Robert II le Pieux : consolider la monarchie capétienne (996–1031) · HIGH MIDDLE AGES
Au milieu du règne de Robert II, l’expansion capétienne ne passe pas seulement par des victoires “ducales”. Elle se joue aussi sur des cités‑clés et sur la fonction comtale : qui commande une ville, qui tient le comté, et sous quelle autorité.
À Sens, le contrôle de la cité oppose le comte Fromond II puis son fils Rainard à l’archevêque Léotheric, proche du roi. La construction d’une puissante tour de défense par le comte symbolise une autonomie devenue menaçante. L’archevêque, isolé, appelle Robert.
L’intervention royale a plusieurs objectifs :
Le comte est excommunié, puis Robert s’empare de Sens le 22 avril 1015. Rainard propose un compromis : il conserve la charge comtale, mais à sa mort le comté reviendra à la Couronne. Robert obtient l’essentiel : la cité entre dans son orbite.
Une fois Sens sécurisé, Robert veut achever l’affaire bourguignonne. Le verrou est Dijon, tenue par l’évêque de Langres Brunon de Roucy, adversaire du roi. La tradition dijonnaise évoque une médiation d’Odilon de Cluny qui évite un assaut direct.
La situation se débloque quand Brunon meurt fin janvier 1016 : les troupes royales entrent à Dijon peu après. Robert installe Lambert de Vignory sur le siège de Langres, qui lui cède Dijon et son comté. Après une longue combinaison de campagnes et d’accords, la Bourgogne est enfin verrouillée.