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1351 : ordonnances sur les métiers parisiens et réformes militaires EN soon

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Jean II le Bon : captivité, crise intérieure et traité de Brétigny (1350–1364) · HIGH MIDDLE AGES

Au début du règne, Jean II tente de reprendre la main sur deux leviers essentiels : l’économie urbaine (prix, salaires, travail) et l’armée (discipline, paiement, encadrement). La guerre et la peste ont fragilisé l’ordre social ; gouverner, c’est aussi réguler.


🏙️ 30 janvier 1351 : métiers, salaires et contrôle social

La peste a réduit la main‑d’œuvre et déstabilisé les prix. Le 30 janvier 1351, une ordonnance cherche à contenir les effets de cette tension :

  • encadrement des prix et des salaires ;
  • limitation du vagabondage et de la mendicité, perçus comme aggravant la pénurie de travail ;
  • mesures sur l’organisation du travail à Paris, avec un effet de concurrence plus forte entre artisans.

Ces politiques visent à stabiliser, mais elles touchent directement aux équilibres sociaux et nourrissent aussi des résistances.


🛡️ Avril 1351 : ordonnances militaires

En avril 1351, Jean II promulgue des ordonnances pour améliorer l’organisation et la discipline d’une armée affaiblie par les revers :

  • renforcer l’autorité du commandement royal ;
  • organiser les hommes en compagnies sous capitaines responsables ;
  • instaurer la “montre” (revue) pour contrôler effectifs et équipement ;
  • encadrer les soldes et réduire fraudes et indiscipline.

Ces textes témoignent d’une volonté de passer d’une mobilisation féodale fragmentée vers un dispositif plus cohérent, mieux contrôlé par la couronne.


⚠️ Une mise en œuvre incomplète

La résistance de la noblesse et les divisions politiques limitent l’application des ordonnances. Une partie des grands, sensibles à leur autonomie et à leurs droits de commandement, rechigne à servir sous une surveillance royale plus stricte ou à combattre dans des cadres où la hiérarchie est encadrée. Dans les faits, certains capitaines appliquent les règles, d’autres les ignorent.

Les contraintes financières aggravent cette difficulté : sans soldes régulières, le contrôle de la discipline et la fidélisation des troupes deviennent plus difficiles, et l’État retombe souvent sur des levées et des arrangements.


🏹 Un lien avec Poitiers

En 1356, la défaite de Poitiers met en évidence ces fragilités : commandement disputé, discipline tactique inégale, cohésion imparfaite et difficulté à imposer une conduite de bataille coordonnée face à une armée anglaise plus cohérente, adossée à ses archers et à une posture défensive.


🧠 À retenir

  • 1351 : l’État tente de réguler travail, prix et salaires après la peste.
  • 1351 : réforme militaire pour discipliner et contrôler l’effort de guerre.
  • La mise en œuvre reste inégale, freinée par noblesse, factions et finances.