FranceHistories

1190–1191 : Messine, Acre et la rivalité avec Richard EN soon

p5

Philippe II Auguste : l’affirmation capétienne (1180–1223) · HIGH MIDDLE AGES

Philippe Auguste et Richard Cœur de Lion partent pour la Troisième croisade. L’expédition mobilise de nombreux barons de France, mais elle est marquée par une tension constante : deux rois alliés par la croisade restent rivaux par la politique.


🌊 1190–1191 : attente à Messine (Sicile)

Les flottes sont surprises par les tempêtes d’hiver. Les deux rois attendent plusieurs mois à Messine. La rivalité se ravive autour de projets de mariage :

  • Richard rompt ses fiançailles avec Aélis de France (demi‑sœur de Philippe) et s’engage avec Bérengère de Navarre ;
  • un accord est trouvé : Richard verse une forte somme en dédommagement et cède Gisors au roi de France ;
  • Philippe manifeste un intérêt pour Jeanne d’Angleterre, sœur de Richard, mais Richard s’y oppose.

🏰 1191 : le siège d’Acre

Philippe quitte Messine dès qu’il le peut, le 30 mars 1191. Il arrive à Acre le 20 avril et participe au siège. Richard n’arrive qu’en juin, après un détour par Chypre.

Les querelles reprennent. Les deux rois tombent malades, ce qui affaiblit leur action. Malgré cela, le siège progresse : une première brèche est tentée le 3 juillet ; la cité capitule le 12 juillet 1191.


🔙 Un retour précoce (décembre 1191)

La croisade ne fait que commencer, mais Philippe rentre en France. Plusieurs raisons se combinent :

  • la mort du comte de Flandre pendant le siège rouvre un dossier de succession au nord ;
  • le roi n’a qu’un héritier, ce qui l’incite à la prudence ;
  • son état de santé est mauvais.

Il passe par Rome pour obtenir l’autorisation de quitter l’expédition, puis revient à Paris le 27 décembre 1191.


🧠 À retenir

  • La croisade est aussi un théâtre de rivalités : alliances, mariages et compensations.
  • Le retour de 1191 traduit une priorité : la politique continentale prime sur l’Orient.