Philippe VI de Valois : une dynastie nouvelle, une guerre qui s’ouvre (1328–1350) · HIGH MIDDLE AGES
Pour comprendre l’accession de Philippe VI au trône en 1328 au détriment d’Édouard III, il faut remonter à 1316. Louis X meurt sans héritier mâle vivant ; son épouse est enceinte et l’héritière directe est Jeanne de Navarre, encore mineure. La crise est aggravée par le soupçon d’illégitimité qui entoure la naissance de Jeanne (l’affaire de la reine Marguerite).
Le puissant Philippe de Poitiers s’impose comme régent. À la mort de Jean Ier (novembre 1316), les grands privilégient celui qu’ils jugent le plus apte à gouverner : Philippe se fait sacrer en janvier 1317, et l’éviction de Jeanne devient un précédent. L’idée s’installe qu’en cas de “problème”, la part d’élection et de décision politique peut reprendre ses droits.
En 1322, Charles IV succède sans contestation majeure grâce à ce précédent. Mais en 1328, le dernier fils de Philippe le Bel meurt à son tour sans fils : la question dynastique revient, plus grave encore.
Charles IV meurt le 1er février 1328 ; sa veuve Jeanne d’Évreux est enceinte. Philippe de Valois est choisi comme régent et profite de cette position pour neutraliser des rivaux, notamment le pôle Évreux‑Navarre.
Le 1er avril 1328, Jeanne d’Évreux accouche d’une fille, Blanche. La couronne revient alors à Philippe de Valois, héritier par les mâles de la lignée capétienne.
Le 29 mai 1328, Philippe VI est sacré à Reims par l’archevêque Guillaume de Trie. Édouard III, duc d’Aquitaine et pair de France, n’assiste pas au sacre. La décision ne surprend pas en Angleterre, mais Isabelle de France proteste au nom des droits de son fils. Des envoyés demandent une audience à Paris et ne sont pas reçus.
En 1329, le Parlement anglais déclare qu’Édouard n’a pas de droit à la couronne de France et qu’il doit prêter hommage pour l’Aquitaine. La question dynastique est provisoirement “stabilisée”, mais elle ne disparaît pas : elle ressurgira comme argument majeur dans la rupture de 1337.