Charles V le Sage : reconquête, État et Schisme d’Occident (1364–1380) · HIGH MIDDLE AGES
La Bretagne est un front dangereux : elle ouvre l’accès aux ports, aux alliances anglaises et à un espace de guerre chronique. Pour Charles V, stabiliser l’ouest est une condition de la reconquête.
Depuis 1341, la maison de Montfort (souvent soutenue par l’Angleterre) et la maison de Blois (protégée par la France) se disputent le duché. Après une longue phase d’enlisement, la guerre repart en 1363.
En septembre 1364, Jean IV de Montfort assiège Auray avec l’appui de capitaines anglais, notamment John Chandos. Les forces de Charles de Blois, secourues par Bertrand du Guesclin, sont battues le 29 septembre 1364 : Charles de Blois est tué et Du Guesclin est capturé. L’épisode clôt de fait la phase militaire décisive.
Le traité de Guérande (1365) met fin à la phase la plus aiguë de la guerre de Succession de Bretagne. Il ne résout pas tout, mais il permet de :
Le traité fixe aussi une règle successorale : priorité aux mâles de la lignée des Montfort ; à défaut, retour à une solution de repli qui maintient une possibilité pour les Penthièvre. La paix est pragmatique : elle accepte une Bretagne autonome, mais vise à empêcher qu’elle devienne un relais direct du pouvoir anglais.
En diminuant la pression en Bretagne, la monarchie peut concentrer ses moyens :
Charles V cherche aussi à encadrer la relation féodale : l’hommage du duc (reçu en 1366) est un hommage simple, façon de rappeler la souveraineté française sans provoquer une rupture immédiate. Dans cette recomposition, des nobles bretons comme Olivier de Clisson se rapprochent du service royal.
Même après Guérande, la Bretagne reste une zone de tension : ports, passages, et possibilités de débarquement. Les liens de Jean IV avec le camp anglais et la tentation de transformer le duché en base arrière rendent le compromis instable. Cette fragilité éclate au début des années 1370, quand des forces anglaises débarquent de nouveau et que la monarchie choisit l’occupation du duché.