Lothaire et Louis V : la fin des Carolingiens (954–987) · LE HAUT MOYEN ÂGE
Après 978, Lothaire sort renforcé en prestige, mais la guerre a mis en pleine lumière un fait politique : Hugues Capet est indispensable. La décennie s’ouvre donc sur un équilibre instable entre roi carolingien et prince robertien.
En 979, Lothaire associe son fils Louis à la royauté et le fait sacrer. L’objectif est de sécuriser la transmission et d’empêcher qu’une vacance de pouvoir ne fasse basculer la couronne vers une “élection” contrôlée par les grands.
En juillet 980, Lothaire rencontre Otton II à Margut‑sur‑Chiers, à la frontière. L’accord est une détente : Lothaire renonce à ses ambitions sur la Lotharingie, permettant à l’empereur de tourner son effort vers l’Italie. Cette diplomatie replace la royauté occidentale dans une orbite ottonienne, portée par des évêques lotharingiens influents.
L’entente est mal perçue par les Robertiens, tenus à l’écart. Dans le même temps, Hugues Capet renforce sa puissance (par exemple en s’emparant de Montreuil). Craignant d’être pris en tenaille, il cherche ses propres appuis, jusqu’à se rendre à Rome en 981 pour prendre contact avec l’empereur. À la cour, l’idée d’arrêter le Robertien à son retour montre combien la confiance est fragile.
Pour contrer le “second” du royaume, la couronne tente aussi un déplacement de gravité : Lothaire marie son héritier à une grande dame du Midi, afin de rétablir une présence royale au sud de la Loire. Le projet échoue rapidement, mais il révèle une stratégie : élargir l’assise royale pour ne plus dépendre d’un seul prince.