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1369–1375 : reconquête française et déclin de la “grande guerre” anglaise

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Charles V le Sage : reconquête, État et Schisme d’Occident (1364–1380) · LE MOYEN ÂGE CLASSIQUE

En 1369, la guerre reprend. Mais le conflit ne ressemble plus à la première phase des chevauchées triomphantes : la France de Charles V a changé de méthode, et l’Angleterre a moins de marges financières.


⚖️ 1368–1369 : bascule politique et ralliements

La rupture est préparée par une séquence “juridique” : des seigneurs d’Aquitaine contestent l’impôt du Prince Noir et en appellent au roi de France. Charles V exploite la procédure et la diplomatie pour faire basculer des villes et des barons avant même la reprise des combats.

Au début de 1369, des opérations locales comme Mondalazac symbolisent la reprise d’initiative, et Charles V prononce la confiscation de l’Aquitaine à la fin de l’année : le conflit est relancé, mais avec un cadre politique plus favorable.


🧩 Une reconquête par “grignotage”

La stratégie privilégie :

  • la reprise de places isolées ;
  • la consolidation des garnisons ;
  • le harcèlement des expéditions anglaises ;
  • la réduction progressive des enclaves.

Le but est de rendre la domination anglaise coûteuse et impraticable.


🔥 1370 : violence exemplaire et effet inverse

Quand des villes basculent, la réaction anglaise peut être brutale. En 1370, après un épisode de ralliement, Limoges subit une répression sanglante. L’objectif est dissuasif, mais l’effet peut être inverse : ces violences renforcent l’hostilité à l’occupation et accélèrent certains ralliements.


🏇 Chevauchées anglaises : dévaster sans tenir

Les Anglais relancent des chevauchées pour reprendre l’initiative. En 1370, la chevauchée de Robert Knolles traverse des régions entières et menace jusque les abords de Paris. Charles V mise sur l’endurance : éviter la bataille rangée, laisser les campagnes se vider et s’abriter derrière des places, et frapper l’ennemi quand il se fragilise.

En réaction, Du Guesclin est nommé connétable et mène une guerre de harcèlement. La victoire de Pontvallain (1370) illustre la capacité française à casser une chevauchée sans offrir une bataille “à l’anglaise”.


🌊 Le facteur maritime

Le contrôle des routes maritimes devient crucial : ravitaillement, renforts, commerce et finances. Les alliances (notamment ibériques) et les opérations navales peuvent faire basculer des campagnes sans bataille terrestre “décisive”.


🧠 Une Angleterre sous contrainte

Les opérations anglaises souffrent de plusieurs fragilités :

  • coût élevé des armées et des expéditions ;
  • difficultés de recrutement et d’objectifs cohérents ;
  • dépendance à des bases et à des ports.

À la fin des années 1370, l’Angleterre tient encore des points forts, mais l’élan de Brétigny a disparu.


🧠 À retenir

  • La reconquête de Charles V repose sur la durée et la cohérence territoriale.
  • La guerre devient un système : finances, ports, sièges, et administration.