
Jules César et Vercingétorix · L’ANTIQUITÉ
Avant le XIXe siècle, Vercingétorix était presque tombé dans l’oubli. C’est sous Napoléon III qu’il est devenu cette figure légendaire, le “père de la nation” française.
Vercingétorix est né vers –80 av. J.-C. chez les Arvernes, l’un des peuples les plus riches et les plus puissants de Gaule. Son père, Celtillos, avait tenté de devenir roi de tous les Arvernes mais fut exécuté par les autres nobles qui craignaient son ambition.
Statère d’or à l’effigie de Vercingétorix (Musée des Beaux-Arts de Lyon).
Le génie de Vercingétorix n’est pas seulement militaire, il est politique. Dans une Gaule divisée en des dizaines de tribus rivales, il réussit l’exploit de parler à tous : Éduens, Arvernes, Carnutes, Parisii…
Il utilise des méthodes d’une discipline de fer pour maintenir l’unité, n’hésitant pas à punir sévèrement ceux qui trahissent la cause commune.
Vercingétorix sait qu’il ne peut pas battre les légions de César en plaine. Il invente alors une stratégie cruelle mais efficace : détruire les villages, les fermes et les réserves de blé devant l’armée romaine.
“Il vaut mieux brûler nos propres villes que de les laisser servir de base de ravitaillement à l’ennemi.”
Cette tactique a failli faire échouer César, dont l’armée a plusieurs fois frôlé la famine.
Après sa reddition à Alésia en –52 av. J.-C., Vercingétorix est emmené à Rome comme trophée. Il passera six ans dans la terrible prison Mamertine, dans le noir et l’humidité, avant d’être exhibé lors du triomphe de César en –46 av. J.-C. Il fut probablement exécuté par étranglement peu après.