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923 : Soissons et la capture de Charles

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Charles le Simple : compromis normand, ambitions impériales et chute (898–929) · LE HAUT MOYEN ÂGE

Après la déposition de 922, la crise ne se résout pas par un vote : elle se règle aussi par les armes. En 923, la guerre civile atteint un point culminant autour de Soissons.


🛡️ Une bataille décisive

Charles traverse la Meuse, marche sur Attigny, puis se dirige vers Soissons. Arrivé sur l’Aisne le 14 juin 923, il livre bataille le lendemain.

La bataille ne règle pas tout, mais elle renverse la situation politique :

  • Robert Iᵉʳ est tué au cours d’une charge ;
  • l’arrivée de renforts menés par Herbert fait basculer l’affrontement ;
  • les Robertiens acclament le duc Raoul de Bourgogne comme nouveau roi et chef de guerre.

Charles se replie, puis cherche des soutiens auprès de Rollon et d’autres chefs vikings. Cette démarche choque une partie de l’aristocratie et accélère le ralliement à Raoul, couronné à Saint‑Médard de Soissons le 13 juillet 923.


⛓️ 17 juillet 923 : capture, captivité, mort (929)

Charles est ensuite attiré dans un guet‑apens et capturé le 17 juillet 923 par Herbert II de Vermandois, soucieux de se tailler une principauté entre Seine et Flandre. Séparé de ses compagnons, le roi est d’abord emprisonné à Château‑Thierry pendant plusieurs années, puis transféré à Péronne.

Sa seconde épouse, Edwige de Wessex, se réfugie en Angleterre avec son fils, le futur Louis IV. Herbert tente ensuite d’utiliser Charles comme instrument politique : sorties sous surveillance, négociations, démonstrations d’allégeance. Malgré ces manœuvres, Charles reste prisonnier du rapport de forces.

Il meurt le 7 octobre 929 à Péronne, au terme d’une longue captivité.


🧠 À retenir

  • 923 prolonge la crise ouverte en 922.
  • La mort de Robert à Soissons ouvre la voie à Raoul de Bourgogne.
  • La capture de Charles (17 juillet) verrouille l’issue politique.
  • La royauté devient durablement dépendante des coalitions princières.