Philippe VI de Valois : une dynastie nouvelle, une guerre qui s’ouvre (1328–1350) · HIGH MIDDLE AGES
La guerre de Cent Ans ouvre des fronts indirects. En Bretagne, une crise dynastique devient une guerre civile, puis un théâtre franco‑anglais : l’enjeu est stratégique, car contrôler des ports bretons, c’est peser sur la Manche et sur les communications.
Le 30 avril 1341, le duc Jean III de Bretagne meurt sans descendance, malgré trois mariages, et sans désigner de successeur. Deux camps se forment :
Craignant un verdict favorable à Charles de Blois, Jean de Montfort prend les devants : il s’installe à Nantes et s’empare du trésor ducal. Il tente de faire reconnaître sa légitimité, mais une partie de la noblesse hésite, car beaucoup de seigneurs possèdent aussi des terres en France et redoutent des confiscations.
En juin‑juillet 1341, Jean de Montfort mène une chevauchée pour contrôler des places fortes (Rennes, Vannes, Brest, Dinan, etc.) et obtient une vingtaine de places.
Après l’hommage lige rendu à Édouard III, il faut mettre Charles de Blois en possession du duché. Philippe VI rassemble une armée et confie l’expédition à Jean le Bon, duc de Normandie, accompagné notamment de Miles de Noyers et de Charles de Blois.
L’armée marche sur Nantes : après la prise de positions clefs, la ville capitule début novembre 1341. Jean de Montfort se rend le 21 novembre 1341 et remet la capitale. Envoyé à Paris, il est arrêté et incarcéré au Louvre en décembre 1341.
Le parti monfortiste aurait pu s’effondrer, mais Jeanne de Flandre relance la résistance. Retranchée à Hennebont, elle envoie son fils en Angleterre et conclut une alliance avec Édouard III en janvier 1342. Les premiers renforts anglais arrivent, puis un contingent plus important débarque à Brest en août 1342, fixant durablement une présence anglaise.
Une trêve est signée le 19 janvier 1343 (trêve de Malestroit). Le conflit n’est pas réglé : il se prolonge et contribue à installer l’Angleterre en Bretagne, tout en déstabilisant la région.