Charlemagne : hériter, conquérir, changer d’échelle (768–814) · LE HAUT MOYEN ÂGE
L’alliance entre les Carolingiens et la papauté engage les rois francs dans une politique italienne. En 774, Charlemagne intervient contre les Lombards et transforme la relation entre les Francs, Rome et l’Italie.
Depuis Pépin, Rome est un partenaire politique et religieux central. Protéger le pape, c’est :
À la fin du règne de Pépin, un arrangement pacifique avec les Lombards est encore espéré. Charles tente aussi la voie diplomatique : il épouse Désirée, fille du roi lombard Didier. Mais le mariage ne suffit pas : la pression lombarde sur Rome continue.
En 773, à la demande du pape, Charlemagne traverse les Alpes, met le siège devant Pavie et occupe rapidement une large partie du royaume lombard. La ville finit par tomber en 774, ce qui met fin au royaume lombard indépendant.
Charlemagne adopte alors un nouveau statut : il se présente comme roi des Francs et des Lombards, ce qui ancre durablement la monarchie carolingienne en Italie.
Vaincre les Lombards ne signifie pas simplement “gagner une guerre”. Cela signifie que le roi franc devient une puissance majeure en Italie. Ce déplacement géographique du pouvoir prépare une évolution : Charlemagne n’est plus seulement un roi parmi d’autres, il devient un arbitre continental.
L’Italie n’est pas entièrement “absorbée” comme un bloc : certaines principautés conservent une marge d’autonomie mais doivent fournir des otages ou accepter une dépendance. Plus tard, en 781, Charlemagne confie à son fils Pépin d’Italie (né Carloman) une fonction royale en Italie, sous son contrôle.