Philippe VI de Valois : une dynastie nouvelle, une guerre qui s’ouvre (1328–1350) · HIGH MIDDLE AGES
Au début du conflit, la Guyenne et l’Aquitaine sont un enjeu central. Philippe VI tente d’y réduire l’influence anglaise par une stratégie de sièges et de prises de places fortes, plutôt que par une bataille décisive.
La première campagne est confiée au connétable Raoul II de Brienne. En divisant ses troupes pour tenter de prendre plusieurs forteresses gasconnes, il s’enlise dès le printemps 1338 dans des sièges interminables, alors même que les effectifs anglais sont faibles.
Constatant l’inefficacité de la campagne, Philippe VI se tourne vers Jean Ier de Bohême (Jean de Luxembourg). Il lui adjoint Gaston II de Foix‑Béarn, ainsi que deux mercenaires savoyards (Pierre de la Palu et Le Galois de La Baume). Le roi finance l’effort : une armée d’environ 12 000 hommes, des sapeurs‑mineurs allemands et quelques bombardes.
Les succès sont rapides : plusieurs places fortes tombent (Penne, Castelgaillard, Puyguilhem, Blaye, Bourg).
En juillet 1339, l’armée met le siège devant Bordeaux. Une porte est prise, mais la ville résiste et les assaillants sont repoussés. Le ravitaillement d’une armée aussi nombreuse devient impossible : les ressources locales sont épuisées, et des troupes doivent être prélevées pour le front du Nord.
Le siège est levé le 19 juillet 1339 : la campagne montre les limites d’une stratégie d’occupation dans un espace où logistique et fidélités locales comptent autant que les armes.