FranceHistories

1423–1428 : traité d'Amiens, alliances et consolidation EN soon

p5

Charles VII : Jeanne d’Arc, reconquête et restauration de l’État (1422–1461) · HIGH MIDDLE AGES

Les années 1423-1428 sont une période de consolidation pour Charles VII, marquée par des alliances complexes, des revers militaires et une lente reconstruction de l’autorité royale dans le sud du royaume.


⚔️ 17 avril 1423 : le traité d’Amiens

Le 17 avril 1423, une triple alliance est programmée, dans le cadre du Traité d’Amiens, contre le roi Charles VII, entre :

  • Jean de Lancastre, duc de Bedford, régent des royaumes d’Angleterre et de France, représentant son neveu Henri VI d’Angleterre (âgé d’un an)
  • Philippe le Bon, duc de Bourgogne
  • Jean V, duc de Bretagne

Ce dernier parviendra toutefois à un compromis en 1425, en acceptant de rompre cette alliance au profit du roi Charles VII, par l’entremise de Yolande d’Aragon, duchesse d’Anjou.


👑 Alliance franco-bretonne par l’entremise de la maison d’Anjou

Le roi Charles VII doit affronter les Anglais et les Bourguignons dans de durs combats pour recouvrer l’intégralité du royaume de France.

De 1422 à 1425, Charles VII consolide ses positions. Il contrôle le Berry, la Touraine, le Poitou, l’Aunis, et la Saintonge, l’Auvergne et le Limousin, Lyon, le Dauphiné, le Languedoc, l’Agenais, le Rouergue et le Quercy. L’Anjou, le Maine, le Bourbonnais, l’Orléanais et le Vendômois sont également placés sous son contrôle.

Très affaibli sur le plan militaire consécutivement à la défaite des troupes royales à Verneuil le 17 août 1424, Charles VII recherche de nouveaux appuis politiques. Il se tourne donc vers sa belle-mère, Yolande d’Aragon, dirigeante de la maison d’Anjou et reine de Sicile, qui l’incite depuis 1423 à une alliance avec le duc Jean V de Bretagne.

Soucieuse des bons rapports entre les duchés voisins d’Anjou et de Bretagne, la reine de Sicile pousse son beau-fils à privilégier et à entériner ses propres intérêts diplomatiques.


⚔️ Mars 1425 : Arthur de Richemont, connétable de France

La politique prônée par les maisons alliées d’Anjou et de Bretagne revendique le retour à une concorde idéale entre les princes, l’entrée des grands feudataires au Conseil royal ainsi que la poursuite de la guerre contre les Anglais.

En mars 1425, Charles VII accepte de remettre l’épée de connétable de France à Arthur de Richemont, frère cadet du duc Jean V de Bretagne. En plaçant ainsi le prince breton à la tête de son armée, le roi consent au rapprochement de la couronne avec les duchés de Bourgogne et de Bretagne.

En effet, Arthur de Richemont est non seulement le frère du duc de Bretagne, mais également l’époux de Marguerite, sœur du duc Philippe de Bourgogne. Partant, les liens familiaux de Richemont sont censés faciliter les démarches diplomatiques du roi de France auprès des ducs Philippe de Bourgogne et Jean de Bretagne, ses ennemis déclarés après le meurtre de Montereau en 1419 pour l’un et le complot des Penthièvre en 1420, pour l’autre.


🏰 L’éloignement des conseillers de la première heure

Devant l’exigence des ducs de Bourgogne et de Bretagne, en gage de bonne volonté, Charles VII se résigne à écarter de son Conseil ses fidèles conseillers de la première heure, accusés d’implication dans la mort de Jean sans peur, vis-à-vis des Bourguignons et du soutien de la Maison de Penthièvre, vis-à-vis des Bretons.

Parmi les conseillers forcés de quitter la cour royale, on compte :

  • Tanguy du Chastel
  • Béraud d’Auvergne
  • Hardouin de Maillé
  • Robert Le Maçon
  • Jean Louvet, seigneur de Mérindol, ancien président de la chambre des comptes d’Aix-en-Provence
  • Pierre Frotier, commandant de la garde royale et grand maître de l’écurie du roi

Le médiéviste Olivier Bouzy note que la politique du connétable de Richemont se heurte à des relations difficiles avec le roi de France : « Il va sans dire que cette vision idyllique d’une grande aristocratie luttant réconciliée et sans arrière-pensée pour le salut du royaume était d’une grande naïveté : c’était le rêve du retour au bon temps du roi Saint Louis, que les Bourguignons vantaient depuis le temps de l’ordonnance cabochienne. Le duc de Bourgogne, qui avait d’autres objectifs politiques, fit capoter les rêves de Richemont (…) »


⚔️ 1425-1428 : une situation militaire indécise

L’alliance avec le duché de Bretagne renforce les armes de France, nonobstant quelques atermoiements relevés de part et d’autre au fil des années. De 1425 à 1429, les troupes royales confrontées aux Anglais et aux Bourguignons, subissent des revers entrecoupés de quelques victoires… Le sort du royaume de France semble indécis.

En 1428, les troupes royales conquièrent Chinon afin de soustraire ce fief royal au contrôle du connétable Arthur de Richemont, alors brouillé avec Charles VII. L’année suivante, le château de Chinon héberge essentiellement les conseillers et les capitaines du souverain, tandis que la reine de France, Marie d’Anjou et son fils, le dauphin Louis (futur roi Louis XI), s’abritent au château de Loches.

L’image d’une cour royale s’adonnant aux festivités, au temps du siège d’Orléans, relève d’une idée reçue, façonnée ultérieurement d’après des chroniques dénonçant les voluptés d’un Charles VII bien plus mûr.


🏰 1428 : la menace anglaise sur Orléans

Les Anglais reviennent en force et le 4 septembre 1428 envahissent le Gâtinais. Ils investissent Beaugency, Notre-Dame de Cléry et d’autres places : leur objectif est de prendre Orléans et ses ponts, ville-clef de la défense française, vrai verrou sur la Loire.

Le 1er octobre 1428, pour faire face au péril, Charles VII réunit les états généraux à Chinon, afin d’obtenir les ressources nécessaires pour résister à l’ennemi. Il obtient à la fois des subsides et des renforts qui serviront utilement à la défense de la ville d’Orléans.

Le duc de Bedford, régent des royaumes de France et d’Angleterre, met le siège devant Orléans, et veut poursuivre jusqu’à Bourges pour s’emparer du roi Charles VII. Mais celui-ci s’était d’ores et déjà réfugié à Chinon.


🧠 À retenir

  • 17 avril 1423 : traité d’Amiens - triple alliance contre Charles VII (Angleterre, Bourgogne, Bretagne)
  • 17 août 1424 : défaite française à Verneuil - affaiblissement militaire de Charles VII
  • Mars 1425 : Arthur de Richemont devient connétable - alliance avec la Bretagne
  • Charles VII éloigne ses conseillers de la première heure pour apaiser Bourguignons et Bretons
  • 1425-1428 : situation militaire indécise, revers entrecoupés de victoires
  • 4 septembre 1428 : invasion anglaise du Gâtinais, début de la menace sur Orléans
  • 1er octobre 1428 : états généraux à Chinon pour financer la défense
  • Le roi se réfugie à Chinon tandis que sa famille est à Loches