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1438 : Pragmatique Sanction de Bourges

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Charles VII : Jeanne d’Arc, reconquête et restauration de l’État (1422–1461) · LE MOYEN ÂGE CLASSIQUE

Après les crises de légitimité et de guerre, Charles VII cherche à consolider son autorité. Une partie de cette consolidation passe par les rapports entre l’État et l’Église.


🏛️ La Pragmatique Sanction de Bourges

En 1438, le roi Charles VII, soucieux d’affirmer son autorité sur l’Église de France, convoque une assemblée composée d’évêques, de religieux, de théologiens et de représentants du pape Eugène IV, en la Sainte-Chapelle de Bourges.

La Pragmatique Sanction de Bourges, promulguée le 7 juillet 1438, permet au roi de s’imposer comme le chef naturel de l’Église de France. Ce texte fondamental lui confère plusieurs pouvoirs :

  • Désignation des principaux représentants du clergé français dans les abbayes et les sièges épiscopaux
  • Droit de regard et d’intervention sur la redistribution des redevances religieuses vers le Saint-Siège
  • Approbation nécessaire des conciles et du souverain pontife pour les nominations

Cette mesure marque les débuts du gallicanisme, une doctrine qui affirme les libertés de l’Église de France face à la papauté.


🏛️ Bourges (1438) : affirmer des “libertés” ecclésiales

La Pragmatique Sanction de Bourges renforce l’idée d’une Église du royaume dotée de règles propres, avec un roi protecteur des droits ecclésiaux face aux pressions extérieures. Dans la pratique politique, c’est un instrument :

  • de souveraineté : affirmer l’autonomie du royaume
  • d’administration : mieux contrôler nominations et finances
  • de légitimation : montrer un roi réformateur et gardien du bien commun

🧠 À retenir

  • 7 juillet 1438 : promulgation de la Pragmatique Sanction de Bourges
  • Charles VII s’affirme comme chef de l’Église de France
  • Débuts du gallicanisme français
  • Renforcement de l’autorité royale sur les affaires religieuses
  • La reconstruction de l’État passe aussi par les institutions religieuses