Charles le Chauve : naissance de la Francie occidentale (840–877) · LE HAUT MOYEN ÂGE
En 877, Charles le Chauve prépare une expédition et doit assurer la continuité du pouvoir en son absence. Le capitulaire de Quierzy est souvent associé à une idée simple : la montée en puissance des pouvoirs locaux et la tendance à rendre les charges plus stables, parfois héréditaires.
À la fin des années 870, Charles cumule les fronts. Après son couronnement impérial (875), il doit encore composer avec la rivalité des Carolingiens : en 876, il subit une défaite à Andernach face aux fils de Louis le Germanique.
En 877, il repart en Italie pour soutenir le pape Jean VIII contre les Sarrasins, puis doit revenir précipitamment face à la menace de Carloman. Quierzy s’inscrit dans ce contexte : il faut organiser le royaume pendant que le roi s’éloigne.
Le texte encadre la situation : comment tenir le royaume si le roi part ? Comment éviter que des comtes ou des détenteurs de charges ne soient renversés ou remplacés dans la confusion ?
Le capitulaire cherche à protéger l’ordre existant, en reconnaissant de fait que l’autorité du roi passe par des relais locaux qu’il ne peut pas manipuler à volonté.
La logique change : la fidélité n’est plus seulement personnelle, elle s’enracine de plus en plus dans :
Ce mouvement n’est pas une rupture instantanée, mais un glissement qui annonce l’évolution vers un monde plus féodal.
Peu après Quierzy, Charles tombe malade sur le chemin du retour. Il se réfugie à Aussois et meurt le 6 octobre 877 à Brios (actuel Avrieux), au pied du Mont‑Cenis.
Des rumeurs accusent rapidement un médecin juif nommé Sédécias et Richilde de l’avoir empoisonné, mais ces accusations relèvent de la polémique et ne constituent pas une preuve historique.