Jean II le Bon : captivité, crise intérieure et traité de Brétigny (1350–1364) · HIGH MIDDLE AGES
En 1356, la guerre reprend sous la forme de grandes chevauchées. Le Prince Noir ravage le pays et cherche à éviter la bataille rangée : la stratégie anglaise est d’obliger l’adversaire à attaquer une position choisie, sous le feu de l’arc long, puis de contre‑attaquer.
À l’été 1356, le Prince Noir repart de Guyenne pour une nouvelle campagne. Il échoue devant Bourges, mais prend Vierzon et sa garnison est massacrée. Alourdie par le butin, l’armée anglaise tente de regagner Bordeaux.
Jean II se lance à sa poursuite avec une armée plus nombreuse, dominée par la chevalerie lourdement armée. L’enjeu n’est pas seulement militaire : la noblesse veut restaurer son prestige après Crécy et répondre à l’accusation implicite d’impuissance à protéger le pays.
Avant l’affrontement, une médiation tente d’obtenir une trêve courte. Ce délai profite aux Anglais : ils se retranchent et préparent des positions défensives. L’arc long, par sa cadence de tir, joue un rôle central dans cette “guerre d’arrêt” où l’assaillant paie cher l’assaut.
Au matin du 19 septembre 1356, un mouvement anglais est interprété de façon contradictoire par les chefs français. Deux maréchaux s’opposent sur la conduite à tenir et engagent l’action sans coordination complète.
Les combats s’ouvrent dans de mauvaises conditions : attaques sur des chemins encaissés, lignes mal alignées, et pertes lourdes sous le feu des archers. Les corps de bataille s’engagent ensuite de façon désordonnée, ce qui amplifie l’avantage anglais.
Pour réduire la vulnérabilité des chevaux, le roi fait mettre pied à terre et combat au plus près. Il met à l’abri ses fils, ne gardant avec lui que le plus jeune, Philippe, qui gagne alors son surnom de “Hardi”.
Jean II est finalement fait prisonnier avec son fils. La défaite est un désastre politique, mais la résistance du roi jusqu’au bout nourrit une image durable : celle d’un souverain chevaleresque, héroïque malgré l’échec.