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1339–1341 : enlisement, finances et bascules en Guyenne

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Philippe VI de Valois : une dynastie nouvelle, une guerre qui s’ouvre (1328–1350) · LE MOYEN ÂGE CLASSIQUE

Les premières années de guerre ne donnent pas de victoire décisive. Le conflit s’enlise : coalitions, raids, sièges, fronts multiples. Dans ce cadre, la capacité à financer la guerre devient un facteur stratégique.


💸 Monnaie, impôts et mécontentements

Philippe VI peine à lever assez d’impôts pour soutenir l’effort de guerre, l’administration et le coût des rentes distribuées aux princes qu’il craint de voir basculer. Il recourt à des mutations monétaires répétées, ce qui nourrit l’inflation et les critiques.

Le roi gouverne avec un conseil restreint de proches, ce qui mécontente des princes exclus. Sa stratégie, prudente et souvent tournée vers les sièges plutôt que les batailles rangées, est mal perçue par une chevalerie qui espère rançons et gloire.


🏰 Guyenne : séduire les seigneurs locaux

Édouard III, malgré ses difficultés financières, sait attirer des fidélités en Guyenne. Fin 1339, Oliver Ingham, sénéchal de Bordeaux, obtient la bascule de Bernard‑Ezy V d’Albret, suivie par d’autres seigneurs. Édouard le nomme lieutenant en Aquitaine.

À la tête de troupes gasconnes, Albret progresse vers l’est, prend Sainte‑Bazeille et assiège Condom. L’offensive culmine en septembre 1340, mais une contre‑offensive menée par Pierre de la Palu (sénéchal de Toulouse) oblige à lever le siège et permet de reprendre les villes.


🏴 Écosse : un autre front qui épuise l’Angleterre

La situation n’est pas plus simple pour Édouard III en Écosse : la guérilla s’intensifie et les raids se multiplient. La France continue d’utiliser ce dossier comme levier, en accueillant et soutenant ses alliés.


🧠 À retenir

  • 1339–1341 : l’enlisement transforme la guerre en crise financière et politique.
  • La Guyenne dépend de fidélités locales, achetées ou négociées.
  • Les fronts multiples empêchent une victoire rapide des deux côtés.