
Marseille et les Phocéens · L’ANTIQUITÉ
L’histoire de la naissance de Marseille est l’une des plus belles légendes de l’Antiquité. Elle nous a été transmise par des historiens romains et grecs, notamment Aristote et Justin.
Vers 600 av. J.-C., une flottille de navires grecs venus de Phocée cherche un lieu où s’installer. Ils entrent dans une magnifique calanque naturelle, le Lacydon. À leur tête se trouve un jeune et noble marin nommé Protis.
À cette époque, la région est habitée par une tribu celto-ligure : les Ségobriges.
Le jour même de l’arrivée des Grecs, le roi des Ségobriges, Nann, organise un grand banquet. Sa fille, la princesse Gyptis (ou Petta dans certaines versions), est en âge de se marier.
La tradition de ce peuple voulait que, lors du repas, la jeune fille entre dans la salle et offre une coupe de vin (ou d’eau) à celui des prétendants qu’elle choisissait pour époux.
Nann, par hospitalité, invite les nouveaux arrivants grecs à se joindre à la fête. Lorsque Gyptis entre, elle ignore les prétendants gaulois et se dirige directement vers Protis. Elle lui tend la coupe, le désignant ainsi comme son futur mari devant toute l’assemblée.
La fondation de Marseille, illustration de Victor Duruy (XIXe siècle).
Le roi Nann accepte le choix de sa fille. Pour sceller cette alliance entre les deux peuples, il offre à Protis et à ses compagnons une bande de terre au bord de la mer. C’est sur ce territoire, protégé par des collines et ouvert sur le monde, que les Grecs bâtissent Massalia.
Si le récit est légendaire, il symbolise une réalité historique : l’installation des Grecs s’est faite de manière pacifique. Les fouilles archéologiques ont confirmé que les Grecs et les populations locales ont coexisté et commercé intensément dès la fondation de la ville.
Marseille est ainsi fière d’être née d’une histoire d’amour et d’un partage de cultures.