sont convoqués en parlement à \u003Cstrong>Paris\u003C/strong> et plusieurs prennent à leur tour la croix à l’exemple du roi.\u003C/p>\n\u003Cp>Les préparatifs logistiques se poursuivent dans les années suivantes. En \u003Cstrong>1246\u003C/strong>, \u003Cstrong>Louis IX\u003C/strong> loue des navires à \u003Cstrong>Gênes\u003C/strong> et à \u003Cstrong>Marseille\u003C/strong> afin d’assurer le transport de l’armée croisée. Le départ s’effectue finalement depuis \u003Cstrong>Aigues-Mortes\u003C/strong>, port spécialement développé par la monarchie capétienne pour ouvrir au royaume un accès direct à la Méditerranée.\u003C/p>\n\u003Cp>\u003Cimg src=\"https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/f/f3/LudwigKreuzzug.jpg\" alt=\"Départ de Louis IX pour la croisade\" class=\"kb-img-contain\">\n\u003Cem>Départ de Louis IX pour la croisade: Unknown authorUnknown author - Chroniques de France ou de saint Denis., Public domain, via Wikimedia Commons\u003C/em>\u003C/p>\n\u003Cp>Le \u003Cstrong>25 août 1248\u003C/strong>, \u003Cstrong>Louis IX\u003C/strong> s’embarque pour la croisade avec son épouse \u003Cstrong>Marguerite de Provence\u003C/strong>. L’armée atteint \u003Cstrong>Chypre\u003C/strong> le \u003Cstrong>7 septembre\u003C/strong> et y hiverne jusqu’au printemps \u003Cstrong>1249\u003C/strong>. Pendant l’absence du roi, \u003Cstrong>Blanche de Castille\u003C/strong> exerce de nouveau la régence du royaume.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>🌊 1248–1249 : Chypre, contacts mongols et conquête de Damiette\u003C/h3>\n\u003Cp>\u003Cimg src=\"https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/d/d7/Septi%C3%A8me_croisade.JPG\" alt=\"Route de Septième croisade\" class=\"kb-img-contain\">\n\u003Cem>Route de Septième croisade: Guilhem06, CC BY-SA 3.0 \u003Ca href=\"https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0\">https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0\u003C/a>, via Wikimedia Commons\u003C/em>\u003C/p>\n\u003Cp>Durant son séjour à \u003Cstrong>Chypre\u003C/strong>, \u003Cstrong>Louis IX\u003C/strong> prépare la campagne d’Égypte tout en cherchant à établir des contacts avec les \u003Cstrong>Mongols\u003C/strong>. Le roi espère obtenir leur conversion au christianisme ou, à défaut, une alliance contre les puissances musulmanes du Proche-Orient. En \u003Cstrong>décembre 1248\u003C/strong>, une délégation mongole est reçue à Chypre ; ces échanges entretiennent l’espoir d’un rapprochement, sans déboucher sur un accord concret.\u003C/p>\n\u003Cp>Le \u003Cstrong>27 janvier 1249\u003C/strong>, le dominicain \u003Cstrong>André de Longjumeau\u003C/strong> est envoyé en ambassade vers le grand khan. Cette mission s’inscrit dans une série de tentatives diplomatiques menées par le roi de France en direction du monde mongol.\u003C/p>\n\u003Cp>\u003Cimg src=\"https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/9/9f/Flotila1249.jpg\" alt=\"Conquête de Damiette\" class=\"kb-img-contain\">\n\u003Cem>Conquête de Damiette: Vincent de Beauvais, Public domain, via Wikimedia Commons\u003C/em>\u003C/p>\n\u003Cp>Le \u003Cstrong>30 mai 1249\u003C/strong>, l’armée croisée quitte Chypre et débarque en \u003Cstrong>Égypte\u003C/strong>. Le \u003Cstrong>5 juin\u003C/strong>, elle s’empare de \u003Cstrong>Damiette\u003C/strong>, abandonnée par ses défenseurs. Ce succès initial semble confirmer la pertinence de la stratégie capétienne, qui consiste à frapper l’Égypte avant d’espérer reconquérir les principaux lieux saints.\u003C/p>\n\u003Cp>\u003Cimg src=\"https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/7/74/Saint_Louis%2C_roi_de_France%2C_recevant_les_ambassadeurs_du_Prince_des_Assassins%2C_par_Guy-Nicolas_Brenet.jpg\" alt=\"Saint Louis, roi de France, recevant les ambassadeurs du Prince des Assassins\" class=\"kb-img-contain\">\n\u003Cem>Saint Louis, roi de France, recevant les ambassadeurs du Prince des Assassins: Nicolas-Guy Brenet, Public domain, via Wikimedia Commons\u003C/em>\u003C/p>\n\u003Cp>Cependant, malgré des propositions attribuées au sultan ayyoubide, les croisés poursuivent leur marche vers l’intérieur du pays en direction du \u003Cstrong>Caire\u003C/strong>. Cette décision engage l’expédition dans une campagne beaucoup plus difficile.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>⛓️ 1250 : Mansourah, défaite et captivité du roi\u003C/h3>\n\u003Cp>L’avance franque s’enlise dans le delta du Nil. Le \u003Cstrong>8 février 1250\u003C/strong>, lors de la \u003Cstrong>bataille de Mansourah\u003C/strong>, l’avant-garde croisée commandée par \u003Cstrong>Robert d’Artois\u003C/strong>, frère du roi, pénètre dans la ville mais se trouve rapidement isolée et détruite lors de la contre-attaque ennemie. Robert d’Artois est tué au cours des combats.\u003C/p>\n\u003Cp>\u003Cimg src=\"https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/a/aa/Gustave_Dor%C3%A9_-_Count_of_Anjou_in_the_battle_of_Masouri%2C_1250.jpg\" alt=\"Comte d'Anjou au combat de Mansourah\" class=\"kb-img-contain\">\n\u003Cem>Comte d’Anjou au combat de Mansourah: Gustave Doré, Public domain, via Wikimedia Commons\u003C/em>\u003C/p>\n\u003Cp>Le \u003Cstrong>11 février\u003C/strong>, une nouvelle offensive égyptienne est repoussée, mais l’armée croisée demeure dans une situation critique. Épuisée, affaiblie par la maladie et coupée de ses bases, elle ne parvient plus à maintenir son effort.\u003C/p>\n\u003Cp>Le \u003Cstrong>6 avril 1250\u003C/strong>, l’expédition capitule. \u003Cstrong>Louis IX\u003C/strong> est fait \u003Cstrong>prisonnier\u003C/strong> avec une partie de ses troupes. Sa captivité constitue un événement majeur, tant par son retentissement dans la chrétienté que par l’image de piété et de résignation que les récits postérieurs attachent au souverain.\u003C/p>\n\u003Cp>\u003Cimg src=\"https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/6/6a/Louis9_pris_2.jpg\" alt=\"Capturation de Saint Louis\" class=\"kb-img-contain\">\n\u003Cem>Capturation de Saint Louis: Maître de Fauvel, Public domain, via Wikimedia Commons\u003C/em>\u003C/p>\n\u003Cp>Le \u003Cstrong>6 mai 1250\u003C/strong>, le roi obtient sa libération en échange de la restitution de \u003Cstrong>Damiette\u003C/strong> et du paiement d’une très lourde \u003Cstrong>rançon\u003C/strong> pour les survivants de l’armée croisée. Peu après, le \u003Cstrong>13 mai\u003C/strong>, il gagne \u003Cstrong>Acre\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>🕊️ 1250–1254 : maintien en Terre sainte et diplomatie orientale\u003C/h3>\n\u003Cp>Au lieu de rentrer immédiatement en France, \u003Cstrong>Louis IX\u003C/strong> choisit de demeurer en \u003Cstrong>Terre sainte\u003C/strong> jusqu’en \u003Cstrong>1254\u003C/strong>. Depuis \u003Cstrong>Acre\u003C/strong>, il s’efforce de consolider les positions encore tenues par les Latins d’Orient. Il fait restaurer les fortifications de plusieurs places côtières, notamment \u003Cstrong>Acre\u003C/strong>, \u003Cstrong>Césarée\u003C/strong>, \u003Cstrong>Jaffa\u003C/strong> et \u003Cstrong>Sidon\u003C/strong>, et tente de rétablir une certaine cohésion entre les différentes principautés franques.\u003C/p>\n\u003Cp>\u003Cimg src=\"https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/d/dc/William_of_Rubruck_Corpus_Christi_MS_066A_fol_67r_detail.jpg\" alt=\"Guillaume de Rubrouck part en route pour rencontrer les Mongols\" class=\"kb-img-contain\">\n\u003Cem>Guillaume de Rubrouck part en route pour rencontrer les Mongols: Unknown artist, Public domain, via Wikimedia Commons\u003C/em>\u003C/p>\n\u003Cp>Le roi poursuit parallèlement sa politique de contacts avec les \u003Cstrong>Mongols\u003C/strong>. En \u003Cstrong>1253\u003C/strong>, le Flamand \u003Cstrong>Guillaume de Rubrouck\u003C/strong> est envoyé auprès du grand khan. Sa mission, qui le conduit jusqu’à \u003Cstrong>Karakorum\u003C/strong>, illustre la volonté persistante du roi de France de rechercher un appui oriental contre les puissances musulmanes, même si ces ambassades n’aboutissent pas à l’alliance espérée.\u003C/p>\n\u003Cp>Sur le plan diplomatique, \u003Cstrong>Louis IX\u003C/strong> tente également de préserver les intérêts des États latins d’Orient par la négociation. En \u003Cstrong>1252\u003C/strong>, il conclut avec les \u003Cstrong>Mamelouks\u003C/strong> le \u003Cstrong>traité de Césarée\u003C/strong>, qui prévoit notamment la libération des derniers prisonniers croisés et laisse entrevoir certains avantages territoriaux. Toutefois, cet accord reste sans effet durable.\u003C/p>\n\u003Cp>Le \u003Cstrong>24 avril 1254\u003C/strong>, les croisés s’embarquent à \u003Cstrong>Acre\u003C/strong> pour le retour. Le séjour oriental de \u003Cstrong>Louis IX\u003C/strong> prend ainsi fin après plusieurs années consacrées à la défense des positions franques, à la diplomatie régionale et à la recherche d’alliances nouvelles.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>📜 Portée de l’expédition\u003C/h3>\n\u003Cp>La \u003Cstrong>Septième croisade\u003C/strong> se solde par un échec militaire. La prise de \u003Cstrong>Damiette\u003C/strong> ne débouche sur aucun avantage durable, la campagne d’Égypte tourne à la catastrophe et le roi lui-même connaît la captivité. Toutefois, l’expédition joue un rôle majeur dans la construction de l’image de \u003Cstrong>Louis IX\u003C/strong>. Sa piété, sa persévérance, son refus d’abandonner immédiatement la Terre sainte et son engagement personnel dans l’idéal de croisade contribuent fortement à la réputation de sainteté qui s’attache à lui dès son vivant.\u003C/p>\n\u003Cp>La croisade marque également l’ouverture plus nette de la monarchie capétienne aux enjeux diplomatiques de l’Orient latin et du monde mongol. Par son ampleur, elle constitue l’un des épisodes majeurs du règne de \u003Cstrong>Louis IX\u003C/strong> avant son retour en France et la grande phase de réformes administratives et judiciaires qui s’ouvre à partir de \u003Cstrong>1254\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch2>IV. ⚖️ 1254 : retour de croisade et réorganisation du royaume\u003C/h2>\n\u003Cp>Le retour de \u003Cstrong>Louis IX\u003C/strong> en \u003Cstrong>1254\u003C/strong> marque une étape importante de son règne. Après plusieurs années passées en \u003Cstrong>Orient\u003C/strong>, d’abord au cours de la \u003Cstrong>septième croisade\u003C/strong>, puis dans les États latins pour en consolider les défenses, le roi regagne le royaume de France dans un contexte profondément modifié par la disparition de sa mère, \u003Cstrong>Blanche de Castille\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>Depuis le départ du roi pour la croisade en \u003Cstrong>1248\u003C/strong>, Blanche de Castille exerçait de nouveau la \u003Cstrong>régence\u003C/strong>. Sa mort, survenue le \u003Cstrong>27 novembre 1252\u003C/strong>, prive la monarchie capétienne de la principale figure d’autorité restée à la tête du royaume en l’absence du souverain. Louis IX, informé de cette disparition au printemps suivant, en est profondément affecté. Cet événement contribue vraisemblablement à renforcer la nécessité de son retour en France, même s’il choisit de demeurer encore quelque temps en Terre sainte avant de rentrer.\u003C/p>\n\u003Cp>Le \u003Cstrong>7 septembre 1254\u003C/strong>, \u003Cstrong>Louis IX\u003C/strong> fait son entrée à \u003Cstrong>Paris\u003C/strong>. Son retour ouvre une nouvelle phase de son gouvernement, désormais davantage tournée vers les affaires intérieures du royaume. L’expérience de la croisade, la captivité du roi en Égypte et les difficultés rencontrées en Orient semblent renforcer chez lui la volonté d’exercer un pouvoir plus rigoureux, plus moral et plus directement orienté vers la justice.\u003C/p>\n\u003Cp>Dès la fin de l’année, cette réorientation se traduit par une importante entreprise de réforme. En \u003Cstrong>décembre 1254\u003C/strong>, le roi promulgue une \u003Cstrong>grande ordonnance\u003C/strong> destinée à améliorer le gouvernement du royaume. Ce texte s’inscrit dans la continuité des enquêtes déjà engagées avant son départ pour corriger les abus commis par les agents royaux dans les provinces.\u003C/p>\n\u003Cp>L’ordonnance entend mieux encadrer l’action des officiers du roi et affirmer les exigences morales attachées à l’exercice du pouvoir. Elle vise notamment à limiter les exactions administratives, à renforcer le contrôle sur les \u003Cstrong>baillis\u003C/strong> et les \u003Cstrong>sénéchaux\u003C/strong>, et à faire progresser une conception plus ordonnée de la justice royale.\u003C/p>\n\u003Cp>Sous le règne de \u003Cstrong>Louis IX\u003C/strong>, les \u003Cstrong>baillis\u003C/strong> dans le nord et les \u003Cstrong>sénéchaux\u003C/strong> dans le Midi et l’Ouest voient leur rôle progressivement précisé. Ils exercent la justice au nom du roi, perçoivent les revenus du domaine, transmettent les ordres royaux et assurent le relais de l’autorité centrale dans les provinces. Leur encadrement plus étroit participe au renforcement de l’État capétien.\u003C/p>\n\u003Cp>Le retour de croisade correspond également à un essor de la \u003Cstrong>justice royale\u003C/strong>. Les appels adressés au tribunal du roi se multiplient, au détriment relatif des juridictions seigneuriales. Devant l’augmentation du nombre des affaires, certains membres du \u003Cstrong>Conseil du roi\u003C/strong> se spécialisent davantage dans les fonctions judiciaires, ce qui contribue à l’affirmation progressive du \u003Cstrong>Parlement de Paris\u003C/strong>. C’est à cette époque que commencent les registres d’arrêts appelés plus tard les \u003Cstrong>Olim\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>À \u003Cstrong>Paris\u003C/strong>, le roi renforce en outre le maintien de l’ordre, notamment par la création des \u003Cstrong>chevaliers du guet\u003C/strong>, chargés de la police nocturne. Cette mesure illustre la volonté royale de mieux encadrer la vie urbaine dans la capitale du royaume.\u003C/p>\n\u003Cp>Le règne de \u003Cstrong>Louis IX\u003C/strong> est aussi associé à une image durable de roi justicier. La tradition rapporte qu’il rendait parfois lui-même la justice, notamment sous un chêne à \u003Cstrong>Vincennes\u003C/strong>, image appelée à devenir l’un des symboles les plus célèbres de son gouvernement. Sans résumer à elle seule la réalité du pouvoir capétien, cette représentation traduit l’importance prise sous son règne par l’idéal d’une monarchie fondée sur l’équité, la réforme morale et la paix du royaume.\u003C/p>\n\u003Cp>Le retour de \u003Cstrong>1254\u003C/strong> n’est donc pas seulement la fin d’une expédition orientale. Il inaugure une nouvelle phase du règne, marquée par la consolidation des institutions royales, le développement de la justice du roi et l’affirmation plus nette d’une monarchie capétienne soucieuse de bon gouvernement.\u003C/p>\n\u003Ch2>V. 🏰 1255–1260 : consolidation du royaume, fin du catharisme et affirmation diplomatique\u003C/h2>\n\u003Cp>Au cours des années \u003Cstrong>1255\u003C/strong> à \u003Cstrong>1260\u003C/strong>, le règne de \u003Cstrong>Louis IX\u003C/strong> est marqué par la consolidation de l’autorité capétienne, par l’achèvement de la répression du catharisme méridional, par l’affirmation diplomatique du royaume face à ses voisins, ainsi que par d’importantes évolutions intellectuelles et religieuses.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>🎓 1255–1256 : enseignement, alliance dynastique et fin des derniers foyers cathares\u003C/h3>\n\u003Cp>En \u003Cstrong>1255\u003C/strong>, l’\u003Cstrong>université de Paris\u003C/strong>, alors considérée comme l’un des principaux centres intellectuels de l’Occident latin, inscrit à son programme l’ensemble des œuvres d’\u003Cstrong>Aristote\u003C/strong>. Cette décision témoigne de la place croissante de la pensée aristotélicienne dans l’enseignement supérieur et dans les débats théologiques du temps.\u003C/p>\n\u003Cp>La même année, le \u003Cstrong>6 avril\u003C/strong>, \u003Cstrong>Isabelle de France\u003C/strong>, fille de \u003Cstrong>Louis IX\u003C/strong>, épouse à \u003Cstrong>Melun\u003C/strong> \u003Cstrong>Thibaut V de Champagne\u003C/strong>. Cette union renforce les liens entre la monarchie capétienne et l’une des principales principautés du royaume.\u003C/p>\n\u003Cp>\u003Cimg src=\"https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/9/90/130610-Queribus-03.jpg\" alt=\"Château de Quéribus\" class=\"kb-img-contain\">\n\u003Cem>Château de Quéribus: BlueBreezeWiki, CC BY-SA 3.0 \u003Ca href=\"https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0\">https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0\u003C/a>, via Wikimedia Commons\u003C/em>\u003C/p>\n\u003Cp>Dans le Midi, la lutte contre l’hérésie se poursuit. Le \u003Cstrong>8 mai 1255\u003C/strong>, le \u003Cstrong>concile de Béziers\u003C/strong> décide d’envoyer des renforts au connétable de \u003Cstrong>Carcassonne\u003C/strong>, \u003Cstrong>Pierre d’Auteuil\u003C/strong>, engagé dans le siège du \u003Cstrong>château de Quéribus\u003C/strong>. Cette forteresse, l’un des derniers refuges du catharisme occitan, tombe finalement en \u003Cstrong>1256\u003C/strong>, après la capture de \u003Cstrong>Chabert de Barbaira\u003C/strong> par \u003Cstrong>Olivier de Termes\u003C/strong>. À la même époque, la chute de \u003Cstrong>Niort-de-Sault\u003C/strong>, durant l’\u003Cstrong>été 1255\u003C/strong>, marque également la disparition des derniers bastions organisés de la dissidence cathare dans le Midi.\u003C/p>\n\u003Cp>\u003Cimg src=\"https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/5/55/Karakorum_Silver_Tree.jpg\" alt=\"L'arbre-fontaine en argent\" class=\"kb-img-contain\">\n\u003Cem>L’arbre-fontaine en argent d’où coulait du koumis fabriqué à Karakorum par l’orfèvre parisien Guillaume Boucher vers 1250, tel que reproduit sur un billet de banque mongol en 1995 d’après la description de Rubrouck et une gravure du XVIIIe siècle: Bank of Mongolia, Public domain, via Wikimedia Commons\u003C/em>\u003C/p>\n\u003Cp>Sur le plan diplomatique et intellectuel, le retour de \u003Cstrong>Guillaume de Rubrouck\u003C/strong> à \u003Cstrong>Acre\u003C/strong>, le \u003Cstrong>15 août 1255\u003C/strong>, fournit à \u003Cstrong>Louis IX\u003C/strong> un rapport détaillé sur l’Asie centrale et le monde mongol. Ce témoignage enrichit la connaissance occidentale des peuples d’Orient et prolonge les efforts diplomatiques entrepris par le roi à l’égard des Mongols.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>⛪ 1257 : essor des ordres mendiants et affirmation provençale\u003C/h3>\n\u003Cp>L’année \u003Cstrong>1257\u003C/strong> est marquée par l’élection, le \u003Cstrong>2 février\u003C/strong>, de \u003Cstrong>Bonaventure de Bagnorea\u003C/strong> comme ministre général des \u003Cstrong>franciscains\u003C/strong>, après la démission de \u003Cstrong>Jean de Parme\u003C/strong>. Dans un ordre traversé par des tensions sur l’interprétation de la pauvreté évangélique, Bonaventure joue un rôle décisif dans la restauration de l’unité. Son action doctrinale et institutionnelle lui vaut d’être considéré comme le « second fondateur » de l’ordre. Il contribue également à intégrer certains apports de l’aristotélisme dans une tradition théologique largement marquée par l’augustinisme.\u003C/p>\n\u003Cp>Dans le Midi méditerranéen, le \u003Cstrong>2 juin 1257\u003C/strong>, un nouveau traité entre le \u003Cstrong>comte de Provence\u003C/strong> et la ville de \u003Cstrong>Marseille\u003C/strong> réduit fortement l’autonomie de cette dernière. Cette évolution s’inscrit dans le renforcement progressif de l’autorité comtale en Provence, désormais tenue par \u003Cstrong>Charles d’Anjou\u003C/strong>, frère de \u003Cstrong>Louis IX\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>🤝 1258–1259 : règlements diplomatiques avec l’Aragon et l’Angleterre\u003C/h3>\n\u003Cp>\u003Cimg src=\"https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/5/5c/Empire_angevin.svg\" alt=\"Empire angevin\" class=\"kb-img-contain\">\n\u003Cem>Empire angevin: IvanBondarev, CC BY-SA 4.0 \u003Ca href=\"https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0\">https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0\u003C/a>, via Wikimedia Commons\u003C/em>\u003C/p>\n\u003Cp>Les années \u003Cstrong>1258\u003C/strong> et \u003Cstrong>1259\u003C/strong> voient la monarchie capétienne renforcer sa position par la voie diplomatique. Le \u003Cstrong>19 janvier 1258\u003C/strong>, \u003Cstrong>Charles d’Anjou\u003C/strong> acquiert le \u003Cstrong>comté de Vintimille\u003C/strong>, poursuivant ainsi l’expansion de son influence en Méditerranée occidentale et dans les espaces alpins.\u003C/p>\n\u003Cp>Le \u003Cstrong>11 mai 1258\u003C/strong>, \u003Cstrong>Louis IX\u003C/strong> conclut avec \u003Cstrong>Jacques Ier d’Aragon\u003C/strong> le \u003Cstrong>traité de Corbeil\u003C/strong>, qui fixe la frontière entre les deux royaumes au sud des \u003Cstrong>Corbières\u003C/strong>. Par cet accord, le roi de France renonce à ses anciennes prétentions sur la \u003Cstrong>Catalogne\u003C/strong>, tandis que le roi d’Aragon abandonne ses droits féodaux sur plusieurs territoires du Midi. Le traité clarifie durablement les rapports entre les deux monarchies et contribue à stabiliser la frontière méridionale du royaume.\u003C/p>\n\u003Cp>La même année, le roi conclut également un accord majeur avec l’Angleterre. Par le \u003Cstrong>traité de Paris\u003C/strong> de \u003Cstrong>1258\u003C/strong>, confirmé et précisé les années suivantes, \u003Cstrong>Henri III d’Angleterre\u003C/strong> renonce à revendiquer plusieurs des anciennes possessions continentales perdues par les Plantagenêts, notamment la \u003Cstrong>Normandie\u003C/strong>, l’\u003Cstrong>Anjou\u003C/strong>, la \u003Cstrong>Touraine\u003C/strong>, le \u003Cstrong>Maine\u003C/strong> et le \u003Cstrong>Poitou\u003C/strong>, en échange de la restitution ou de la confirmation de certains territoires dans le Sud-Ouest.\u003C/p>\n\u003Cp>Le \u003Cstrong>4 décembre 1259\u003C/strong>, à la suite de cet accord, \u003Cstrong>Henri III\u003C/strong> rend à \u003Cstrong>Louis IX\u003C/strong> l’\u003Cstrong>hommage-lige\u003C/strong>. Cette cérémonie consacre symboliquement la supériorité féodale du roi de France, tout en mettant fin à un contentieux ancien entre Capétiens et Plantagenêts. La monarchie capétienne confirme ainsi sa domination sur les principales conquêtes réalisées depuis le règne de \u003Cstrong>Philippe Auguste\u003C/strong>, tout en recherchant une paix durable avec l’Angleterre.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>⚖️ 1259–1260 : justice royale et encadrement de la noblesse\u003C/h3>\n\u003Cp>La fin de la décennie est également marquée par l’affirmation du rôle judiciaire du roi. Le \u003Cstrong>procès d’Enguerrand de Coucy\u003C/strong>, tenu en \u003Cstrong>1259\u003C/strong>, illustre la capacité croissante de la monarchie à juger les grands seigneurs du royaume et à intervenir dans les affaires relevant autrefois presque exclusivement de la justice féodale.\u003C/p>\n\u003Cp>En \u003Cstrong>1260\u003C/strong>, cette évolution se manifeste encore plus nettement dans le domaine de la paix publique. \u003Cstrong>Louis IX\u003C/strong> interdit les \u003Cstrong>duels judiciaires\u003C/strong>, le \u003Cstrong>port d’armes\u003C/strong> ainsi que les \u003Cstrong>guerres privées\u003C/strong>. Ces mesures traduisent une volonté de limiter la violence nobiliaire et de réserver au pouvoir royal le monopole croissant de l’arbitrage judiciaire et du maintien de l’ordre.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>✝️ 1260 : réformes religieuses et expansion angevine\u003C/h3>\n\u003Cp>Le \u003Cstrong>23 mai 1260\u003C/strong>, \u003Cstrong>Bonaventure de Bagnorea\u003C/strong> promulgue à \u003Cstrong>Narbonne\u003C/strong> les constitutions de l’ordre franciscain. Ce texte définit une voie moyenne entre les interprétations les plus rigoristes et les plus souples de la règle de \u003Cstrong>saint François\u003C/strong>, contribuant à retarder la division de l’ordre.\u003C/p>\n\u003Cp>Dans le même temps, \u003Cstrong>Charles d’Anjou\u003C/strong> poursuit sa politique d’expansion en Italie du Nord et soumet le \u003Cstrong>Piémont\u003C/strong>, étendant ainsi l’influence de la maison capétienne au-delà des Alpes. Sans relever directement du domaine royal, cette progression renforce le poids de la dynastie capétienne dans les équilibres politiques méditerranéens.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>📊 Bilan de la période\u003C/h3>\n\u003Cp>Entre \u003Cstrong>1255\u003C/strong> et \u003Cstrong>1260\u003C/strong>, le règne de \u003Cstrong>Louis IX\u003C/strong> apparaît ainsi comme une période de consolidation. La disparition des derniers foyers cathares, la montée en puissance de la diplomatie capétienne, la stabilisation des rapports avec l’\u003Cstrong>Aragon\u003C/strong> et l’\u003Cstrong>Angleterre\u003C/strong>, ainsi que le développement d’une monarchie plus active dans le domaine judiciaire témoignent d’un renforcement général de l’autorité royale.\u003C/p>\n\u003Cp>Parallèlement, l’essor intellectuel de l’\u003Cstrong>université de Paris\u003C/strong> et le rôle croissant des \u003Cstrong>ordres mendiants\u003C/strong> inscrivent le royaume de France au cœur des grandes évolutions religieuses et doctrinales de la chrétienté occidentale.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch2>VI. ⚜️ 1262–1270 : affirmation capétienne, expansion angevine et dernière croisade\u003C/h2>\n\u003Cp>Entre \u003Cstrong>1262\u003C/strong> et \u003Cstrong>1270\u003C/strong>, le règne de \u003Cstrong>Louis IX\u003C/strong> est marqué par la consolidation de l’autorité monarchique, par l’affirmation de la puissance de la maison capétienne en Méditerranée grâce à l’action de \u003Cstrong>Charles d’Anjou\u003C/strong>, et par la préparation puis le déclenchement de la \u003Cstrong>huitième croisade\u003C/strong>. Cette période voit également le renforcement des instruments du gouvernement royal, tant dans le domaine monétaire que judiciaire et normatif.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>💍 1262–1263 : alliances dynastiques et renforcement de l’autorité royale\u003C/h3>\n\u003Cp>Le \u003Cstrong>28 mai 1262\u003C/strong>, le prince héritier \u003Cstrong>Philippe\u003C/strong>, futur \u003Cstrong>Philippe III le Hardi\u003C/strong>, épouse à \u003Cstrong>Clermont\u003C/strong> \u003Cstrong>Isabelle d’Aragon\u003C/strong>, fille de \u003Cstrong>Jacques Ier d’Aragon\u003C/strong>. Ce mariage renforce les liens entre la monarchie capétienne et la couronne d’Aragon, dans le prolongement de la politique de stabilisation menée dans le Midi depuis le traité de Corbeil.\u003C/p>\n\u003Cp>La même période est marquée par de nouvelles tensions en \u003Cstrong>Provence\u003C/strong>. En \u003Cstrong>1262\u003C/strong>, la ville de \u003Cstrong>Marseille\u003C/strong> se soulève à nouveau contre \u003Cstrong>Charles d’Anjou\u003C/strong>, frère du roi et comte de Provence, avec l’appui de plusieurs seigneurs provençaux. La révolte est finalement réduite, et un traité conclu le \u003Cstrong>13 novembre 1262\u003C/strong> rétablit le régime imposé en \u003Cstrong>1257\u003C/strong>, tout en désarmant la ville. Cette évolution illustre la réduction progressive des autonomies urbaines face au pouvoir princier angevin.\u003C/p>\n\u003Cp>Le renforcement de l’autorité royale s’exprime également sur le plan monétaire. Par l’\u003Cstrong>ordonnance de Chartres\u003C/strong> du \u003Cstrong>11 mars 1263\u003C/strong>, \u003Cstrong>Louis IX\u003C/strong> affirme plus nettement la prééminence de la \u003Cstrong>monnaie royale\u003C/strong>, dont le cours est reconnu dans l’ensemble du royaume, tandis que son imitation est interdite. Cette politique participe à l’unification économique du royaume et au renforcement des prérogatives souveraines du roi.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>🌍 1264–1266 : prestige arbitral de Louis IX et ascension de Charles d’Anjou\u003C/h3>\n\u003Cp>Le prestige de \u003Cstrong>Louis IX\u003C/strong> dépasse alors les frontières du royaume. Le \u003Cstrong>23 janvier 1264\u003C/strong>, par le \u003Cstrong>Dit d’Amiens\u003C/strong>, il rend un arbitrage dans le conflit opposant \u003Cstrong>Henri III d’Angleterre\u003C/strong> à ses barons révoltés autour de \u003Cstrong>Simon de Montfort\u003C/strong>. Le roi de France y prend le parti du souverain anglais en déclarant irrecevables les \u003Cstrong>Provisions d’Oxford\u003C/strong>. Cette décision ne met pas fin au conflit, puisque les barons remportent ensuite la bataille de \u003Cstrong>Lewes\u003C/strong> en mai \u003Cstrong>1264\u003C/strong>, avant d’être finalement écrasés à \u003Cstrong>Evesham\u003C/strong> en \u003Cstrong>1265\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>\u003Cimg src=\"https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/1/1f/Rouget_-_Saint_Louis_m%C3%A9diateur_entre_le_roi_d%27Angleterre_et_ses_barons_%2823_janvier_1264%29.jpg\" alt=\"Saint Louis médiateur entre le roi d'Angleterre et ses barons\" class=\"kb-img-contain\">\n\u003Cem>Saint Louis médiateur entre le roi d’Angleterre et ses barons: Georges Rouget, Public domain, via Wikimedia Commons\u003C/em>\u003C/p>\n\u003Cp>Dans le même temps, l’ascension de \u003Cstrong>Charles d’Anjou\u003C/strong> modifie profondément les équilibres méditerranéens. En \u003Cstrong>1265\u003C/strong>, le pape lui offre effectivement la couronne de \u003Cstrong>Sicile\u003C/strong> ; il est investi au \u003Cstrong>Latran\u003C/strong> puis couronné roi avec \u003Cstrong>Béatrice de Provence\u003C/strong> à Rome en \u003Cstrong>janvier 1266\u003C/strong>. Le \u003Cstrong>26 février 1266\u003C/strong>, la victoire de \u003Cstrong>Bénévent\u003C/strong> sur \u003Cstrong>Manfred\u003C/strong> de Hohenstaufen lui ouvre le royaume de \u003Cstrong>Naples et de Sicile\u003C/strong>. La maison capétienne étend ainsi son influence bien au-delà du royaume de France, grâce à une branche angevine désormais solidement implantée en Italie méridionale.\u003C/p>\n\u003Cp>\u003Cimg src=\"https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/d/d3/Charles_Ier_comte_de_Provence_et_sa_femme_B%C3%A9atrice_de_Provence.jpg\" alt=\"Charles d'Anjou et Béatrice de Provence\" class=\"kb-img-contain\">\n\u003Cem>Charles d’Anjou et Béatrice de Provence: Antoine de Ruffi, 1655., Public domain, via Wikimedia Commons\u003C/em>\u003C/p>\n\u003Cp>Cette même phase est aussi marquée, en France, par la poursuite des réformes monétaires. L’ordonnance du \u003Cstrong>1er novembre 1265\u003C/strong> limite davantage les frappes seigneuriales et favorise la diffusion du \u003Cstrong>gros tournois\u003C/strong>, monnaie d’argent appelée à connaître un large succès dans les échanges. :contentReference[oaicite:5]{index=5}\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>📜 1267–1269 : rayonnement juridique, encadrement social et préparation de la croisade\u003C/h3>\n\u003Cp>À partir de \u003Cstrong>1267\u003C/strong>, la montée en puissance de \u003Cstrong>Charles d’Anjou\u003C/strong> se poursuit en \u003Cstrong>Italie\u003C/strong>, notamment avec son entrée à \u003Cstrong>Florence\u003C/strong> comme vicaire impérial pour la Toscane, puis avec sa victoire de \u003Cstrong>Tagliacozzo\u003C/strong> en \u003Cstrong>1268\u003C/strong> sur \u003Cstrong>Conradin\u003C/strong>, dernier représentant majeur des Hohenstaufen. Cette victoire assure durablement la domination angevine dans le Mezzogiorno, au prix toutefois d’un gouvernement sévère dans les territoires conquis.\u003C/p>\n\u003Cp>En France, les dernières années du règne voient également une activité normative importante. La rédaction du \u003Cstrong>Livre des métiers\u003C/strong> par \u003Cstrong>Étienne Boileau\u003C/strong>, à la fin du règne de Saint Louis, constitue l’un des premiers grands recueils de règlements relatifs aux métiers parisiens. Ce texte témoigne de la volonté croissante du pouvoir royal d’encadrer l’activité économique urbaine et d’organiser plus strictement les communautés de métier.\u003C/p>\n\u003Cp>\u003Cimg src=\"https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/5/50/Paul_Louis_Delance_-_Esquisse_pour_la_salle_d%27audience_du_tribunal_de_commerce_de_Paris_%2C_Le_livre_des_m%C3%A9tiers_-_PPP3960_-_Mus%C3%A9e_des_Beaux-Arts_de_la_ville_de_Paris.jpg\" alt=\"Le livre des métiers\" class=\"kb-img-contain\">\n\u003Cem>Esquisse pour la salle d’audience du tribunal de commerce de Paris : Paul-Louis Delance, Public domain, via Wikimedia Commons\u003C/em>\u003C/p>\n\u003Cp>La période est aussi marquée par plusieurs mesures religieuses et morales. En \u003Cstrong>1269\u003C/strong>, conformément aux décisions conciliaires antérieures, \u003Cstrong>Louis IX\u003C/strong> impose aux \u003Cstrong>Juifs\u003C/strong> le port d’un signe distinctif de couleur jaune. La même année, il ordonne l’application plus rigoureuse des prescriptions contre le \u003Cstrong>blasphème\u003C/strong>. Ces mesures s’inscrivent dans une conception chrétienne du pouvoir royal, soucieuse à la fois d’ordre moral et d’unité religieuse.\u003C/p>\n\u003Cp>Dans le domaine intellectuel, les années \u003Cstrong>1268–1269\u003C/strong> voient également le retour et l’enseignement parisien de \u003Cstrong>Thomas d’Aquin\u003C/strong>, alors engagé dans les controverses suscitées par l’averroïsme latin. L’université de Paris demeure ainsi l’un des grands centres doctrinaux de la chrétienté occidentale à la fin du règne de Louis IX.\u003C/p>\n\u003Cp>Parallèlement, le roi prépare une nouvelle expédition d’outre-mer. En \u003Cstrong>1269\u003C/strong>, il fait à nouveau louer des navires à \u003Cstrong>Gênes\u003C/strong> et à \u003Cstrong>Marseille\u003C/strong> en vue de la \u003Cstrong>huitième croisade\u003C/strong>, preuve que l’idéal croisé demeure au cœur de sa vision politique et religieuse.\u003C/p>\n\u003Chr>\n\u003Ch3>🕯️ 1270 : la huitième croisade et la mort de Louis IX\u003C/h3>\n\u003Cp>En \u003Cstrong>1270\u003C/strong>, \u003Cstrong>Louis IX\u003C/strong> prend personnellement la tête d’une nouvelle croisade. Le \u003Cstrong>18 juillet\u003C/strong>, il débarque avec son armée près de \u003Cstrong>Tunis\u003C/strong> et met le siège devant la ville. Les raisons exactes de ce choix stratégique ont été diversement interprétées, mais l’expédition tourne rapidement à l’échec, en raison de la maladie, de l’usure de l’armée et de l’absence de résultats décisifs.\u003C/p>\n\u003Cp>Le \u003Cstrong>25 août 1270\u003C/strong>, \u003Cstrong>Louis IX\u003C/strong> meurt devant \u003Cstrong>Tunis\u003C/strong>. Sa disparition met fin à un règne de plus de quarante ans, au cours duquel la monarchie capétienne s’est affirmée comme une puissance politique, judiciaire et religieuse de premier ordre dans l’Occident médiéval. Son fils lui succède immédiatement sous le nom de \u003Cstrong>Philippe III le Hardi\u003C/strong>.\u003C/p>\n\u003Cp>\u003Ca class=\"kb-art-link\" href=\"/art/mort-saint-louis\" data-art-id=\"mort-saint-louis\">\u003Cimg src=\"https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/5/59/La_mort_de_Saint_Louis-French_school_19_century_mg_8199.jpg\" alt=\"La mort de Saint Louis\" class=\"kb-img-contain\" >\u003Cspan class=\"kb-art-badge\" aria-hidden=\"true\">\u003Ci class=\"pi pi-image\">\u003C/i>\u003C/span>\u003C/a>\n\u003Cem>La mort de Saint Louis: collection du musée des Beaux-Arts de Brest, Public domain, via Wikimedia Commons\u003C/em>\u003C/p>\n\u003Cp>Après la mort du roi, l’expédition est rapidement liquidée. Le \u003Cstrong>traité de Tunis\u003C/strong>, conclu en \u003Cstrong>octobre 1270\u003C/strong>, permet le retrait des troupes, notamment sous l’influence de \u003Cstrong>Charles d’Anjou\u003C/strong>, dont les intérêts siciliens sont directement concernés. Lors du retour, la flotte de \u003Cstrong>Philippe III\u003C/strong> est touchée par une tempête à \u003Cstrong>Trapani\u003C/strong>. La disparition de \u003Cstrong>Louis IX\u003C/strong> ouvre ainsi une nouvelle phase de l’histoire capétienne, marquée par la continuité dynastique mais aussi par la fin du règne du plus prestigieux des souverains capétiens.\u003C/p>\n\u003Ch2>🧠 À retenir\u003C/h2>\n\u003Cul>\n\u003Cli>La régence de \u003Cstrong>Blanche de Castille (1226–1234)\u003C/strong> constitue une épreuve fondatrice : en maintenant l’autorité royale face aux coalitions féodales, elle démontre que la monarchie capétienne peut traverser une minorité sans crise de succession ouverte.\u003C/li>\n\u003Cli>\u003Cstrong>Louis IX transforme la monarchie\u003C/strong> : sous son règne, elle cesse d’être avant tout une puissance conquérante pour devenir une instance judiciaire, morale et arbitrale — par les ordonnances, les enquêteurs-réformateurs et les arbitrages répétés entre princes chrétiens.\u003C/li>\n\u003Cli>La \u003Cstrong>Septième croisade (1248–1254)\u003C/strong> est un échec militaire (Mansourah, captivité) mais une construction politique et symbolique de la sainteté royale. La canonisation de \u003Cstrong>1297\u003C/strong> scellera la transformation du roi guerrier en idéal de royauté chrétienne.\u003C/li>\n\u003Cli>Les \u003Cstrong>règlements diplomatiques de 1258–1259\u003C/strong> — traité de Corbeil avec l’Aragon, traité de Paris avec l’Angleterre — clôturent les contentieux hérités du siècle précédent et fixent les frontières du royaume pour plusieurs décennies.\u003C/li>\n\u003Cli>La \u003Cstrong>réforme monétaire\u003C/strong> (gros tournois, 1262) et la \u003Cstrong>réforme judiciaire\u003C/strong> (interdiction des guerres privées, quarantaine-le-roi, 1260) font progresser l’idée d’un royaume unifié, régi par des règles communes et des institutions royales.\u003C/li>\n\u003Cli>La \u003Cstrong>mort devant Tunis en 1270\u003C/strong> transforme un échec militaire en mythe fondateur : la canonisation de \u003Cstrong>1297\u003C/strong> consacre l’image d’un roi saint et offre à la monarchie capétienne un patron céleste et un modèle durable de royauté chrétienne.\u003C/li>\n\u003C/ul>\n",[21,24,27,30,33,36,39,42,45,48,51,54,57,60,63,66,69,72,75,78,81,84,87,90,93,96,99,102,105],{"id":22,"title":23},"p5ch9z1","1226–1234 : régence de Blanche de Castille",{"id":25,"title":26},"p5ch9z10","1242–1243 : guerre de Saintonge et bataille de Taillebourg",{"id":28,"title":29},"p5ch9z11","1259 : traité de Paris, paix capétienne et hommage d’Henri III",{"id":31,"title":32},"p5ch9z12","Apanages : partager le domaine sans démembrer le royaume",{"id":34,"title":35},"p5ch9z13","1229 : traité de Meaux‑Paris, Toulouse et intégration du Midi",{"id":37,"title":38},"p5ch9z14","1258 : traité de Corbeil et frontière des Corbières",{"id":40,"title":41},"p5ch9z15","1264 : le Dit d’Amiens, Saint Louis arbitre de l’Angleterre",{"id":43,"title":44},"p5ch9z16","Flandre et Hainaut : arbitrages royaux (1235–1256)",{"id":46,"title":47},"p5ch9z17","Entre pape et empereur : neutralité et indépendance capétienne",{"id":49,"title":50},"p5ch9z18","Louis IX et les Mongols : espoirs d’alliance et malentendus",{"id":52,"title":53},"p5ch9z19","Réformes judiciaires : quarantaine‑le‑roi, enquêteurs et fin de l’ordalie",{"id":55,"title":56},"p5ch9z2","1229 : traité de Paris, Toulouse et fin d’un cycle albigeois",{"id":58,"title":59},"p5ch9z20","Réformes monétaires : gros tournois et monopole de la monnaie royale (1262–1270)",{"id":61,"title":62},"p5ch9z21","Ordonnances morales et prostitution : 1254 puis 1256",{"id":64,"title":65},"p5ch9z22","Royaumont, Maubuisson et Saint‑Denis : bâtir le sacré royal",{"id":67,"title":68},"p5ch9z23","Paris : “style de cour”, manuscrits et Sorbonne (1253)",{"id":70,"title":71},"p5ch9z24","Quinze‑Vingts et Hôtel‑Dieu : charité royale et institutions",{"id":73,"title":74},"p5ch9z25","Fortifier : Angers, Aigues‑Mortes, Césarée et Jaffa",{"id":76,"title":77},"p5ch9z26","1238–1241 : acquisition des reliques de la Passion",{"id":79,"title":80},"p5ch9z27","Sainte‑Chapelle : reliquaire monumental et serments",{"id":82,"title":83},"p5ch9z28","1243–1244 : Montségur, cathares et bras séculier",{"id":85,"title":86},"p5ch9z29","Juifs, usure et Talmud : politiques et controverses",{"id":88,"title":89},"p5ch9z3","1248 : Sainte‑Chapelle, reliques et monarchie sacrée",{"id":91,"title":92},"p5ch9z4","1248–1254 : croisade d’Égypte, Mansourah et captivité",{"id":94,"title":95},"p5ch9z5","Enquêteurs, ordonnances et roi‑juge : la “justice de Saint Louis”",{"id":97,"title":98},"p5ch9z6","1270 : Tunis, mort de Louis IX et naissance d’une légende",{"id":100,"title":101},"p5ch9z7","29 novembre 1226 : sacre express d’un roi‑enfant",{"id":103,"title":104},"p5ch9z8","1227–1234 : révoltes des barons et pacification du royaume",{"id":106,"title":107},"p5ch9z9","Capétiens et Plantagenêts : un conflit long (XIIe–XIIIe siècle)","cover-p5ch9",true,false,"","1226 à 1270","Régence, paix du Midi, justice royale, Sainte‑Chapelle et croisades (1226–1270). En 1226 , Louis IX devient roi alors qu’il n’est encore qu’un enfant. 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